« Il restera bloqué jusqu’à ce que la direction réponde » : les étudiants du campus Mailly à Perpignan entament une nouvelle journée de mobilisation (L’Indep)

Une vingtaine de personnes ont bloqué l’entrée du campus Mailly de l’Université de Perpignan ce vendredi 16 octobre 2026 dès 7 heures, empêchant l’accès aux étudiants et au personnel. Les manifestants réclament des infrastructures adéquates et des réformes nationales, menaçant de poursuivre le blocus jusqu’à obtenir une réponse de la direction.

Les mobilisations continuent chez les étudiants. Au campus Mailly de l’université de Perpignan ce vendredi 16 octobre dès 7 heures, une vingtaine de personnes ont bloqué l’entrée. Aucun étudiant, professeur ou membre du personnel n’a pu entrer.

Leurs revendications sont toujours les mêmes. Il y a une semaine jour pour jour, ils avaient déjà constitué une chaîne humaine devant l’entrée de l’établissement pour se faire entendre. « Nous n’avons pas de parking à proximité, l’accès à l’université est compliqué pour certains, nous n’avons pas de restaurant universitaire comme au campus du Moulin à Vent, et nous avons un problème de passerelle entre les filières, qui a été rompu de façon délibérée. Certains étudiants se retrouvent bloqués notamment pour passer du droit aux sciences économiques », a précisé Riad Bouafia, étudiant à l’antenne du centre-ville de Perpignan. À cela s’ajoutent des revendications nationales, telles que les « places en master », le « gel des APL » et « une réforme de Parcoursup ».

Selon les manifestants, « le campus restera bloqué jusqu’à ce que la direction réponde à nos revendications et que les représentants du campus soient reçus par la direction ».

Pas pénalisés malgré leur absence en cours

La semaine dernière, une assemblée générale a eu lieu à l’université au Moulin-à-Vent avec l’Union progressiste, l’Union syndicale lycéenne, les étudiants et lycéens membres de la société civile. À l’issue de leur réunion, ils s’étaient « mis d’accord sur des moyens d’action qui respectent la sécurité de tous ; dont notamment la continuité des blocus, le dialogue avec les personnels et les étudiants, ou encore des pôles d’organisation pour permettre une action plus efficace et moins éreintante ». Parmi leurs revendications, ils ont demandé « la banalisation des emplois du temps, c’est-à-dire la possibilité de ne pas être pénalisé en cas d’absence en cours, malgré la présence obligatoire en conditions normales ».

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 16 octobre 2026)

Mouvement des lycéens : « On en a assez des promesses non-tenues » (L’Indep)

Ce mardi 13 octobre, la mobilisation lycéenne s’est poursuivie, en France, mais aussi à Perpignan, où plusieurs centaines de personnes ont battu le pavé pour continuer à exprimer leurs revendications et dénoncer leur situation.

Ils étaient environ 800 à être descendus dans les mes perpignanaises, ce mardi 13 octobre. C’est bien moins que lors des précédents rendez-vous, mais les lycéens ont su, malgré tout, se faire entendre. Il était aux alentours de 10h40 lorsque ces derniers sont arrivés sur la place de la Victoire, au pied du Castillet, pour rejoindre les syndicats déjà présents sur les lieux.

Ce n’est que quelques minutes plus tard que le cortège, une fois rassemblé, s’est mis en marche en direction du Quai Jean de Lattre de Tassigny pour rejoindre le boulevard des Pyrénées. Les manifestants sont ensuite passés devant la place de Catalogne pour accéder au boulevard Georges Clemenceau et se rendre à nouveau au Castillet lors d’une marche où aucun débordement ne semble avoir été constaté.

Vers 12h30, une délégation composée de l’Union syndicale lycéenne (USL), du mouvement étudiant Union progressiste ainsi que de syndicats enseignants, a quant à elle été reçue par le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de La Mothe.

Des dénonciations

Mais avant cela, les manifestants ont organisé une prise de parole devant la préfecture. Si ces derniers ont une nouvelle fois fait part de leurs revendications, comme le manque de professeurs ou encore la suppression de Parcoursup, ils en ont également profité pour dénoncer leur situation.

