Arles-sur-Tech. Fermeture de classe ? L’enjeu doit « dépasser » les chiffres (L’Indep)

La perspective d’une fermeture de classe à la maternelle Jean-Moulin pour la rentrée 2026 suscite une forte mobilisation.

La mobilisation ne faiblit pas à l’école maternelle Jean-Moulin d’Arles-sur-Tech. Parents d’élèves et élus locaux -d’Arles à Montbolo en passant par Coustouges-, s’opposent fermement à la fermeture annoncée d’une classe pour la rentrée 2026. Une décision jugée incomprise et vécue comme une nouvelle fragilisation du service public en milieu rural. Plus de 1 000 signatures ont été recueillies, entre pétition en ligne et signatures papier. Tout en multipliant les démarches auprès du rectorat. « Nous avons le sentiment de ne pas être entendus, complètement démuni et sans choix possible pour l’avenir de nos enfants en tant que parent. Pourtant, nous avons toujours espoir », commente Laetitia Navarro dont les enfants sont scolarisés en ces murs.

Moratoire d’un an

La structure éducative fonctionne actuellement avec 4 classes multi-niveaux, de la toute petite section à la grande section. Les parents soulignent un fonctionnement jugé « dynamique » avec activités régulières: sorties culturelles, projets pédagogiques, médiathèque, interventions extérieures. Une organisation qui pourrait être « remise en cause » par la suppression d’une classe. Avec comme effets : l’impossibilité d’accueillir certaines très petites sections dès la rentrée (au moins cinq enfants concernés selon le collectif) ; la réduction du temps de décharge de direction, (de 4 jours par mois à un seul) ; la difficulté du suivi des élèves à besoins particuliers. D’où leur souhait de demander un moratoire d’un an. Objectif: repousser une éventuelle fermeture à la rentrée 2027 afin « d’observer l’évolution réelle des effectifs et éviter une décision jugée irréversible ».

« Nous ne contestons pas les contraintes budgétaires, mais nous demandons une décision adaptée au terrain », résume le collectif. Ces derniers dénoncent une décision qui, selon eux, « ne tient pas compte des réalités sociales du haut Vallespir », un territoire marqué par une forte précarité.

Ils évoquent « une population confrontée à des difficultés économiques importantes et des besoins croissants d’accompagnement éducatif et social dès la maternelle ». À ce stade, la fermeture de classe n’est pas officiellement actée, mais l’inquiétude reste forte. Pour les familles, l’enjeu doit « dépasser » les chiffres. Le projet de carte scolaire sur les ouvertures (9) et les fermetures de classes (23) dans le département doit être validé ce mercredi 15 avril.

M. C.W. (L’Indépendant, le 14 avril 2026)

Des estimations « sous-évaluées »

Selon les chiffres recueillis, avec 78 enfants actuellement scolarisés contre une projection académique de 63 à la rentrée, les parents d’élèves alertent sur des estimations qu’ils jugent « sous-évaluées ». « Les inscriptions ne sont pas encore ouvertes et les arrivées en cours d’année ne sont pas prises en compte. À cela s’ajoutent 5 enfants de toute petite section (moins de 3 ans), dont l’accueil serait compromis en cas de fermeture de classe, mettant en difficulté des familles ne pouvant prolonger la crèche », insistent-ils. Alors que la moyenne nationale en maternelle se situe entre 17 et 18 élèves par classe, « les effectifs pourraient atteindre 21 élèves, sons compter certains enfants « oubliés » (les – de 3 ans). Une situation d’autant plus préoccupante que 47 % des élèves sont en difficulté et nécessitent un accompagnement renforcé ».

Ouvertures et fermetures de classes : les détails du projet de l’Inspection (L’Indep)

Hier, lors du comité social d’administration consacré à la carte scolaire, l’Inspection a finalement proposé 23 fermetures de classes pour 9 ouvertures à la rentrée prochaine dans les écoles du département Mais une autre réunion sera nécessaire pour valider le projet car les syndicats ont tous voté contre ce mardi.

Quelques évolutions sont encore possibles. Mais la marge de manœuvre semble restreinte. Selon plusieurs sources concordantes, lors du comité social d’administration (CSA) de ce mardi, l’inspectrice d’académie a accepté, après discussion avec les syndicats d’enseignants, de revenir sur 4 des 27 fermetures de classes initialement envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département. Le projet dans sa version amendée prévoit donc 23 fermetures de classes pour 9 ouvertures. Mais cette proposition n’est pas encore officiellement adoptée.

