La CGT66 soutient les grévistes des cliniques ELSAN et appelle à la mobilisation

Madame, Monsieur,

Ce mardi 5 mai, Madame la députée Sophie Blanc a exprimé son « entier soutien aux personnels soignants mobilisés dans les cliniques privées du groupe ELSAN dans les Pyrénées-Orientales ». Dont acte.

La CGT66 rappelle que les salarié.es et grévistes des cliniques ELSAN n’ont rien à attendre de l’imposture du Rassemblement National.

Pour preuve, l’extrême droite dit soutenir celles et ceux réclamant une augmentation des rémunérations. En réalité, les propositions du Rassemblement National concernent un allégement des cotisations sociales payées par les employeurs, une défiscalisation des heures supplémentaires… En d’autres termes, une diminution du salaire socialisé, impactant ainsi directement le financement de la sécurité sociale (assurance maladie, retraite, famille…).

Pire, quand il s’agit d’augmenter les salaires minimaux, l’extrême droite s’y oppose et vote contre les propositions.

Ainsi, elle a voté contre l’augmentation du SMIC à 1.500 € ; contre l’indexation des salaires sur l’inflation ; contre l’encadrement des salaires, cela afin de satisfaire les intérêts du grand patronat et du MEDEF.

Quand le 20 avril dernier, les dirigeants du Rassemblement National se réunissent avec le MEDEF, ce n’est pas pour les convaincre d’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail des travailleurs et des travailleuses mais bien pour les soutenir dans cette entreprise de casse sociale et syndicale !

Pour rappel, sur notre département des Pyrénées-Orientales, le président du MEDEF66 n’est autre que Julien Coulomb, président de la clinique saint Pierre, qui depuis 2 semaines est perché dans sa tour d’ivoire et refuse toute négociation avec les grévistes.

ELSAN est le premier groupe de cliniques privées en France avec 217 établissements. Il a racheté des cliniques à la pelle, avant de tailler dans les salaires et les conditions de travail, pour rentabilité toujours plus grande pour ses actionnaires. De l’argent, il y en a mais il va directement dans les poches de fonds d’investissement et de banques. Ainsi le français Ardian et l’américain KKR sont les principaux actionnaires d’ELSAN et exigent une rentabilité accrue pour dégager des dividendes.

Actuellement, il y a une vingtaine de cliniques du groupe ELSAN en France qui se mobilisent par la grève et les débrayages dont 4 dans les Pyrénées-Orientales.

Les salarié.es en ont ras le bol et se mobilisent légitimement par la grève pour gagner l’amélioration de leurs conditions de travail afin d’assurer leurs missions de service public et de soin aux patients et contre la baisse de leurs salaires (non augmentation des salaires et absence cette de primes d’intéressement et de participation cette année alors que le groupe ELSAN dégage des bénéfices).

La CGT66 s’indigne d’un communiqué opportuniste et hors sol d’une élue Rassemblement National.

La CGT66 soutient les salarié.es au quotidien pour leur permettre de s’organiser afin de se mobiliser pour gagner sur leurs revendications.

Ce jeudi 7 mai, nous serons auprès des grévistes et des salarié.es des cliniques ELSAN pour une manifestation qui partira à 14h de la place de catalogne à Perpignan et nous appelons à son élargissement.

Dans l’attente que vous diffusiez ce communiqué de presse, nous vous invitons à couvrir ce rassemblement.

Cordialement,

L’Union Départementale CGT66

L’édito du Travailleur Catalan par René Granmont. Garde à vous ! Une deusse, une deusse…

Avec le retour du service militaire, on avait bien senti qu’Emmanuel Macron se rêvait en général cinq étoiles. D’autant plus que le chef d’état-major des armées avait déclaré qu’il fallait « accepter de perdre des enfants ». Et dernièrement la ministre des Armées, Catherine Vautrin, l’avait martialement confirmé : « nous devons aller plus vite et frapper plus fort ». Au début de la semaine, à l’Assemblée nationale, les discussions autour de l’actualisation de la loi de programmation militaire ont été révélatrices de la volonté présidentielle d’habituer notre pays à l’idée que la guerre, avec son cortège de morts et de réduction de la démocratie, était inéluctable. Et qu’en conséquence nous devions accepter d’y aller… la fleur au fusil.

