L’actu de la CGT (n° du 7 mai 2026)

[ Guide ] Salaires : négocier pour gagner dans l’entreprise
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Les dessous de la fiche de paie
On la reçoit tous les mois et bien souvent on regarde seulement le net, alors que chaque ligne a une signification.
Quelle différence entre classification et qualification ? Est-ce que les primes comptent dans le calcul de la retraite ? Votre fiche de paie n’aura plus de secrets pour vous !
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Actualités

Lettre de Sophie Binet adressée au Premier ministre
Lettre solennelle de Sophie Binet, Secrétaire Générale de la CGT, adressée au Premier ministre.
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Les 88 propositions de la CGT pour des JOP Alpes 2030 exemplaires
La CGT a élaboré une feuille de route revendicative pour que les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) d’hiver 2030 ne soient pas une simple vitrine internationale, ni un événement éphémère, déconnecté des réalités sociales et environnementales; mais au contraire, une opportunité de progrès pour les travailleur·ses, les territoires de montagne et l’ensemble de la société.
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[Livret] Changement climatique et travail : des leviers pour agir
Le dérèglement climatique, les canicules à répétition, la raréfaction de l’eau, les inondations, la pollution de l’air, la disparition des espèces… tout cela n’a rien d’une « fatalité naturelle ».
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Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler
La pétition est à l’initiative de Manuela CABOT SALAR, syndiquée à la CGT et aide à domicile qui n’arrive plus à s’en sortir avec la hausse des prix des carburants.
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Justice prud’homale : le timbre fiscal de 50 euros pour saisir les prud’hommes, une atteinte au droit d’accès à la justice
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Communiqués de presse

Rapport Alloncle : l’extrême droite s’attaque au service public audiovisuel
Ce mardi 5 mai a été rendu le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public porté par le député d’extrême droite Alloncle. La CGT dénonce un rapport piloté par V. Bolloré et l’extrême droite, en vue d’une attaque sans précédent contre le service public audiovisuel.
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Cahier revendicatif pour l’égalité réelle et la justice sociale dans les pays ultramarins
La CGT, la CGT Martinique, la CGT Réunion et la CGT Mayotte affirment la nécessité d’un cahier revendicatif national commun, structuré autour de 6 axes transversaux, applicables à tous les DROM-COM.
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Guide de la formation professionnelle
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Elisa Goudin-Steinmann. « En Allemagne, le « mur pare-feu » contre l’AfD se fissure » (La Marseillaise)

Elisa Goudin-Steinmann, professeure d’études germaniques à la Sorbonne Nouvelle et spécialiste de l’ex-RDA, analyse la montée de l’extrême droite en Allemagne.

La Marseillaise : Un an après son accession au pouvoir, le chancelier Friedrich Merz est à un niveau d’impopularité record. Comment l’expliquer ?

Elisa Goudin-Steinmann : La CDU fait les frais de la situation économique difficile liée à des facteurs qui ne sont pas dus à l’Allemagne elle-même. Il y a eu coup sur coup l’arrêt du gaz russe pas cher et les tensions géopolitiques. On entre dans la troisième année de récession, ce qui n’est pas du tout habituel pour les Allemands, en tout cas ceux de l’Ouest qui n’ont pas connu ça depuis le « miracle économique ». Ça a créé l’impopularité du chancelier de fait. Il pâtit également des difficultés de dialogue au sein de la coalition avec le SPD.

La Marseillaise : Le noyau dur de l’électorat du CDU et du SPD qui se partagent le pouvoir depuis 1949 est en train de disparaître. Y a-t-il une lassitude ?

