Des examens gynécologiques offerts aux étudiantes de l’université (L’Indep)

Les élus du conseil départemental des départemental ont adopté le renouvellement de ce dispositif mis en place depuis un an mais encore peu connu, permettant aux étudiantes de l’université de Perpignan d’obtenir des soins gynécologiques.

Améliorer l’accès aux soins gynécologiques pour les étudiantes de l’université de Perpignan, c’est tout le sens de la délibération votée ce jeudi par les élus du conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Les conseillers départementaux ont adopté le renouvellement d’une offre de soins qui permet aux étudiantes de la faculté de rencontrer un médecin et une sage-femme grâce à des permanences, directement depuis le campus du Moulin à Vent. Un examen gynécologique peut y être assuré ainsi qu’une proposition de contraception personnalisée. Mis en place depuis un an mais encore peu connu, ce dispositif a permis à cinquante patientes d’obtenir des soins gynécologiques en 2025. À noter que ce service de santé assure également des actions de dépistage et vaccination.

Les élus ont adopté le renouvellement de ce service pour une durée d’un an qui pourrait encore être reconduit.

Durant cette même session, les conseillers départementaux ont voté une motion visant à soutenir les éleveurs des Pyrénées-Orientales dont les bêtes ont été touchées par la dermatose nodulaire. Plus de 400 vaches, veaux et taureaux ont été abattus sur les terres catalanes, malgré un déploiement de la couverture vaccinale. Les élus du Département se sont engagés à accompagner ces éleveurs et « activer tous les leviers pour apporter son soutien financier en complément des dispositifs de l’État et de la Région ». Mais, pour l’heure, la collectivité n’a pas déterminé le montant de l’enveloppe de ces aides.

Les conseillers départementaux ont aussi appuyé les requêtes formulées par la Chambre d’Agriculture. À savoir, la prise en charge par la solidarité nationale de la vaccination de tous les bovins avant l’estive 2026. Mais aussi le financement des pertes d’exploitation et le remplacement des cheptels tués, privilégier l’abattement sélectif et mener une étude approfondie sur les vecteurs de l’épidémie et déployer un dispositif de surveillance.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 28 novembre 2025)

Les syndicats mobilisés le 2 décembre pour les services publics (L’Indep)

Le mouvement social se poursuit autour du budget en France. Les syndicats catalans dénoncent l’impact sur les plus démunis et appellent à une justice fiscale. Un appel à la mobilisation est prévu le 2 décembre à Perpignan.

Alors que le projet de budget est en cours de discussion au Parlement, la CGT 66, la FSU 66 et Solidaires 66 se joignent à la mobilisation sociale du 2 décembre prochain. Le rendez-vous est donné à 10 heures, place de Catalogne à Perpignan.

« Nos revendications sont claires. On a besoin d’un budget conséquent pour sauver les services publics qui sont en danger. C’est un bien commun à tous les citoyens », affirme Christine Mirroir, co-secrétaire Solidaires 66. Ce qu’elle regrette : « que les plus pauvres continuent de s’appauvrir et que les plus riches continuent de s’enrichir ». « Ce qui est prévu dans ce budget va encore toucher la population la plus démunie donc on va encore creuser l’écart et amoindrir le pouvoir d’achat des gens. Mais on a d’autres solutions, notamment une justice fiscale et sociale, qui taxerait les plus riches », ajoute-t-elle.

Les syndicalistes le rappellent, les Pyrénées-Orientales sont le deuxième département le plus pauvre de France métropolitaine, avec seulement 60 % de personnes imposables et une grande majorité qui vit grâce aux prestations sociales. Leur pouvoir d’achat étant fortement impacté, les habitants cessent de dépenser dans les commerces et ces derniers se retrouvent à leur tour impactés, raisonnent-ils. « On pense notamment à l’hôtellerie et à la restauration, où les travailleurs et travailleuses du département n’ont pas d’emploi en CDI. Ensuite, le milieu associatif, financé par les pouvoirs publics, et le secteur de l’aide à domicile qui est en péril », développe Julien Berthélémy, secrétaire général de l’union départementale CGT 66.

