Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.
« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.
Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.
À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.
Alors que le nombre de conseils de discipline au sein de l’établissement est passe de 11 à 43 par an entre 2023 et aujourd’hui, les enseignants du collège Camus viennent d’apprendre qu’ils vont perdre un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) à la rentrée prochaine. Un groupe de professeurs a décidé de se mettre en grève dès ce lundi.
La colère gronde parmi les enseignants du collège Albert-Camus de Perpignan. A la suite de la suppression annoncée d’un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) chargé d’organiser la vie scolaire, collectif de professeurs a décidé de se mettre en grève et de bloquer l’établissement dès 7h30 ce lundi 15 juin.
Il faut dire qu’à Camus, la situation en matière de discipline semble déjà difficile à gérer avec les effectifs actuels : « Après plusieurs courriers et une entrevue avec la direction des services départementaux de l’Éducation nationale pour l’alerter sur la situation du collège, nous venons d’apprendre que l’établissement perd des moyens de vie scolaire: de deux CPE à temps plein, nous passons à un CPE un à temps plein et un CPE à mi-temps. Or, nous faisons face à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Cette année, sur 402 élèves, il y a eu 43 conseils de discipline pour des faits graves alors qu’en 2023-2024, il n’y en avait eu que 11. »
Le collectif évoque également « des faits de violence physique et verbale commis par certains parents ». Selon les professeurs : « Dans ce contexte, le rôle des CPE est vital pour le bon fonctionnement de l’établissement, le suivi et la sécurité des élèves. Nous qui sommes motivés par la réussite de nos élèves ne voulons pas être complices et victimes de cette dégradation des moyens alors que se jouent l’égalité des chances et l’apprentissage des valeurs de la République par nos élèves. »
Les enseignants précisent qu’ils avaient commencé à écrire à l’inspection dès février pour plaider en faveur du maintien de ce demi-poste de CPE dont ils appréhendaient la suppression. Ils soulignent par ailleurs avoir prévenu les parents d’élèves de leur action. « Nombre d’entre eux nous ont dit qu’ils nous soutenaient, assure une professeure investie dans la contestation. Certains nous ont même annoncé qu’ils comptaient venir avec nous lundi sur le parvis du collège. »
De son côté, l’inspection indique que la situation est liée au fait que « les moyens du plan tranquillité (qui avait permis la création du demi-poste de CPE au cœur du litige, NDLR) vont pour partie et progressivement être redéployés ». L’administration ajoute que dès l’origine, « ces moyens étaient annoncés comme une mesure provisoire ». Avant de conclure : « L’Éducation nationale est bien consciente de la situation et c’est donc l’attribution d’autres moyens qui sont actuellement à l’étude pour qu’au final, le volet médico-social et vie scolaire des établissements ne soit pas du tout impacté. »
Ce mardi, quatre syndicats (FSU, Unsa, CGT et Solidaires) appellent les personnels des écoles, collèges et lycées à se mettre en grève et à manifester a Perpignan. Entre autres pour dénoncer les fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine en primaire.
À l’origine de la colère enseignante : le manque de moyens, encore et toujours. Alors que la réunion qui doit valider les fermetures de classes pour la rentrée prochaine dans les écoles des Pyrénées-Orientales doit se tenir le 7 avril, la contestation des dites suppressions s’annonce au cœur du mouvement de grève de ce mardi 31 mars.
Selon nos informations, le projet de l’Inspection pour la rentrée prochaine prévoirait 27 fermetures de classes pour neuf ouvertures dans le premier degré. Du coté de la maternelle perpignanaise Claude-Simon ou de l’école primaire de Bourg-Madame, les parents d’élèves ont déjà manifesté leur opposition aux fermetures envisagées dans leurs établissements, tandis que ceux de l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon ont lancé une pétition contre la perte d’une classe.
Les craintes de fermeture semblent également vives à la maternelle d’Arles-sur-Tech, ou encore dans deux de ses homologues perpignanaises (Lamartine et Pont-Neuf), tout comme dans les écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan.
Non contents de dénoncer les fermetures, les syndicats d’enseignants entendent aussi réclamer ce mardi des ouvertures de classes dans un certain nombre d’écoles où les effectifs le justifieraient.