Qu’on en juge. Une rallonge de 36 milliards d’euros va s’ajouter aux 413 milliards prévus pour les armées d’ici 2030. Soit 449 milliards, alors qu’on nous serine nuit et jours que nous devons faire des économies sur les services publics, sur la santé, sur l’école, sur le logement, sur l’écologie… Tout cela au nom de l’urgence stratégique, une pseudo urgence qui installe une économie de guerre sans guerre déclarée.

Et bien sûr, qui dit état de guerre dit dispositif juridique adapté à cet état de guerre latent. D’où la volonté gouvernementale de créer un dispositif d’« état d’alerte de sécurité nationale », un régime déclenché en cas de « menace grave et actuelle » –notons le flou artistique qui entoure cette menace– permettant par simple décret d’accroître la possibilité de réquisitions dans l’industrie de l’armement comme sur l’ensemble de la chaîne logistique civile et sanitaire, en autorisant « des dérogations temporaires à des normes de niveau réglementaire ». En un mot, un régime d’exception…, cette exception qui, chez les macronistes, devient très vite une règle.

En fait, il s’agit, en la militarisant à outrance, de transformer la société : d’un côté, un peuple dont on exige cohésion et total sens du sacrifice, de l’autre des riches toujours plus riches dont on refuse de toucher au portefeuille et que l’on va encore plus enrichir avec les profits de guerre.

Si le monde est instable et si la France doit pouvoir se défendre, doit-on pour autant se résigner à accepter une loi de programmation militaire qui entérine un énorme transfert de richesses doublé d’une mise en pièce de la liberté ? Doit-on accepter cette terrifiante perspective qui tombera dans les mains de ceux qui, demain, nous gouvernerons ?

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4115 – vendredi 8 mai 2026)

L’édito de René Granmont. Garde à vous ! Une deusse, une deusse…
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Thuir. Commémoration des mémoires de la traite de l’esclavage et de leur abolition

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Cabestany. Conseil municipal : un budget sous contraintes mais assumé (L’Indep)

Entre austérité imposée et maintien du service public, la majorité a défendu ses choix.

« Chacun sait combien le vote du budget constitue un moment essentiel de la vie locale ». En ouvrant la séance consacrée en grande partie aux finances, la maire Édith Pugnet a posé le cadre d’un exercice « contraint », marqué par l’instabilité nationale et une baisse continue des ressources.

Sur les 26 affaires inscrites a l’ordre du jour, dont deux retirées, dix portaient sur le budget, toutes adoptées à la majorité des voix.

Présidant le nouveau conseil municipal constitué de 36 membres de la majorité et 7 pour l’opposition, l’édile a dénoncé « une construction budgétaire très délicate », évoquant une dotation globale de fonctionnement réduite à « peau de chagrin » et un système de péréquation amputant les recettes de plus d’un million d’euros.

« C’est un effet ciseaux », a-t-elle résumé, « entre recettes en baisse et dépenses en hausse, notamment sous l’effet des mesures nationales sur les personnels. Malgré ce contexte, la commune tient bon », affirmant « croire à la force de la solidarité » et défendre « un service public fort ». Les délégations au maire restent inchangées, les indemnités des élus reconduites à l’identique de la précédente mandature et les commissions structurées autour de trois pôles majeurs : finances, culture et sport, travaux. La commission d’appel d’offres (CAO), « très importante », sera présidée par Hervé Blanchard, 1er adjoint, chargé des finances.

Sur le plan financier, ce dernier a présenté un compte excédentaire grâce aux reports, malgré des dépenses supérieures aux recettes. « C’est un choix raisonnable », a-t-il plaidé en défendant une hausse de 1 % de la fiscalité, destinée à absorber la hausse des coûts énergétiques et des charges de personnel. « L’imposition à Cabestany reste bien en deçà des autres communes », a-t-il insisté.

Contestée par l’opposition, cette augmentation interroge. « Veut-on appauvrir les prestations ou maintenir un service publie prioritaire ? », a rétorqué la maire, annonçant une future consultation des habitants sur le sujet. Le Centre communal d’actions sociales (CCAS) a vu sa subvention annuelle validée, confirmant l’attention portée aux politiques sociales.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Le prochain conseil municipal se tiendra lundi 18 mai.

