Conseil départemental : de Saint-Estève à Port-Vendres en passant par Perpignan, l’avenir des collèges des Pyrénées-Orientales suscite le débat (L’Indep)

La session du conseil départemental qui s’est tenue ce jeudi 1er octobre à Perpignan a notamment été marquée par un débat autour de l’avenir des collèges du département. La situation du collège Albert-Camus de Perpignan, dont le projet de reconstruction tarde à aboutir, et celle de son homologue de Saint-Estève, qui attend d’être rénové « depuis 2005 », ont notamment été évoquées.

L’avenir des collèges du département a suscité d’intéressants échanges lors de la session du conseil départemental de ce jeudi 1er octobre. Pas moins de trois points de l’ordre du jour étaient consacrés au sujet. A priori, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il s’agissait de voter les dotations attribuées à chacun des 32 collèges publics du département (4,13 millions d’euros en tout pour 2027) et d’acter les évolutions, déjà rendues publiques, qu’a connues le projet de nouvel établissement en cours de construction à Claira. En clair : l’augmentation de son coût prévisionnel qui est passé de 26,5 millions d’euros en 2019 à 36,5 millions d’euros aujourd’hui, ainsi que le fait qu’il n’ouvrira qu’à la rentrée prochaine et non en 2024 comme initialement annoncé.

Saint-Estève : le maire annonce un blocage du collège

Cependant, le débat a vite dévié sur les collèges en attente de chantiers. La réaction la plus musclée est venue du conseiller départemental d’opposition et maire de Saint-Estève, Robert Vila. « Pour le collège de Saint-Estève, la première délibération date de 2005 », a-t-il rappelé. « À l’époque, la rénovation aurait coûté 12 millions d’euros, mais aujourd’hui, ce serait le double. Le carrelage se décolle dans la cuisine, les personnels ne peuvent plus y loger car il y a de l’amiante partout… Les travaux devaient débuter en 2027 et maintenant, on nous annonce 2028. La durée prévisionnelle du chantier est de quatre ans, ce qui nous mène à 2032. Lundi, je vous annonce un blocage de la part des collégiens. Cela fait 25 ans qu’ils attendent d’avoir un collège conforme aux normes actuelles. Vous n’avez pas été bons sur le planning. »

La présidente socialiste de l’assemblée, Hermeline Malherbe, a esquissé un début de réponse : « Nous avons rencontré des difficultés par rapport au recrutement de personnes qualifiées pour le suivi des travaux. » Puis, la vice-présidente en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, s’est chargée de compléter : « Le maître d’ouvrage et les services techniques du conseil départemental présenteront l’avant-projet sommaire (APS) le 9 octobre prochain. Il s’agira d’une restructuration en site occupé, ce qui rajoute de la complexité. Nous n’avons pas priorisé d’autres établissements. »

Albert-Camus : la reconstruction « en stand-by »

L’élue communiste Françoise Fiter s’est pour sa part interrogée sur le projet de reconstruction du collège Camus de Perpignan, dont l’un des objectifs est de recréer de la mixité sociale au sein de cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire. « Nous avons voté en faveur de cette reconstruction il y a plusieurs années, mais le projet est resté en stand-by car la mairie de Perpignan ne nous met pas de terrain à disposition », a-t-elle déploré. « On y travaille, on vous tiendra au courant », lui a rétorqué la conseillère départementale d’opposition Isabelle de Noëll-Marchesan, par ailleurs adjointe au maire de Perpignan, en l’absence de Louis Aliot qui siège également dans l’opposition.

Pour finir sur une note positive, Robert Garrabé a pour sa part rappelé lors de la discussion que les problèmes qui s’étaient posés concernant le projet de collège du Boulou étaient « résolus ». Aux dernières nouvelles, son ouverture était prévue pour septembre 2029.

« Menace » sur le collège de Port-Vendres ?

Également élu départemental, le maire de Port-Vendres, Grégory Marty, a quant à lui fait part lors du débat de ses inquiétudes concernant l’avenir du collège implanté sur sa commune. « Le collège de Port-Vendres n’affiche plus que 285 élèves, alors que quand j’y étais (autour de l’année 1990, NDLR), on était pratiquement 700, a resitué l’édile. Il faudrait peut-être réfléchir sur la carte scolaire. Si on perd 50 élèves l’an prochain et encore 50 l’année d’après, on va se retrouver sous les 200. Il y a une menace. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Collèges : jusqu’à 35 degrés dans certaines classes la semaine dernière (L’Indep)

Le syndicat d’enseignants Snes-FSU tire la sonnette d’alarme concernant la température dans les collèges qui a encore dépassé les 30 degrés dans plusieurs établissements la semaine passée. Un seuil au-delà duquel des risques pour la santé existent.