Pour l’Union syndicale lycéenne du lycée Pablo Picasso, « on en a assez des réunions, des convocations et des promesses non-tenues, car rien ne change ». Tandis que pour le lycée Arago on dénonçait « l’administration de notre établissement qui cherche à nous faire taire. »

Durant ces prises de parole, les forces de l’ordre ont également été ciblées, que ce soit en raison des nombreuses arrestations qui ont eu lieu en France ou des violences dont elles font l’objet d’accusations. Un point que les lycéens ont également souhaité faire remonter au préfet.

« On veut évoquer les violences policières, mais aussi la pression que subissent des élèves de la part de leur établissement, avec la levée des absences liées au mouvement et nos revendications », a résumé Louise de l’USL pour le lycée Jean Lurçat. « Aucune sanction ne doit être portée aux lycéens qui sont présents durant les manifestations Il ne faut pas que cela leur porte préjudice, notamment avec Parcoursup », a réclamé Éloïse Chenus, de l’Unsa.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 14 octobre 2026)

Les étudiants ont bloqué leur campus (L’Indep)

Pacifiques malgré un contexte étudiant et social tendu en France, les étudiants du centre-ville de Perpignan ont constitué une chaîne humaine tout en partageant leur mécontentement

Hier des 7h, les étudiants du campus Mailly en centre-ville de Perpignan ont appelé à faire blocage devant leur établissement en disposant des poubelles face aux entrées. « Pacifiquement bien entendu, nous ne sommes pas là pour casser, mais pour défendre avec légitimité nos revendications », ont insisté plusieurs porte-parole du mouvement contactés par L’Indépendant.

L’action des élèves perpignanais, équipés pour certains de pancartes revendicatives devant leur université et constitués en chaîne humaine, a duré 30 minutes. Les jeunes gens ont fait entendre leur voix, pointant du doigt « une inégalité de traitement avec le campus principal de la faculté au Moulin-à-Vent : nous n’avons qu’une cafétéria et non pas un restaurant universitaire comme au Moulin-a-Vent, où d(ailleurs il nous est impossible d’aller quand nous n’avons qu’une heure pour manger : Quand nous avons l’occasion d’y aller, avec un repas à 1 euro, forcément, il y a foule » ; « les pannes d’aération dans nos locaux » ; « le manque de sécurité autour du campus malgré une présence policière régulière » ; « l’absence d’un parking pour ceux qui viennent en voiture, et à qui le stationnement en ville revient cher ». Mais aussi « le gel des APL qui en conduisent certains à avoir la tête sous l’eau » et « l’augmentation des tarifs des licences et des masters ».

À midi, les étudiants mobilisés se sont retrouvés en assemblée générale à l’université au Moulin-a-Vent pour organiser la poursuite du mouvement de contestation prévue des lundi 12 octobre. L’Union progressiste, Union syndicale lycéenne, les étudiants et lycéens membres de la société civile étaient présents. À l’issue de leur réunion, ils se sont « mis d’accord sur des moyens d’action qui respectent la sécurité de tous ; dont notamment la continuité des blocus, le dialogue avec les personnels et les étudiants, ou encore des pôles d’organisation pour permettre une action plus efficace et moins éreintante », ont-ils indiqué.

Parmi leurs revendications, ils ont demandé « la banalisation des emplois du temps, c’est-à-dire la possibilité de ne pas être pénalisé en cas d’absence en cours, malgré la présence obligatoire en conditions normales ». Et ce sur les sites du Moulin-à-Vent, le campus Mailly et les lycées Picasso, Lurçat, Arago et Maillol.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 10 octobre 2026)

« Dans notre classe, il y a une vraie peur » : les lycéens prennent la parole (L’Indep)

Au lycée Aristide-Maillol de Perpignan, un temps de « démocratie lycéenne » a eu lieu hier. Les élèves ont exprimé leurs préoccupations et le proviseur et la directrice académique se sont alors engagés à analyser les revendications.