Un autre choix était possible
« À la maternelle de Pollestres, sil n’y a pas d’ouverture, ils seront à 27 par classe à la rentrée prochaine », s’inquiète l’un des responsables départementaux du FSU-SNUipp, Jérôme Guy. « Il y a aussi un gros problème à Pia, où plusieurs écoles (maternelles Curie et Mitterrand, élémentaire Torcatis…) sont surchargées et où on constate en plus des problèmes de violence. »
Selon la secrétaire départementale du SE-Unsa, Héloise Hiroux, qui évoque elle aussi « une hausse des situations d’intimidation en milieu scolaire » : « Cette grève est un appel à un changement de cap. Il s’agit de rappeler qu’un autre choix que celui des fermetures de classes était possible. On aurait pu profiter de la baisse démographique pour donner des moyens à même d’assurer un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. »
Autres problématiques mises en avant : celles liées à l’inclusion des enfants en situation de handicap. « Nous accueillons de plus en plus d’élèves à besoins particuliers. C’est une richesse. Mais ça nécessite du temps, de la formation et des moyens adaptés qui ne sont pas au rendez-vous », résume Héloise Hiroux. De plus, « lorsque des gamins explosent, on n’a pas de solution de repli en raison du manque de places dans les structures spécialisées (IME, Itep) », renchérit Jérôme Guy.
Pour ce qui est du second degré, la question des moyens est également au cœur des revendications. Pour mémoire, la semaine dernière, l’Inspection a acté la suppression de 12 postes d’enseignants en équivalents temps plein dans les collèges du département. Au grand dam des organisations syndicales.
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 mars 2026)
Une manifestation au parcours inédit partira ce mardi vers 10 heures de l’inspection académique, avenue Giraudoux à Perpignan.
Hier, les syndicats d’enseignants se sont à nouveau retrouves a la Direction des services départementaux de l’éducation (DSEN) pour une nouvelle réunion suite au comité social d’administration du 13 mars. Mais tous ont décidé de boycotter.
Dix jours après le comité social d’administration (CSA-SD) au cours duquel les syndicats d’enseignants (FSU, FO, SNALC, UNSA) avaient voté contre le projet de l’administration, une nouvelle réunion se tenait hier à la Direction des services départementaux de l’éducation (DSEN). Pour rappel, pour la rentrée 2026-2027, 9 suppressions de postes ont été annoncées pour 3 créations. Menaçant ainsi 6 postes d’enseignants, « ce qui est inacceptable » confie Marc Moliner du Snes-FSU.
À leur arrivée, les syndicats ont constaté l’absence de la DASEN, Mme Anne-Laure Arino et ont donc décidé de boycotter la réunion. De plus, l’administration avait déclaré que « la copie ne changerait pas et resterait en l’état ». De ce fait, « nous sommes restés 15 min le temps d’émerger et de lire notre note intersyndicale. Puis nous nous sommes levés et nous sommes partis. Nous avons jugé qu’il s’agissait d’une séance illégitime. Nous sommes en tout cas très mécontents de l’absence de la DASEN, montrant qu’il n’y a pas de dialogue social », confie Marc Moliner.
« Nous sommes conscients du fait que les dossiers ont été travaillés en amont par Mme Arino et ses services, mais son absence à une instance aussi importante pour les collègues, confine au mépris pour la représentation syndicale », ajoute Laurent Miffre, représentant du SNAIC.
Après ce boycott et en l’absence de quorum, l’avis est réputé avoir été donné. La carte scolaire pour les collèges des P.-O. est donc validée.
Hier, le syndicat de professeurs d’éducation physique Snep-FSU a dévoilé les résultats de son enquête sur la situation des installations sportives scolaires dans les Pyrénées-Orientales. Sous la forme d’un « gymnascore » qui attribue une note de A (excellent) a E (médiocre) a chaque collège ou lycée. A l’image du nutri-score affiche sur les produits alimentaires.
Le syndicat de professeurs d’éducation physique Snep-FSU a lancé son enquête nationale sur les équipements sportifs scolaires juste après les Jeux olympiques de Paris 2024. Depuis, dans les Pyrénées-Orientales, les relais de l’organisation dans les établissements secondaires ont fonctionné à plein. Ils ont fait remonter les différents éléments demandés pour 41 des 42 collèges et lycées publics du pays catalan. Seul le collège Jean-Moulin de Perpignan manque à l’appel. « Cette enquête nous a permis d’avoir une image précise de l’état des installations sportives », se félicite le secrétaire départemental du Snep, Pierre Leveil. « L’appréciation personnelle du collègue qui a rempli le tableau peut, jouer pour certains critères (comme par exemple la fonctionnalité de l’équipement, NDLR) mais on a une photographie globalement représentative. »
Pour effectuer son classement, le Snep indique s’être principalement appuyé sur des éléments factuels. « Nous nous sommes basés sur le guide ministériel de 2012 qui établit les installations sportives nécessaires pour chaque établissement, entre autres en fonction du nombre d’élèves », explique le responsable de l’enquête pour l’académie de Montpellier, Fabien Andrieu, professeur d’éducation physique au lycée Picasso de Perpignan.
