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L’édito du TC par Nicole Gaspon. Rendez-vous le 29 septembre
En cette rentrée, les Françaises et les Français ne sont pas à la noce. Inflation galopante, prix délirants des carburants… Pour trop de familles, se déplacer, se nourrir, se vêtir, équiper son logement, devient un exercice d’équilibriste. Rien cependant pour inciter le gouvernement à bloquer les prix à la pompe et encore moins à mettre à contribution les distributeurs et les raffineurs.
Les superprofits indécents des compagnies pétrolières complètent le tableau.
Après un été particulièrement éprouvant entre canicule et incendies, cela fait beaucoup.
Ce ne sont pas les annonces du Premier ministre en vue du prochain budget qui vont redonner le moral. Notre peuple est invité à « se serrer la ceinture », air connu ! Un effort de 54 milliards. Sont particulièrement dans le collimateur les retraités, mais aussi les salaires, les services publics, la sécurité sociale…
Comme de bien entendu en temps macroniste, les gros revenus sont épargnés et aucune annonce à propos des sommes colossales versées aux entreprises sans contrôle. En revanche, on apprend par exemple que l’allocation de rentrée scolaire va être amputée de de 600 millions d’euros.
Dans le pays, la colère monte, on voit le désespoir des pêcheurs, des agriculteurs, les automobilistes à bout, on parle du retour des gilets jaunes. Cette colère est juste et nécessaire, elle doit se traduire dans l’action et la mobilisation, à l’instar des pêcheurs.
Dans ce contexte, la journée de grève de la fonction publique le mardi 29 septembre tombe à pic. L’intersyndicale y appelle, pour les salaires, les pensions, les conditions de travail et, au-delà, pour la défense des services publics aussi nécessaires que malmenés. Un mot d’ordre qui concerne l’ensemble de nos concitoyens.
Aussi faut-il souhaiter que ce 29 septembre ne soit qu’un début.
L’édito du webzine. Les retraités, boucs émissaires du redressement français ?
Pour redresser la France, le Medef et le Premier ministre Sébastien Lecornu proposent que les retraités qui perçoivent plus de 2 000 € de pension renoncent à leur indexation sur l’inflation et, pour pour ne pas faire de jaloux, l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions devrait être supprimer.
Des mesures lourdes de conséquence. Des milliers de retraités modestes (1 600/1 700 €/mois) deviendraient imposables, risquant de perdre des droits sociaux. Ceux à 2 000 € verraient leur impôt exploser de 81 %. L’objectif est d’économiser 6 milliards d’euros sur leur dos. Pourtant, le gouvernement les présente comme des « aisés » vivant « aux crochets » des actifs, oubliant que le système de retraites est contributif et par répartition.
Cette saignée aggraverait la baisse de la consommation, donc de la TVA, et affaiblirait l’activité économique. Après une vie de travail, les retraités deviennent une variable d’ajustement budgétaire.
D’autre marges de manœuvre
Les réformes fiscales sous Macron ont coûté 54 milliards d’euros par an aux finances publiques. Le déficit atteint 151 milliards, dont 59,3 pour les intérêts de la dette. Sans compter les 211 milliards d’aides aux entreprises, souvent sans contrôle, ou les 80 à 100 milliards de fraudes fiscales annuelles. Airbnb, par exemple, a déclaré 50 millions d’euros d’activité en France… pour un chiffre réel estimé à 563 millions. Les Gafam, elles, privent l’État de 600 millions par an depuis 2017.
La France est championne d’Europe des dividendes : 61 milliards versés au deuxième trimestre 2026… sans taxation exceptionnelle. La richesse existe, mais elle profite surtout à une minorité.
Le bilan du Président des riches ? 2,2 millions de salariés au Smic (contre 1,65 million avant), une pénurie de logements sociaux (30 ans pour répondre à la demande), un million de pauvres supplémentaires, et des inégalités qui alimentent colère et repli. Même l’école régresse : le classement Pisa révèle un recul en maths et en lecture, source d’angoisse pour 80 % des parents.
En s’attaquant aux retraités, le macronisme ne résout rien. Il attise l’injustice et la colère, risquant d’ouvrir la voie à des dérives bien plus graves. Les retraités laisseront-ils faire ?