Et dans le contexte de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes (le 25 novembre, NDLR), Géraldine Morales, secrétaire départementale FSU, a tenu à rappeler les inégalités qu’elles subissent encore et dénoncer « une forme de violence sociale envers les femmes. En 2020, sur la retraite, elles se sont beaucoup mobilisées. Donc c’est aussi un appel pour qu’elles continuent de lutter contre ces politiques d’austérité, parce que ce sont elles les premières qui vont souffrir ».

En conclusion, les trois mots qui reviennent sont « l’emploi, le salaire et la retraite », résume Julien Berthélémy. « Hors de question d’avoir un régime à points. Ce que l’on veut, c’est réduire l’âge légal de départ à la retraite et avoir une retraite digne pour tous. Le sujet de fond c’est comment on redistribue les richesses créées par les travailleurs et les travailleuses ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 27 novembre 2025)

« La protection maternelle et infantile est en train de mourir et on la regarde » (L’Indep)

La protection maternelle et infantile « se porte au plus mal », dénoncent ses agents dépités par le manque de moyens mais également le défaut de pilotage stratégique de ce service crucial dans la prévention sanitaire au plus près des territoires.

La protection maternelle et infantile (PMI), créée aux côtés de la Sécurité sociale en 1945 pour « assurer la protection médicale de toutes les femmes enceintes, des jeunes mères et des enfants de moins de 6 ans de façon universelle, gratuite et inconditionnelle », est au plus mal selon ses agents. « Aujourd’hui, dans les Pyrénées-Orientales, la PMI est en train de mourir et on la regarde mourir », alertent ce mercredi 19 novembre des sages-femmes, infirmières puéricultrices et médecins du conseil départemental.

Ce que ces fonctionnaires territoriaux dénoncent d’abord, depuis 2023, c’est la baisse des moyens alloués à ce service crucial dans le deuxième département le plus pauvre de France métropolitaine, ce qui les empêche d’accomplir leurs missions obligatoires pour la santé des enfants et de leurs mères. La PMI ne représente que 0,1 % du budget départemental (1 million d’euros sur 737 en 2025), alors qu’elle doit couvrir les besoins de tous les bébés catalans (environ 4 000 par an) et de leurs familles. Ces agents déplorent ainsi le manque d’effectifs, avec par exemple seulement 8 postes de
médecins pourvus, à temps partiel, sur les 14 existants. Résultat : visites en crèches et dépistages en écoles maternelles non assurés, délais de consultation allongés et retards dans les vaccinations.

La deuxième problématique relevée par ces agents du conseil départemental est « le défaut de pilotage, de stratégie ». « Puisque nous ne pouvons plus accomplir toutes nos missions, nous aimerions, à tout le moins, qu’on nous dote d’une vraie gouvernance et d’une organisation pour prioriser certaines actions. Il manque une réflexion politique et un projet de territoire. » Conséquence de ce manque d’anticipation: pendant 9 mois, de mai 2024 à mars 2025, les nouveau-nés des Pyrénées-Orientales n’ont pas reçu de carnet de santé, compromettant ainsi la continuité des soins.

« La protection maternelle et infantile est une compétence départementale obligatoire », rappelle Jean-François Laffon, secrétaire général de la CGT du Département, qui pointe les choix de l’institution : « Le conseil départemental des Pyrénées-Orientales est en bonne santé financière, mais à quel prix ? »

Nicolas Monnet (L’Indépendant, le 27 novembre 2025)

Pour marquer le 80e anniversaire de la PMI et pointer les problématiques rencontrées dons les Pyrénées-Orientales la CGT accueille une exposition, à la maison des syndicats au 8 rue de la Garrigole à Perpignan.

« L’augmentation de la précarité a accentué les difficultés »

« L’augmentation de la précarité a accentué les difficultés rencontrées par les professionnels de la PMI dans leurs missions d’accompagnement », répond le Département mis en cause par ses agents. Il estime que « dons un contexte national marqué par la hausse de la pauvreté et la dégradation de plusieurs indicateurs sanitaires (…) il continue son action en matière de prévention ». Et de conclure : « Nous soutenons pleinement nos équipes de terrain et œuvrons pour développer l’accès aux soins, aux conseils et à l’accompagnement pour toutes et tous, malgré des baisses significatives de budgets alloués de l’État »

Agriculture. « Une concurrence déloyale avec des importations illégales (L’Indep)

La Confédération paysanne a surpris hier matin la plateforme logistique Azura de Saint-Charles à Perpignan avec une opération coup de poing. Elle s’est introduite dans ses locaux pour récupérer des barquettes de tomates et prouver qu’elles sont « mal étiquetées ». Les paysans dénoncent une « concurrence déloyale et illégale de leurs importations ». Ils ont ensuite pris la route vers une grande surface pour vider les rayons de ces tomates.

