21 fermetures de classes pour ! ouvertures dans les écoles des P.-O. (L’Indep)

Après deux réunions de concertation avec les syndicats et six heures de négociations, la directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, a présenté, hier, son projet pour la rentrée 2026. Celui-ci prévoit sept ouvertures de classes et 21 fermetures, soit quatre de moins que la mouture initiale.

L’inspectrice d’académie, Anne-Laure Arino, remet d’emblée la situation dans son contexte : « Cette année, la baisse démographique est particulièrement importante.
En 10 ans, les écoles des Pyrénées-Orientales ont perdu 3 000 éleves et pour les dix années qui arrivent, les prévisions sont à encore – 5 000 élèves. Je ne souhaite pas être alarmiste, mais il faut qu’on soit lucide par rapport à cette baisse démographique. »

Hier, à l’issue d’une ultime réunion de concertation avec les syndicats, Anne-Laure Arino a présenté son projet de carte scolaire pour la rentrée 2026, qui prévoit « 21 fermetures de classes et 7 ouvertures » dans les écoles des Pyrénées-Orientales.

Comme lors de la première réunion organisée sur le sujet, les syndicats ont voté contre.
Toutefois, la concertation s’étant déroulée jusqu’au bout, l’inspectrice peut désormais valider malgré tout son projet. Celui-ci doit cependant encore être soumis, ce vendredi 17 avril, au Conseil départemental de l’Éducation nationale, où siègent également élus et parents d’élèves.

« Comme chaque année, je m’engage à ce qu’il n’y ait pas de fermetures de classes de dernière minute à la rentrée », souligne Anne-Laure Arino. « Par ailleurs, si nous avons des classes à 29-30 élèves en septembre, nous ouvrirons avec des moyens provisoires. » L’inspectrice précise également que malgré les 21 fermetures, le taux d’encadrement devrait s’améliorer à la rentrée 2026. Notamment du fait de la baisse de la démographie scolaire (- 853 élèves annoncés pour l’an prochain). « En 2025. le taux d’encadrement était de 21,45 élèves par classe. À la rentrée 2026, il devrait être de 21,12 élèves par classe », dévoile-t-elle.

Par ailleurs, au-delà des ouvertures et des fermetures de classes, le projet de carte scolaire prévoit aussi la création de 9 pôles d’accompagnement à la scolarité (PAS), qui vont gérer des la rentrée prochaine l’accompagnement des élèves en situation de handicap sur la majeure partie du département.

Installés dans des collèges, ces PAS regrouperont chacun un enseignant, un personnel médico-social et un accompagnant d’élèves en situation de handicap (ABSH). « Ce sera la porte d’entrée pour les familles. C’est là qu’elles pourront aller pour construire la scolarité de leur enfant », résume Anne-Laure Arino. Autre mesure annoncée : un dispositif d’autorégulation pour les enfants autistes sera mis en place en septembre à l’école Coubertin de Perpignan. Sur le modèle de celui qui existe déjà au collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 avril 2026)

« Nous ne pouvions pas voter ce projet »

S’ils ont voté contre le projet de l’inspection, les syndicats ne nient pas la baisse de la démographie scolaire. « Mais nous pensons que c’était une occasion de faire en sorte que les effectifs dans les classes du département baissent pour que les enfants aient de meilleures conditions d’apprentissage et les enseignants de meilleures conditions de travail », explique Jean-François Nogues, du SNUipp-FSU. Eloïse Chenus, du SE-Unsa, est sur la même ligne. « Par ailleurs, le déploiement des PAS est financé par des moyens départementaux, alors que c’est une commande ministérielle. Il aurait dû y avoir une enveloppe à part », rajoute-t-elle. « L’inspection maintient les fermetures dans des écoles où la situation est très dégradée. Et en parallèle, des établissements à plus de 27 élèves par classe n’ont pas d’ouvertures. Nous ne pouvions pas voter pour ce projet », renchérit le responsable de la Fnec-FO, Tanguy Lorre. Laurent Miffre, du Snalc, est quant à lui dubitatif quant aux ouvertures de dernière minute que la directrice académique se dit prête à faire si les effectifs sont plus élevés que prévu dans certaines écoles. « Si ça se résume à déshabiller Pierre pour habiller Paul, ce serait toujours gérer la pénurie », estime-t-il.