Jusqu’à 35 degrés dans certaines salles au collège de Rivesaltes, 34,5°C au collège Sévigné de Perpignan, autour de 32°C à Camus, Jean-Moulin ou Pagnol, ainsi qu’à Cabestany, Port-Vendres ou Saint-André… Selon les relevés récoltés par le syndicat d’enseignants du secondaire Snes-FSU, une semaine après la rentrée, la température reste suffocante dans de nombreuses classes de collèges des Pyrénées-Orientales. Sans compter des taux d’humidité dépassant parfois les 50 % qui accroissent encore la sensation de chaleur.

« Les conséquences du changement climatique sont bien plus fortes que ce à quoi s’attendaient les pouvoirs publics », alerte l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Ignacio Valenzuela. « Les périodes de fortes chaleurs s’allongent. Les conditions de travail et d’apprentissage sont plus que dégradées et mettent en danger la santé des enseignants et des élèves. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), pour le travail de bureau, le risque existe des que la température de-passe les 30 degrés. »

Le fait que le ministère de l’Éducation annonce fin juin, en pleine canicule, un fonds de 50 millions d’euros dédié au diagnostic et à l’équipement du bâti scolaire pour en retrancher 40 millions d’euros en septembre n’est pas pour calmer l’ire du syndicat.

« C’est inacceptable », juge Ignacio Valenzuela. « On est conscients qu’adapter le bâti constitue un investissement important et que les collectivités ne peuvent pas tout financer toutes seules. Ce désengagement de l’État est scandaleux Nous ne demandons pas forcément la climatisation. L’adaptation du bâti scolaire peut aussi passer par l’installation d’ombrières ou la végétalisation. Ce qu’on veut, c’est une amélioration des ambiances thermiques et quand cela n’est pas possible, un aménagement des horaires. »

De son côté, la vice-présidente du conseil départemental en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, assure que la collectivité est bien résolue à résoudre la problématique. Avec des dispositifs à cout, moyen et long termes « Le travail sur la végétalisation des cours est dores et déjà engagé. Nous avons aussi commencé à poser des filtres anti-UV ainsi que des brise-soleil sur les fenêtres et nous allons débloquer dès octobre 60 000 euros supplémentaires sur le budget 2026 pour que les établissements puissent acheter des équipements de rafraichissement et des brasseurs d’air », détaille l’élue concernant le court terme.

En cette rentrée, Marie-Pierre Sadourny annonce également des mesures plus ambitieuses, mais à moins brève échéance : « Dès l’année prochaine, nous allons commencer à climatiser les restaurants scolaires, ainsi que les centres de documentation et d’information (CDI) ou les salles polyvalentes afin de faire des lieux refuges, où pourraient également se dérouler les épreuves du brevet. Dans les salles de classe les plus exposées, nous allons également coupler les ventilateurs de plafond à des dispositifs de circulation de l’air, qui permettront de faire baisser la température de 3 ou 4 degrés. »

Entre 2028 et 2030, l’ensemble des lieux de refuge devraient être mis en place et dix premiers établissements équipés de nouvelles centrales de traitement de l’air. Entre toutes les mesures prévues sur la période, l’investissement prévisionnel s’élève à 4,6 millions d’euros.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 septembre 2026)

35 a 40 millions d’euros nécessaires pour le « tout clim »

En plus des mesures à court et moyen termes, le conseil départemental travaille également sur une trajectoire de « tout clim » qui s’étalerait sur plusieurs années. Il a même déjà chiffré le coût d’une telle opération, qui comprendrait également des travaux d’isolation, d’extension de préaux et de végétalisation, à 35 ou 40 millions d’euros pour les 31 collèges publics des Pyrénées-Orientales. « Mais il faut encore que nous travaillions le budget et que nous abondions les lignes de trésorerie », précise Marie-Pierre Sadourny. « À ce stade, l’État pourrait apporter 10 000 euros par établissement. C’est sûr qu’il faudrait plus… Plus l’État nous accompagnera et plus nous pourrons mener à bien ce projet rapidement. »

À noter : le nouveau collège en cours de construction à Claira et celui en projet au Boulou seront équipés d’office de systèmes de brassage, de centrales de traitement de l’air et de zones refuges climatisées.

