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« Le Liban est menacé d’implosion. L’État n’existe plus » (La Marseillaise)
Franco-libanais, Karim el Mufti, professeur de sciences politiques et de droit international à Sciences Po Paris estime que le Liban menacé par l’expansionnisme israélien et les tensions entre l’État et le Hezbollah, peut imploser.
Malgré la trêve conclue le 17 avril dernier, Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah au Liban. Le président libanais, Joseph Aoun, s’est prononcé en faveur de négociations directes avec l’État hébreu pour stopper cette guerre. Le mouvement chiite armé, qui s’y oppose, dénonce la « soumission » des autorités libanaises, tandis que ces dernières accusent le Hezbollah d’avoir entraîné le Liban dans la guerre au service de l’Iran.
La Marseillaise : L’État libanais et le Hezbollah s’accusent mutuellement de trahison. De quoi est-il question ?
Karim el Mufti : La trahison, ça a toujours été la grande notion au Moyen-Orient vis-à-vis d’Israël. On retombe un peu sur une rhétorique des années post 1967 où les pays arabes ont décidé de capituler et où Anouar el-Sadate [président de l’Égypte de 1970 à 1981] décide finalement d’aller en Israël pour mettre un fin à cette guerre qui ne menait l’Égypte à rien. C’était, déjà, un grand visionnaire à l’époque. Il en a payé de sa vie. On prédit par ailleurs à Joseph Aoun, dans les menaces à peine feutrées du Hezbollah et de l’Axe de la Résistance, le même destin que Sadate. Après 1967, on rentre dans une logique plutôt milicienne de l’antisionisme et du combat armé contre Israël avec le Hezbollah qui vient, dans les années 1980, se joindre au rang des combattants. Après le 7 octobre, on constate l’essoufflement des milices par le grand coup de massue provoquée par cette décision stratégique israélienne de se débarrasser de toutes ces menaces, de tous ces proxys jusqu’à la tête du serpent : l’Iran.
Cette confrontation entre le Hezbollah et l’État libanais, s’inscrit dans ce contexte-là, d’une milice en perte de vitesse à l’échelle idéologique. Car, dans la région, la Syrie n’est plus la même, l’Irak non plus et l’Iran, n’a plus vraiment le loisir de défendre ses proxys, parce qu’elle est même menacée dans sa survie. Le Hezbollah tente de survivre en récupérant les vieux éléments de langage en disant à l’État libanais « vous allez capituler, nous sommes les seuls acteurs d’une véritable résistance ». C’était la grande rhétorique de Hassan Nasrallah [ancien chef du Hezbollah tué par l’armée israélienne en septembre 2024, Ndlr.] qui faisait mouche à l’époque. Parce qu’effectivement, l’armée libanaise, après 2000, n’avait jamais vraiment réussi à finaliser la fin de l’occupation. Mais les dernières grandes guerres ont clairement démontré que le Hezbollah ne faisait pas le poids face à Israël. Le changement de vent au sein du Liban où l’antichiisme, l’anti-politique iranienne et bien sûr un lobbying américain plus agressif, fait que maintenant le nouvel ennemi intérieur, c’est le Hezbollah, avec tous les arguments les plus fallacieux qui participent à cette propagande. Le fond n’est pas faux : le rôle du Hezbollah est bien terminé.
La Marseillaise : L’État s’était engagé à désarmer le Hezbollah selon l’accord de cessez-le-feu avec Israël de 2024. Le mouvement armé chiite refuse. Faut-il craindre une guerre civile ?
