Urgence solidarité avec Cuba

Par un collectif de personnalités

Face à une crise économique sans précédent depuis sa révolution en janvier 1959, le peuple cubain a besoin plus que jamais de notre solidarité.

Depuis plus de deux mois, Cuba et son peuple font face à une crise économique sans précédent. L’interruption des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, suivie des menaces du président Donald Trump de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à Cuba concourt à une volonté d’asphyxie de ses 9 millions d’habitant.es, sous embargo étasunien depuis 1962. L’arme des sanctions, montée à son cran maximal, devrait selon Donald Trump lui permettre d’économiser une intervention militarisée et attiser le mécontentement de la population. Les conséquences sont dramatiques. Les coupures d’électricité sont quotidiennes et de plus en plus longues. Écoles, universités, hôpitaux fonctionnent au ralenti. Les pénuries alimentaires, de médicaments et d’autres produits de première nécessité qui en découlent attisent la frustration des Cubains. Les secteurs clés que sont le tourisme, l’extraction du nickel, l’agriculture et la production de tabac sont frappés de plein fouet par les restrictions énergétiques. Par ailleurs, le président Trump a fait pression avec un certain succès sur les pays ayant recruté des médecins cubains. Comme au Venezuela, en Palestine ou en Iran, ce n’est nullement la démocratie pour les peuples de ces pays qui est visée. Ce qui est en jeu, c’est la volonté d’élargir un impérialisme prédateur des ressources naturelles, de consolider un système néocolonial et de poursuivre l’avancée idéologique de l’extrême droite sur le plan mondial. Alors que 80% de l’économie de l’île reposait encore il y a peu sur un système planifié et centralisé de production par des entreprises d’État, la crise a poussé le gouvernement à s’ouvrir davantage au secteur privé et à adopter un décret établissant un cadre juridique pour créer des entreprises mixtes entre entités étatiques et acteurs privés, une première sur l’île.

Cuba doit aussi faire face à une dégradation de ses soutiens diplomatiques. L’île est lâchée par certains pays latino-américains comme le Costa-Rica, dont le ministre des Affaires étrangères a annoncé, le 18 mars dernier, la fermeture de son ambassade à Cuba à l’image d’un autre allié de l’administration Trump dans la région, l’Équateur, qui a expulsé début mars l’ambassadeur de Cuba à Quito, ainsi que l’ensemble de la mission diplomatique. Deux pays qui font partie d’une alliance de pays latino-américains en soutien au président étasunien. Le robinet des carburants coupé, Cuba est en voie de paralysie. Si les déclarations de soutien aux autorités sont nombreuses, brésilienne, chinoise, espagnole, mexicaine, russe, vietnamienne, aucune n’est assortie de livraisons pétrolières. Seule parvient à Cuba une aide humanitaire mexicaine, européenne, russe, espagnole comme la Flottille « Nuestra America ». La France n’est pas en reste où la solidarité s’organise fortement, mobilisant organisations politiques, syndicales et associatives telle que le Secours Populaire Français.

Cette situation qui prend tout un peuple en otage est intolérable ! La France et l’Union Européenne doivent agir contre l’asphyxie du peuple de Cuba ! La France qui soutient depuis 1992, aux Nations Unies, la résolution présentée par Cuba demandant la levée de l’embargo étasunien qui affecte la situation économique et sociale du pays, ne peut rester indifférente à cette nouvelle situation. Elle a su aider en janvier 2025 au refinancement de sa dette avec le Club de Paris et envoyer vingt-sept tonnes de matériel après le passage de l’ouragan Melissa en octobre dernier. Elle a fait appel à des médecins cubains pour ses territoires en Caraïbe, lors de la crise du Covid. Elle doit donc renouer avec une telle collaboration notamment, par l’envoi d’une aide humanitaire conséquente, des accords de coopération bilatéraux plus nombreux et la sécurisation de possibles investissements d’entreprises françaises. Elle doit le faire en y associant l’Union européenne qui doit œuvrer à la recherche de solutions diplomatiques aux guerres et conflits qui se multiplient dans le monde depuis ces dernières années. Seul le respect du Droit international, la Paix et la Souveraineté des peuples peuvent redonner espoir en l’avenir. Nous invitons les Françaises et les Français, le mouvement social et syndical, les partis politiques, les collectivités territoriales, à exprimer concrètement leur solidarité avec le peuple cubain, et à appuyer comme relayer cet appel, en s’organisant partout en France dans ce sens.