Rivesaltes. « Nous ne voulons pas mourir en silence » : 32 emplois en sursis (L’Indep)

Les salariés de l’entreprise Bucher Vaslin montent au créneau. Le fabricant de matériel viticole, basé à Rivesaltes, a présenté un plan de sauvegarde de l’emploi concluant au licenciement de 32 des 36 salariés du site. « On ne veut pas mourir en silence », alertent-ils, espérant un éventuel repreneur.

Un symptôme supplémentaire de la crise qui frappe la filière viticole. Bucher Vaslin, entreprise située à Rivesaltes, dont la maison mère est basée à Chalonnes-sur-Loire, a présenté un plan de sauvegarde de l’emploi, le 4 mars 2026, à ses salariés catalans. « Ce plan entraine la suppression de 32 emplois sur les 36 que compte le site de Rivesaltes », alarment ces salariés, exprimant « leur vive inquiétude ».

« Ce PSE signe l’arrêt définitif de la production sur le site catalan : un véritable coup de tonnerre pour les salariés du fabricant d’équipements vinicoles de renommée internationale, indirectement impacté par la crise traversée par le secteur viticole », précise un communiqué signé par 27 collaborateurs.

« L’activité devrait être transférée vers le site de Chalonnes-sur-Loire (qui emploie 238 personnes), et les salariés ont d’ores et déjà, et à leur plus grand désarroi, été contraints d’expédier une partie de leur stock et de leurs machines-outils vers l’usine châlonnaise », insistent-ils.

À Rivesaltes, Bucher Vaslin fabrique notamment des machines à trier le raisin, des tapis automatiques pour transporter le raisin. Anciennement Mercier Sanchez, fondé dans les années 1960 à Perpignan, le site avait été racheté en 2001 par Vaslin Bucher, avant de passer complètement sous la gouvernance de la multinationale suisse Bucher Industries en 2006, devenant Bucher Vaslin.

« L’annonce du PSE a été brutale. Artificiellement, la direction va maintenir l’emploi d’une poignée de salariés du bureau d’études, lesquels ne seront à l’évidence pas maintenus à terme sur le site de 12 000 m2, désormais largement surdimensionné. Nous ne voulons pas mourir en silence », ajoutent les salariés. « Peut-être qu’un repreneur peut être intéressé. »

Et d’ajouter : « Cette suppression d’emplois massive survient dans un contexte de croissance économique du groupe Bucher Industries, dont le chiffre d’affaires atteint 3,1 milliards d’euros en 2025 pour un bénéfice net de 251 millions d’euros. Sacrifieront-ils des emplois au bénéfice de la rentabilité ? »

Deux mois après l’annonce du PSE, les salariés s’inquiètent d’autant plus que « le bassin d’emplois n’est pas réjouissant ». Ils réclament : « Le respect des procédures légales imposées par la fermeture, de fait, de leur établissement ; l’ouverture de véritables négociations avec la direction, prenant notamment en compte la situation particulière du site de Rivesaltes et de son bassin d’emploi ; l’intervention des pouvoirs publics (commune de Rivesaltes, conseil départemental, région, préfecture, DREETS) afin de s’assurer du respect des droits des salariés et un plan d’accompagnement, de mobilité et de reclassement à la hauteur des enjeux sociaux ».

Après des années de sécheresse, une chute de la consommation, des caves coopératives majeures en souffrance (Arnaud de Villeneuve, GICB…), deux campagnes d’arrachage, ce conflit social est un nouveau coup dur pour la viticulture catalane.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Jointe, la direction de Bucher Vaslin n’avait pas encore répondu à nos sollicitations ce mardi soir.

La grève se poursuit à Médipôle et Saint-Pierre, plusieurs actions annoncées (L’Indep)

Toujours pas de sortie de crise en vue du côté des cliniques Médipôle de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan. Ce mardi, les grévistes des deux établissements du groupe Elsan ont, chacun de leur côté, décidé de reconduire à nouveau le mouvement entamé le 24 avril dernier.

« La direction campe sur ses positions », déplore Anne-Laure Affani, la déléguée syndicale CGT de Médipôle, où le mouvement est également soutenu par la CFDT. Pour mémoire, ici, les syndicats réclament notamment une amélioration des conditions de travail, ainsi que l’octroi d’un 13e mois afin de maintenir le pouvoir d’achat des salaries.