Collèges : « Au moins 50 classes où il manque un enseignant » (L’Indep)

Le syndicat de professeurs en collège et lycée Snes-FSU a présenté ce jeudi 3 septembre un premier bilan de la rentrée dans les établissements secondaires des P.-O. Il fait notamment état d’effectifs plus élevés que prévu dans certains collèges et déplore un manque structurel d’enseignants.

Les rentrées se suivent et se ressemblent un peu trop au goût du syndicat de professeurs du secondaire Snes-FSU. Pour ce qui est des effectifs tout d’abord, le Snes note que, dans plusieurs collèges, le nombre d’élèves accueillis est supérieur à ce qui était annoncé. « Le meilleur exemple, c’est Toulouges, où ils ont des classes de sixième à plus de 31 élèves », détaille l’un des co-secrétaires départementaux du Snes, Guillaume Palanchon, qui cite également les collèges de Saint-Estève, Cabestany et Canet-en-Roussillon.

« Par ailleurs, il n’y a pas un professeur devant chaque classe », ajoutent les deux autres porte-parole du syndicat en pays catalan, Marc Moliner et Ignacio Valenzuela. « Dans les collèges du département, il ya au moins une cinquantaine de classes auxquelles il manque un enseignant ». Les deux syndicalistes précisent que la grande majorité de ces situations ne sont pas liées à des absences de professeurs imprévues, mais à des situations qui auraient pu être anticipées (postes vacants, congés maternité…). Le secrétaire départemental du syndicat FSU de l’éducation physique, Pierre Leveil, acquiesce : « Pour ma part, je recense 36 classes sans professeur d’éducation physique et sportive de la 6e à la terminale ».

Déséquilibre entre lycées

Du côté des lycées, les représentants des enseignants pointent du doigt un déséquilibre flagrant entre certains établissements du point de vue des effectifs. « Il y a un gros problème sur Perpignan », juge Marc Moliner. « Le lycée Arago a 19 classes de seconde en cette rentrée, soit une de plus que l’an dernier, et elles sont toutes pleines à craquer (35 ou 36 élèves). Tandis qu’à Jean-Lurçat, il n’y a que dix secondes et seulement 30 élèves par classe. On réclame un rééquilibrage ».

Un phénomène peu ou prou similaire est à l’ouvre dans les collèges. « C’est quand même curieux qu’il y ait des bahuts qui se retrouvent avec des effectifs qui explosent dans la périphérie de Perpignan et d’autres établissements en ville où il n’y a pas ce problème », fait mine des étonner Ignacio Valenzuela. « Ce n’est pas qu’une question de choix d’orientation Il ya un problème de carte scolaire, mais aussi certainement de dérogations ».

Cependant, pour le Snes, la question des moyens reste la mère des batailles. « Nous sommes le département le plus pauvre de l’académie, mais aussi le moins bien doté. Pour atteindre la moyenne académique en termes d’heures par élève, il faudrait une trentaine de postes d’enseignants supplémentaires dans les collèges et une vingtaine dans les lycées. Nous réclamons un plan d’urgence », martèle Marc Moliner. Or, selon l’organisation, l’an dernier, les Pyrénées-Orientales ont au contraire perdu quatorze postes d’enseignants dans le secondaire.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2026)

Concernant les classes auxquelles il manque un enseignant l’inspection académique indique que « des effectifs ont été déployés sur la plupart des situations recensées par le Snes » et que « les services de l’Éducation nationale sont en phase de résolution des derniers cas découverts à la rentrée ». L’administration attribue les variations d’effectifs à des flux d’élèves pendant l’été.

Perpignan. De nouvelles garanties rassurantes pour le collège Saint-Exupéry (L’Indep)

L’inspection académique a de nouveau rassuré le personnel du collège Saint-Exupéry.

Après deux jours de grève en milieu de semaine dernière, le personnel du collège Saint-Exupéry de Perpignan avait annoncé, vendredi dernier, mettre son mouvement en pause et rester vigilant quant aux propositions concrètes de l’inspection d’académie.

Après une nouvelle rencontre avec la Dasen (direction académique des services de l’Éducation nationale), le personnel de Saint-Exupéry a avancé dans ses revendications, puisque l’inspection a concrétisé l’apport des heures pour une 8e classe de 3e, six heures supplémentaires (pour le niveau 4e, dédoublement de français et maths), un stagiaire CPE (conseiller principal d’éducation) et un demi-poste d’ABD (assistant d’éducation).