Douze établissements « en situation critique »
Accès aux équipements (gymnase, plateau d’athlétisme, piscine…), nombre de créneaux disponibles, qualité du sol… Tels sont quelques uns des critères que le Snep a pris en compte pour établir son « gymnascore » qui reprend le même concept que le nutri-score affiché sur les produits alimentaires: des notes allant de A (excellent) à E (médiocre) attribuées à chaque établissement en fonction de la qualité et du dimensionnement de ses équipements sportifs.
Aux yeux du syndicat, les résultats ne sont pas glorieux. « Près de la moitié des établissements des Pyrénées-Orientales (43 %) sont classés D ou E », révèle Fabien Andrieu « Il y a des inégalités considérables. Nous réclamons des interventions dans les 12 établissements classés E qui sont en situation critique. » Le professeur d’éducation physique précise toutefois que le lycée Lurçat est un cas particulier : « Son gymnase a été refait récemment. Le problème, c’est le cumul avec le collège Camus Ils se marchent un peu sur les pieds. Après, il est prévu de reconstruire ce collège avec de nouvelles installations. C’est un problème qui devrait se régler. »
Par contre, au lycée Picasso de Perpignan, le bout du tunnel n’est toujours pas en vue. Selon Fabien Andrieu, depuis la construction du gymnase, en 1962, les effectifs du lycée général ont triplé et ceux de la section d’enseignement professionnel ont doublé. Mais l’extension de l’équipement n’est toujours pas à l’ordre du jour. Vraisemblablement en raison d’un désaccord entre la Ville, propriétaire du gymnase, et la Région, en charge des lycées.
Plus globalement, le Snep note que cinq établissements des Pyrénées-Orientales (deux collèges et trois lycées) n’ont pas accès à une piscine. « Alors que le savoir nager obligatoire est un enjeu sociétal surtout dans un département situé sur le littoral ».
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 18 février 2026)
« Une situation très dégradée à Perpignan »
Selon le Snep-FSU, la situation en matière d’installations sportives scolaires se révèle « très dégradée » à Perpignan. « 50 % des établissements y sont classés E et 91 % entre C et E. Il y a 20 % d’écart avec la moyenne départementale sur l’ensemble des installations. De plus, il y a également une correlation avec les réseaux d’éducation prioritaire : ce sont les élèves qui auraient le plus besoin de services publics qui en ont le moins », souligne Fabien Andrieu. En plus du lycée Picasso, le syndicat alerte également sur les situations des collèges Pons et Pagnol (dont les installations sportives sont classées E) ou du lycée Maillol qui souffre d’une « problématique d’accès et d’une insuffisance d’installations »
« Une évaluation à travers le prisme des professeurs d’éducation physique »
Département, Région, Ville de Perpignan… : les collectivités impliquées dans la gestion des équipements sportifs scolaires passés au crible livrent leurs points de vue.
Du côté du Département, qui gère les collèges, l’initiative du Snep n’est pas forcément accueillie de manière négative. « C’est une évaluation des installations sportives à travers le prisme des professeurs d’éducation physique », résume la vice-présidente du conseil départemental en charge de l’éducation, Marie-Pierre Sadouny. « Nous avons prévu un plan pluriannuel d’investissement de 132,5 millions d’euros jusqu’en 2031 pour faire de nouveaux travaux dans les collèges. Nous avons nos propres diagnostics par établissement et travaillons déjà avec les principaux, mais l’évaluation du Snep peut nous permettre d’avoir une vision plus large. »
Concernant les lycées, c’est la Région qui est compétente. Mais la plupart des gymnases des lycées classés D ou E appartiendraient à des communes. À l’exception de celui d’Alfred-Sauvy (Villelongue-dels-Monts), « Pour l’heure, nous n’avons pas eu de remontées particulières, de besoins exprimés par le proviseur de l’établissement. Mais si nous en avons, nous y serons attentifs », indique la collectivité.