C’est sur la jonction de deux histoires que la Confédération paysanne a décidé de mener des actions hier matin dans les Pyrénées-Orientales. « Nous sommes là pour la défense de l’autodétermination du peuple sahraoui et le combat des producteurs français qui vivent une concurrence déloyale face à des importations prétendument marocaines, comme là chez Azura, alors que clairement les tomates qui arrivent ici sont produites au Sahara occidental », introduisait Fanny Metrat, porte-parole de la Confédération paysanne nationale.

C’est donc dans la zone Saint-Charles à Perpignan, à la plateforme logistique Azura, entreprise franco-marocaine, qu’a démarre le mouvement. Une soixantaine de paysans ont réussi à s’introduire dans les locaux afin de récupérer une barquette de tomates pour vérifier ses étiquettes. « On est allé chercher à l’intérieur pour avoir la preuve, on a trouvé une barquette étiquetée « Maroc », alors que depuis des années nous nous battons juridiquement, et nous avons gagné l’année dernière le procès, pour dire que l’étiquetage de ces produits-là n’était pas conforme. En fait, il devrait y avoir écrit « Sahara occidental ». Ces entreprises passent outre toutes les règles commerciales mondiales », poursuit la porte-parole.

Chassés en dehors des locaux après des échanges tendus avec les salariés, ils ont ensuite pris place devant les entrées pour bloquer l’accès aux camions et donc au déchargement de marchandises.

Aujourd’hui la Confédération porte plainte contre Azura, puisqu’en fait elle ne respecte pas l’accord de libre-échange qui a été signé entre l’Union européenne et le Maroc, puisque les produits importés par Azura sont des produits issus du Sahara occidental qui est un territoire non autonome. On attend depuis des années avec le peuple sahraoui qu’il y ait un référendum(*), mais du coup on bafoue le droit international, on bafoue les revendications portées par l’ONU, et on importe des produits qui ne sont clairement pas marocains », expriment les porte-parole.

Un combat mené pour la solidarité de tous les peuples mais aussi pour tenter d’éradiquer cette « concurrence déloyale ». Pour exemple, les représentants du syndicat rapportent que des tomates qui arrivent à moins de 4 € le kilo sont affichées sur le territoire français 8 à 10 € minimum le kilo, donc « une concurrence déloyale sur des importations illégales ».

Les actions se sont poursuivies en fin de matinée dans la grande surface Carrefour ou le syndicat a pu « constater d’énormes stocks de barquettes de tomates mal étiquetées ». « On les a récupérées et chargées dans des chariots. C’est bien la preuve que le consommateur est trompé », explique Jean Thevenot, délégué de la Confédération paysanne à la Via Campesina, mouvement paysan international. Cet agriculteur du Pays Basque dénonce notamment les questions des conditions de production socio-environnementales au Sahara occidental, « avec des salaires au minimum dix fois plus bas, typiquement sur la tomate cerise, qui est le produit principalement importé par Azura ».

Le combat est clair et ne semble pas s’arrêter là pour la Confédération paysanne. « On va continuer à s’attaquer aux accords, continuer les actions s’il le faut, même si on doit aller en justice », poursuit Jean Thevenot. « Ce qu’on dénonce aujourd’hui, c’est la concurrence à son paroxysme, vraiment la pièce la plus sombre peut-être du libre-échange qui met en compétition nos productions, avec celles issues de territoires occupés, qui sont produits par des salariés payés à très bas coût. C’est un cri d’alarme, parce qu’on n’arrive pas à vivre de notre métier ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 27 novembre 2025)

(*) Comme le relate la Confédération paysanne, « Le Maroc est censé organiser un référendum d’autodétermination pour que le peuple sahraoui décide s’ils veulent rejoindre le Maroc ou s’ils veulent devenir un État indépendant. Ce référendum n’a jamais eu lieu. Donc aujourd’hui, le Maroc considère que le Sahara occidental est marocain, mais le droit international ne le considère pas. Du coup, quand le Maroc signe un accord de libre-échange avec l’Europe, avec l’Union Européenne, c’est un accord consacré au Maroc ».