« Tous les syndicats ont voté contre. Une nouvelle réunion devra donc se tenir le 15 avril prochain. Le projet peut encore bouger à la marge », souligne Jean-François Nogues, du FSU-SNUipp. Pour l’heure, rien n’est acté donc. Cependant, à l’issue de la « réunion de repli » de la semaine prochaine, après une ultime concertation, l’administration pourra valider son projet quel que soit le vote des syndicats.

De son côté, Éloïse Chenus, du SE-Unsa, ne cachait pas sa déception hier soir : « Aucune ouverture supplémentaire n’a été concédée et sur les 27 fermetures initialement prévues, seules quatre ont pu être sauvées », déplore-t-elle. « De plus, la maternelle Claude-Simon de Perpignan figure toujours dans la liste alors que c’est celle qui a les effectifs par classe les plus élevés après fermeture. »

Tanguy Lorre, de la fédération FO de l’éducation, se veut pour sa part offensif en prévision de la réunion de repli du 15 avril. « Nous allons inviter les écoles à se mobiliser », promet-il.

Quant à Frédérique Tudela-Lorenzo, la déléguée du Snalc, également représenté lors du CSA, elle estime que « sous couvert de baisse démographique (803 élèves en moins prévus à la rentrée 2026 dans les écoles du département), on préfère supprimer des postes plutôt que d’en profiter pour faire baisser les effectifs par classe. » Tout en reconnaissant que le dialogue social n’en a pas moins été respecté.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 avril 2026)

Écoles. 27 fermetures de classes prévues : un appel à la mobilisation ce mardi (L’Indep)

Après la FSU, l’Unsa, Solidaires et la CGT, qui ont mobilisé mardi dernier contre les fermetures de classes, c’est au tour du syndicat d’enseignants du primaire de FO (Snudi-FO) d’appeler ses membres au rassemblement. L’organisation a choisi de réunir ses troupes ce mardi 7 avril, à 13h30, devant l’inspection académique (avenue Giraudoux, à Perpignan), histoire de maintenir la pression autour du Comité social d’administration qui doit avoir lieu dans la foulée.

Lors du comité en question, l’administration doit en effet débattre de son projet de répartition des moyens entre les écoles du département pour la rentrée prochaine avec les syndicats. Selon plusieurs sources concordantes, ce projet prévoit en l’état vingt-sept fermetures de classes pour neuf ouvertures.

Inacceptable aux yeux du Snudi-FO, qui réclame entre autres « un plan d’urgence immédiat pour répondre aux besoins », « l’annulation du projet de fermetures » et « l’ouverture de toutes les classes et de tous les postes nécessaires » (réseaux d’aide, remplaçants…).

Pour mémoire, les craintes de fermetures sont notamment vives dans trois maternelles de Perpignan (Claude-Simon, Lamartine et Pont-Neuf), tout comme à la maternelle d’Arles-sur-Tech, a l’école primaire de Bourg-Madame ou a l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon.

Des fermetures sont également redoutées aux écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan. Mais aussi à Toulouges, Canohès, Saint-Estève, Estagel, Latour-de-France et Maury.

Tous ces projets de fermetures seront-ils confirmés ?

Réponse ce mardi après-midi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 avril 2026)

Classes menacées. « On réduit les moyens là où il faudrait investir » (L’Indep)

Ce mardi, dans le cadre de la grève des enseignants, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées à Perpignan, devant l’Inspection académique, afin de protester contre les suppressions de postes dans l’éducation et les 27 fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département.

Des conditions de travail et d’apprentissage qui se dégradent aux salaires qui stagnent, les motifs de colère des enseignants sont légion. Cependant, ce mardi matin, lors du rassemblement qui a réuni entre 150 et 200 personnes devant les locaux perpignanais de l’Inspection académique, ce sont bien les 27 fermetures de classes prévues dans les écoles du département à la rentrée prochaine qui focalisaient le mécontentement.

En plus des profs, en grève à l’appel de la FSU, de l’Unsa, de la CGT et de Solidaires, les parents d’élèves de la maternelle Claude-Simon de Perpignan étaient également sur le pont.