Dominique Gerbault
L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Maintenant, ça suffit et ça se voit
Le capitalisme ne semble plus être la fin de l’histoire. C’est nouveau. Il est aujourd’hui identifié et contesté. Les dégâts qu’il engendre touchent l’ensemble des domaines de la vie. L’environnement, la vie domestique, la dignité, l’agriculture, la santé, l’éducation la culture et la paix. La vie quoi. Les inégalités gagnent du terrain, partout, et les proportions atteintes par ces écarts sociaux et entre les nations insultent la plus élémentaire morale des hommes. Il n’est donc plus, dans les esprits, la fin de l’histoire mais il bouge encore, dangereusement, et il fait la guerre.
La question est posée en grand, à tous, en France et dans le monde. Peut-on faire autrement ? François Lenglet, grand journaliste économique devant l’éternel sur les chaînes info, a bien tenté, mardi 15, à la lecture du classement mondial des pays en termes de dividendes versés aux actionnaires publié dans le monde, d’éclairer la deuxième place de la France ! Il s’est quasiment noyé en direct, le visage crispé. Ses contorsions intellectuelles n’y pouvaient rien. La France est bien deuxième ! Loin devant ses concurrents directs, dont l’Allemagne. Comment l’expliquer ? Des dizaines de milliards prélevés sur les richesses produites, une prédation devenue insupportable.
Ne pas attendre. Cette idée gagne du terrain. Et d’ailleurs, attendre quoi ? Partout où cela est possible, les exigences populaires doivent être portées. Fabien Roussel en a fait l’axe central de son discours et de sa campagne. La reconquête idéologique, partagée, est devenue urgente. Sauver la protection sociale, nationaliser et relocaliser les productions utiles, loger correctement l’ensemble des citoyens, augmenter les salaires, faire vivre la démocratie dans les grandes entreprises, réformer et consolider une fiscalité juste, répondre aux besoins sociaux. Bref, ne rien laisser de côté pour que chacun puisse simplement VIVRE.
Mardi 29, en France et à Perpignan, les agents publics se mettront en mouvement. En octobre, d’autres manifestations s’annoncent. Le journal y sera !
L’édito du TC par René Granmont. La Fête pour faire face à la menace
Le résultat, même attendu, fait mal et dépasse même ce qui était prévu. Avec 44 %, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, a remporté haut la main les élections au parlement du Land de Saxe-Anhalt. En premier lieu, le choc tient au fait que c’est la première fois depuis la chute du Reich en 1945 qu’un parti s’inspirant ouvertement de l’idéologie nazie va probablement s’emparer du pouvoir dans un Land. En première analyse, il est clair que cette victoire de l’AFD est le fruit d’une réunification qui, après la chute du mur en 1989, n’a absolument pas profité à la plupart des habitants de l’ancienne RDA. Ces résultats tiennent à la fois au sentiment des citoyens de l’Est d’être les laissés pour compte, se cumulant à l’insatisfaction de l’ensemble des Allemands à l’égard des politiques antisociales menées tant par le SPD que par la CDU. Surtout, l’Afd a utilisé les deux armes complémentaires employées par les extrêmes droites et les néofascistes dans tous les pays, de l’Allemagne à la Hongrie, de la France aux Etats-Unis : la dénonciation de l’immigration et la démagogie identitaire, ces instruments de destruction massive des solidarités, de la conscience de classe, de la tolérance et de l’accueil, y compris en programmant des formes de retour à un passé fantasmé. Primaire, simpliste, bourré de contre-vérités, … mais efficace.
Un idéologue de la période nazie, Carl Schmitt, avait érigé en principe de la politique le fait de désigner un ennemi et s’il n’existait pas, de le fabriquer. C’est bien ce qu’a fait l’AfD avec l’immigration. Comme le fait en France Marine Le Pen avec sa proposition d’interdire le port du voile dans l’espace public. Proposition incendiaire, inconstitutionnelle, mais le meilleur moyen de ne rien dire des politiques antisociales et de division des peuples qu’appelle aujourd’hui le capital.
Certes, le Land de Saxe-Anhalt est un petit territoire au regard du monde, mais les figures de l’extrême droite ne s’y sont pas trompées qui, de la Maison Blanche à l’Italie et à la péninsule ibérique, ont salué partout dans le monde le succès de leurs partenaires allemands en Saxe-Anhalt. Les nouveaux fascistes se congratulent. Nous sommes en état d’alerte majeure.