Même topo du côté de Saint-Pierre, où la direction propose, selon les grévistes, « une prime de partage de la valeur de 200 euros nets, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Alors que les syndicats (CGT et CFTC) demandent une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros, ainsi qu’une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans. En plus, la aussi, d’une amélioration des conditions de travail.

Le blocage d’un rond-point envisagé

Ce mercredi 6 mai, les grévistes de Saint-Pierre envisagent de bloquer le rond-point situé à côté de la clinique à partir de 10h30. Les salariés des deux structures comptent également manifester ce jeudi, à la mi-journée, à Perpignan, entre le tribunal des prud’hommes et la préfecture. L’horaire exact reste à définir.

De son côté, le groupe Elsan estime pour sa part que « des propositions comprenant des avancées significatives ont été faites » dans les deux établissements. La direction de Médipôle ajoute qu’un service minimum « couvrant l’ensemble des activités » est mis en place depuis le début du mouvement, notamment pour « assurer la continuité des soins des patients déjà hospitalisés » et « la prise en charge des urgences non différables ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Emmanuel Maurel. « Une volonté de détruire l’audiovisuel public » (La Marseillaise)

L’Assemblée nationale publie ce mardi matin le rapport du député ciottiste Charles Alloncle rédigé à l’issue des six mois d’une commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public décriée. Le document de 400 pages a été adopté la semaine dernière de justesse, par 12 voix contre dix, et huit abstentions. Il contient les 80 recommandations de l’élu d’extrême droite qui relayent les obsessions de son clan d’une cure d’austérité de France Télévisions, la soumission des journalistes à une prétendue « neutralité ». Démanteler pour mieux privatiser, résume le député GRS Emmanuel Maurel.
Emmanuel Maurel, membre fondateur de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) et député, estime que la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public est une « occasion manquée ». Entretien.

La Marseillaise : Le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle est rendu public ce lundi. Vous étiez contre sa publication ?

Emmanuel Maurel : J’étais surtout opposé au rapport sur le fond. C’est un rapport assez médiocre, avec beaucoup d’approximations, d’insinuations et des préconisations que je conteste absolument. Le fait qu’il soit publié, il n’y a pas de problème à ce niveau-là, de toute façon les auditions menées étaient publiques. Je ne suis pas un censeur dans l’âme. C’est le fond que je conteste.

La Marseillaise : Sur les 80 préconisations du député ciottiste laquelle vous alerte particulièrement ?

Emmanuel Maurel : Mon désaccord principal, c’est la volonté du rapporteur d’économiser 1 milliard d’euros sur le budget de l’audiovisuel public notamment par une série de fusions ou de suppressions qui aboutissent à ce résultat. C’est clairement une volonté d’affaiblir, de démanteler, voire de détruire l’audiovisuel public. Je suis en désaccord total avec ça. C’est un rapport qui n’a pas beaucoup de hauteur de vue parce que l’audiovisuel public participe largement à la création audiovisuelle et cinématographique en France. C’est un secteur qui, en réalité, est bénéfique économiquement pour le pays.

La Marseillaise : Jordan Bardella a annoncé que s’il arrivait au pouvoir, il privatiserait l’audiovisuel public. Si ce n’est pas écrit dans le rapport, c’est l’objectif à terme de l’extrême droite ?

Emmanuel Maurel : Je crois surtout que Charles Alloncle a mis en place une entreprise de dénigrement de l’audiovisuel public, en inventant des histoires, en montant en épingle des faits qui sont complètement dérisoires pour préparer le terrain. Et ce, dans le but de mettre en place ce que veut Bardella et sûrement ses amis, y compris économiques. Il est évident que le groupe Bolloré a eu une influence dans cette affaire. L’idée à terme est de démanteler et de vendre l’audiovisuel public à la découpe, c’est ce qu’ont démontré ces six mois d’auditions. Des questions légitimes se posent sur l’audiovisuel public, ce qui est normal après tout. Ces vrais enjeux qui sont de savoir comment on adapte la télévision au tout numérique, comment on fait face à l’intelligence artificielle, comment l’audiovisuel public se défend face à l’hégémonie des Gafam, des plateformes américaines, ont été passés sous silence au profit de ragots.