Karim el Mufti : La guerre civile, c’est une autre logique. Le Liban est menacé d’implosion. Le Hezbollah a déclaré vouloir renouer avec les attentats suicides. Ce qui prouve son désespoir. Le fait de revenir à ce petit noyau terroriste avec la doctrine de l’attentat suicide, c’est un appel désespéré pour exister. L’implosion, c’est un État qui ne fait plus sens et autour duquel les citoyens ne sont plus ralliés. Le pays de Canaan qu’on appelait Amurru à l’époque des Égyptiens, c’était des cités-états phéniciennes maintenant on a des cités-communautées. Où les chiites sont allés se réfugier, ils sont traités en étranger alors qu’ils sont citoyens libanais. Le Liban, en tant qu’État, n’existe plus. Quand un Alsacien se réfugie à Paris, on ne va pas le traiter d’étranger. Il peut louer, il peut acheter, le droit français se maintient sur tout le territoire. Au Liban, non. Si un chiite un peu fortuné veut acheter pour sa famille qui a tout perdu dans le Sud une maison dans une région druze ou chrétienne, il ne pourra pas. Alors qu’il est Libanais. Et l’État ne peut rien faire pour protéger ce droit. C’est là le début de l’implosion. Au final, quand vous passez d’une région à l’autre, c’est comme si vous passiez d’un pays à l’autre. Ils vont aller où, les 800 000 chiites dépossédés de leurs terres ? C’est ça, la grande question. Le Sud-Liban, c’est fini, ils n’y retourneront plus jamais. Ils vont aller où ? Ils vont rester dans des régions où ils ne seront pas les bienvenus ? Ils vont conquérir par les armes des nouveaux territoires au sein du Liban, alors qu’ils seront citoyens ? Qu’est-ce qu’on propose ? Est-ce qu’on va leur donner de nouveaux quartiers ? Personne ne parle de tout ça.
La Marseillaise : Lundi, le chef d’état-major de l’armée israélienne a déclaré que 2026 «pourrait encore être une année de combats» sur tous les fronts. Ce qui implique le Liban ?
Karim el Mufti : Je l’appelle la guerre des sept fronts. On est sur une guerre totale contre tous les ennemis d’Israël. Le 7 octobre a ouvert un nouveau chapitre pour le Moyen-Orient et pour Israël, on est dans l’offensive totale au nom de la légitimité de défense. Gaza en a payé le prix, le Liban en paye le prix et l’Iran aussi. Cette attaque, décidée par le Hamas seul, a finalement creusé la tombe de l’Axe de la résistance en un temps record. Et ça a été le plus grand malheur des populations israéliennes, libanaises, palestiniennes, iraniennes aujourd’hui et de l’ensemble du Golfe. On voit comment cet effet papillon terrible du 7 octobre a complètement enflammé toute la région. Après ce drame national israélien est venu le moment génocidaire. Israël profite du fait que le droit international est en perte de vitesse pour remettre en selle une idéologie du XIXe siècle, celle du nationalisme.
La Marseillaise : Les autorités israéliennes détiennent actuellement 6% du territoire libanais. Le but est d’occuper la totalité ?
Karim el Mufti : Il y a un grand débat en Israël, qui n’est pas encore complètement fixé, avec une ligne dure messianique cananéenne, parce que le Liban, à la base c’est le pays de Canaan. Selon cette ligne, cette terre cananéenne appartient aux Hébreux antiques et les Juifs ont droit eux aussi à un nationalisme. Dès lors va s’opérer un grand détournement du droit à l’autodétermination des peuples tel qu’inscrit dans la Charte des Nations Unies. Au nom de ce principe, on va aller exterminer une autre population qui était là, en utilisant les armes des empires antiques et on va conquérir au gré de notre force, au nom d’un grand dessein qui est le foyer juif. Le problème c’est que ça arrive en 1948, à un moment où l’ONU est passée par là, où la déclaration des droits de l’Homme a été adoptée, et où on n’est plus censé se comporter comme ça. Les Israéliens aujourd’hui continuent la colonisation, prennent Gaza, le Sud-Liban, le Golan et sont en marche vers un Grand Israël, porté par Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich [respectivement ministres de la Sécurité nationale et des Finances, tous deux suprémacistes et d’extrême droite, Ndlr.]. C’est le malheur de cette région : vous avez des nationalismes qui s’entrechoquent. Et qui dit nationalisme, dit dévastation, dit conquête, dit asservissement. Tout nationalisme va conduire à de la dépossession, à de la hiérarchisation des citoyens à ce qu’on appelle aujourd’hui, de manière anachronique, de l’apartheid. Pour qu’Israël se maintienne, il faut que le nationalisme perdure. Il y a une autoroute devant lui pour consolider son pouvoir, sa suprématie et faire la paix par la force.
La Marseillaise : Face à cette situation comment le Liban peut-il négocier ?
