Une semaine de manifestations et la crainte de nouvelles tensions (L’Indep)

Les appels à la mobilisation, aux blocages et à la grève se multiplient. Malgré les annonces du gouvernement, lycéens, étudiants, salariés n’entendent pas renoncer aux combats menés.

La semaine qui commences annonce tendue sur le plan social. Et pour cause. Une journée nationale de grèves et manifestations est prévue ce jeudi dans les secteurs privé et public, à l’appel de l’intersyndicale. Un appel relayé par Olivier Faure, secrétaire national du Parti socialiste. De son côté, l’organisation Les Lycéens ! a appelé, dimanche, au blocus des lycées dès ce lundi, au retour des vacances de la Toussaint. Pour leur part, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont, elles, invité à bloquer lycées et universités mardi et jeudi.

« Non, on ne va pas tous reprendre les cours, parce que, selon le Président (Macron, NDLR), il nous a entendus. Mais en fait, non, il ne nous a pas entendus. ne nous a presque rien donné », a déclaré Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens !, sur RMC, dimanche.

« Le gouvernement a la clé »

« Bien sûr qu’on appelle au blocus. Donc, les lycées seront bloqués et ce dès lundi. C’est le principe quand on fait grève, c’est de gêner, le but, c’est de pouvoir bloquer dans la durée », a-t-il ajouté, dénonçant la « politique de comptoir » du gouvernement, qui a dévoilé en début de semaine des mesures à destination de la jeunesse.

Plusieurs syndicats estiment que le compte n’y est pas, appelant à une mobilisation massive, jeudi. « Cette fois-ci, on est proche d’avancées concrètes pour que demain soit mieux qu’aujourd’hui », a déclaré sur BFMTV Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT. Elle souhaite une augmentation du Smic, des points d’indice pour les fonctionnaires et une hausse de tous les salaires. « Il faut que le gouvernement réponde maintenant aux manifestations, c’est lui qui a la clé », a-t-il insisté. La demande est difficilement réalisable, les caisses de la France étant vides, sauf à aggraver encore un peu plus la dette, qui plombe les investissements pour l’avenir.

« J’irai faire entrer ma fille en classe »

Après deux semaines de vacances, étudiants et lycéens reprennent donc, en principe, le chemin des cours. L’inconnue réside dans le niveau de mobilisation après la « pause » de la Toussaint. Les lycéens seront-ils aussi nombreux derrière les barricades ? Mais, surtout, les parents accepteront-ils que leurs enfants soient à nouveau empêchés de retrouver le chemin de la classe ? « Ma fille a déjà raté trois semaines de cours avant les vacances », s’emporte, passablement agacée, cette mère d’élève du lycée Joffre, à Montpellier. « Cette fois, s’il le faut, s’il y a à nouveau blocage, c’est moi qui irai faire entrer ma fille en classe. » Son exaspération vient en écho au sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, qui montre que près des deux tiers (64 %) des Français souhaitent que le mouvement cesse.

Dimanche, Sébastien Lecomu a demandé au ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, de faire en sorte que les collectivités régionales compétentes « trouvent une réponse » aux « 200 lycées les plus problématiques en matière de remontées sur la plate-forme » gouvernementale. Des établissements dont les bâtiments sont dans le plus mauvais état.

Pour le gouvernement, qui note une baisse de la mobilisation hebdomadaire, la crainte est que les prochaines manifestations tournent à nouveau à des actions de dégradation et de casse. Notamment par une mouvance d’extrême gauche particulièrement virulente, comme on l’a encore vu samedi, lors de l’acte Ill de la mobilisation.

Au total, les forces de l’ordre ont procédé à 779 interpellations sur le territoire national, samedi, à l’issue des manifestations. Dont 214 après 21h.

L’Indépendant, le 2 novembre 2026

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