Enfin, du côté de la Ville de Perpignan, le directeur général des services techniques, Jean-Philippe Loubet, se veut pédagogue : « Même si cela ne fait pas partie de nos compétences, nous mettons nos gymnases à disposition des collèges et lycées qui n’en ont pas Mais aujourd’hui, l’Éducation nationale a mis au programme des sports qui nécessitent plus d’espace. Le nombre de collégiens et de lycéens a également augmenté. A Picasso, par exemple, le gymnase sert la journée pour le lycée et les soirs et week-ends pour les associations. C’est un équipement que nous partageons avec la Région. S’il faut y faire des travaux, il faut qu’il y ait un partage équitable du financement. »
Une cinquantaine d’enseignants, de parents et de personnels se sont rassemblés ce vendredi devant le collège Joffre pour protester contre une baisse de dotation horaire qui entraînerait la suppression d’une classe et des effectifs pouvant atteindre 31 à 32 élèves par salle à la rentrée prochaine.
« Moyens retirés, classe fermée, élèves sacrifiés », « Collège qui trinque », « Ici, on enseigne, on ne gère pas un stock ». Ce vendredi, devant le collège Joffre, à Rivesaltes, les pancartes sont sans équivoques. Et la détermination est palpable. Dès 7h45, enseignants, parents d’élèves et quelques personnels se sont réunis pour protester contre la baisse des moyens alloués à l’établissement pour la rentrée 2026.
Mercredi 11 février, à l’issue du comité social d’administration (CSA), l’Inspection académique a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats dénoncent une « gestion comptable » et contestent certaines diminutions de dotation jugées injustifiées. Le SNES-FSU pointe notamment la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes.
« On a appris la semaine dernière que notre dotation horaire globale était en forte baisse », explique Léa Coudert, enseignante et représentante syndicale. « On perd l’équivalent d’une classe alors que le nombre d’élèves sera en hausse. » Selon elle, une trentaine d’heures manquerait pour maintenir une organisation « correcte » des enseignements. « Concrètement, la suppression d’une classe de 4e ferait grimper les effectifs à 31 voire 32 élèves par salle. Nos locaux ne sont pas adaptés. Certaines salles ne peuvent pas accueillir autant d’élèves, surtout avec les AESH qui accompagnent les enfants en difficulté. Cela pose aussi des questions de sécurité », alerte l’enseignante. Pour maintenir un nombre de classes suffisant avec la dotation actuelle, l’établissement devrait renoncer aux dédoublements en français, en mathématiques ou en sciences. « Les groupes permettent d’aider les élèves en difficulté, de faire des manipulations en sciences ou de travailler l’oral en langues. Tout cela disparaitrait. » L’administration justifie la dotation par le nombre d’inscrits a la rentrée précédente. Or, plusieurs arrivées d’élèves en cours d’année n’auraient pas été prises en compte. « Ça ne correspond plus à la réalité. Ces élèves sont déjà là et seront présents l’an prochain. On n’est pas en capacité de les accueillir correctement », insiste Léa Coudert.
Également mobilisé, Paul Augé, professeur d’éducation musicale, soutient le mouvement. « Je suis proche de la retraite, mais je me bats pour que mes collègues puissent enseigner dans des conditions dignes. On gère une hétérogénéité de plus en plus forte. Il faut des effectifs raisonnables pour répondre aux besoins des élèves. »
Côtés parents, l’inquiétude est tout aussi vive. Ludivine, représentante au conseil d’administration, est venue dé fendre sa fille, actuellement en 5e. « 31 élèves par classe, ce n’est pas possible. Déjà à 25, c’est compliqué. Supprimer une classe, c’est mettre des bâtons dans les roues de nos enfants », souffle-t-elle. Les parents ont adressé un courrier à la direction académique et attendent des réponses.
Une délégation espère être reçue par la direction académique dans les prochains jours. Sans cela, le mouvement pourrait être reconduit.