Latour-de-France. Parents, élus et enseignants contre une fermeture de classe (L’Indep)

La mobilisation va bien au-delà du village.

L’inquiétude monte autour de l’école du village. A la rentrée prochaine, une classe pourrait fermer, conséquence directe du non-remplacement d’une enseignante partant à la retraite. Une décision qui suscite une forte mobilisation des parents d’élèves, des élus locaux et des enseignants, tous unis pour défendre le maintien des conditions d’accueil et d’apprentissage.

De 22 à 25 élèves

Selon les représentants des parents d’élèves, les chiffres retenus par l’inspection académique ne reflètent pas la réalité du terrain. « On nous annonce 111 élèves en septembre, alors que nous serons 126. On perd seulement deux enfants par rapport à cette année », expliquent-ils. Une différence qui pourrait faire grimper la moyenne de 22 élèves par classe actuellement à plus de 25, voire davantage en cas de fermeture. Dans un contexte déjà marqué par des classes à double niveau, cette augmentation inquiète. « On parle de classes pouvant atteindre 28 à 30 élèves, avec parfois plusieurs niveaux, y compris en maternelle. Ce n’est pas adapté aux besoins des enfants », insiste un parent.

L’avenir du village en jeu

Au-delà des conditions d’apprentissage, c’est aussi l’avenir du village qui est en jeu. « Les familles viennent s’installer ici pour les petites classes. Si on dégrade cela, est-ce qu’elles viendront encore ? », s’interroge une habitante.

Les élus partagent cette analyse. Le premier adjoint de Latour-de-France Didier Fabresse rappelle que « la commune est derrière son école » et refuse de voir le territoire se fragiliser. Même son de cloche du côté de Romain Garrigue, maire de Montner, qui dénonce « une décision à contre-courant de la dynamique démographique locale », avec l’arrivée de nouvelles familles bée aux lotissements récents et à venir.

À Cassagnes, le maire Albert Delonca souligne également une incohérence : « On parle de fermer des classes alors qu’il n’y a que deux élèves de moins, et que d’autres familles peuvent encore arriver d’ici la rentrée ».

Une mobilisation intercommunale

Face à la menace, la mobilisation dépasse largement Latour-de-France. Six communes -Cassagnes, Lansac, Planèzes, Montner, Rasiguères et Latour-de-France- se sont rassemblées pour défendre leur école. Parents, élus et syndicats enseignants veulent faire entendre leur voix. Un rassemblement est d’ores et déjà prévu aujourd’hui
mercredi 15 avril à 13h30 devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), pour tenter d’infléchir la décision.

Nicolas Cassagne (L’Indépendant, le 15 avril 2026)

Alénya. Parents mobilisés : « Nous refusons de voir nos classes surchargées » (L’Indep)

Suite à l’annonce d’une fermeture de classe, tout un village s’est regroupé pour manifester contre cette action.

Hier mardi 14 avril, à l’école primaire, les parents d’élèves accompagnés des élus et du maire Jean-André Magdalou, se sont mobilisés contre la fermeture d’une classe, prononcée par la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale pour la rentrée 2026 à l’école élémentaire Françoise-Lopes-Girona.

Un signal négatif

Ils évoquent ne pas « accepter une fermeture de classe entrainant la désorganisation de l’école et la dégradation des conditions de travail pour nos enfants et pour les personnels enseignants ». De plus, la baisse démographique temporaire ne saurait justifier une telle mesure « entrainant notamment, du bricolage de répartition des élèves dans chacune des classes », poursuivent les parents d’élèves. « Nous refusons de voir nos classes surchargées, de voir réduit, mécaniquement, le temps consacré pour chacun de nos enfants, des conditions d’apprentissages dégradées, la perte de l’équivalent de 24 journées de décharge de direction entrainant la diminution d’autant de travail administratif. Il faut voir au-delà du simple relevé comptable et penser aux intérêts de nos enfants, mais également aux conséquences pour notre village ». En effet, une fermeture de classe est un signal négatif pour le développement de la commune et pourrait « faire partir d’éventuelles familles ». L’ensemble des personnes mobilisées souhaite « des classes à taille humaine, la réussite de tous nos élèves, un cadre pédagogique serein et épanouissant. Pour toutes ces raisons, nous demandons d’urgence, une révision de la carte scolaire pour la rentrée 2026 et le maintien de neuf
classes à l’école élémentaire Françoise-Lopes-Girona d’Alénya »
, ont-ils conclu.