Karim el Mufti : Le Liban paye le prix d’une guerre dont la cause est plus grande que lui. C’est ce que disent beaucoup de Libanais qui sont prêts à complètement faire l’impasse sur la cause palestinienne et sur la sécurité du Liban. C’est ça qui est dramatique. L’État n’a aucune prise sur l’agenda des négociations directes avec Israël. Même ses alliés, comme la France, ne sont pas bienvenus pour lui venir en aide. Israël n’en veut pas. Il dit vouloir faire la paix en imposant ses termes. Ce n’est pas ça la paix, c’est un diktat.
Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 29 avril 2026)
Occitanie. SNCF : un centre régional de maintenance sur les rails (L’Indep)
Les cheminots de Béziers sont mobilisés autour d’un important projet d’implantation d’un centre de maintenance régional du matériel ferroviaire, sur le site du Capiscol.
Dans le cadre des discussions menées entre la Région Occitanie et la compagnie ferroviaire nationale, ces dernières annoncent en effet avoir obtenu la réalisation d’une étude de faisabilité autour de ce projet.
La création de plus de 300 emplois à la clé
Un premier pas qui les réjouit alors que les partenaires n’étaient pas enclins à les suivre jusqu’à présent.
L’enjeu est la création de 80 emplois directs et « au moins trois fois plus d’indirects » selon Julien Rader, le secrétaire de l’Union locale CGT Béziers. Sollicitée, la SNCF n’a pas développé, pour l’heure, sa position sur le dossier.
L’Indépendant, le 29 avril 2026
La grève reconduite à Médipôle et Saint-Pierre (L’Indep)
Le mouvement de grève des cliniques Médipôle Saint-Roch et Saint-Pierre se poursuit et fusionne. Hier, après plus de quatre jours d’actions, les syndicats de chaque établissement se sont retrouvés à la clinique Saint-Pierre pour unir leurs forces. « Après notre assemblée générale et un deuxième rendez-vous avec la direction, sans accord trouve, nous sommes allés soutenir nos collègues de Saint-Pierre. On essaye de créer une action commune puisque nous avons les mêmes dirigeants. Demain matin (ce mercredi), c’est eux qui viendront à Cabestany », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle, au cœur du mouvement avec le syndicat CFDT, représenté par Hélène Masse.
Les urgences restent ouvertes
Les personnels soignants, qui revendiquent de meilleures conditions de travail mais surtout une reconnaissance financière, se dirigeront en cortège vers l’ARS ce mercredi, puis jusqu’à la polyclinique Méditerranée de Perpignan, aussi groupe Elsan, en fin de matinée. « Il faut créer une dynamique pour marquer le coup », poursuit la déléguée syndicale. Elle précise par ailleurs que le PDG du groupe Elsan, Sébastien Proto, devait venir les rencontrer ce mercredi, « mais sa venue a été annulée ». Dans les services de la clinique, seul le premier étage reste ouvert. Les services de chirurgie et de médecine ont été regroupés et accueillent 36 patients au total. Les urgences restent ouvertes.
À la clinique Saint-Pierre, les revendications écrites ont été déposées au directeur Julien Coulomb ce mardi a 11 h. Les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT), Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), ont ensuite été reçues à 17 h 30.
« Aprés nos propositions, le directeur n’est pas contre une prime pérenne, mais pas de 1 500 € comme demandé, il n’est pas contre non plus une prime ‘one shot’ de 800 €. Il refuse cependant la prise en charge des jours de grève », confient-elles. L’augmentation salariale de 10 % progressive sur quatre ans a été refusée. Le directeur se serait engagé à étudier la qualité de vie au travail, tout comme un avenant sur l’accord d’intéressement avec un seuil déclencheur plus bas. « Mais pour lui, la seule condition est que le service de chimiothérapie arrête la grève et reprenne. Ce que refusent les salariés car ils considèrent cela comme du chantage », ajoutent les déléguées syndicales. La grève est donc reconduite. Et un nouveau rendez-vous calé aujourd’hui à 14 h.
L. Morales (L’Indépendant, le 29 avril 2026)
Manque d’effectif, surpopulation… les surveillants bloquent la prison (L’Indep)
Ce lundi, les surveillants pénitentiaires de la prison de Perpignan ont débrayé pour dénoncer des conditions de travail devenues « insoutenables ».