Les premiers signataires

Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique Latine, membre du secrétariat du Conseil International du Forum Social Mondial (FSM) André Chassaigne, membre honoraire du Parlement, ancien président du groupe d’Amitié France-Cuba de l’Assemblée nationale Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien Boris Plazzi, Secrétaire confédéral en charge de l’international de la CGT Jérôme Bonnard, Secrétariat National de l’Union syndicale Solidaires Fanny Metrat, porte-parole de la Confédération paysanne Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU Jean-Victor Castor, député de la Guyane, président du groupe d’Amitié France-Cuba de l’Assemblée nationale Denis Merklen, sociologue, directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Sorbonne Nouvelle (IHEAL), membre de l’Institut universitaire de France Federica Matta, artiste plasticienne Eric Toussaint, Président du CADTM Sophie Thonon, avocate, Présidente-déléguée de France Amérique Latine Franck Gaudichaud, Professeur des Universités Toulouse, Co-Président de France Amérique Latine Hector Vasquez, président et le CA de l’association d’ex prisonniers politiques chiliens France Céline Meresse, Présidente du CRID Emeline K/Bidi, députée de la Réunion, coprésidente du groupe GDR Stéphane Peu, Député de la Seine-Saint-Denis, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale Fabien Roussel, secrétaire national, PCF Annie Lahmer, Coresponsable de la commission transnationale des Écologistes Éric Coquerel, Député de la Seine-Saint-Denis, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale Rodrigo Arenas, député de Paris, LFI Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF Marcellin Nadeau, député de la Martinique, LFI Jean-Paul Lecoq, député de la Seine-Maritime, secrétaire de la commission des Affaires étrangéres à l’Assemblée nationale, PCF Yannick Monnet, député de l’Allier, PCF Frederic Maillot, député de la Réunion, Pour la Réunion Soumya Bourouaha, députée de la Seine-Saint-Denis, PCF Julien Brugerolles, député du Puy-de-Dôme, PCF Edouard Benard, député de la Seine-Maritime, PCF Cécile Cukierman, Présidente du groupe CRCE-K au Sénat, Sénatrice de la Loire Laurence Cohen, sénatrice honoraire, ancienne présidente du groupe des amitiés parlementaires France-Brésil Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne, EELV Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, directeur de l’Humanité Cathy Apourceau-Poly, sénatrice du Pas-de-Calais, PCF Pascal Salvodelli, sénateur du Val-de-Marne, PCF Marianne Margaté, sénatrice de seine et Marne, PCF Jérémy Bacchi, Sénateur des Bouches-du-Rhône, Secrétaire départemental du PCF 13 Marie-Claude Varaillas, Sénatrice de la Dordogne, PCF Céline Brulin, Sénatrice de Seine-Maritime PCF Michelle Gréaume, Sénatrice du Nord, PCF Charly Bouhana (Cuba-Si France) Fabrice Leclerc (France-Cuba) Manuel Pascual (Cuba Coopération) André Ciccodicola conseiller éditorial François-Michel Lambert, ancien député, président Cercle Severiano de Heredia Plateforme Française de solidarité avec Haïti, Fabien Archambault, historien, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Charlotte Balavoine, coordinatrice de la campagne de solidarité avec Cuba Patricia Pol, membre pour ATTAC du secrétariat du Conseil international du FSM Laura Arguelles, présidente de l’ACAF (Argentine) Zelmar Michelini, président de Donde Estan (Uruguay) Françoise Escarpit, journaliste honoraire et ancienne correspondante de l’Humanité à La Havane Red Internacional de Apoyo a los Presos Políticos en Chile RIAPPECH, Collectif DDHH au Chili (France) Le Collectif de solidarité avec le peuple du Nicaragua (CSPN) Olivier Buirette, IHEAL – Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine Sylvie Bouffartigue, Professeure des Universités, UVSQ James Cohen, Professeur émérite, Sorbonne Nouvelle Juliette Dumont, enseignante-chercheuse en histoire, IHEAL-CREDA, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 Ravier Monique et Lucie (Paris) Helmuth Rudloff, Groupe d’Aide Genève (GAG) Christian Carzo (Nice) Luis Gálvez, Observateur DD HH-Suède.

Une séance d’animation et de soutien psychologique pour les enfants de Gaza mi-avril 2026

Afin de rassurer les enfants profondément traumatisés après les 31 mois de l’agression horrible sur la bande de Gaza, des jeunes motivés poursuivent leurs actions et leurs activités récréatives, afin d’apporter un soutien psychologique aux enfants partout dans la bande de Gaza.