La Marseillaise : Que contient la contribution que vous avez apportée à ce document ?

Emmanuel Maurel : Dans la première partie de ma contribution, j’expose les intentions de Charles Alloncle qui voulait démontrer que l’audiovisuel public n’était pas impartial, n’était pas neutre. En réalité, sa démonstration est très faible voire inexistante. Il y a des pages et des pages de ragots qui n’aboutissent à pas grand-chose. La deuxième partie est une démonstration assez rigoureuse sur pourquoi couper un milliard d’euros dans l’audiovisuel public, c’est une folie aussi bien en matière d’exception culturelle que de conséquences économiques et industrielles. Puis, la troisième partie contient un certain nombre de préconisations qui posent notamment la question importante du recours croissant à l’externalisation, c’est-à-dire faire appel à des sociétés privées pour réaliser des émissions de débat. Il y a aussi quelques mesures pour essayer de faire en sorte que France Télévisions, notamment, soit à la hauteur des enjeux du numérique.

La Marseillaise : L’association AC !! Anticorruption a déposé samedi plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, visant Charles Alloncle et la direction de Lagardère News.

Emmanuel Maurel : Il est évident que M. Alloncle a un agenda politique qui coïncide avec celui du groupe Bolloré. Ça, tout le monde le sait, il suffisait de regarder les auditions pour s’en rendre compte. C’était, d’une certaine façon, transparent. On verra ce que donnera cette plainte.

La Marseillaise : Cette commission d’enquête parlementaire instaure un précédent ?

Emmanuel Maurel : C’était une tonalité très inquisitoriale et en même temps une stratégie de victimisation permanence. M. Alloncle, après avoir posé des questions très agressives, se plaint d’être malmené, critiqué. C’est pour ça que j’avais eu cette formule qui ne lui avait pas plu, en lui disant : « Vous commencez en Torquemada et vous finissez systématiquement en Calimero. » Je suis surtout déçu. Le rapport n’est vraiment pas bon. C’est vraiment une occasion manquée. On verra ce que ça donnera après sa publication mais ça en dit long sur les intentions de l’extrême droite.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 05/05/2026)

Argeles-sur-Mer. Le 1er mai à Argelès… la tradition respectée (L’Indep)

Deux traditions se croisent chaque 1* mai à Argelès : l’incontournable défilé des travailleuses et travailleurs traverse le grand vide-greniers installé dans les rues et places du centre-ville. Les Argelésiens se débarrassent d’objets devenus encombrants et inutiles, d’autres cherchent à faire de bonnes affaires, et bien sûr, il n’est pas interdit de participer aux deux évènements !

C’est devant l’hôtel de ville, en milieu de matinée, que les représentants de plusieurs syndicats et leurs sympathisants se sont retrouvés: la CGT, organisatrice, avec son Union locale d’Argelès Côte Vermeille, mais aussi le PCF, la FSU, FO… La foule n’est pas énorme. André Sibrac, trésorier CGT confie : « Ce sont les vacances. Les jeunes sont en vacances, les vieux gardent les enfants. C’est compliqué ! ».

En attendant le départ du cortège, il revient sur des fondamentaux : « le 1er mai, c’est pour montrer l’unité des salariés ». Interrogé sur l’actuelle polémique autour de ce jour chômé, André explique : « On n’est pas opposé au travail ce jour-la, du moment que c’est sur la base du volontariat. Mais ça va devenir, comme le travail le dimanche : c’est plus du tout du volontariat. On va nous voler un jour férié ! ».

Un peu avant 11 heures, le défilé a quitté l’hôtel de ville, en musique, pour rejoindre la route nationale, puis le boulevard Édouard-Herriot. Il a traversé la place Gambetta, au milieu des exposants et des chalands pour remonter la rue de la République et retourner au point de départ. Un bain de foule bon enfant, très remarqué avec les drapeaux de la CGT et la musique, en boucle : le chant du 1″ mai et autres chansons contestataires et engagées : les Fatals Picards, Zebda…

De retour à l’hôtel de ville, la CGT a déclaré dans son discours : « Ils voulaient banaliser le travail le 1″ mai… Nous avons gagné une bataille mais ne nous y trompons pas : ils reviendront à la charge ! ». Les luttes locales ont été également évoquées, depuis les transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906 « dont le combat s’inscrit dans l’histoire ouvrière de notre territoire », jusqu’à aujourd’hui avec les aides à domicile de l’ASSAD d’Argelès, les salariés de CÉMOI, les dockers de Port-Vendres… Après un dernier appel à la mobilisation « pour les salaires, pour l’emploi, pour la justice sociale ». Et plus généralement pour les droits et liberté des travailleurs, l’assemblée a été invitée à partager un apéritif républicain offert par la municipalité.