La tension monte. Une nouvelle fois. les surveillants du centre pénitentiaire de Perpignan tirent la sonnette d’alarme. Ce lundi 27 avril, à l’appel de l’Ufap-Unsa Justice, ils étaient une centaine à débrayer pour dénoncer des conditions de travail devenues « insoutenables ». Pour réclamer des mesures urgentes face à la surpopulation carcérale et au manque de personnel, les fonctionnaires ont bloqué l’accès à l’établissement.
Au cœur de la mobilisation, une pression carcérale record. Un taux d’occupation qui frôle les 300 % avec des détenus contraints de dormir au sol, jusqu’à 7 par cellule. « Un stop écroue continuelle » déplore Pierre Grousset, le représentant local du syndicat, jugeant la situation « explosive et tendue ». Le syndicaliste pointe aussi et surtout un déficit d’effectifs et une multiplication des agressions contre les surveillants « On est quasiment à 300 % de taux d’occupation. Il ne reste plus une place. Aujourd’hui, la seule place disponible, c’est un matelas au sol. Les tensions entre détenus se multiplient. Tout comme les agressions envers le personnel », martèle-t-il.
Mais au-delà de la surpopulation, c’est également le manque criant d’effectifs qui cristallise la colère. A Perpignan, 39 postes sont actuellement vacants. Résultat : « Les agents enchaînent les heures supplémentaires, parfois jusqu’à 40 heures par mois, avec des compteurs qui explosent. On a des postes découverts en permanence. A certains endroits, on devrait être trois, on est deux : Ca nous met en danger ».
Pour Sabrina et Julien, surveillants depuis respectivement 16 et 18 ans, le constat est sans appel. « Les conditions se dégradent d’année en année. Rythmes de travail intenses, rappels sur les jours de repos, sentiment d’insécurité… On en vient même à douter de notre avenir dans le métier. »
Face à cette situation, les revendications sont claires. Davantage de personnel et un désengorgement rapide des établissements. « On veut un plan massif. Peu importe comment, mais il faut des agents. » Le mouvement pourrait se poursuivre. Aucune date de reprise n’est encore fixée.
Driss Chaït (L’Indépendant, le 28 avril 2026)
Les bergers et vachers catalans ont désormais leur syndicat (L’Indep)
Un syndicat des pâtres des Pyrénées catalanes CGT est en cours de création en cette fin de mois d’avril. Face à la précarité et à l’isolement, ces bergers veulent faire entendre leur voix et obtenir une reconnaissance de leurs conditions de travail.
Le métier de pâtre, ou berger, rime souvent avec un sentiment de liberté, au milieu de la nature, entouré d’animaux… Mais cette activité comporte aussi des difficultés souvent oubliées. En cette fin de mois d’avril, un nouveau syndicat des pâtres est en cours de création dans les Pyrénées Orientales. Une initiative pour que les cinquante à soixante-dix bergers et vachers saisonniers du département puissent être entendus et soutenus par la force du collectif.
Pour Samy, porteur du projet et pâtre depuis six ans dans le massif du Canigó, le point de départ de ce regroupement est « l’amour du métier ». Mais un contexte particulier est venu renforcer cette idée, celui de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a frappé le département les mois derniers. « Je fais partie des rares salariés qui ont perdu leur troupeau. Pendant la DNC, on a vu tout l’emballement médiatique, tous les protagonistes du monde agricole opérer, prendre la parole, mais la conclusion qu’on en a tirée, c’est que le salariat est totalement invisibilisé », insiste-t-il. Ainsi, à l’image du syndicat de l’Ariège, il a décidé de « suivre l’exemple », pour avoir une reconnaissance de leurs conditions.
Sophie, ouvnère agricole en élevage de vaches à Puyvalador, témoigne de son activité : « Il faut être très à l’écoute. Il faut qu’on partage la montagne, alors on a parfois des difficultés avec les gens qui se promènent, qui vont laisser les portes ouvertes… On s’inquiète, pourvu que les bêtes ne sortent pas sur la route, qu’il n’y ait pas d’accident, que les gens ne donnent pas pas des choses à manger qu’il ne faudrait pas, etc… »
Mais aussi sur le plan physique : « On est seuls face aux éléments, parfois il n’y a pas de couverture réseau, il y a des risques avec l’orage. Et nos cabanes ne sont pas en super bon état, il y a à peine de l’électricité et de l’eau », précise un autre berger qui exerce en Cerdagne. Mais Samy tient à rappeler que ces situations sont « très diversifiées » et dépendent des estives dans lesquelles ils travaillent.