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4093 – vendredi 28 novembre 2025)

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« La laïcité, ce n’est pas une lutte contre les croyances » (L’Indep)

La laïcité est à l’honneur dans les Pyrénées-Orientales a l’occasion des 120 ans de la loi de 1905. Des animations variées, dont une journée de sensibilisation pour 450 enfants, sont prévues pour renforcer la sensibilisation à ce principe fondamental.

À l’occasion des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, le comité Laïcité République 66 et le Grand Orient de France s’unissent. Pour commémorer cette date importante, diverses animations sont prévues à partir du 27 novembre prochain, en partenariat avec le conseil départemental et le conseil régional.
Lors d’une conférence de presse, donnée ce mardi 25 novembre à Perpignan par Pascal Farines, membre du Grand Orient de France et Élie Puigmal, président du comité Laïcité République des Pyrénées-Orientales, les bases et définitions de ce mot ont été rappelées. « Ce n’est pas une lutte contre les croyances. C’est une garantie pour que chacun puisse croire, ne pas croire, changer de religion et vivre ensemble sans pression ni privilège religieux. Ce mot ne doit pas être adjectivé », développent-ils. Ajoutant que les Pyrénées-Orientales sont l’un des départements où les mobilisations sont les plus importantes.

Sensibiliser la jeunesse

Durant plusieurs jours, des actions seront menées dans le département. Par exemple ce 27 novembre, avec une journée de sensibilisation au Palais des Rois de Majorque pour 450 enfants. « On s’est aperçu qu’en particulier chez les jeunes, il y a un déficit de connaissance de la laïcité », souligne Pascal Farines. Le comité Laïcité République a ainsi créé un diaporama « pour les amener à cheminer, à réfléchir et à débattre ».

Des projections au cinéma sont également prévues. En particulier, le film « Le procès de Viviane Amsalem », le samedi 29 novembre au Clap Ciné de Canet-en-Roussillon. « C’est l’histoire d’une femme israélienne qui ne peut pas divorcer. Il montre l’inconvénient du poids de la religion dans la société », indique Pascal Farines.

Un autre, au Castillet à Perpignan le 4 décembre et au Puigmal à Osséja le 5 décembre : « Laïcité, Liberté, Égalité, Fraternité », le premier film sur l’histoire de la laïcité, animé par le réalisateur Georges Bringuier.

Une exposition composée de 17 panneaux explicatifs sera mise en place au Hall Guy Malé au siège du département à Perpignan du 9 au 12 décembre. Et les événements seront clôturés par une conférence publique avec débat, le 17 décembre à l’espace Christian Bourquin à Perpignan.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 26 novembre 2025)

372 bracelets connectés pour alerter sur les violences faites aux femmes (L’Indep)

À l’occasion de la journée nationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la préfecture et les différents acteurs institutionnels et associatifs ont renforcé ce mardi 25 novembre 2025 leur partenariat autour du dispositif « App-elles ». Une application avec bracelets ou boutons connectés permettant aux détentrices d’alerter face à une situation de détresse, de danger ou d’urgence.

Les chiffres de progression des violences intra-familiales, notamment celles faites aux femmes, sont sans appel. « Et assez préoccupants » plante Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, un département qui, à la mesure du phénomène, se distingue par un taux d’utilisation très supérieur à la moyenne nationale du dispositif « App-Elles ».

Depuis 2019, France victimes 66 équipe toutes les femmes en difficulté volontaires de cette application gratuite, créée par l’association Résonantes, avec bracelets et boutons connectés. Elle permet d’envoyer une alerte immédiate aux contacts de confiance, la transmission d’éléments utiles comme la localisation ou l’enregistrement sonore (servant de preuve officielle pour les procédures) et la mobilisation rapide des professionnels. Le projet s’est aussitôt agrégé la collaboration de la préfecture, de partenaires institutionnels (conseil départemental, justice, forces de sécurité intérieure) et d’acteurs associatifs spécialisés dans l’accompagnement des victimes (Mouvement français pour le planning familial, ACAL, AFFED, UDAF, APEX). Le réseau vient d’être renforcé ce mardi par l’entrée du CIDFF et par une coopération accrue avec la police et la gendarmerie détenteurs désormais des noms des personnes bénéficiant de cet outil, afin d’être aussitôt sensibilisés à la situation et mener au besoin une intervention adaptée et plus efficace.