M.-C. Canal (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

Grève dans les cliniques de Médipôle et Saint-Pierre : pourquoi le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Hier, les salariés de la clinique Médipôle de Cabestany, en grève depuis onze jours, ont décidé de reconduire le mouvement Tout comme leurs homologues de la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propriété du groupe Elsan. Dans les deux cas, le dialogue entre les grévistes et la direction n’est pas rompu, mais les protagonistes ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente.

Ils étaient une bonne centaine de salariés réunis devant l’entrée de la polyclinique Médipôle de Cabestany ce lundi matin, à l’issue le l’assemblée générale qui a une nouvelle fois reconduit e mouvement.

« On ne lâche rien », résume un gréviste vêtu d’un gilet orange fluo. « Nous reconduirons tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses correspondant à nos attentes », confirme la déléguée syndicale CFDT Hélène Massé, selon qui trois rencontres infructueuses ont eu lieu avec la direction depuis le début de la mobilisation.

Ce que veulent les salariés? En plus d’une amélioration des conditions de travail (remplacements, etc.), ils réclament notamment un 13e mois qui équivaudrait à la pérennisation de la prime d’intéressement de 1 500 euros par an que chaque salarié touchait jusqu’ici pour un temps plein en vertu d’un accord à durée déterminée.

« Le mouvement a débuté car la direction voulait nous enlever cette prime », rappelle Hélène Massé. « Ces 1 500 euros, on les a depuis déjà longtemps. Ils contribuent a notre pouvoir d’achat. Les salariés comptent dessus. » La déléguée syndicale CGT de Médipôle, Anne-Laure Affani, con-firme. Et renchérit : « Avec un 13e mois, on cotise pour la retraite et les indemnités maladie, ce qui n’est pas le cas avec la prime d’intéressement. »

Négociations infructueuses

Les revendications sont du même ordre à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propreté du groupe Elsan.

Ici, les salariés exigent « une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros pour compenser la perte des primes d’intéressement et de participation ». Ils demandent également une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail, jugées « dégradées » (« non-remplacements », « manque de matériel »).

Selon le syndicat CGT de Saint-Pierre, lors de la réunion avec la direction qui s’est tenue ce lundi après-midi, celle-ci a proposé « une prime de partage de la valeur de 200 euros net, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Insuffisant aux yeux des salariés qui ont donc décidé de maintenir le mouvement.

Par ailleurs, ce lundi, les employés d’un troisième établissement du groupe Elsan, la clinique Le Floride du Barcarès, ont également débrayé de 15 heures à 16 heures.

Là aussi pour mettre en avant des revendications liées aux salaires (13e mois, revalorisation de l’ancienneté…) mais également aux conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

De son côté, le groupe Elsan indique par voie de communiqué que des rencontres ont eu lieu ce lundi entre représentants du personnel et direction à Médipôle et Saint-Pierre. II confirme que des propositions ont été formulées, mais sans les détailler, et affirme que le dialogue se poursuivra dans les prochains jours.

Après 32 mois, une population effrayée sans perspectives à Gaza la dévastée (témoignage d’un gazaoui)

Nous sommes début mai 2026, 32 mois d’agression, 7 mois d’un cessez-le-feu fragile et sans cesse violé. 7 mois pendant lesquels les médias et les dirigeants du monde parlent moins de Gaza où la situation a encore empiré depuis le début de la guerre contre le Liban et l’Iran. Gaza se sent abandonnée, oubliée par le reste du monde.

Le sentiment d’impuissance est un sentiment terrible. On ne peut rien faire, on n’a aucune perspective. Le cessez-le feu n’est pas respecté, il y a chaque jour des bombardements certes moins intensifs, qui ont fait 830 morts et 2 400 blessés palestiniens jusqu’à présent, la ligne jaune imposée par l’occupation avance chaque jour, l’armée contrôle aujourd’hui 61% de la surface de la bande de Gaza.