Elisa Goudin-Steinmann : Je ne dirais pas qu’ils sont en train de disparaître. Les scores du SPD, le PS en rêverait. Ils perdent des électeurs, ça c’est sûr. Pas seulement au profit de l’AfD mais aussi de l’abstention, de la gauche plus radicale Die Linke ou dans certains cas des Verts. Mais oui, ce qu’on appelle les « Volkspartei », les partis de masse traditionnels [CDU et SPD Ndlr], sont un peu usés par le fait d’avoir gouverné ensemble plusieurs fois depuis 2005. On a du mal à voir la différence entre l’offre politique. Le SPD est un petit peu plus progressiste sur les questions sociétales mais à part ça, c’est la même politique économique qui sera menée au final, donc à quoi bon choisir ? C’est ce que disent les électeurs et les partis en sont conscients. C’est pour ça qu’ils n’étaient pas très motivés à l’idée de gouverner ensemble. Arithmétiquement parlant, le Bundestag est bloqué parce que la CDU ne veut pas s’allier avec la gauche radicale. Le cordon sanitaire tient pour l’instant autour de l’AfD, personne ne veut gouverner avec eux mais ils ont quand même 152 députés. Par ailleurs, en Allemagne, on ne dit pas « cordon sanitaire » mais on parle de « mur pare-feu ». L’AfD n’arrête pas de dire qu’il faut faire tomber ce mur, comme on a fait tomber le mur de Berlin et qu’on va libérer les Allemands une deuxième fois. Ils ont une stratégie très claire de chercher des moyens pour, finalement, gouverner avec la CDU, ce qui finira peut-être par arriver. Je suis incapable de le dire. Mais des voix à la CDU disent qu’il faut mettre fin à ce mur pare-feu. C’est en train de se fissurer.

La Marseillaise : Pour récupérer les électeurs de l’extrême droite, la CDU a durci son discours sur l’immigration, ce qui a finalement bénéficié à l’AfD ?

Elisa Goudin-Steinmann : La CDU reprend un peu les éléments de discours de l’AfD pour essayer de récupérer les électeurs mais on sait très bien que ça ne marche pas. Ça s’est vérifié partout. Les Républicains ont essayé de faire ça aussi avec certains thèmes du Rassemblement national. On ne récupère pas d’électeurs comme ça. Ça crée juste une droitisation, en général, de leur politique et ça légitime le discours de l’AfD, ça le normalise. En Thuringe, Björn Höcke a repris le slogan nazi « Deutschland über alles » (« L’Allemagne au-dessus de tout »). Alexander Gauland [président d’honneur de l’AfD, Ndlr], a utilisé le mot « entsorgen » à l’encontre d’une ministre d’origine turque. Ce qui veut dire qu’il fallait la déporter. Ce n’est plus ambigu, c’est un langage ouvertement nazi.

La Marseillaise : L’AfD ambitionne de remporter plusieurs régions à l’Est lors des élections de septembre. Pourquoi fait-elle de bons scores dans l’ex RDA ?

Elisa Goudin-Steinmann : Si on regarde les marqueurs sociaux comme le chômage par exemple, la population à l’Est est plus défavorisée donc, elle a une plus grande probabilité de voter AfD. Même si ça ne représente pas la totalité des électeurs, bien sûr. Le deuxième facteur est historique. Les électeurs sont souvent des personnes ayant grandi en RDA ou socialisés par des parents qui vivaient dans l’ex Allemagne de l’Est, où il n’y a pas eu ce travail sur le passé nazi. On racontait l’histoire en disant qu’on était les héros de la Résistance, qu’on était les communistes donc on ne s’est pas du tout interrogé sur la culpabilité. Il y a ce manque d’un travail historique et d’une conscience historique à l’Est qui a été en partie comblée après la chute du Mur. Enfin, le troisième et plus gros facteur d’explication, selon moi, ce sont les injustices économiques et sociales commises après 1990. Le vote AfD est souvent un vote de protestation. Mais il ne faut pas stigmatiser les Allemands de l’Est, l’extrême droite progresse aussi et plus rapidement à l’Ouest, d’où viennent tous ses dirigeants.

La Marseillaise : 81 ans après la capitulation nazie, le parti dirigé par une petite-fille de SS est en tête des sondages. L’Allemagne renie son passé ?