Après plusieurs jours de colère, de blocage et de débordements, un temps d’apaisement semblait nécessaire dans les lycées français. Le ministre de l’Éducation nationale avait demandé la mise en place d’un temps de « démocratie lycéenne », pour permettre aux élèves d’exprimer leurs préoccupations et leurs besoins. Obligatoire pour l’ensemble des établissements français. À Perpignan ce vendredi 9 octobre, le lycée Aristide-Maillol s’est prêté à l’exercice.

Installés dans l’amphithéâtre de l’établissement, quelques dizaines de lycéens se sont préparés, feuille à la main et revendications en tête. Ils ont été choisis comme porte-parole de leurs classes, parmi les Seconde, Première ou Terminale, de différentes filières, générales, technologiques et professionnelles.

C’était aussi le moment pour eux de se faire entendre par leur proviseur Mare Cabale, et par la Directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), Anne-Laure Arino, tous les deux présents.

À l’image d’un sentiment collectif, Les mêmes idées sont revenues à plusieurs reprises. La première, les emplois du temps Le représentant de la Terminale pro métiers de la sécurité a été le premier à l’illustrer : « On a des trous énormes dans les emplois du temps, qui nous donnent des journées élargies. Ce qu’on veut, ce n’est pas défendre la fainéantise, mais bien le goût de l’effort. Cependant, cinq heures de trou, c’est inutile. On aimerait avoir du temps personnel pour faire du sport par exemple ». En effet, ce manque de temps libre, beaucoup le déplorent. « On reste assis sur une chaise pendant 9 heures. Comme ça, tous les jours, en plus des devoirs, de la vie familiale et de la vie sociale. On a 27 heures de cours et souvent autant d’attente parce qu’on est obligé de rester dans le lycée. Ce sont des heures de présence que les lycéens n’ont pas choisies », s’est exprimé un autre lycéen.

Comme ailleurs en France, la plateforme Parcoursup a été particulièrement pointée du doigt. « Dans notre classe, il y a une vraie peur. Parce qu’on va devoir choisir pour notre avenir, alors qu’on est encore très jeunes. Et tout ça, c’est fait par un robot qui classe les données statistiques », a déploré l’un d’entre eux, en Seconde générale.

Ensuite, la cantine : trop chère pour certains, trop remplie pour d’autres ou même « pas assez rassasiante » pour les élèves de la section sportive. Selon Malek, de Terminale CAP commerce, « quand on doit manger à 11h30 et qu’on reprend à midi, ce n’est pas possible d’aller à la cantine parce qu’il y a beaucoup trop de monde ». Le prix du repas quant à lui est fixé à 5 euros, mais cela leur semble à tous « assez injustifié ». D’autres revendications concernaient spécifiquement les infrastructures du lycée. « Des salles trop petites », « pas assez de chaises », des toilettes « cassées », « sans papier toilette » ou « sans protection hygiénique » et « des fenêtres qui ne s’ouvrent pas » pendant les périodes de fortes chaleurs.

À l’issue de presque deux heures de prises de parole, les élèves ont pu reprendre les cours, les blocus étant terminés. Le proviseur du lycée Maillol s’est alors engagé à « analyser avec: beaucoup de finesse le document qui va être remis avec l’ensemble des revendications ». Anne-Laure Arino a déclaré repartir « avec de nombreuses obligations » et s’engager « à ce qu’il y ait des temps de réunion très rapidement autour de Parcoursup ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 10 octobre 2026)

Les lycéens à nouveau mobilisés (L’Indep)

À Perpignan ce jeudi 8 octobre, des centaines de lycéens et étudiants ont commencé à manifester, partant des lycées de la ville jusqu’à la place de la Victoire. Il s’agit désormais de l’acte IV d’un mouvement lancé il y a près de deux semaines pour exiger de meilleures conditions d’enseignement.

Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation des lycéens et étudiants se planifiait en France, à Perpignan ce jeudi matin, des centaines de jeunes ont commencé à arpenter les rues.
Les élèves de différents établissements se sont réunis devant le lycée François-Arago, pour se diriger jusqu’à la place de la Victoire.