130-140 camions entrent chaque jour par les passages contrôlés par l’occupation. Le problème est que ces camions transportent des bonbons, des biscuits, des chocolats, des boissons gazeuses dont on n’a pas besoin. Par contre, nous manquons de pain, de farine, d’œufs, de fruits, de légumes, de poulet, d’eau potable, de chaises et de tables pour les centres éducatifs et les tentes éducatives, de beaucoup de matériels nécessaires.

Les matériaux de reconstruction n’entrent pas non plus.

Dans les centres médicaux, il n’y a plus de médicaments. Les malades d’hypertension, de diabète, et d’autres maladies chroniques ne peuvent pas être soignées.

Pour la journée mondiale du travail du Premier mai, le ministère palestinien du travail a indiqué que le taux de chômage en Cisjordanie occupée dépasse les 65 %, et dans la bande de Gaza les 92 %, les revenus sont en baisse constante, et que les conditions de travail sont terribles dans tous les territoires palestiniens occupés, colonisés et morcelés.

L’hiver ne veut pas quitter Gaza, nous sommes au mois de mai, mais on a peu de soleil actuellement, deux heures de soleil le matin, l’après-midi, il fait frais et le soir, il fait très froid, et c’est malheureux pour les déplacés dans les camps qui vivent sous des tentes qui ne sont pas solides, et aussi pour les toits qui possèdent des panneaux solaires, car ils n’ont pas assez d’électricité à cause de cette pénurie et ils ne peuvent pas faire monter l’eau dans leurs foyers.

Personnellement, c’est très difficile de décrire notre quotidien, et de raconter notre souffrance dans une région dévastée.

Le matin, quand je me lève, je réfléchis mille fois avant de me préparer une tasse de café ou de thé parce qu’on n’a ni gaz (300-350 euros la bouteille de 10kg, qui coûtait 20 euros avant l’agression), ni électricité, et qu’on est obligé de cuisiner sur le feu de bois (mais il faut trouver du bois, des cartons, des papiers pour allumer un feu et cela demande beaucoup de temps et d’efforts alors je préfère manger un petit sandwich au fromage blanc pour éviter de faire du feu).

En général, on prépare pour le déjeuner des repas légers qui ne demandent pas beaucoup de feu, et pour le dîner, soit on oublie ce repas, soit on mange comme le matin des sandwichs.

Je m’occupe de trois centres éducatifs – deux qui se trouvent dans des immeubles visés par les bombardements, et une tente éducative dans un camps de déplacés – et passe deux heures par jour avec les enseignants et les enfants, ce sont des moments de bonheur pour moi, même si, quand je rentre, je suis triste parce que je n’ai pas pu satisfaire tout le monde. J’essaie, grâce au soutien des amis et solidaires francophones de leur apporter quelque soutien, des repas chauds, du matériel scolaire, des chaussures, des vêtements, des jouets quand on en trouve sur le marché. J’organise des séances de soutien psychologique pour les enfants avec des jeunes motivés. J’essaie également d’aider quelques familles déplacées autour de moi grâce à mes relations et à des associations locales. Après je vais une fois par semaine pour voir ma mère qui habite chez mon frère à 2 km de chez moi. À part cela je passe mon temps à la maison, je ne reçois pas beaucoup de monde, je ne sors presque pas, même s’il y a des occasions sociales (deuil, mariages, fiançailles) où j’essaie de ne pas aller car cela me rend triste de voir la ville détruite, les tentes où survivent 85 % des habitants de Gaza dans des conditions inhumaines.

Actuellement, il n’y a ni administration, ni gouvernement ni autorité, ni banques à Gaza. Les commerçants imposent les prix du peu de produits qui entrent dans l’enclave, les organisations internationales sont débordées et ne peuvent pas distribuer de l’aide à tout le monde. C’est un nouveau phénomène à Gaza, il y a moins de solidarité. Le prix des loyers a augmenté (1 000 à 1 500 euros par mois pour un petit appartement dans un immeuble partiellement détruit). Il n’y a pas de lois, les gens qui possèdent un générateur augmentent le prix de l’électricité vendue (200-300 euros par mois pour pouvoir charger les lampes, les portables, les ordinateurs, internet).