Ces jeunes ont organisé une activité d’animation mi-avril 2026 dans un centre éducatif de Gaza.

Les 30 participants ont été très attentifs et très intéressés. Ils ont fortement apprécié ces activités ludiques. Ils ont montré une joie et un excellent accueil.

L’équipe bénévole, et qui s’occupe de différents centres d’accueil de la bande de Gaza, leur a proposé plusieurs activités.

Lors de cette séance proposée par ces jeunes, les enfants, garçons comme filles se sont bien amusés, avec de moments de bonheur et de rires mélangés à des applaudissements chaleureux malgré leur contexte après la tragédie vécue.

—> Visionner une partie de cette activité d’animation proposée aux enfants de Gaza, réalisé par la chaîne francophone « Gaza la vie ».

Les enfants de Gaza dessinent la Palestine, l’espoir et la vie, malgré la tragédie vécue

Les enfants de Gaza dessinent la vie,

Ils dessinent l’espoir,

Ils dessinent la Palestine

Et ils dessinent l’avenir !

Malgré une situation dramatique dans leur région dévastée, les enfants de Gaza montrent dans des jolis dessins, leur attachement à la vie.

En dépit d’une agression horrible qui dure depuis plus de 30 mois, les enfants de Gaza sont toujours là pour pratiquer leurs loisirs.

Malgré la tragédie vécue, les enfants de Gaza dessinent avec joie.

Suite à un atelier de dessin organisé début avril 2026 par des jeunes motivés dans un centre éducatif, les enfants de Gaza essayent d’oublier le drame et la souffrance.

Leurs dessins sont très émouvants !

Ils expriment une volonté, une détermination, un regard positif vers l’avenir et des espérances.

La vie continue à Gaza et l’espoir est toujours là avec cette volonté remarquable de notre population civile confiante, et avec le sourire et la joie de nos enfants.

Vidéos sur les dessins de ces enfants palestiniens de Gaza réalisées par la chaîne francophone : (Gaza la vie).
—> Atelier de dessin pour les enfants de Gaza. Avril 2026
—> Les enfants de Gaza dessinent la Palestine et la vie malgré la tragédie vécue. Avril 2026

Déclaration du Mouvement de la Paix. Stop la guerre d’Israël contre le Liban, stop le massacre des populations civiles, la France doit agir plus fermement

Le Mouvement de la paix condamne les bombardements du Liban par Israël alors qu’un cessez le feu de 15 jours vient d’être signé avec l’Iran. Le cessez le feu doit immédiatement être étendu au Liban et à toute la région

L’invasion du Liban par Israël est inacceptable car totalement contraire au droit international. Le bombardement délibéré des populations civiles tant à Beyrouth que dans d’autres villes du Liban qui ont fait des centaines de morts est un crime contre l’humanité.

La France doit cesser ses atermoiements, et doit accompagner ses déclarations condamnant Israël d’actes concrets et de sanctions concrètes en stoppant toute vente d’armes à Israël, et agissant pour la suspension de l’accord Israël union européenne.

La France doit traduire sa reconnaissance de l’État de Palestine par des actions politiques et diplomatiques marquantes à tous les niveaux, national, européen et mondial pour que l’armée israélienne quitte Gaza et la Cisjordanie.

Le Mouvement de la paix appelle tous ses comités et ses adhérents partout en France à se joindre aux manifestations, rassemblements et protestations qui se dérouleront dès aujourd’hui jeudi mais aussi les jours suivants.

Le Mouvement de la paix le 9 avril 2026

L’édito du Travailleur Catalan par Nicole Gaspon. Taxer les compagnies pétrolières

Un rapport de l’ONG Greenpeace révèle que la guerre contre l’Iran profite largement aux compagnies pétrolières celles-ci réalisent ainsi 80 millions de sur-profits par jour, dont 11,6 en France !

Sarah Roussel, de l’ONG, fait ce constat révoltant : « pendant que des personnes meurent au Moyen-Orient, les compagnies pétrolières se remplissent les poches avec des profits d’aubaine totalement indécents ».

Pourtant, cette guerre illégale menée par les USA et Israël contre l’Iran aggrave la crise économique et les ponctions sur le pouvoir d’achat en Europe. Ce numéro du Travailleur Catalan s’en fait l’écho dans les pages Événement.