En tête du cortège se trouvait Lucien, étudiant à l’université de Perpignan. Ce jeune de 21 ans a rapidement pris un rôle de « meneur » aux côtés des élèves plus jeunes. « On a réussi à bloquer l’université et maintenant on soutient les lycéens pour leur donner un cadre et plus de renfort », s’est-il ex-primé, déambulant avec un abattant de WC autour du cou. Espérant « alerter les services publics », il a participé à tous les blocus depuis le début, « en évitant au maximum les casses ».

Une assemblée générale ce vendredi

Le reste du cortège était composé de jeunes d’âges différents, en lycée ou études supérieures, de nombreuses pancartes à la main. « Le monde est à nous », « Fière de ma génération Z», pouvait-on lire. Selon Lucien, une assemblée générale est prévue ce vendredi 9 octobre pour anticiper les mobilisations de la semaine prochaine.

En attendant, certains élèves ne souhaitant pas faire de blocage ont pu participer aux cours. Avec des classes peu remplies.

Un peu avant midi jeudi, la mobilisation s’est terminée au pied du Castillet. Aucun débordement n’a été relevé.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 9 octobre 2026)

Étudiants, parents et syndicats au soutien des lycéens (L’Indep)

Ce mardi 6 octobre 2026, l’Union syndicale lycéenne (USL) et le mouvement étudiant Union progressiste appellent à manifester à partir de 9h30 au départ du campus principal de l’université de Perpignan. Après la CGT, la FSU et Solidaires, le syndicat FO et la Féderation des conseils de parents d’élèves (FCPE) apportent leur soutien à la mobilisation.

Les étudiants perpignanais sont dans les starting-blocks. Ce lundi, sur les coups de 17h, l’assemblée générale que le mouvement étudiant Union progressiste et l’Union syndicale lycéenne ont réunie à l’université pour préparer leur manifestation commune de ce mardi a rassemblé environ 70 personnes. À cette occasion, les organisateurs, qui tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions d’apprentissage et réclament des moyens pour l’enseignement public, ont notamment dévoilé le parcours prévu : avenue Paul-Alduy, rue du Pontet-de-Bages, avenue Pierre-Cambres, puis boulevards Briand, Anatole-France, Bourrat et Wilson, pour terminer au pied du Castillet.

En parallèle, les soutiens à l’initiative continuaient d’affluer. Vendredi der-nier, trois syndicats, la CGT, la FSU et Solidaires, avaient déjà annoncé qu’ils appelaient à la grève ce mardi 6 octobre afin de soutenir le mouvement des jeunes. Dans le courant du week-end, la fédération FO de l’Éducation (Pnec-FO) s’est rajoutée à la liste.

« Les revendications des lycéens sont également celles des personnels de l’Éducation nationale. Les lycéens veulent un avenir, des profs, des locaux corrects et adaptés aux conditions climatiques, des emplois du temps respectueux de leur santé, des manuels scolaires et des moyens pour l’école », estime la Fnec qui appelle elle aussi à se mettre en grève et a rejoindre le cortège qui partira ce mardi de la fac. Le secrétaire de l’union départementale FO, Jérôme Capdevielle, renchérit : « Nous restons en soutien. Nous ne sommes pas organisateurs de cette manifestation. Nous ne voulons pas de récupération du mouvement étudiant, mais nous serons là si besoin ».

La Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66) invite elle aussi ses membres à marcher avec les lycéens et étudiants ce mardi. « Nous appelons à manifester, mais aussi à encadrer la mobilisation, à être auprès des lycéens pour faire tampon, pour servir d’interlocuteurs entre les jeunes et les forces de l’ordre et faire en sorte que tout se passe dans la sérénité et le calme, résume le président de l’association, Rémy Landri. Les lycéens portent les revendications de l’ensemble de l’enseignement public. Il faut qu’ils trouvent une écoute ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Des centaines de lycéens dans la rue, hier

Les lycéens ne se démobilisent pas. Ce lundi, en milieu de matinée, les élèves grévistes des établissements perpignanais (Picasso, Maillol, Arago, Lurçat…) se sont, comme jeudi et vendredi derniers, rejoints vers 10 heures devant le lycée Arago pour ensuite partir en manifestation dans les rues de la ville.