L’Indépendant, le 15 avril 2026

Arles-sur-Tech. Fermeture de classe ? L’enjeu doit « dépasser » les chiffres (L’Indep)

La perspective d’une fermeture de classe à la maternelle Jean-Moulin pour la rentrée 2026 suscite une forte mobilisation.

La mobilisation ne faiblit pas à l’école maternelle Jean-Moulin d’Arles-sur-Tech. Parents d’élèves et élus locaux -d’Arles à Montbolo en passant par Coustouges-, s’opposent fermement à la fermeture annoncée d’une classe pour la rentrée 2026. Une décision jugée incomprise et vécue comme une nouvelle fragilisation du service public en milieu rural. Plus de 1 000 signatures ont été recueillies, entre pétition en ligne et signatures papier. Tout en multipliant les démarches auprès du rectorat. « Nous avons le sentiment de ne pas être entendus, complètement démuni et sans choix possible pour l’avenir de nos enfants en tant que parent. Pourtant, nous avons toujours espoir », commente Laetitia Navarro dont les enfants sont scolarisés en ces murs.

Moratoire d’un an

La structure éducative fonctionne actuellement avec 4 classes multi-niveaux, de la toute petite section à la grande section. Les parents soulignent un fonctionnement jugé « dynamique » avec activités régulières: sorties culturelles, projets pédagogiques, médiathèque, interventions extérieures. Une organisation qui pourrait être « remise en cause » par la suppression d’une classe. Avec comme effets : l’impossibilité d’accueillir certaines très petites sections dès la rentrée (au moins cinq enfants concernés selon le collectif) ; la réduction du temps de décharge de direction, (de 4 jours par mois à un seul) ; la difficulté du suivi des élèves à besoins particuliers. D’où leur souhait de demander un moratoire d’un an. Objectif: repousser une éventuelle fermeture à la rentrée 2027 afin « d’observer l’évolution réelle des effectifs et éviter une décision jugée irréversible ».

« Nous ne contestons pas les contraintes budgétaires, mais nous demandons une décision adaptée au terrain », résume le collectif. Ces derniers dénoncent une décision qui, selon eux, « ne tient pas compte des réalités sociales du haut Vallespir », un territoire marqué par une forte précarité.

Ils évoquent « une population confrontée à des difficultés économiques importantes et des besoins croissants d’accompagnement éducatif et social dès la maternelle ». À ce stade, la fermeture de classe n’est pas officiellement actée, mais l’inquiétude reste forte. Pour les familles, l’enjeu doit « dépasser » les chiffres. Le projet de carte scolaire sur les ouvertures (9) et les fermetures de classes (23) dans le département doit être validé ce mercredi 15 avril.

M. C.W. (L’Indépendant, le 14 avril 2026)

Des estimations « sous-évaluées »

Selon les chiffres recueillis, avec 78 enfants actuellement scolarisés contre une projection académique de 63 à la rentrée, les parents d’élèves alertent sur des estimations qu’ils jugent « sous-évaluées ». « Les inscriptions ne sont pas encore ouvertes et les arrivées en cours d’année ne sont pas prises en compte. À cela s’ajoutent 5 enfants de toute petite section (moins de 3 ans), dont l’accueil serait compromis en cas de fermeture de classe, mettant en difficulté des familles ne pouvant prolonger la crèche », insistent-ils. Alors que la moyenne nationale en maternelle se situe entre 17 et 18 élèves par classe, « les effectifs pourraient atteindre 21 élèves, sons compter certains enfants « oubliés » (les – de 3 ans). Une situation d’autant plus préoccupante que 47 % des élèves sont en difficulté et nécessitent un accompagnement renforcé ».