Il serait logique que ces sur-profits des compagnies pétrolières soient taxés. C’est d’ailleurs ce que viennent de demander l’Espagne et trois autres pays de l’Union européenne (Autriche, Allemagne, Italie). Ils ont appelé à la mise en place d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques, en réponse à la hausse des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué samedi le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo. Les ministres ont rappelé qu’une taxe d’urgence similaire avait été mise en place en 2022 pour faire face à la flambée des prix de l’énergie à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

On se demande pourquoi la France ne s’est pas associée à cette démarche, cela témoigne du peu de cas que fait l’exécutif macroniste des difficultés que rencontrent nombre de professionnels et de ménages en raison des augmentations colossales des prix du pétrole et du gaz. Un même état d’esprit conduit le gouvernement à refuser la moindre aide aux particuliers comme baisser les taxes sur les carburants.

Communiqué de la coordination nationale des comités de défenses des hôpitaux & maternités de proximité. La solidarité internationale, c’est vital !

Le 7 avril, journée mondiale de la santé, sera marquée, institutionnellement, cette année par le Sommet international « Une seule santé », organisé à Lyon par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Gouvernement français, dans le cadre de la présidence française du G7. Dans la suite logique de la définition globale de la santé admise par l’OMS le concept « une seule santé » vise à mieux comprendre les interactions entre Homme et environnement. Nous vivons dans un système complexe fait d’interdépendances avec les écosystèmes, les autres êtres vivants et en tenir compte pour les activités humaines est nécessaire pour l’habitabilité de nos territoires.

Ce forum suscite trois remarques :

Le départ des États-Unis de l’OMS sur décision de D. Trump, en laissant des dettes, fragilise l’organisation qui a dû licencier. À la santé, le Président des États-Unis préfère la guerre.
Ce sommet international va mettre à l’honneur E. Macron et son gouvernement, alors même que leurs politiques mettent à mal la santé dans notre pays par les coupes budgétaires dans les dépenses publiques.
Il prône aussi la marchandisation de la santé : parallèlement se tiendra un « forum économique one health » où les entreprises pourront faire connaître leurs solutions sous le patronage de Sanofi, L’Oréal, Suez…

Dans une longue déclaration de son bureau, le CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental) fait d’intéressantes propositions pour ce sommet : nous en retiendrons particulièrement l’affirmation du rôle nécessaire des habitants dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques en santé-environnement. Cela rejoint les préoccupations de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité : plus de démocratie est indispensable pour une politique de santé qui réponde aux besoins de toutes et tous.

La COVID a rappelé l’interdépendance de nos sociétés à l’échelle mondiale. Le rôle de l’OMS, la coopération entre les pays sont essentiels. Souhaitons plein succès aux scientifiques et à la société civile réunis à Lyon pour ce sommet.

Affirmons aussi que les médicaments et vaccins devraient être des biens communs et que le système des brevets sur les médicaments doit être abrogé.

Enfin, le manque de médecins et de professionnels de santé touche de très nombreux pays. Développons les coopérations internationales notamment en terme de formation, plutôt que de débaucher des médecins formés dans des pays qui en manquent, pour les sous payer en France. La Coordination rappelle toute sa solidarité envers les PADHUE.

L’édito du webzine. Le monde en feu, la France en crise

Donald Trump et Benjamin Netanyahu méprisent les règles internationales, ils mettent le monde en feu. Pendant ce temps la France s’enfonce dans la crise, quelques lueurs d’espoir perdurent.

La situation internationale est explosive : au Moyen-Orient, la guerre s’étend (Iran, Israël, Liban, Palestine), avec des milliers de morts. Depuis fin février, Donald Trump et Benjamin Netanyahu mènent une offensive « foudroyante » contre l’Iran, sans succès décisif. Le régime iranien résiste, tandis que la répression contre les démocrates s’intensifie. En Israël, une loi instaurant la peine de mort contre les « terroristes » (ciblant en réalité les Palestiniens) est dénoncée comme un pas vers l’apartheid, s’ajoutant au génocide à Gaza et à la colonisation de la Cisjordanie.

Un néofascisme émerge, bafouant le droit international et les droits humains. Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz mondial, provoque une hausse des prix, une inflation galopante et un ralentissement économique, aggravant chômage et pauvreté. Pendant ce temps, les compagnies pétrolières françaises réalisent des bénéfices records (11 millions d’euros supplémentaires par jour), sans réaction du gouvernement.

À la tête de leurs multinationales, les grands patrons enchainent en France des fermetures massives d’entreprises (Alinea, ArcelorMittal, Cap Gemini…), entraînant dans leur sillage moult PME et TPE provoquant des milliers de suppressions d’emplois.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron, toujours le premier pour aider les riches, laisse une Éducation en péril provoquant des fermetures de classes, 19,4 millions d’heures de cours non assurées en 2023-2024, et 80 % des parents inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants.