Cette fois, ils se sont dirigés vers le lycée Maillol en traversant le centre-ville puis le pont Joffre dans le calme. Le cortège était composé de plusieurs centaines de personnes. Une fois arrivés à Maillol, aux environs de midi, les élèves se sont rassemblés devant l’établissement, où plusieurs fumigènes colorés ont été allumés.

Selon nos informations, la police aurait procédé ce lundi à une dizaine d’interpellations et placé six personnes en garde à vue pour des faits commis en marge du mouvement, essentiellement dans le secteur du lycée Maillol. Le cortège en route vers le lycée Maillol.

A. A. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Blocage des lycées : cinq policiers et des lycéens blessés à Perpignan (L’Indep)

Après une nouvelle journée de mobilisation lycéenne ce vendredi 2 octobre, la préfecture des Pyrénées-Orientales a fait le point, hier, en début de soiré, sur les « débordements inacceptables » qui ont eu lieu.

Après une première journée mouvementée jeudi 1er octobre, celle de vendredi l’a été tout autant, voire davantage. En effet, dans un communiqué publié hier, en début de soirée, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé l’arrestation de 28 personnes dans le cadre de la mobilisation lycéenne, après des mouvements qui « ont connu des débordements inacceptables ».

« Aucune revendication ne justifie toutefois la violence et les débordements qui ont eu lieu aujourd’hui », a ajouté le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Ce dernier a fait état d’actes de violence durant la journée et de jets de projectiles, « dont des cocktails molotov ». Cinq membres des forces de l’ordre ont ainsi été blessés, et des lycéens. « Nous avons également constaté des dégradations de biens, notamment d’abribus, et des vols », a-t-il poursuivi.

« Les revendications portées par les lycéens méritent d’être entendues et discutées. A cette fin, je participerai, avec la directrice académique des services de l’Éducation nationale, aux conseils de vie lycéenne qui se réuniront dans les prochains jours », a indiqué le préfet, réaffirmant dans la foulée son soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers. Il condamnait aussi, « avec fermeté », les débordements constatés et rappelait qu’ils sont susceptibles « d’engager les responsabilités disciplinaire et pénale des élèves impliqués, ainsi que celles de leurs parents. »

Des gardes à vues et des confrontations

En fin d’après-midi, hier, le parquet de Perpignan aussi communiqué sur le sujet. Ce dernier a fait état d’une douzaine de gardes à vue en cours, de trois mineurs qui vont être déférés ce samedi en vue d’un placement sous contrôle judiciaire et enfin un majeur qui sera « déféré en vue d’une convocation par procès-verbal (CPPV) avec un placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une dégradation d’abri bus ».

Plus tôt dans la journée, des confrontations avec les policiers ont également été constatées au niveau de l’avenue Victor Dalbiez (quartier Saint-Martin) où des mineurs ont été arrêtés. Des fumigènes ont été tirés par les agents présents sur place afin de disperser des lycéens, dont certains se sont dirigés vers le parking du Leclerc Sud pour échapper aux fumées.

Enfin, des dégradations ont été constatées sur des conteneurs à poubelles qui ont été enflammées sur l’avenue Victor Dalbiez, dans le quartier Saint-Martin. D’importants moyens de secours ont été mobilisés pour éteindre les flammes.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Lycéens et étudiants appellent à manifester mardi

Les étudiants sont sur le point d’entrer dans la danse à Perpignan. Ce vendredi 2 octobre 2026, l’antenne locale de l’organisation Renouveau syndical, issue d’une scission de l’Unef, a annoncé qu’elle appelait à manifester ce mardi conjointement avec l’Union syndicale lycéenne (USL). Le rendez-vous est fixé à 9h30 sur le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy).

« Nous rejoignons le mouvement national », confirme Gabriel, le président de l’antenne du Renouveau syndical, mieux connue localement sous le nom d’Union progressiste. « Nous organiserons une assemblée générale ce lundi à 17 heures sur le campus du Moulin-a-Vent pour coordonner la mobilisation du lendemain. L’objectif sera notamment d’éviter qu’il y ait des casseurs qui nuisent au mouvement et masquent les revendications. »

Comme les lycéens, les étudiants réclament une augmentation des moyens alloués à leurs établissements. « Nous avons besoin de plus de profs, de plus de salles », résume Gabriel. A Perpignan, « il y a des salles où il y a de l’amiante et qui sont fermées. Du coup, on se retrouve à 50 en travaux dirigés alors qu’on devrait être 15 ».