Écoles. 27 fermetures de classes prévues : un appel à la mobilisation ce mardi (L’Indep)

Après la FSU, l’Unsa, Solidaires et la CGT, qui ont mobilisé mardi dernier contre les fermetures de classes, c’est au tour du syndicat d’enseignants du primaire de FO (Snudi-FO) d’appeler ses membres au rassemblement. L’organisation a choisi de réunir ses troupes ce mardi 7 avril, à 13h30, devant l’inspection académique (avenue Giraudoux, à Perpignan), histoire de maintenir la pression autour du Comité social d’administration qui doit avoir lieu dans la foulée.

Lors du comité en question, l’administration doit en effet débattre de son projet de répartition des moyens entre les écoles du département pour la rentrée prochaine avec les syndicats. Selon plusieurs sources concordantes, ce projet prévoit en l’état vingt-sept fermetures de classes pour neuf ouvertures.

Inacceptable aux yeux du Snudi-FO, qui réclame entre autres « un plan d’urgence immédiat pour répondre aux besoins », « l’annulation du projet de fermetures » et « l’ouverture de toutes les classes et de tous les postes nécessaires » (réseaux d’aide, remplaçants…).

Pour mémoire, les craintes de fermetures sont notamment vives dans trois maternelles de Perpignan (Claude-Simon, Lamartine et Pont-Neuf), tout comme à la maternelle d’Arles-sur-Tech, a l’école primaire de Bourg-Madame ou a l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon.

Des fermetures sont également redoutées aux écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan. Mais aussi à Toulouges, Canohès, Saint-Estève, Estagel, Latour-de-France et Maury.

Tous ces projets de fermetures seront-ils confirmés ?

Réponse ce mardi après-midi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 avril 2026)

Bourg-Madame. Fermeture de classe : la mobilisation ne faiblit pas (L’Indep)

Ce mercredi 1er avril, une mobilisation citoyenne est organisée devant la mairie de Bourg-Madame. Les parents regroupés en collectif, les habitants et les élus se mobilisent pour empêcher sur le groupe scolaire, la fermeture d’une classe, la 2e en deux ans. Une fermeture jugée « inacceptable et profondément injuste, basée sur un argument absolument fallacieux » a tempêté le maire Daniel Armisen. Après une première mobilisation vendredi dernier devant l’école, c’est cette fois-ci devant la Maison du Peuple que les pancartes et banderoles seront de sortie. Romy Pujol, présidente de l’APE Bourg-Madame, glisse : « Tous les élus locaux de Cerdagne et d’ailleurs sont invités à nous soutenir ». La carte scolaire donnant décision d’une fermeture ou non d’une classe, sera prise le lundi 6 avril. D’ici là, les personnes mobilisées prévoient d’autres actions.

F. Berlic (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

Mercredi 1er avril, de 16 h à 18h, devant la mairie. Un goûter de mobilisation est offert par le collectif.

Classes menacées. « On réduit les moyens là où il faudrait investir » (L’Indep)

Ce mardi, dans le cadre de la grève des enseignants, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées à Perpignan, devant l’Inspection académique, afin de protester contre les suppressions de postes dans l’éducation et les 27 fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département.

Des conditions de travail et d’apprentissage qui se dégradent aux salaires qui stagnent, les motifs de colère des enseignants sont légion. Cependant, ce mardi matin, lors du rassemblement qui a réuni entre 150 et 200 personnes devant les locaux perpignanais de l’Inspection académique, ce sont bien les 27 fermetures de classes prévues dans les écoles du département à la rentrée prochaine qui focalisaient le mécontentement.

En plus des profs, en grève à l’appel de la FSU, de l’Unsa, de la CGT et de Solidaires, les parents d’élèves de la maternelle Claude-Simon de Perpignan étaient également sur le pont.