Dès la semaine dernière, la Dasen avait été rassurante sur l’indemnité de mission particulière (MIP) promise par le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray. En effet, le collège Saint-Exupéry fait partie des 21 établissements de France auxquels le ministre avait promis des moyens supplémentaires, car ils ne sont pas inclus dans les réseaux d’éducation prioritaire alors que leurs indicateurs sociaux le justifieraient.

Lors de la réunion de ce début de semaine, il a été confirmé que l’IMP n’était pas, à ce stade, remise en question pour Saint-Exupéry.

« La Dasen a été sensible aux demandes des collègues et continue de porter une attention particulière à cet établissement », se satisfaisait Laurent Miffre, le secrétaire départemental du syndicat SNALC 66.

Des mesures qui ont été de nature à rassurer le personnel du collège, qui n’évoquait plus, ce mardi, la poursuite du mouvement.

Stéphane Sicard (L’Indépendant, le 24 juin 2026)

Perpignan. Fin de la grève au collège Camus (L’Indep)

Hier en fin de matinée, après avoir été reçus à l’inspection académique, les professeurs du collège Camus, en grève depuis lundi matin, ont annonce qu’ils avaient obtenu le maintien du demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) dont le rectorat leur avait annoncé la suppression pour la rentrée prochaine. Les enseignants reprennent le travail ce mercredi matin.

« On a ce qu’on voulait ! » Ce mardi ma-tin, peu avant 11 heures, la délégation d’enseignants qui a été reçue à l’inspection académique est sortie des locaux perpignanais de cette dernière sous les applaudissements des grévistes.

Les représentants des personnels ont finalement obtenu le maintien à temps plein de leurs deux conseillers principaux d’éducation à la rentrée prochaine. « Le demi-poste de conseiller principal d’éducation dont le rectorat nous avait annoncé la suppression est finalement renouvelé pour un an et un quart de poste d’assistant d’éducation (un surveillant, NDLR) nous est attribué du 1er octobre 2026 au 19 février 2027 », détaille l’une des porte-paroles des professeurs du collège. Ces derniers demandaient également l’augmentation du temps de présence sur l’établissement d’une assistante sociale et d’une psychologue. Sur ce point, ils sont toujours dans l’attente d’une décision. Leur principale revendication ayant été satisfaite, les grévistes n’en ont pas moins décidé de reprendre le travail dès ce mercredi matin. « Cependant, pour l’heure, ce demi-poste de CPE, c’est juste pour un an. L’objectif est qu’il soit pérennisé. Nous resterons vigilants l’an prochain », souligne le collectif des enseignants.

À la sortie de l’audience, les représentants des syndicats Snes-FSU et SE-Unsa qui ont accompagné les personnels lors de l’entretien ont salué une « mobilisation exemplaire », qui a permis « de débloquer en très peu de temps une situation particulièrement inconfortable ». Des responsables du Snalc, de la CGT et de Sud étaient également venus témoigner leur soutien aux personnels mobilisés. Tout comme la vice-présidente du conseil départemental Françoise Fiter, qui siège au conseil d’administration du collège Camus.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 17 juin 2026)

Grève annoncée au collège Camus (L’Indep)

Alors que le nombre de conseils de discipline au sein de l’établissement est passe de 11 à 43 par an entre 2023 et aujourd’hui, les enseignants du collège Camus viennent d’apprendre qu’ils vont perdre un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) à la rentrée prochaine. Un groupe de professeurs a décidé de se mettre en grève dès ce lundi.

La colère gronde parmi les enseignants du collège Albert-Camus de Perpignan. A la suite de la suppression annoncée d’un demi-poste de conseiller principal d’éducation (CPE) chargé d’organiser la vie scolaire, collectif de professeurs a décidé de se mettre en grève et de bloquer l’établissement dès 7h30 ce lundi 15 juin.

Il faut dire qu’à Camus, la situation en matière de discipline semble déjà difficile à gérer avec les effectifs actuels : « Après plusieurs courriers et une entrevue avec la direction des services départementaux de l’Éducation nationale pour l’alerter sur la situation du collège, nous venons d’apprendre que l’établissement perd des moyens de vie scolaire: de deux CPE à temps plein, nous passons à un CPE un à temps plein et un CPE à mi-temps. Or, nous faisons face à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Cette année, sur 402 élèves, il y a eu 43 conseils de discipline pour des faits graves alors qu’en 2023-2024, il n’y en avait eu que 11. »