L’Union progressiste demande aussi la rénovation thermique des bâtiments, la suppression de la jauge qui limite le nombre de repas pouvant être servis au restaurant universitaire, ou encore l’augmentation des bourses et des aides personnelles au logement (APL).

La mobilisation de mardi bénéficie également du soutien de trois syndicats de salariés : la CGT, la FSU et Solidaires, qui appellent à la grève ce jour-là. « Nous soutenons cette mobilisation car les revendications des lycéens et des étudiants sont les mêmes que celles que l’on porte. Ils dénoncent eux aussi le manque de moyens et la dégradation des services publics », explique le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Notre objectif n’est pas de récupérer le mouvement. Nous serons là uniquement en soutien » Notamment pour sécuriser la manifestation et faire en sorte que tout se passe le mieux possible.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Quatre lycées bloqués à Perpignan : ce que veulent les jeunes (L’Indep)

Hier, les élèves de quatre lycées de Perpignan se sont rassembles en tout début de matinée devant leurs établissements pour mettre en place des blocus. Ils se sont ensuite rejoints en centre-ville pour une manifestation improvisée et imprévisible qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

« Désolé du dérangement. On essaie juste de sauver notre avenir. » La pancarte placardée sur le portail du lycée Lurçat résume bien l’état d’esprit des jeunes perpignanais. Ce jeudi, ces derniers ont fait entendre leur colère dès l’aube. Des rassemblements d’élèves se sont formés simultanément devant Lurçat, Picasso, Maillol et Arago au petit matin. Objectif : mettre en place des « blocus » afin de dénoncer une dégradation des conditions d’apprentissage et de réclamer des moyens supplémentaires pour l’éducation.

« Nous sommes là depuis 7h10 », indiquait dans la matinée, Alban, 16 ans, rétérent fédéral de l’Union syndicale lycéenne (USL), mobilisé devant Lurçat. « Nous avons laissé entrer les élèves qui le souhaitaient, mais beaucoup ont préféré rester avec nous. » Ici, la mobilisation s’est globalement déroulée dans le calme.

Vers 9h20, des élèves du lycée voisin de Picasso, dont certains faisaient état d’accrochages avec les forces de l’ordre devant leur établissement, ont rejoint leurs homologues de Lurçat. Puis se sont mis en route avec une partie d’entre eux vers le lycée Arago, en centre-ville. Tout comme le faisaient en parallèle les élèves de Maillol, où des heurts avec la police se sont également déroulés lors du blocus, entrainant une suspension des cours pour la journée. Le cortège ainsi formé s’est ensuite rendu devant le lycée privé Bon Secours, dans les environs duquel un conteneur à poubelles a été incendié, puis devant Marillac, où une adolescente de 16 ans a été blessée, vraisemblablement par un jet de pavé. Les jeunes se sont ensuite dirigés vers le cœur de ville (Castillet, place de la République) pour y poursuivre leur manifestation improvisée.

Beaucoup d’élèves interrogés classent en tête de leurs revendications les journées trop longues (le « 8 heures-18 heures ») et les problématiques d’emploi du temps liées à la récente réforme du lycée. « Cette réforme a engendré des trous non aménageables dans les emplois du temps », explique Alban. « Le jeudi et le vendredi, j’ai des trous de 3 heures au milieu de la journée. Soi-disant, ce sont des créneaux pour les élèves qui font allemand, sauf que nous n’en avons pas dans la classe ! Ce serait au cas où il y en ait qui arrivent en cours d’année », croit savoir Charlize, 16 ans, en première à Picasso.