Ainsi, ils souhaiteraient « une convention collective spécifique à leur activités », qui leur permettrait notamment de revaloriser leur temps de travail. Mais aussi pouvoir discuter des logistiques de ravitaillement de la nourriture, ou de la gestion et de la formation de leur chien, en dehors de la saison. « Si nos conditions sont améliorées, on fera mieux notre travail », concluent-ils.
Emma Lemaire (L’Indépendant, le 28 avril 2026)
Ille-sur-Têt. Qui a volé la plaque rendant hommage à ces sœurs déportées ? (L’Indep)
La disparition de la plaque de rue des sœurs Juliette et Marcelle Molins, à l’angle de la rue Maurice Iché (route de Saint-Michel), le jour de la cérémonie nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, qui a eu lieu ce dimanche 26 avril au cimetière las Castillounes, en présence des élus, a semé un émoi au sein de la population illoise. Jérôme Panilla, président de l’association des Pavés catalans de la mémoire a tenu réagir. « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. C’est en ce jour hautement symbolique qu’une main haineuse a choisi de dérober la plaque de rue au nom des sœurs Molins, résistantes, déportées à Ravensbrück ».
Rappelons que Juliette et Marcelle Molins, résistantes, ont été arrêtées par les Allemands le 25 avril 1944 dans la Maison de la presse qu’elles tenaient sur l’avenue Pasteur, a Ille, avant d’être déportées vers le terrible camps de Ravensbrück où, dans des conditions de détention très dures, partageant notamment le sort de Geneviève De Gaulle Anthonioz, elles ont survécu à ce voyage en enfer.
Des années plus tard, Juliette Lafont-Molins témoignera souvent de son expérience auprès des élèves du collège et rédigera d’excellents articles dans les Cahiers des amis du vieil Ille.
O. A. (L’Indépendant, le 28 avril 2026)
Sans accord trouvé, la grève continue à Saint-Pierre et Médipôle (L’Indep)
Hier, le mouvement de grève a été reconduit dans les cliniques Médipôle Saint-Roch à Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan. Le personnel dénonce ses conditions de travail et une absence de primes. Les délégués syndicaux ont été reçus par les directeurs des établissements.
Depuis ce vendredi 24 avril, les personnels soignants des cliniques Médipôle Saint-Roch à Cabestany et Saint-Pierre à Perpignan sont en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail, mais surtout l’absence de prime (intéressement et participation) du groupe Elsan, dont toutes les deux font partie.
Pour rappel, les salariés de la clinique Médipôle Saint-Roch pointent l’absence de prime de participation pour cette année 2026, malgré une activité qui progresse (+ 2,3 M € entre 2023 et 2024). Et des moyens humains qui ne suivent pas. « Nous avions aussi une prime d’intéressement de 1 500 € nets pour un temps plein, soit l’équivalent d’un 13e mois. Et la, ils veulent réduire », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle. Ainsi, les personnels revendiquent une transformation de l’intéressement en 13e mois ou en prime, une subrogation des salaires en cas d’arrêt maladie, une amélioration des conditions de travail et une compensation de la perte de participation 2026.
Infirmiers, aides-soignants, secrétaires, ASH, pharmaciens, cuisiniers, brancardiers. La mobilisation est grande face à la situation. « On est là pour maintenir nos droits, nos acquis, qu’on soit reconnues », témoignent Marie-Jo, Nathalie, Marie-Carmen et Dominique du service de dialyse. « On veut bien soigner les patients, mais il y a beaucoup de contraintes et de moins en moins de personnels. On aimerait être plus entendus. Nous sommes une chaîne et nous travaillons tous ensemble », confient-elles. Les déléguées syndicales, Anne-Laure Affani (CGT) et Hélène Massé (CFDT), rappellent « qu’après trois réunions de NAO (négociation annuelle obligatoire), il n’y a pas eu de réponse ». Ce qu’elles attendaient ce lundi à 12 h après avoir été reçues par le directeur Valéry Folcher. « Une proposition a été faite de sa part, celle de remettre la prime d’intéressement, mais les salariés ont voté contre à l’unanimité. Le but, c’est d’obtenir quelque chose de pérenne, pas d’être dans l’incertitude tous les trois ans, à chaque échéance de négociation, avec la possibilité de se retrouver sans. C’est trop aléatoire », rapportent les déléguées syndicales. Le mouvement est donc reconduit pour la journée de ce mardi 28 avril. « On a besoin de moyens et de reconnaissance. On le fait aussi pour la prise en charge des patients. Sì la direction n’est pas là demain, on sait continuer à faire tourner la boutique, mais sans nous, tout s’arrête », concluent-elles.