« Retrouver un sentiment de liberté »

Sur cinq années, 372 femmes ont été dotées du dispositif dans le département pour une durée moyenne de 9 à12 mois. En 2024, 86 nouveaux appareils ont été délivrés à des femmes en difficulté élevant le nombre à 155. En 2025, on compte déjà 73 nouvelles détentrices pour 144 accompagnements en cours. Mais ce projet ne se limite pas au matériel, il s’accompagne d’entretiens psychologiques et juridiques (400 effectués en 2024). « Nous avons permis à des femmes bat-tues, harcelées, menacées de retrouver un sentiment de liberté, de reprendre presque normalement leur vie professionnelle, sociale, familiale », précisent les responsables de France victimes 66. « C’est une forme de béquille. Mais aussi l’occasion d’apporter d’autres réponses et d’orienter vers l’ensemble des structures partenaires en fonction des problèmes rencontrés et identifiés. »

Laure Moysset (L’Indépendant, le 26 novembre 2025)

Violences faites aux femmes. Ils ont marché pour Nathalie, Zaïa, Elodie, Adeline, Béatrice, Eva… (L’Indep)

Brandissant ce mardi soir, place de la République à Perpignan, des pancartes blanches où seuls les prénoms de victimes de féminicide étaient écrits en noir, d’autres des slogans, ils étaient environ 250 à déambuler jusqu’au Castillet, au nom des 149 victimes, en 2025 en France, de violences sexuelles et sexistes. Une marche lumineuse digne et émouvante.

Elles s’appelaient Lucie, Mélina, Nathalie, Adeline, Martine, Béatrice… D’autres sont restées anonymes, mais toutes ces femmes sont tombées sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, depuis le 1er janvier 2025. Leurs prénoms sont venus au fil des mois grossir les rangs d’une liste insupportable, inadmissible.

Toutes victimes de féminicides, -elles sont à ce jour 149 en 2025- les 250 personnes qui ont défilé ce mardi soir dans les rues du cœur de ville de Perpignan ne les ont pas oubliées.

Dans cette foule rassemblée place République en silence et s’éclairant à la lampe torche, avec un flambeau ou un portable suivant les consignes données, se trouve Bryann, 18 ans. Le jeune confie sans hésitation : « J’ai depuis toujours eu la fibre féministe. Pour moi la défense des femmes face à la violence de l’autre partie de l’humanité n’est pas qu’un vague concept, ni un argument électoral.. Enfant, j’ai côtoyé des gens violents, j’en ai souffert et j’ai vu les miens en souffrir aussi. D’où ma présence solidaire ce soir ».

Non loin de lui, Laurence, 35 ans, est venue seule braver le froid. Elle se dit « habituée à défiler pour des causes nobles et évidentes comme la lutte contre les violences faites aux femmes ». Elle écoute d’une oreille attentive les paroles prononcées au micro par Katia Mengo, co-organisatrice de cette marche lumineuse qui mènera plus tard le cortège jusqu’au pied du Castillet. D’un hochement de tête, elle approuve, et frémit lorsque Katia Mengo égrène ces chiffres terribles mais si réels : ceux des féminicides commis en France depuis janvier 2025. D’autres personnes autour ont le visage crispé ou du mal à retenir leurs larmes.

Félix, un Perpignanais de 31 ans, a lui la gorge serrée. « Je me devais d’être là ce soir, en mémoire des 149 victimes en France et de celles du monde entier, où une femme est tuée toutes les 10 minutes par son compagnon », souffle-t-il. « J’ai horreur de la violence sous toutes ses formes et celle à l’encontre des femmes, et des enfants, me débecte. C’est à nous les jeunes de ma génération de montrer l’exemple et d’en finir avec ce machisme, ce virilisme, ce masculinisme… Qui se répand dans toutes les couches de la société comme un virus ».

Le mot de la fin à un petit bonhomme d’à peine 6 ans. Il s’appelle Maël, est venu marcher avec sa mère et sa grande sœur de 10 ans. Tout fier, il tient bien fort leurs mains et crie, « moi aussi je suis féministe ! ». La nouvelle génération est en marche.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 26 novembre 2025)