La « surcharge » des classes liée au manque de profs et le non-remplacement des enseignants absents reviennent également souvent. « Depuis la rentrée, je n’avais pas eu de prof de français jusqu’à hier, alors que j’ai le bac à la fin de l’année », déplore par exemple une élève de première de Lurçat. « 35 par classe, c’est trop. Les professeurs n’ont pas le temps de suivre les difficultés de chacun », renchérit Marie, 16 ans, scolarisée en première à Picasso. « Nous, à Arago, on peut avoir des classes à plus de 40 élèves », assure une élève de terminale de l’établissement. « Il y a aussi le prix de la cantine. C’est 4,60 euros par jour. Des fois, des élèves sautent des repas parce que c’est trop cher: De plus, nous n’avons qu’une heure pour manger. Il y a des files d’attente gigantesques, ce n’est plus possible. »

L’état du bâti scolaire et la chaleur dans les classes font également partie des principaux mots d’ordre. « Dans les salles de classe, il fait super chaud. Et certaines sont dans un état lamentable », estime ainsi Liam, 18 ans, scolarisé en BTS à Picasso. « En carrosserie par exemple, quand il pleut, l’eau s’infiltre dans le plafond et ça fait d’énormes flaques. »

Sur le volet revendicatif, le préfet des Pyrénées-Orientales annonce que « les conseils de la vie lycéenne et/ou les conseils d’administration des lycées concernés vont être réunis dans les tout prochains jours, pour créer l’occasion d’échanges constructifs avec les représentants des lycéens ». Du côté des élèves, certains évoquaient hier une poursuite du mouvement ce vendredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)

Perpignan. Divisée et battue dans les urnes, la gauche règle encore ses comptes (L’Indep)

La réélection de Louis Aliot des le premier tour de l’élection municipale à Perpignan, doit beaucoup à la division de la gauche et du centre. Les cicatrices restent ouvertes alors que les recours en annulation du scrutin, déposés par la liste d’Agnès Langevine et la liste de Mickaël Idrac, seront auditionnés le 17 septembre par le tribunal administratif.

Sur les cendres de sa défaite, la gauche perpignanaise brûle sa rupture par les deux bouts. Il a suffi d’une date pour raviver la flamme : l’annonce par le tribunal administratif de Montpellier du jour de l’audience des recours déposés en annulation de l’élection municipale à Perpignan, le 17 septembre prochain.

Après une campagne fratricide à gauche et un large succès du maire sortant Louis Aliot (RN), réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix, deux listes avaient déposé des recours en annulation. Celle menée par Agnès Langevine, investie par le PS et Place Publique, seconde avec 15,94 %, et celle portée par Mickaël Idrac (LFI, les Écolos, Génération. s), quatrième avec 9,60 %. Ces recours seront donc audiencés mi-septembre.

Mais, celui d’Agnès Langevine n’est visiblement toujours pas digéré par Mathias Blanc (8,94 % des voix) et sa liste « Perpignan Autrement » qui réunissait plusieurs partis (dont le PC) et associations de gauche, dont des cadres locaux de Place Publique.

Mathias Blanc étant lui-même membre du PS local. Ce recours de la vice-présidente de la Région, fort d’une vingtaine de pages, demande l’annulation totale du scrutin, et donc l’élection de Louis Aliot. Il pointe par exemple des procurations non prises en compte.

Mais il vise aussi l’annulation des bulletins de Mathias Blanc qui faisaient référence au PS et à Place Publique, alors que nationalement les deux partis avaient investi Langevine, à contre-courant des militants locaux pour le mouvement de Raphaël Glucksmann. De quoi avoir « trompé et influencé » les électeurs soutient-elle.

« Les arguments choisis sont directement dirigés contre la liste « Perpignan Autrement » », réplique Mathias Blanc. « Non seulement, ils sont faibles juridiquement, mais moralement cela me semble condamnable. C’est le signe d’une obstination, d’une rancœur. Ce recours, tant son dépôt que son maintien, est un énième coup porté à la nécessaire union de la gauche. En ce qui nous concerne, nous continuerons, dans un esprit d’ouverture, à rassembler sur le terrain et de nous battre contre les manœuvres mortifères qui font le jeu du RN et de l’union des droites ».