« L’administration veut fermer une de nos quatre classes », dénonce une maman mobilisée. « On passerait à 28 élèves par section. C’est triste d’en arriver à réduire les moyens là où il faudrait investir. Les enfants, c’est l’avenir… »

La maternelle Claude-Simon est loin d’être un cas isolé. « Il y a des projets de fermetures partout, y compris dans le rural », déplore l’un des co-secrétaires départementaux du FSU-SNUipp, Jean-François Nogués. « En plus de Perpignan et des villages voisins (Toulouges, Canohès, Saint-Estève), la vallée de l’Agly (Estagel, Latour-de-France, Mauy) et la Cerdagne (Bourg-Madame) sont également concernées. »

Toutefois, pour l’heure, rien n’est acté concernant les écoles. Pour être validé, le projet de l’administration, qui prévoit neuf ouvertures en parallèle des 27 fermetures, doit encore être débattu avec les organisations syndicales, qui comptent bien tenter de faire bouger les lignes. La réunion doit se tenir ce mardi 7 avril.

Des professeurs du secondaire étaient également présents dans le cortège de manifestants qui a traversé le quartier du Moulin à-Vent ce mardi matin. Ce sont d’ailleurs les enseignants du collège du secteur, Saint-Exupéry, qui ouvraient la marche. « On accueille des élèves très défavorisés. Compte tenu des indicateurs sociaux, on devrait au moins être classés en réseau d’éducation prioritaire (Rep) mais on ne l’est pas », résume l’un des profs de maths de l’établissement. « Le ministère a récemment reconnu la situation », poursuit la déléguée syndicale Snes-FSU du collège, Muriel Sabatier. « Cette année, notre dotation a augmenté de 31,5 heures, mais on reste très loin des moyens alloués aux établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. On est face à une hémorragie et on nous donne des petits pansements. »

Pour le secrétaire académique de la CGT Educ’action, Nicolas Ribo : « Le fait que la carte de l’éducation prioritaire n’ait plus été revue depuis 2015 pose d’énormes problèmes. L’école Coubertin de Perpignan, située dans le troisième quartier le plus pauvre de France, devrait par exemple elle aussi être classée Rep +. Ce n’est plus possible. On est dans le deuxième département le plus pauvre de France. Le dispositif n’est pas adapté à la situation.»

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

Bourg-Madame. Encore une fermeture de classe au groupe scolaire ? (L’Indep)

La menace d’une nouvelle fermeture de classe au sein du groupe scolaire ravive les tensions entre élus, parents d’élèves et administration. Devant l’établissement, la mobilisation s’organise, portée notamment par l’Association des parents d’élèves (APE) Bourg-Madame tandis que les élus locaux dénoncent une décision jugée incohérente et profondément injuste.

« Je viens d’apprendre que nous étions considérés, par l’Insee, comme faisant partie de la banlieue de Puigcerdà, ville espagnole ! » lance, non sans ironie, le maire Daniel Armisen, présent, avec 7 conseillers municipaux, aux côtés de nombreux parents mobilisés à la sortie de l’école.

Derrière la formule, l’édile pointe une classification administrative aux conséquences très concrètes. Selon lui, cette lecture territoriale « arbitraire » pénalise directement la commune et l’école, notamment en matière de dotations. « Nous sommes très surpris car il y a deux ans déjà, on nous a supprimé une classe au motif qu’il n’y avait pas suffisamment d enfants. Cette année, il y a des effectifs qui semblent complètement satisfaisants, voire en hausse. » Le maire poursuit, dénonçant « un argument absolument fallacieux », celui des aménités rurales. « Bourg-Madame est la seule commune qui ne touche pas les aménités rurales et est considérée par l’Insee comme faisant partie de l’agglomération de Puigcerdà ! Je rappelle quand même qu’entre les deux, il y a une frontière ! » La situation est d’autant plus mal vécue que des efforts importants avaient été consentis après la précédente fermeture, en 2024.

Inégalité de traitement

« On le ressent tous comme une injustice. Nous avons joué le jeu et là, l’inspecteur de l’Éducation nationale prend une décision de gestion, de comptable sans prendre en compte les spécificités du territoire », insiste l’élu, faisant référence à la Loi Montagne.