Malgré leur volonté de survivre, les gens sont tristes. Moi, j’ai la chance d’avoir des amis au travers des réseaux sociaux, j’écris, je lis, je témoigne, et j’échange avec eux.

Je ne m’imagine pas vivre en dehors de Gaza malgré cette situation catastrophique, et malgré la souffrance de tous les jours, Gaza pour moi n’est pas seulement un espace, un territoire, une ville natale, c’est un refuge, une protection, et une source de résilience et de vie. Mais surtout une raison d’exister et d’espérer même au milieu des ruines.

Actuellement, et via le passage de Rafah, seuls 30 malades ou blessés sont autorisé à sortir de Gaza quotidiennement. En sens inverse, seulement 150 Palestiniens entrent à Gaza de l’extérieur. Ils savent qu’ils vont trouver la dévastation et qui vont habiter dans des tentes déchirées et dans des appartements visés par des bombardements, mais c’est leur façon de résister, de montrer leur attachement à leur terre.

Actuellement, presque 97 % de la population à Gaza souffrent de l’insécurité alimentaire, 82 % de la population de Gaza survivent difficilement grâce à l’aide humanitaire internationale souvent limitée.

15 % touchent la moitié de leur salaire versé par l’autorité palestinienne ou le gouvernement de Gaza, mais, eux, doivent payer leur loyer très cher, l’électricité, internet, l’eau et lorsqu’ils ont tout payé, ils n’ont presque plus de quoi acheter à manger tellement les prix ont augmenté.

Les 3 % restants travaillent soit pour des organisations internationales ou locales, soit comme influenceurs sur les réseaux sociaux pour avoir des dons de l’extérieur qu’ils utilisent, soi-disant, pour aider la population dans le besoin.

C’est difficile pour moi d’écrire de raconter, de témoigner. J’aurais besoin de livres et de livres pour cela, 2 à 3 pages c’est insuffisant pour décrire la situation, la réalité et le vécu à Gaza depuis 32 mois mais j’essaie. Pourtant, même si je suis optimiste, trop c’est trop.

La vie continue, c’est vrai. Il y a des fêtes, des fiançailles, des mariages, des universités ont réparé des salles et proposent à nouveau des cours en présentiel, des commerces et des cafés ouvrent … mais malgré cela, tout est anormal. Il y a la volonté mais le désespoir domine. Même moi qui suis privilégié, je préfère rester chez moi pour ne pas avoir à affronter la réalité et montrer mon impuissance à être plus utile à la population.

C’est la routine mortelle à Gaza. Je vis avec ma femme qui travaille beaucoup pour notre maison, et avec mes trois garçons, deux fils poursuivent leurs études de façon virtuelle à l’université et ont beaucoup de cours et devoirs. Mon dernier fils va trois jours par semaine suivre des cours dans un centre éducatif, et quand il rentre, il a beaucoup de révisons. Toute la famille est occupée, donc, pas le temps de discuter. Moi, je dors beaucoup en ce moment pour éviter de penser à notre souffrance, pour éviter les questions. J’essaie d’être plus dynamique, mais actuellement, voilà, c’est comme ça.

Heureusement que les solidaires existent parce qu’avec le silence des médias et des dirigeants internationaux, c’est le seul point positif. Je reçois chaque jour des photos de manifestation partout dans le monde francophone, ça nous montre que la mobilisation se poursuit, à l’image de la Flottille de la Liberté qui a été interceptée la semaine dernière par la marine israélienne avant même d’arriver dans les eaux internationales de Gaza.

Fin avril ont eu lieu des élections municipale mais seulement à Deir El-Balah –qui est soi-disant la ville la moins détruite- au centre de la bande de Gaza qui abrite 70 000 habitants. Le taux de participation était de 22 %. Cela montre que les gens sont peu intéressés. Ils veulent le changement mais ils ont d’autres préoccupations et savent que les maires et les conseillers municipaux sont impuissants, qu’ils n’ont même pas les moyens de faire réparer une rue, d’enlever les déchets dans les rues, de réparer le système électrique ou les égouts. Alors ils attendent. Désespérément.

Dans la bande de Gaza, la souffrance devient banalité, la précarité réalité, la survie privilège et la patience rêve !

Même si qu’on ne peut jamais enfermer ni effacer l’espoir.