Driss Chait (L’Indépendant, le 14 février 2026)
« Une gestion comptable au détriment de l’humain » le Snalc 66 dénonce la suppression de 11 postes dans les collèges
L’inspection académique a confirmé ce mercredi 11 février la suppression de onze postes de professeurs à la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales lors du comité social d’administration (CSA). Les représentants syndicaux exprimaient à la sortie leurs inquiétudes. Laurent Miffre, secrétaire départemental du Snalc (Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur) réagit à son tour. Il dénonce « une gestion comptable au détriment de l’humain » à travers plusieurs points. « L’administration justifie la baisse des moyens par la perte d’élèves mais pour nous il s’agit d’une vision purement budgétaire. Cette baisse devrait permettre d’alléger les classes qui culminent à 30,4 élèves au collège », confie Laurent Miffre. Il pointe ensuite « une guerre des chiffres avec des prévisions déconnectées du terrain et notamment des effectifs sous-estimés notamment à Argelès, Saint-André ou Thuir ». Le Snalc 66 rebondit sur le climat scolaire, aussi évoqué par la Dasen, Anne-Laure Arino lors du CSA et alerte sur l’importance de la sécurité des personnels et des élèves avec des moyens concrets. « Nous dénonçons aussi cette fuite vers le prive alimentée par le mirage d’une excellence pas toujours vérifiée. Dans les P.-O., les chiffres montrent que le privé n’apporte pas de plus-value scolaire », ajoute le secrétaire départemental. « Enfin, le personnel est à bout de souffle », conclut-il. « Pour compenser le manque de postes fixes, l’administration maintient un taux d’heures supplémentaires (HSA) très élevé (entre 7% et 10 %), épuisant les équipes en place. Le « Pacte Enseignanr » est utilisé à 86,2 %, principalement pour boucher les trous du remplacement de courte durée ».
Hier, l’Inspection a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs a la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats d’enseignants fustigent une « gestion comptable » et estiment que les suppressions prévues dans certains établissements ne se justifient pas.
Pour le syndicat Snes-FSU, la perte d’au moins onze postes d’enseignants à la rentrée prochaine dans les collèges du département constitue « un véritable scandale ». À la sortie du comité social d’administration (CSA) hier, lors duquel l’Inspection les a concertés sur la répartition des moyens entre les établissements publics du pays catalan, les responsables départementaux du syndicat faisaient grise mine. « On est à l’os et on perd encore onze postes », fustige par exemple Ignacio Valenzuela.
La directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, confirme cette suppression de onze postes de professeurs, qu’elle attribue à la baisse de la démographie scolaire. « Nous rendons des postes car nous perdons des élèves », résume t-elle.
Une analyse qui peine à convaincre les délégués du Snes. « Dans les collèges du département, les services de l’Éducation nationale prévoient pour la rentrée prochaine deux cents élèves en moins, mais sur un total de 19 500 », souligne Marc Moliner.
Des prévisions d’effectifs contestées
Le syndicaliste est d’autant plus remonté qu’il conteste les prévisions de l’administration et table sur des effectifs d’élèves « quasiment stables » à la rentrée prochaine. « De plus, vu la situation économique et sociale du département, il devrait bénéficier de moyens pour compenser et favoriser la réussite des élèves », ajoute-t-il.
L’organisation syndicale évoque en prime des baisses de dotation qui ne lui paraissent pas justifiées pour certains établissements. « Le collège d’Argelès perd par exemple 29 heures d’enseignement, soit l’équivalent d’une classe, alors qu’il ne perdrait que neuf élèves. Tandis qu’à Perpignan, Camus, qui est classé en réseau d’éducation prioritaire (Rep) gagne trois élèves mais perd 28 heures », détaille Guillaume Palanchon. Toujours selon le Snes, le collège Sévigné de Perpignan, qui dépend du réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep +) est lui aussi sur le point de perdre une section de 6e, pour six élèves de moins prévus sur ce niveau. Le Snes conteste également la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes. Entre autres.
Sur la même longueur d’onde, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) se déclare pour sa part « profondément alerté par les éléments obtenus lors du CSA-SD de ce mercredi » : « Dans un département où la mixité sociale et scolaire est un enjeu connu du ministère, nous ne pouvons que dénoncer l’insuffisance des moyens alloués aux colliges. »
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)
La Bressola : de faibles résultats en français aux évaluations nationales pointés du doigt
Le syndicat d’enseignants de l’Unsa a profité de la réunion de ce mercredi pour soulever le lièvre. « Compte tenu de la pénurie de moyens dans le public, nous nous intéressons aux financements alloués aux structures privées, qui ne manquent pas de faire de la publicité sur leurs résultats », resitue la militante du SE Laurie Lemettre. « C’est pourquoi nous avons demandé des indicateurs concernant les écoles catalanistes de La Bressola et appris que leurs résultats globaux en matière de lecture en français sont inférieurs à ceux des établissements publics relevant de l’Éducation prioritaire (Rep et Rep +). » C’est en tout cas ce que laissent apparaitre les résultats des évaluations nationales réalisées en CM2 en 2025 (item « lire un texte seul »). Par ailleurs, selon l’Unsa, qui se base toujours sur les résultats des évaluations nationales de 2025, les résultats globaux des élèves des écoles immersives de La Bressola en élémentaire sont inférieurs à ceux de l’enseignement public hors éducation prioritaire. Ils restent cependant supérieurs à ceux enregistrés en Rep et Rep +, « Nous avons posé cette question car nous voulons déconstruire des idées préconçues, mais nous ne remettons pas en cause l’enseignement du catalan », prend soin de préciser Laurie Lemettre. « Les filières bilingues et immersives dans le public fonctionnent et présentent un réel apport pédagogique. »
Sollicitée ce mercredi après-midi, la direction de La Bressola a demandé un délai afin d’analyser les résultats des évaluations nationales avant de réagir.