Il souligne également une inégalité de traitement avec d’autres écoles de Cerdagne, du Capcir ou du Haut-Confient, parfois moins dotées en effectifs mais protégées car intégrant l’Observatoire des dynamiques rurales dont a été exclue l’école guinguettoise, « parce qu’elle est considérée comme une ville. On se croirait revenus au Traité des Pyrénées ! »

La colère est d’autant plus vive que, selon les acteurs locaux, aucune fermeture n’était envisagée, il y a encore quelques mois. La situation est inchangée : des effectifs stables, voire en progression, et surtout une forte variabilité liée à la situation frontalière.

Une douzaine d’élèves supplémentaires ont ainsi rejoint l’établissement en cours d’année. Au-delà des chiffres, c’est aussi la spécificité pédagogique de l’école qui inquiète. L’établissement accueille plusieurs dispositifs essentiels: classe bilingue, unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) et unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (Upeaa). Autant de structures nécessitant un encadrement renforcé.

Présidente de l’APE, Romy Pujol ne cache pas sa détermination : « La vraie décision se prendra le 6 avril lors du dévoilement de la carte scolaire. Mais d’ici là, nous allons encore nous mobiliser. L’école n’est pas une garderie, si c’est pour avoir 27 enfants dans les classes, ce n’est pas qualitatif » et alertant sur les conséquences concrètes, « Ici, c’est une école qui a des classes spécifiques qui mentent un encadrement plus individualisé, ça veut dire qu’on va encore perdre la-dessus. Il n’y a rien de bon pour nos enfants. »

Une fermeture contraindrait également les enseignants à travailler à cheval sur deux cycles, une organisation jugée « très inconfortable pour eux et les enfants ».

En toile de fond, c’est la conception même du service public d’éducation qui est invoquée. « N’oublions pas que l’école dé fend les principes fondamentaux de la République: la Liberté, l’Égalité, la Fraternité mais aussi la Laïcité. Tout ceci est inacceptable et nous avons une détermination très forte de ne pas rester là », conclut le maire.

À quelques jours d’une décision attendue, la mobilisation locale s’intensifie, entre pétition(*) et manifestation. L’enjeu dépasse largement une simple question d’effectifs: il touche à l’équilibre du territoire et à l’égalité d’accès à l’éducation.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 30 mars 2026)

(*) Lien de la pétition : http://corg/wGnwxZCHFn

Suppression de postes dans les collèges : la carte scolaire validée (L’Indep)

Hier, les syndicats d’enseignants se sont à nouveau retrouves a la Direction des services départementaux de l’éducation (DSEN) pour une nouvelle réunion suite au comité social d’administration du 13 mars. Mais tous ont décidé de boycotter.

Dix jours après le comité social d’administration (CSA-SD) au cours duquel les syndicats d’enseignants (FSU, FO, SNALC, UNSA) avaient voté contre le projet de l’administration, une nouvelle réunion se tenait hier à la Direction des services départementaux de l’éducation (DSEN). Pour rappel, pour la rentrée 2026-2027, 9 suppressions de postes ont été annoncées pour 3 créations. Menaçant ainsi 6 postes d’enseignants, « ce qui est inacceptable » confie Marc Moliner du Snes-FSU.

À leur arrivée, les syndicats ont constaté l’absence de la DASEN, Mme Anne-Laure Arino et ont donc décidé de boycotter la réunion. De plus, l’administration avait déclaré que « la copie ne changerait pas et resterait en l’état ». De ce fait, « nous sommes restés 15 min le temps d’émerger et de lire notre note intersyndicale. Puis nous nous sommes levés et nous sommes partis. Nous avons jugé qu’il s’agissait d’une séance illégitime. Nous sommes en tout cas très mécontents de l’absence de la DASEN, montrant qu’il n’y a pas de dialogue social », confie Marc Moliner.

« Nous sommes conscients du fait que les dossiers ont été travaillés en amont par Mme Arino et ses services, mais son absence à une instance aussi importante pour les collègues, confine au mépris pour la représentation syndicale », ajoute Laurent Miffre, représentant du SNAIC.

Après ce boycott et en l’absence de quorum, l’avis est réputé avoir été donné. La carte scolaire pour les collèges des P.-O. est donc validée.

Laura Morales (L’Indépendant, le 24 mars 2026)