« L’administration veut fermer une de nos quatre classes », dénonce une maman mobilisée. « On passerait à 28 élèves par section. C’est triste d’en arriver à réduire les moyens là où il faudrait investir. Les enfants, c’est l’avenir… »

La maternelle Claude-Simon est loin d’être un cas isolé. « Il y a des projets de fermetures partout, y compris dans le rural », déplore l’un des co-secrétaires départementaux du FSU-SNUipp, Jean-François Nogués. « En plus de Perpignan et des villages voisins (Toulouges, Canohès, Saint-Estève), la vallée de l’Agly (Estagel, Latour-de-France, Mauy) et la Cerdagne (Bourg-Madame) sont également concernées. »

Toutefois, pour l’heure, rien n’est acté concernant les écoles. Pour être validé, le projet de l’administration, qui prévoit neuf ouvertures en parallèle des 27 fermetures, doit encore être débattu avec les organisations syndicales, qui comptent bien tenter de faire bouger les lignes. La réunion doit se tenir ce mardi 7 avril.

Des professeurs du secondaire étaient également présents dans le cortège de manifestants qui a traversé le quartier du Moulin à-Vent ce mardi matin. Ce sont d’ailleurs les enseignants du collège du secteur, Saint-Exupéry, qui ouvraient la marche. « On accueille des élèves très défavorisés. Compte tenu des indicateurs sociaux, on devrait au moins être classés en réseau d’éducation prioritaire (Rep) mais on ne l’est pas », résume l’un des profs de maths de l’établissement. « Le ministère a récemment reconnu la situation », poursuit la déléguée syndicale Snes-FSU du collège, Muriel Sabatier. « Cette année, notre dotation a augmenté de 31,5 heures, mais on reste très loin des moyens alloués aux établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. On est face à une hémorragie et on nous donne des petits pansements. »

Pour le secrétaire académique de la CGT Educ’action, Nicolas Ribo : « Le fait que la carte de l’éducation prioritaire n’ait plus été revue depuis 2015 pose d’énormes problèmes. L’école Coubertin de Perpignan, située dans le troisième quartier le plus pauvre de France, devrait par exemple elle aussi être classée Rep +. Ce n’est plus possible. On est dans le deuxième département le plus pauvre de France. Le dispositif n’est pas adapté à la situation.»

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

27 fermetures de classes prévues, les enseignants en grève ce mardi (L’Indep)

Ce mardi, quatre syndicats (FSU, Unsa, CGT et Solidaires) appellent les personnels des écoles, collèges et lycées à se mettre en grève et à manifester a Perpignan. Entre autres pour dénoncer les fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine en primaire.

À l’origine de la colère enseignante : le manque de moyens, encore et toujours. Alors que la réunion qui doit valider les fermetures de classes pour la rentrée prochaine dans les écoles des Pyrénées-Orientales doit se tenir le 7 avril, la contestation des dites suppressions s’annonce au cœur du mouvement de grève de ce mardi 31 mars.

Selon nos informations, le projet de l’Inspection pour la rentrée prochaine prévoirait 27 fermetures de classes pour neuf ouvertures dans le premier degré. Du coté de la maternelle perpignanaise Claude-Simon ou de l’école primaire de Bourg-Madame, les parents d’élèves ont déjà manifesté leur opposition aux fermetures envisagées dans leurs établissements, tandis que ceux de l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon ont lancé une pétition contre la perte d’une classe.

Les craintes de fermeture semblent également vives à la maternelle d’Arles-sur-Tech, ou encore dans deux de ses homologues perpignanaises (Lamartine et Pont-Neuf), tout comme dans les écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan.

Non contents de dénoncer les fermetures, les syndicats d’enseignants entendent aussi réclamer ce mardi des ouvertures de classes dans un certain nombre d’écoles où les effectifs le justifieraient.

Un autre choix était possible

« À la maternelle de Pollestres, sil n’y a pas d’ouverture, ils seront à 27 par classe à la rentrée prochaine », s’inquiète l’un des responsables départementaux du FSU-SNUipp, Jérôme Guy. « Il y a aussi un gros problème à Pia, où plusieurs écoles (maternelles Curie et Mitterrand, élémentaire Torcatis…) sont surchargées et où on constate en plus des problèmes de violence. »

Selon la secrétaire départementale du SE-Unsa, Héloise Hiroux, qui évoque elle aussi « une hausse des situations d’intimidation en milieu scolaire » : « Cette grève est un appel à un changement de cap. Il s’agit de rappeler qu’un autre choix que celui des fermetures de classes était possible. On aurait pu profiter de la baisse démographique pour donner des moyens à même d’assurer un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. »

Autres problématiques mises en avant : celles liées à l’inclusion des enfants en situation de handicap. « Nous accueillons de plus en plus d’élèves à besoins particuliers. C’est une richesse. Mais ça nécessite du temps, de la formation et des moyens adaptés qui ne sont pas au rendez-vous », résume Héloise Hiroux. De plus, « lorsque des gamins explosent, on n’a pas de solution de repli en raison du manque de places dans les structures spécialisées (IME, Itep) », renchérit Jérôme Guy.