La seconde salve est tirée par LFI et Mickaël Idrac. Pourtant, il avait dégainé d’abord, déposant un premier recours en annulation. La cible : la décision de la préfecture « d’imposer que le bulletin de vote « Perpignan, Changez d’air! » soit présenté aux électeurs côté verso, sans la photo du candidat tête de liste et sans les logos des formations politiques qui nous soutenaient. Suite aux manigances de la liste « Plus forts pour Perpignan » menée par Agnès Langevine », accusent-ils. Avant de qualifier le recours d’Agnès Langevine de « contre-feu » et d’apporter leur soutien à Mathias Blanc. Doublement ciblée, Agnès Langevine sort aussi l’artillerie lourde.

« L’objectif de notre recours est bel et bien l’annulation de l’élection et donc celle de Louis Aliot et de l’extrême droite. Notre avocat réserve ses arguments pour le tribunal administratif, nous avons fait cela dans l’intérêt de la démocratie et de l’état de droit. Nous pointons des procurations pas prises en compte. Et oui, les bulletins de « Perpignan Autrement » ont trompé et influencé les électeurs alors que Mathias Blanc n’avait pas les investitures du PS et de Place Publique. Qui est le candidat dissident à gauche, Mathias Blanc ou Agnès Langevine ? »

Dernier, mais certainement pas ultime épisode de la déchirure de la gauche perpignanaise : si le tribunal administratif rejette l’annulation de l’élection, et donc confirme Louis Aliot dans son fauteuil, il pourrait tout de même défaire l’élection des quatre conseillers municipaux élus sur les listes Blanc et Idrac…

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 19 août 2026)

Perpignan. Grogne au lycée Picasso contre la suppression d’une spécialité (L’Indep)

« Énergie et environnement », une spécialité qui parle au présent mais pas au futur pour la direction du lycée Picasso à Perpignan. Des membres du conseil d’administration et les parents d’élèves ont manifesté contre la suppression d’une spécialité.

Chaque année, au lycée Picasso, les élèves de terminale en STI2D doivent choisir une spécialité. Parmi les quatre proposées, il y a celle intitulée « Énergie et environnement ». Mais à la rentrée des classes 2026-2027, elle n’existera plus. Une suppression « en interne », selon les professeurs de l’établissement, qui a également suscité la colère des parents d’élèves du lycée perpignanais. Tous se sont retrouvés à la sortie des classes ce jeudi 2 juillet pour manifester contre l’initiative.

Tanguy Lorre, responsable syndical de Force ouvrière et membre du conseil d’administration du lycée Picasso, dénonce un « net manque de considération ». Selon lui, les raisons sont « évidemment économiques ». Il explique : « Il n’y a aucun cout pour maintenir la spécialité mais la fermer leur rapportera ». Dès qu’il a appris la nouvelle par les parents d’élèves, le conseil d’administration a demandé à être reçu par l’établissement. Une réponse qui aurait été balayée d’un revers de main par le proviseur du lycée : « Deux heures avant la rencontre, nous avons reçu un message d’annulation nous indiquant que nos priorités n’étaient pas les leurs ».

Une décision qui aurait été prise « en interne »

« C’est une décision qui a été prise en interne, sans avertir personne. Elle ne respecte ni les élèves ni le conseil d’administration. Ce n’est pas du tout réglementaire », affirme Tanguy Lome, professeur à Picasso depuis 22 ans. Désireux de changer le cours des événements, le quinquagénaire s’est joint à plusieurs autres professeurs pour proposer des « solutions à la situation ». « Nous avions trouvé un professeur pour enseigner la spécialité. Ils ont préféré l’utiliser pour d’autres formations », évoque le professeur en filière technologique.

Mais les parents d’élèves et les professeurs craignent aussi, à terme, pour le reste de la filière. « Il y a des BTS spécialisés environnement, et ce sera un prétexte pour les fermer aussi », anticipe le syndicaliste de Force ouvrière.

Contacté, le rectorat indiquait, auprès de L’Indépendant, que « la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Pyrénées-Orientales et les services académiques ont pleinement conscience de l’importance de la spécialité Énergie et environnement pour le territoire et réaffirment leur souhait de maintenir cette formation au sein du lycée Picasso de Perpignan dont la carte des formations offertes vise à son identification forte en qualité de lycée formateur dans ce domaine sur le territoire ».

Tina Penaranda (L’Indépendant, le 12 juillet 2026)

Contactée, la direction du lycée n’a pas répondu à nos sollicitations.