Hier, l’Inspection a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs a la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats d’enseignants fustigent une « gestion comptable » et estiment que les suppressions prévues dans certains établissements ne se justifient pas.
Pour le syndicat Snes-FSU, la perte d’au moins onze postes d’enseignants à la rentrée prochaine dans les collèges du département constitue « un véritable scandale ». À la sortie du comité social d’administration (CSA) hier, lors duquel l’Inspection les a concertés sur la répartition des moyens entre les établissements publics du pays catalan, les responsables départementaux du syndicat faisaient grise mine. « On est à l’os et on perd encore onze postes », fustige par exemple Ignacio Valenzuela.
La directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, confirme cette suppression de onze postes de professeurs, qu’elle attribue à la baisse de la démographie scolaire. « Nous rendons des postes car nous perdons des élèves », résume t-elle.
Une analyse qui peine à convaincre les délégués du Snes. « Dans les collèges du département, les services de l’Éducation nationale prévoient pour la rentrée prochaine deux cents élèves en moins, mais sur un total de 19 500 », souligne Marc Moliner.
Des prévisions d’effectifs contestées
Le syndicaliste est d’autant plus remonté qu’il conteste les prévisions de l’administration et table sur des effectifs d’élèves « quasiment stables » à la rentrée prochaine. « De plus, vu la situation économique et sociale du département, il devrait bénéficier de moyens pour compenser et favoriser la réussite des élèves », ajoute-t-il.
L’organisation syndicale évoque en prime des baisses de dotation qui ne lui paraissent pas justifiées pour certains établissements. « Le collège d’Argelès perd par exemple 29 heures d’enseignement, soit l’équivalent d’une classe, alors qu’il ne perdrait que neuf élèves. Tandis qu’à Perpignan, Camus, qui est classé en réseau d’éducation prioritaire (Rep) gagne trois élèves mais perd 28 heures », détaille Guillaume Palanchon. Toujours selon le Snes, le collège Sévigné de Perpignan, qui dépend du réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep +) est lui aussi sur le point de perdre une section de 6e, pour six élèves de moins prévus sur ce niveau. Le Snes conteste également la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes. Entre autres.
Sur la même longueur d’onde, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) se déclare pour sa part « profondément alerté par les éléments obtenus lors du CSA-SD de ce mercredi » : « Dans un département où la mixité sociale et scolaire est un enjeu connu du ministère, nous ne pouvons que dénoncer l’insuffisance des moyens alloués aux colliges. »
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)
La Bressola : de faibles résultats en français aux évaluations nationales pointés du doigt
Le syndicat d’enseignants de l’Unsa a profité de la réunion de ce mercredi pour soulever le lièvre. « Compte tenu de la pénurie de moyens dans le public, nous nous intéressons aux financements alloués aux structures privées, qui ne manquent pas de faire de la publicité sur leurs résultats », resitue la militante du SE Laurie Lemettre. « C’est pourquoi nous avons demandé des indicateurs concernant les écoles catalanistes de La Bressola et appris que leurs résultats globaux en matière de lecture en français sont inférieurs à ceux des établissements publics relevant de l’Éducation prioritaire (Rep et Rep +). » C’est en tout cas ce que laissent apparaitre les résultats des évaluations nationales réalisées en CM2 en 2025 (item « lire un texte seul »). Par ailleurs, selon l’Unsa, qui se base toujours sur les résultats des évaluations nationales de 2025, les résultats globaux des élèves des écoles immersives de La Bressola en élémentaire sont inférieurs à ceux de l’enseignement public hors éducation prioritaire. Ils restent cependant supérieurs à ceux enregistrés en Rep et Rep +, « Nous avons posé cette question car nous voulons déconstruire des idées préconçues, mais nous ne remettons pas en cause l’enseignement du catalan », prend soin de préciser Laurie Lemettre. « Les filières bilingues et immersives dans le public fonctionnent et présentent un réel apport pédagogique. »
Sollicitée ce mercredi après-midi, la direction de La Bressola a demandé un délai afin d’analyser les résultats des évaluations nationales avant de réagir.