Le collectif évoque également « des faits de violence physique et verbale commis par certains parents ». Selon les professeurs : « Dans ce contexte, le rôle des CPE est vital pour le bon fonctionnement de l’établissement, le suivi et la sécurité des élèves. Nous qui sommes motivés par la réussite de nos élèves ne voulons pas être complices et victimes de cette dégradation des moyens alors que se jouent l’égalité des chances et l’apprentissage des valeurs de la République par nos élèves. »

Les enseignants précisent qu’ils avaient commencé à écrire à l’inspection dès février pour plaider en faveur du maintien de ce demi-poste de CPE dont ils appréhendaient la suppression. Ils soulignent par ailleurs avoir prévenu les parents d’élèves de leur action. « Nombre d’entre eux nous ont dit qu’ils nous soutenaient, assure une professeure investie dans la contestation. Certains nous ont même annoncé qu’ils comptaient venir avec nous lundi sur le parvis du collège. »

De son côté, l’inspection indique que la situation est liée au fait que « les moyens du plan tranquillité (qui avait permis la création du demi-poste de CPE au cœur du litige, NDLR) vont pour partie et progressivement être redéployés ». L’administration ajoute que dès l’origine, « ces moyens étaient annoncés comme une mesure provisoire ». Avant de conclure : « L’Éducation nationale est bien consciente de la situation et c’est donc l’attribution d’autres moyens qui sont actuellement à l’étude pour qu’au final, le volet médico-social et vie scolaire des établissements ne soit pas du tout impacté. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

27 fermetures de classes prévues, les enseignants en grève ce mardi (L’Indep)

Ce mardi, quatre syndicats (FSU, Unsa, CGT et Solidaires) appellent les personnels des écoles, collèges et lycées à se mettre en grève et à manifester a Perpignan. Entre autres pour dénoncer les fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine en primaire.

À l’origine de la colère enseignante : le manque de moyens, encore et toujours. Alors que la réunion qui doit valider les fermetures de classes pour la rentrée prochaine dans les écoles des Pyrénées-Orientales doit se tenir le 7 avril, la contestation des dites suppressions s’annonce au cœur du mouvement de grève de ce mardi 31 mars.

Selon nos informations, le projet de l’Inspection pour la rentrée prochaine prévoirait 27 fermetures de classes pour neuf ouvertures dans le premier degré. Du coté de la maternelle perpignanaise Claude-Simon ou de l’école primaire de Bourg-Madame, les parents d’élèves ont déjà manifesté leur opposition aux fermetures envisagées dans leurs établissements, tandis que ceux de l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon ont lancé une pétition contre la perte d’une classe.

Les craintes de fermeture semblent également vives à la maternelle d’Arles-sur-Tech, ou encore dans deux de ses homologues perpignanaises (Lamartine et Pont-Neuf), tout comme dans les écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan.

Non contents de dénoncer les fermetures, les syndicats d’enseignants entendent aussi réclamer ce mardi des ouvertures de classes dans un certain nombre d’écoles où les effectifs le justifieraient.

Un autre choix était possible

« À la maternelle de Pollestres, sil n’y a pas d’ouverture, ils seront à 27 par classe à la rentrée prochaine », s’inquiète l’un des responsables départementaux du FSU-SNUipp, Jérôme Guy. « Il y a aussi un gros problème à Pia, où plusieurs écoles (maternelles Curie et Mitterrand, élémentaire Torcatis…) sont surchargées et où on constate en plus des problèmes de violence. »

Selon la secrétaire départementale du SE-Unsa, Héloise Hiroux, qui évoque elle aussi « une hausse des situations d’intimidation en milieu scolaire » : « Cette grève est un appel à un changement de cap. Il s’agit de rappeler qu’un autre choix que celui des fermetures de classes était possible. On aurait pu profiter de la baisse démographique pour donner des moyens à même d’assurer un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. »

Autres problématiques mises en avant : celles liées à l’inclusion des enfants en situation de handicap. « Nous accueillons de plus en plus d’élèves à besoins particuliers. C’est une richesse. Mais ça nécessite du temps, de la formation et des moyens adaptés qui ne sont pas au rendez-vous », résume Héloise Hiroux. De plus, « lorsque des gamins explosent, on n’a pas de solution de repli en raison du manque de places dans les structures spécialisées (IME, Itep) », renchérit Jérôme Guy.

Pour ce qui est du second degré, la question des moyens est également au cœur des revendications. Pour mémoire, la semaine dernière, l’Inspection a acté la suppression de 12 postes d’enseignants en équivalents temps plein dans les collèges du département. Au grand dam des organisations syndicales.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 mars 2026)

Une manifestation au parcours inédit partira ce mardi vers 10 heures de l’inspection académique, avenue Giraudoux à Perpignan.

