Ce lundi 18 mai 2026, les négociations entre la direction et les représentants du personnel ont repris en présence de l’Inspection du travail à la clinique Médipôle de Cabestany. Les salariés doivent se réunir ce mardi matin à 10 heures pour débattre des nouvelles propositions de la direction et décider de la suite du mouvement.
Le contraste est saisissant. Grévistes assis dans l’herbe ou attablés, chants… lors du repas et du début d’après-midi, l’ambiance était conviviale devant la clinique Médipôle de Cabestany. Cependant, en fin d’après-midi, à l’issue de la nouvelle séance de négociation avec la direction, tous faisaient grise mine.
Après avoir rencontré les deux parties vendredi dernier, l’Inspection du travail, mandatée par le préfet pour tenter de débloquer les discussions, était représentée lors de la séance. Lors de celle-ci, la direction a fait évoluer ses propositions. Mais visiblement pas assez aux yeux de nombreux salariés présents lors du débriefing que les élus du personnel ont organisé sur les coups de 17 heures, ce lundi.
« La prime de partage de la valeur (qui serait versée en juin 2026, NDLR) passerait de 300 à 500 euros », a dans un premier temps annoncé la déléguée syndicale CFDT Helene Masse. « La prime cotisée pérenne resterait à 400 euros (par an, à partir de janvier 2027), mais le seuil de déclenchement de l’intéressement a changé. On serait quasiment sûrs d’avoir 1 500 euros par an jusqu’en 2031. »
Précision utile : concernant la prime cotisée pérenne, elle pourrait, selon les syndicats, augmenter peu à peu à partir de 2028, au gré des négociations annuelles obligatoires (NAO). « Dernière chose : au niveau des conditions de travail, un organisme qui fait partie de l’Inspection du travail va venir dans chaque service, puis émettra des préconisations et vérifiera ensuite qu’elles sont bien appliquées », a ajouté Hélène Massé.
À l’annonce de ces nouvelles propositions, les grévistes, dont l’une des principales revendications était l’obtention d’une prime cotisée pérenne de 1 500 euros afin de sécuriser leurs revenus, n’ont pas paru particulièrement enthousiastes. « Ça met le moral dans les chaussettes, mais il faut être solidaires », a souligné la déléguée syndicale CGT Kate Level. « Demain à 10 heures, il faut que tout le monde soit là pour qu’on prenne une décision tous ensemble. »
La cinquantaine de grévistes qui étaient présents lorsque les déléguées syndicales sont sorties des négociations n’ont donc pas pris de décision pour le moment. Et pour cause : lors de leur assemblée générale de ce lundi matin, les salariés avaient d’ores et déjà prévu de se réunir pour décider de la suite du mouvement ce mardi matin. Histoire de se laisser le temps de la réflexion ?
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 19 mai 2026)
Sollicité par L’Indépendant, ce lundi, le groupe Elsan n’a pas donné suite.
Les syndicats attaquent certaines réquisitions au tribunal
Il s’agit de l’un des autres points de crispation du conflit.
Dans le secteur de la santé, le préfet peut, lors des grèves, réquisitionner certains salariés afin de garantir le maintien d’un service minimum.
Ce qu’il a fait dans le cadre du mouvement qui touche actuellement la polyclinique Saint-Roch.
Cependant, dans ce cas précis, les syndicats estiment que certaines de ces réquisitions seraient « abusives ».
C’est pourquoi ils ont attaqué plusieurs d’entre elles au tribunal administratif, qui a audiencé l’affaire ce lundi. Le tribunal ayant été saisi via une procédure en urgence (référé), la décision devrait être rendue rapidement.
Ce lundi, en fin de journée, les organisations syndicales n’en connaissaient cependant pas encore la teneur.
Pour mémoire, la question des réquisitions avait également été évoquée à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, où la grève débutée en même temps qu’a Medipole s’est terminée mercredi dernier à la suite de la signature d’un accord.
Là-bas, c’est la direction qui avait mis l’accent sur ce point. En assurant que certains personnels «refusaient» d’être réquisitionnés.
A. A. (L’Indépendant, le 19 mai 2026)