Pour ce qui est du second degré, la question des moyens est également au cœur des revendications. Pour mémoire, la semaine dernière, l’Inspection a acté la suppression de 12 postes d’enseignants en équivalents temps plein dans les collèges du département. Au grand dam des organisations syndicales.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 mars 2026)

Une manifestation au parcours inédit partira ce mardi vers 10 heures de l’inspection académique, avenue Giraudoux à Perpignan.

Perpignan. La menace de fermeture d’une classe à l’école Claude-Simon inquiète les parents d’élèves (L’Indep)

Ça ne passe pas. À l’école Claude-Simon de Perpignan, l’idée d’une fermeture de classe à la rentrée prochaine provoque l’inquiétude au sein de la communauté éducative. Parents d’élèves et enseignants entendent se mobiliser face à une décision qui, selon eux, pourrait « dégrader significativement les conditions d’enseignement ».

Pour Sophie, parent d’élève, « la suppression d’une classe entrainerait mécaniquement une housse des effectifs par classe, avec des conséquences directes sur le suivi des élèves et le confort d’apprentissage ». Ses inquiétudes portent également sur les conséquences humaines, « Une enseignante ainsi qu’une Atsem perdraient leur poste », souligne-t-elle.

Au-delà des chiffres, les parents mettent en avant la qualité de l’accompagnement actuel. « C’est une école merveilleuse. Le corps enseignant a été super avec ma fille qui est handicapée. Charger d’avantage les classes impacterait directement les conditions d’encadrement », déplore le parent d’élève.

Face à cette situation, un mouvement de mobilisation est prévu ce mardi devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Perpignan.

Les parents, accompagnés d’enseignants et de membres de la communauté éducative, veulent faire entendre leur opposition à cette fermeture. « On va essayer de se faire entendre au maximum », affirme Sophie, espérant que cette mobilisation permettra de peser dans les décisions à venir.

En parallèle, des actions pourraient se poursuivre dans les jours suivants, avec des rassemblements devant l’établissement.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 29 mars 2026)

Écoles : treize suppressions de postes d’enseignants prévues (L’indep)

Ce jeudi 29 janvier, le rectorat a présenté aux syndicats son projet de répartition des moyens pour la rentrée 2026-2027. Les écoles du pays catalan perdraient treize postes d’enseignants. Les collèges du département risquent aussi d’être impactés.

Les syndicats sont sans surprise vent de bout. Ce jeudi 29 janvier, la rectrice leur a présenté la déclinaison dans l’académie des suppressions de postes d’enseignants que le ministère a récemment annoncées (1.891 postes dans les écoles et 1.365 postes dans les collèges et lycées au niveau national).

Les écoles des Pyrénées-Orientales, où une baisse d’effectifs de l’ordre de 850 élèves est prévue pour la rentrée prochaine, devraient ainsi perdre 13 postes. Une mesure à laquelle s’oppose notamment le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa). « Les suppressions de postes ne doivent pas devenir une réponse systématique à la baisse démographique », estime la secrétaire départementale du SE, Héloïse Hiroux. « Il est impératif de préserver les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants, tout en répondant aux défis sociaux et éducatifs de notre territoire. »

Pour ce qui est des collèges, les organisations syndicales évoquent la suppression de 90 postes dans l’académie. Le nombre de suppressions dans chaque département n’est pas encore connu. Mais du côté du syndicat de professeurs Snes-FSU, qui rappelle que le pays catalan présente des indicateurs sociaux très dégradés (ségrégation scolaire, taux de pauvreté…), les inquiétudes sont vives. « 90 postes, cela représente l’équivalent de 1 600 heures d’enseignement », s’alarme l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Ignacio Valenzuela. « Cette situation est scandaleuse au regard des besoins criants de l’académie en général et de ceux du département en particulier. »

Selon les prévisions de l’administration, les collèges des Pyrénées-Orientales devraient perdre 250 élèves à la rentrée prochaine. Le détail des moyens alloués aux établissements du département devrait être dévoilé en février.

A. A. (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)

Le rectorat précise que « les éléments qui ont été présentés aux organisations syndicales le 29 janvier revêtent un caractère prévisionnel et restent dépendants de ladoption définitive du projet de loi de finances ».