Suppression de postes dans les collèges : la carte scolaire validée (L’Indep)

Hier, les syndicats d’enseignants se sont à nouveau retrouves a la Direction des services départementaux de l’éducation (DSEN) pour une nouvelle réunion suite au comité social d’administration du 13 mars. Mais tous ont décidé de boycotter.

Dix jours après le comité social d’administration (CSA-SD) au cours duquel les syndicats d’enseignants (FSU, FO, SNALC, UNSA) avaient voté contre le projet de l’administration, une nouvelle réunion se tenait hier à la Direction des services départementaux de l’éducation (DSEN). Pour rappel, pour la rentrée 2026-2027, 9 suppressions de postes ont été annoncées pour 3 créations. Menaçant ainsi 6 postes d’enseignants, « ce qui est inacceptable » confie Marc Moliner du Snes-FSU.

À leur arrivée, les syndicats ont constaté l’absence de la DASEN, Mme Anne-Laure Arino et ont donc décidé de boycotter la réunion. De plus, l’administration avait déclaré que « la copie ne changerait pas et resterait en l’état ». De ce fait, « nous sommes restés 15 min le temps d’émerger et de lire notre note intersyndicale. Puis nous nous sommes levés et nous sommes partis. Nous avons jugé qu’il s’agissait d’une séance illégitime. Nous sommes en tout cas très mécontents de l’absence de la DASEN, montrant qu’il n’y a pas de dialogue social », confie Marc Moliner.

« Nous sommes conscients du fait que les dossiers ont été travaillés en amont par Mme Arino et ses services, mais son absence à une instance aussi importante pour les collègues, confine au mépris pour la représentation syndicale », ajoute Laurent Miffre, représentant du SNAIC.

Après ce boycott et en l’absence de quorum, l’avis est réputé avoir été donné. La carte scolaire pour les collèges des P.-O. est donc validée.

Laura Morales (L’Indépendant, le 24 mars 2026)

Après le nutri-score, le gymnascore : 43 % des collèges et lycées classés D ou E (L’indep)

Hier, le syndicat de professeurs d’éducation physique Snep-FSU a dévoilé les résultats de son enquête sur la situation des installations sportives scolaires dans les Pyrénées-Orientales. Sous la forme d’un « gymnascore » qui attribue une note de A (excellent) a E (médiocre) a chaque collège ou lycée. A l’image du nutri-score affiche sur les produits alimentaires.

Le syndicat de professeurs d’éducation physique Snep-FSU a lancé son enquête nationale sur les équipements sportifs scolaires juste après les Jeux olympiques de Paris 2024. Depuis, dans les Pyrénées-Orientales, les relais de l’organisation dans les établissements secondaires ont fonctionné à plein. Ils ont fait remonter les différents éléments demandés pour 41 des 42 collèges et lycées publics du pays catalan. Seul le collège Jean-Moulin de Perpignan manque à l’appel. « Cette enquête nous a permis d’avoir une image précise de l’état des installations sportives », se félicite le secrétaire départemental du Snep, Pierre Leveil. « L’appréciation personnelle du collègue qui a rempli le tableau peut, jouer pour certains critères (comme par exemple la fonctionnalité de l’équipement, NDLR) mais on a une photographie globalement représentative. »

Pour effectuer son classement, le Snep indique s’être principalement appuyé sur des éléments factuels. « Nous nous sommes basés sur le guide ministériel de 2012 qui établit les installations sportives nécessaires pour chaque établissement, entre autres en fonction du nombre d’élèves », explique le responsable de l’enquête pour l’académie de Montpellier, Fabien Andrieu, professeur d’éducation physique au lycée Picasso de Perpignan.

Douze établissements « en situation critique »

Accès aux équipements (gymnase, plateau d’athlétisme, piscine…), nombre de créneaux disponibles, qualité du sol… Tels sont quelques uns des critères que le Snep a pris en compte pour établir son « gymnascore » qui reprend le même concept que le nutri-score affiché sur les produits alimentaires: des notes allant de A (excellent) à E (médiocre) attribuées à chaque établissement en fonction de la qualité et du dimensionnement de ses équipements sportifs.