Ce weekend, des centaines de milliers de citoyennes et citoyens vont participer à la Fête de l’Humanité. La résistance face à la marée brune sera au centre des rencontres et débats dans tous les espaces de cette grande fête car aujourd’hui, comme il y a quatre-vingt-dix ans en 1936, l’urgence demeure : lier antifascisme de masse et lutte pour l’égalité. Battre l’extrême droite, c’est lui opposer un projet de société transformateur. Et nul doute que les participants à la Fête repartiront dans leur ville, leur quartier, leur village avec pléthore d’arguments sur l’écologie, le climat, le progrès social, l’industrie, les inégalités, le patriarcat et, bien sûr, le travail.
L’édito du webzine. Quand le capitalisme asphyxie l’économie française
L’économie française étouffe. Derrière la vitrine des géants du CAC 40, c’est tout un tissu productif qui se meurt, écrasé entre l’hégémonie américaine et la puissance chinoise.
Les entreprises, exsangues, ne tiennent debout que grâce à l’oxygène artificiel de l’État : 211 milliards d’euros d’aides publiques par an. Ce chiffre vertigineux tombe dans les poches des actionnaires. Ce déclin n’est pas une fatalité mais un crime économique.
Des décennies de désindustrialisation, de délocalisations sauvages, de financiarisation à outrance : entre 1981 et 2000, les dividendes des grandes sociétés ont triplé, tandis que l’investissement productif fondait comme neige au soleil. Pendant que l’Allemagne, maintenait son industrie à 22,8 % de sa valeur ajoutée, celle de la France chutait de 16,2 % à 11,2 %. L’excédent commercial allemand a été multiplié par six, quand le déficit français s’est creusé jusqu’à -64,9 milliards d’euros en 2025.
Qui paie la facture ? Les travailleurs, les chômeurs, les services publics. Moins de production, c’est moins d’emplois, moins de recettes fiscales, plus de dépenses sociales… et une dette qui explose : 3 536 milliards d’euros, avec une charge annuelle équivalente au budget de l’Éducation nationale !
Le coup de force des patrons
Pour restaurer leur compétitivité, les patrons n’ont qu’une recette : comprimer les salaires, rogner sur les cotisations, démanteler la protection sociale. Faute d’avoir misé sur l’innovation, ils préfèrent la prédation. Et quand la résistance sociale se dresse –comme contre la réforme des retraites en 2023–, une partie du patronat rêve ouvertement d’un pouvoir fort, capable d’imposer ses réformes dans le sang.
C’est là que le Rassemblement National entre en scène. Jordan Bardella a opéré un virage idéologique en règle : exit les accents sociaux du RN d’antan, place au libéralisme le plus dur avec la baisse des impôts pour les riches, la réduction drastique des dépenses publiques, la suppression des « contraintes » administratives. Autant de mesures qui, une fois de plus, frapperont les plus fragiles. Marine Le Pen aurait préféré continuer d’avancer masquée en vue de la prochaine présidentielle pour mieux tromper ceux qui souffrent.
La France de demain sera-t-elle celle de la résistance populaire ou celle de la soumission aux lois du profit ? Les communistes, lors de leur 40e congrès ont proposé une candidature communiste pour la présidentielle de 2027. Fabien Roussel, seul candidat déclaré, s’engage aux côtés du monde du travail et des catégories populaires pour défendre les droits et exigences du monde du travail, défendre le développement des services publics, défendre des exigences de paix, porter une politique de reconquête industrielle, des exigences écologiques ambitieuses, exiger la démocratie dans le cadre d’une République débarrassée du présidentialisme. Les idées communistes prendront toute leur place dans le débat public pour mener cette résistance populaire.
Dominique Gerbault
L’édito du Travailleur Catalan par Jacques Pumaréda. L’équation à deux inconnues
Le débat politique fait rage sur les stratégies du premier comme du second tour des élections présidentielles de 2027. Et chacun de calculer comment voter au premier tour pour éliminer au second le candidat dangereux pour notre démocratie républicaine. Et dans cet embrouillamini, les sondages présentent l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national comme fort possible. Le fascisme est à nos portes. Celui de Mussolini, d’Hitler, de Franco ? Ou celui de Trump et Meloni ? La question de l’immigration est à double versant, économique et politique. Le président du Medef est clair : « ce ne sont pas les patrons qui demandent massivement de l’immigration, c’est l’économie ».
Les mouvements migratoires dans le monde s’accélèrent depuis un quart de siècle. La montée en puissance des formations d’extrême droite en France, en Italie, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et la liste n’est pas exhaustive, imposent leurs discours sur la menace migratoire.