Elisa Goudin-Steinmann : Le 2 avril dernier, l’hebdomadaire allemand Die Zeit a mis en ligne un moteur de recherche qui permet à chacun, en deux clics, de savoir s’il avait des grands-parents nazis ou pas. Ça a provoqué un gros débat en Allemagne et une prise de conscience. Tout le monde tombe des nus en découvrant qu’il avait un grand-père ou une grand-mère nazi. C’est une petite révolution. L’espoir est que ça mette à mal la stratégie de l’AfD qui essaye de balayer tout le travail de mémoire fait depuis 1945. Les sondages montrent que seulement un quart des Allemands pensent avoir eu un nazi dans sa famille, ce qui est hyper sous-estimé. Est-ce que ça va empêcher de voter AfD ? Ça, c’est encore une autre question. Je n’ai pas la réponse. En tout cas, on ne pourra plus dire mais les nazis, c’est la famille des autres.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 7 mai 2026)

40ème Congrès du PCF. La brochure complète du Congrès

Sommaire

L’édito de Fabien Roussel
Le mode d’emplois du Congrès

Le projet de base commune adopté par le Conseil national du 29 mars 2026
Le résumé
Un communisme de conquêtes

Textes alternatif au projet de base commune du Conseil national
Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir
Communistes à l’offensive
Le résumé
Les signataires

Textes alternatif au projet de base commune du Conseil national
Stratégie Communiste
La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme
Le résumé
Les signataires

Textes alternatif au projet de base commune du Conseil national
Résister et construire, une nouvelle page du communisme
Le résumé
Les signataires

Bulletin de vote

Grève à la clinique Saint-Pierre. « On a le poing levé mais les poches vides » (L’Indep)

Ce mercredi matin, plusieurs dizaines de salariés de la clinique Saint-Pierre, en grève depuis treize jours, ont mis en place un barrage filtrant autour du rondpoint stratégique situé non loin de l’établissement, sur la RD900A. Pour certains d’entre eux, qui gagnent moins de 1 600 euros par mois, le non-déclenchement des primes d’intéressement et de participation est lourd de conséquences. La grève se poursuit aussi à Médipôle Cabestany.

Après treize jours de grève, ils sont toujours sur le pont. Ou plutôt sur le rond-point, pour le coup. Ce mercredi matin, les salariés de la clinique Saint-Pierre mobilisés pour leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat ont décidé de mettre en place, de 10h30 à midi, un barrage filtrant autour du giratoire qui jouxte l’établissement, sur la RD900A, à l’ouest de Perpignan.

« Comme nous n’arrivons pas à nous faire entendre, nous avons décide de faire une action coup de poing pour distribuer des tracts et discuter avec les usagers, leur expliquer pourquoi nous en sommes arrivés à ce stade », explique Emilie Didier, l’une des porte-parole du syndicat CGT de la clinique du groupe Elsan.

Jusqu’ici, les négociations avec la direction n’ont pas permis de parvenir à un accord pour mettre fin à la grève. Le principal point de crispation concerne le pouvoir d’achat. « Cette année, les primes d’intéressement et de participation que nous touchions en juin seront à zéro », rappelle Émilie Didier.

Or, les salariés, dont les rémunérations ne semblent pas mirobolantes, comptaient sur ces primes. « Avec la régulation du Smic et les avantages liés au Ségur, nous gagnons entre 1 500 et 1 600 euros net par mois, confie un brancardier. Il y a dix ans, entre les primes d’intéressement et de participation, nous touchions entre 1 500 et 1 700 euros de plus par an. Puis, ça a régressé d’année en année. Ces primes, nous en avons besoin : tout augmente. Cette année, pour les vacances, je pensais pouvoir aller une semaine au camping avec les enfants, mais vu qu’il n y a pas de primes, j’ai du annuler: On a le poing levé mais les poches vides… »

Une aide soignante en grève, qui gagne « 1 600 euros net par mois avec quinze ans d’ancienneté », acquiesce : « Ces primes nous servaient aussi pour le quotidien. Elles nous soulageaient en nous permettant de planifier nos dépenses Personnellement, je fais des toilettes à domicile le week-end en plus de mon travail. » Une infirmière avec seize ans d’ancienneté indique pour sa part toucher 2 100 euros par mois en comptant « la prime de nuit, le Ségur et la prime technique ».

Au-delà des salaires, les grévistes présents sur le rond-point avec leurs gilets fluorescents étaient également nombreux à évoquer des situations de sous-effectif. Une ancienne salariée de la clinique venue en soutien confirme : « J’étais agent de stérilisation au bloc pendant vingt-cinq ans. Quand j’ai commencé, on était douze. Maintenant, elles ne sont plus que quatre à temps plein et une à mi-temps. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 mai 2026)