Aux yeux du syndicat, les résultats ne sont pas glorieux. « Près de la moitié des établissements des Pyrénées-Orientales (43 %) sont classés D ou E », révèle Fabien Andrieu « Il y a des inégalités considérables. Nous réclamons des interventions dans les 12 établissements classés E qui sont en situation critique. » Le professeur d’éducation physique précise toutefois que le lycée Lurçat est un cas particulier : « Son gymnase a été refait récemment. Le problème, c’est le cumul avec le collège Camus Ils se marchent un peu sur les pieds. Après, il est prévu de reconstruire ce collège avec de nouvelles installations. C’est un problème qui devrait se régler. »

Par contre, au lycée Picasso de Perpignan, le bout du tunnel n’est toujours pas en vue. Selon Fabien Andrieu, depuis la construction du gymnase, en 1962, les effectifs du lycée général ont triplé et ceux de la section d’enseignement professionnel ont doublé. Mais l’extension de l’équipement n’est toujours pas à l’ordre du jour. Vraisemblablement en raison d’un désaccord entre la Ville, propriétaire du gymnase, et la Région, en charge des lycées.

Plus globalement, le Snep note que cinq établissements des Pyrénées-Orientales (deux collèges et trois lycées) n’ont pas accès à une piscine. « Alors que le savoir nager obligatoire est un enjeu sociétal surtout dans un département situé sur le littoral ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 18 février 2026)

« Une situation très dégradée à Perpignan »

Selon le Snep-FSU, la situation en matière d’installations sportives scolaires se révèle « très dégradée » à Perpignan. « 50 % des établissements y sont classés E et 91 % entre C et E. Il y a 20 % d’écart avec la moyenne départementale sur l’ensemble des installations. De plus, il y a également une correlation avec les réseaux d’éducation prioritaire : ce sont les élèves qui auraient le plus besoin de services publics qui en ont le moins », souligne Fabien Andrieu. En plus du lycée Picasso, le syndicat alerte également sur les situations des collèges Pons et Pagnol (dont les installations sportives sont classées E) ou du lycée Maillol qui souffre d’une « problématique d’accès et d’une insuffisance d’installations »

« Une évaluation à travers le prisme des professeurs d’éducation physique »

Département, Région, Ville de Perpignan… : les collectivités impliquées dans la gestion des équipements sportifs scolaires passés au crible livrent leurs points de vue.

Du côté du Département, qui gère les collèges, l’initiative du Snep n’est pas forcément accueillie de manière négative. « C’est une évaluation des installations sportives à travers le prisme des professeurs d’éducation physique », résume la vice-présidente du conseil départemental en charge de l’éducation, Marie-Pierre Sadouny. « Nous avons prévu un plan pluriannuel d’investissement de 132,5 millions d’euros jusqu’en 2031 pour faire de nouveaux travaux dans les collèges. Nous avons nos propres diagnostics par établissement et travaillons déjà avec les principaux, mais l’évaluation du Snep peut nous permettre d’avoir une vision plus large. »

Concernant les lycées, c’est la Région qui est compétente. Mais la plupart des gymnases des lycées classés D ou E appartiendraient à des communes. À l’exception de celui d’Alfred-Sauvy (Villelongue-dels-Monts), « Pour l’heure, nous n’avons pas eu de remontées particulières, de besoins exprimés par le proviseur de l’établissement. Mais si nous en avons, nous y serons attentifs », indique la collectivité.

Enfin, du côté de la Ville de Perpignan, le directeur général des services techniques, Jean-Philippe Loubet, se veut pédagogue : « Même si cela ne fait pas partie de nos compétences, nous mettons nos gymnases à disposition des collèges et lycées qui n’en ont pas Mais aujourd’hui, l’Éducation nationale a mis au programme des sports qui nécessitent plus d’espace. Le nombre de collégiens et de lycéens a également augmenté. A Picasso, par exemple, le gymnase sert la journée pour le lycée et les soirs et week-ends pour les associations. C’est un équipement que nous partageons avec la Région. S’il faut y faire des travaux, il faut qu’il y ait un partage équitable du financement. »

A. A. (L’Indépendant, le 18 février 2026)

Collège Joffre à Rivesaltes. Enseignants et parents mobilisés contre la suppression d’une classe (L’indep)

Une cinquantaine d’enseignants, de parents et de personnels se sont rassemblés ce vendredi devant le collège Joffre pour protester contre une baisse de dotation horaire qui entraînerait la suppression d’une classe et des effectifs pouvant atteindre 31 à 32 élèves par salle à la rentrée prochaine.

« Moyens retirés, classe fermée, élèves sacrifiés », « Collège qui trinque », « Ici, on enseigne, on ne gère pas un stock ». Ce vendredi, devant le collège Joffre, à Rivesaltes, les pancartes sont sans équivoques. Et la détermination est palpable. Dès 7h45, enseignants, parents d’élèves et quelques personnels se sont réunis pour protester contre la baisse des moyens alloués à l’établissement pour la rentrée 2026.