Déclin démographique et besoin de main d’œuvre d’un côté, rejet et peur de l’immigration de l’autre, comment concilier ces deux termes ? Les pistes se précisent : mettre en place subrepticement un régime juridique différencié, une sorte d’apartheid, des droits différenciés avec la préférence nationale chère à Marine le Pen, l’abolition du droit du sol, les signes religieux, des interdictions d’emplois aux binationaux etc… Un système juridique à deux vitesses qui codifie la suprématie d’une partie du peuple sur l’autre. La Constitution bannit aujourd’hui toute distinction fondée explicitement sur l’origine, mais une Constitution cela se change. Nombre de dirigeants de la droite dite républicaine se rapprochent à chaque étape électorale de ces pistes nauséabondes, mais qu’en est-il à gauche quand une partie exalte les particularismes culturels ou religieux des minorités ?
L’universalisme a été la matrice républicaine de la gauche depuis Les Lumières, l’Égalité la boussole politique de tout programme émancipateur.
L’édito du webzine. Rentrée scolaire 2026 : l’austérité comme ligne directrice
La rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce sous le signe de l’austérité budgétaire, malgré les annonces médiatisées du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. L’interdiction des portables dans les lycées et un questionnaire sur les violences sexuelles ne doivent pas masquer une réalité plus sombre.
Le budget alloué à l’éducation, bien qu’en hausse de 800 millions d’euros pour atteindre 65 milliards, sera largement absorbé par l’inflation. Résultat, les salaires des enseignants et des fonctionnaires, déjà en berne, ne bénéficieront d’aucune amélioration significative.
Les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Après dix ans de réformes controversées -de Parcoursup, critiqué pour son manque d’équité, à la suppression des mathématiques en première ou encore l’appauvrissement des programmes en lycée professionnel- l’école publique paie le prix fort. Pire, la baisse démographique, qui aurait pu être une opportunité pour réduire les effectifs par classe, est instrumentalisée pour justifier des suppressions de postes et de classes. Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de désengagement de l’État au profit des intérêts du patronat, comme en témoigne le débat présidentiel organisé lors de la rentrée du Medef.
Dix ans de macronisme : un bilan amer pour l’école publique
Face à la colère des syndicats et des parents, Édouard Geffray reste évasif. Avec 161 000 élèves en moins cette année, le ministère justifie les suppressions de classes par la baisse démographique. Pourtant, les chiffres, connus par département, révèlent une autre réalité : ces décisions, prises sans concertation, exacerbent les inégalités territoriales. Comme le souligne le SNUipp, les écoles touchées sont souvent situées dans les mêmes secteurs, sans prise en compte des spécificités locales. Les Comités sociaux d’administration (CSA) sont devenus le théâtre de tensions croissantes, les syndicats dénonçant l’absence d’écoute.
Le dernier baromètre du SE-Unsa est sans appel : 75 % des enseignants s’inquiètent pour leur avenir, et 71 % estiment ne pas être respectés dans leur métier. Le salaire, devenu la préoccupation majeure symbolise ce malaise. « Le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement », déplore Julie Duhamel, secrétaire nationale du syndicat.
Les syndicats réclament une revalorisation générale des salaires, plutôt qu’un recours aux primes, qui ne comptent pas pour la retraite. Mais dans un contexte de campagne présidentielle où l’austérité domine, leurs revendications risquent de rester lettre morte.
Dans les Pyrénées-Orientales, la CGT Éduc’action 66 pointe l’absence de moyens pour rénover les établissements scolaires, le déficit de professeurs… Une rentrée qui « s’accompagne d’incertitudes et d’inquiétudes ». La santé mentale des élèves -fatigue, manque de concentration, décrochage-, n’est pas prise en compte. Les élèves en situation de handicap sont mal traités, le nombre d’accompagnants reste insuffisant face aux besoins, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à l’aide attribuée à leur enfant.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, s’est adressé aux enseignants afin de les soutenir : « Nous avons besoin de plus d’enseignants pour faire reculer les inégalités, pour développer la pensée critique, pour démocratiser l’accès aux savoirs, à la culture, aux sports et affronter les changements de ce siècle. »
Rendez-vous est pris pour participer à la grande journée de mobilisation de la fonction publique le 29 septembre prochain.
Dominique Gerbault