Les syndicats à nouveau reçus par la direction aujourd’hui a 11 h
À la clinique Saint-Pierre aussi, ce lundi matin, les personnels soignants étaient vent debout pour exprimer leurs revendications. « Ce n’est pas un abandon de poste. Si nous sommes mobilises, c’est pour nos conditions de travail et une absence de prime d’intéressement et de participation. C’est la première année que nous n’avons rien. L’année dernière, on avait réussi à négocier environ 300 € pour l’intéressement », expliquent les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT),
Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), « C’est vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Les personnels demandent une enveloppe pour remédier à l’absence de primes et un engagement sur une augmentation salariale et les conditions de travail. Reçus par le directeur Julien Coulomb en début de soirée, il a été décidé de reconduire la grève aussi à Saint-Pierre. « Il nous a propose de n’ouvrir les négociations que si on arrête la grève. Mais le personnel refuse de reprendre le travail. Il nous recevra à nouveau demain à 11 h et souhaite qu’on lui apporte nos revendications par écrit », expliquent les déléguées syndicales.
Laura Morales (L’Indépendant, le 28 avril 2026)
L’édito du webzine. « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues
Les élu•es de la Région Occitanie reprenne leurs bâtons de pélerins pour retourner sur le terrain afin d’être au plus près à l’écoute des citoyens. Une démarche inédite de démocratie participative.
La Région Occitanie a lancé en 2025 l’opération « La Région à vos côtés », une tournée des élu•es régionaux pour rencontrer les habitant·e·s sur le terrain. 30 000 habitant•es ont été rencontré•es lors de 330 événements et 5 000 questionnaires remplis, donnant lieu à 1 500 propositions concrètes.
Critiquée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 €) et son aspect « communication », cette initiative, unique en France, vise trois objectifs :
- Expliquer l’action concrète de la Région, à l’occasion de ses 10 ans ;
- Recueillir les attentes et doléances des citoyen •nes ;
- Démonter les idées reçues et les mensonges propagés par l’extrême droite.
Pour Carole Delga (PS), présidente de la Région, cette démarche est nécessaire face au « désamour » croissant entre élu•es et citoyen• nes, alors que ces dernier sont demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner, quel que soit leur âge », souligne Zina Bourguet (écologiste).
Cette consultation a permis de confirmer des priorités (transports, pouvoir d’achat, santé) et d’y répondre. En matière de santé, la Région a recruté 20 spécialistes dans 12 hôpitaux et 150 médecins. Il y a eu l’amélioration des services de transport avec le développement de l’application Fairtiq pour simplifier l’accès aux tarifs des trains ainsi que l’instaurations du TER à 1 € pour les clubs sportifs. Les retours des citoyen•nes ont mis également en lumière des points de mécontentement, comme les retards des trains ou la paperasse administrative, incitant la Région à agir.
Cette tournée est aussi l’occasion de « démonter les contrevérités » du Rassemblement National (RN), qui « réécrit l’Histoire ». Jérôme Monamy (PCF) rappelle que le RN vote contre le TER à 1 €.
Face à la montée des idées d’extrême droite, la Région entend réaffirmer les valeurs de solidarité et de service public, en s’appuyant sur des réalisations tangibles et un dialogue direct avec les citoyen•nes.
L’opération « La Région à vos côtés » illustre une démarche innovante de démocratie participative, permettant à la fois de répondre aux attentes des habitant•es, de corriger des dysfonctionnements et de lutter contre la désinformation politique. Une initiative qui montre que l’action publique peut être proche du terrain et efficace, malgré les critiques.
Dominique Gerbault