Mercredi 11 février, à l’issue du comité social d’administration (CSA), l’Inspection académique a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats dénoncent une « gestion comptable » et contestent certaines diminutions de dotation jugées injustifiées. Le SNES-FSU pointe notamment la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes.

« On a appris la semaine dernière que notre dotation horaire globale était en forte baisse », explique Léa Coudert, enseignante et représentante syndicale. « On perd l’équivalent d’une classe alors que le nombre d’élèves sera en hausse. » Selon elle, une trentaine d’heures manquerait pour maintenir une organisation « correcte » des enseignements. « Concrètement, la suppression d’une classe de 4e ferait grimper les effectifs à 31 voire 32 élèves par salle. Nos locaux ne sont pas adaptés. Certaines salles ne peuvent pas accueillir autant d’élèves, surtout avec les AESH qui accompagnent les enfants en difficulté. Cela pose aussi des questions de sécurité », alerte l’enseignante. Pour maintenir un nombre de classes suffisant avec la dotation actuelle, l’établissement devrait renoncer aux dédoublements en français, en mathématiques ou en sciences. « Les groupes permettent d’aider les élèves en difficulté, de faire des manipulations en sciences ou de travailler l’oral en langues. Tout cela disparaitrait. » L’administration justifie la dotation par le nombre d’inscrits a la rentrée précédente. Or, plusieurs arrivées d’élèves en cours d’année n’auraient pas été prises en compte. « Ça ne correspond plus à la réalité. Ces élèves sont déjà là et seront présents l’an prochain. On n’est pas en capacité de les accueillir correctement », insiste Léa Coudert.

Également mobilisé, Paul Augé, professeur d’éducation musicale, soutient le mouvement. « Je suis proche de la retraite, mais je me bats pour que mes collègues puissent enseigner dans des conditions dignes. On gère une hétérogénéité de plus en plus forte. Il faut des effectifs raisonnables pour répondre aux besoins des élèves. »

Côtés parents, l’inquiétude est tout aussi vive. Ludivine, représentante au conseil d’administration, est venue dé fendre sa fille, actuellement en 5e. « 31 élèves par classe, ce n’est pas possible. Déjà à 25, c’est compliqué. Supprimer une classe, c’est mettre des bâtons dans les roues de nos enfants », souffle-t-elle. Les parents ont adressé un courrier à la direction académique et attendent des réponses.

Une délégation espère être reçue par la direction académique dans les prochains jours. Sans cela, le mouvement pourrait être reconduit.

Driss Chait (L’Indépendant, le 14 février 2026)

« Une gestion comptable au détriment de l’humain »
le Snalc 66 dénonce la suppression de 11 postes dans les collèges

L’inspection académique a confirmé ce mercredi 11 février la suppression de onze postes de professeurs à la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales lors du comité social d’administration (CSA). Les représentants syndicaux exprimaient à la sortie leurs inquiétudes. Laurent Miffre, secrétaire départemental du Snalc (Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur) réagit à son tour. Il dénonce « une gestion comptable au détriment de l’humain » à travers plusieurs points. « L’administration justifie la baisse des moyens par la perte d’élèves mais pour nous il s’agit d’une vision purement budgétaire. Cette baisse devrait permettre d’alléger les classes qui culminent à 30,4 élèves au collège », confie Laurent Miffre. Il pointe ensuite « une guerre des chiffres avec des prévisions déconnectées du terrain et notamment des effectifs sous-estimés notamment à Argelès, Saint-André ou Thuir ». Le Snalc 66 rebondit sur le climat scolaire, aussi évoqué par la Dasen, Anne-Laure Arino lors du CSA et alerte sur l’importance de la sécurité des personnels et des élèves avec des moyens concrets. « Nous dénonçons aussi cette fuite vers le prive alimentée par le mirage d’une excellence pas toujours vérifiée. Dans les P.-O., les chiffres montrent que le privé n’apporte pas de plus-value scolaire », ajoute le secrétaire départemental. « Enfin, le personnel est à bout de souffle », conclut-il. « Pour compenser le manque de postes fixes, l’administration maintient un taux d’heures supplémentaires (HSA) très élevé (entre 7% et 10 %), épuisant les équipes en place. Le « Pacte Enseignanr » est utilisé à 86,2 %, principalement pour boucher les trous du remplacement de courte durée ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 14 février 2026)