Ce jeudi 29 janvier, le rectorat a présenté aux syndicats son projet de répartition des moyens pour la rentrée 2026-2027. Les écoles du pays catalan perdraient treize postes d’enseignants. Les collèges du département risquent aussi d’être impactés.
Les syndicats sont sans surprise vent de bout. Ce jeudi 29 janvier, la rectrice leur a présenté la déclinaison dans l’académie des suppressions de postes d’enseignants que le ministère a récemment annoncées (1.891 postes dans les écoles et 1.365 postes dans les collèges et lycées au niveau national).
Les écoles des Pyrénées-Orientales, où une baisse d’effectifs de l’ordre de 850 élèves est prévue pour la rentrée prochaine, devraient ainsi perdre 13 postes. Une mesure à laquelle s’oppose notamment le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa). « Les suppressions de postes ne doivent pas devenir une réponse systématique à la baisse démographique », estime la secrétaire départementale du SE, Héloïse Hiroux. « Il est impératif de préserver les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants, tout en répondant aux défis sociaux et éducatifs de notre territoire. »
Pour ce qui est des collèges, les organisations syndicales évoquent la suppression de 90 postes dans l’académie. Le nombre de suppressions dans chaque département n’est pas encore connu. Mais du côté du syndicat de professeurs Snes-FSU, qui rappelle que le pays catalan présente des indicateurs sociaux très dégradés (ségrégation scolaire, taux de pauvreté…), les inquiétudes sont vives. « 90 postes, cela représente l’équivalent de 1 600 heures d’enseignement », s’alarme l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Ignacio Valenzuela. « Cette situation est scandaleuse au regard des besoins criants de l’académie en général et de ceux du département en particulier. »
Selon les prévisions de l’administration, les collèges des Pyrénées-Orientales devraient perdre 250 élèves à la rentrée prochaine. Le détail des moyens alloués aux établissements du département devrait être dévoilé en février.
A. A. (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)
Le rectorat précise que « les éléments qui ont été présentés aux organisations syndicales le 29 janvier revêtent un caractère prévisionnel et restent dépendants de ladoption définitive du projet de loi de finances ».
Le syndicat dénonce « une situation sous tension permanente » à la suite de la toxi-infection alimentaire qui a touché 400 élèves de cet établissement.
« Ce qui s’est passé au Soler n’est pas un accident isolé mais le révélateur brutal d’un état général préoccupant de nos collèges » alertait le syndicat CGT du Département le 19 décembre à l’occasion d’une conférence de presse. Quinze jours après la mystérieuse toxi-infection alimentaire collective (TIAC) dont ont été victimes 400 élèves au collège Jules-Verne du Soler.
Première problématique soulevée : « le sous-effectif chronique de l’ensemble des collèges du département ». « Aujourd’hui, ce sont environ 300 agents pour 29 collèges », avec une équipe volante, selon les syndicalistes « insuffisante pour absorber les absences ». Sans compter « le contexte politique et budgétaire aggravant » aboutissant sur « moins de personnel, d’entretien, de prévention et plus de risques sanitaires ».
De fait, parmi les revendications, le syndicat réclame « des engagements clairs et immédiats », qui passent par « le recrutement de 30 agents titulaires, 10 renforts pour l’équipe volante dont 2 chefs de cuisine ». Demandant par ailleurs que les agents techniques territoriaux « soient enfin considérés comme des acteurs essentiels de la sécurité sanitaire et du service public ».
Toutefois, la CGT le reconnaît elle-même : il reste un doute quant à « l’origine précise de la contamination qui n’est pas formellement établie ». Ce qui rend « impossible », d’après elle, « la mise en place d’un plan de prévention sérieux. »
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