La Santé est également en souffrance : L’hôpital public est au bord de la rupture. Se soigner devient un luxe. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail, le gouvernement préfère fliquer médecins et patients.

Une lueur d’espoir avec les résultats des municipales

Les communiistes reste la troisième force après la droite et le PS en nombre d’élus. Au total, 39 des 100 plus grandes villes du pays sont désormais dirigées par un maire socialiste, communiste, écologiste ou insoumis. La France de gauche, à forte propension unitaire, s’est incarnée dans les nombreuses fusions réalisées durant l’entre-deux-tour.

L’exemple de Nîmes est révélateur : dans ce bastion de la droite depuis 25 ans, la liste « Nîmes en commun », menée par le communiste Vincent Bouget, a battu le RN. Une victoire obtenue par un travail de terrain patient, sans stratégie d’appareil, et soutenue par une coalition populaire (PCF, PS, Place publique). Seul LFI ne s’y est pas associé, récoltant moins de 6 % des voix.

Dans notre département Alènya et Cabestany gardent leur maire communiste et c’est Vernet-les-Bains qui se dote d’un maire communiste. À Prades, l’équipe à Castex est battue, elle fait place à une jeune femme conseillère départementale apparentée socialiste prenant aussi à la droite la ccommunauté de commune Canigó-Conflent.

Cela prouve que rien n’est jamais écrit d’avance. Des coalitions locales émergent, prouvant que des victoires inattendues sont possibles.

Dominique Gerbault

André Chassaigne. « Trump veut porter un coup à la révolution cubaine » (La Marseillaise)

La présidence du groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale organise un colloque pour alerter sur la situation au sein de l’île. André Chassaigne, ancien député PCF de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme et ex-président du groupe GDR au Palais Bourbon, fait partie des intervenants. Entretien.

La Marseillaise : Un an jour pour jour après votre départ de l’Assemblée nationale, vous participez, ce mardi soir, à un colloque consacré à la situation cubaine. De quoi s’agit-il ?

André Chassaigne : Ce colloque est à l’initiative du groupe d’amitié France-Cuba de l’Assemblée nationale que j’ai présidé jusqu’à mon départ. Le nouveau président, qui est aussi membre du groupe de la Gauche démocrate et républicaine [GDR, à majorité communiste, Ndlr.] Jean-Victor Castor, député et indépendantiste guyanais, est très engagé aux côtés de Cuba. Il voit une forme de proximité qui est déjà géographique, mais aussi dans ce que lui peut porter comme valeur, avec la question de la souveraineté des peuples. Il est très impliqué là-dessus.

La Marseillaise : Quels seront les thèmes abordés lors de cette conférence ?

André Chassaigne : Le programme est découpé en quatre parties. Otto Vaillant-Frias, l’ambassadeur de Cuba en France interviendra sur la première partie et dressera un tableau de la situation actuelle, qui est absolument catastrophique. Il n’y a plus du tout d’arrivée de pétrole avec les impacts que ça peut avoir sur la vie économique, sur les hôpitaux, les soins, la pénurie de médicaments. On est dans une situation absolument inédite. Depuis la révolution cubaine (1953-1959), c’est la première fois qu’il y a une situation qui est aussi terrible. Cuba est proche de l’asphyxie ! Je qualifie ça de siège moyenâgeux dont l’objectif est aussi d’affamer la population pour qu’elle se révolte.
Le deuxième thème, celui que je porterai est consacré à la structuration de la solidarité internationale, le combat politique à mener et les leviers d’action à activer. J’anime au sein du PCF avec Charlotte Balavoine, une coordination qui rassemble toutes les associations de solidarité avec Cuba, les organisations syndicales, la CGT (les unions départementales et locales), ainsi que les fédérations du Parti communiste. Notre volonté, c’est de rassembler tous ceux qui agissent aux côtés de Cuba et organiser cette solidarité concrète face à l’extrême urgence. De grandes manifestations seront organisées durant le week-end des 11 et 12 avril dans plusieurs villes du pays.
Le troisième thème, animé par Jean-Victor Castor, c’est sur les enseignements pour les petits territoires. Il consistera véritablement à aborder les questions de dépendance énergétique et les fragilités des économies insulaires, comme Cuba ou aux Antilles par exemple, ainsi que les héritages coloniaux et la nécessité d’autonomie énergétique. La question est de savoir comment les petits États peuvent maintenir une souveraineté pour ne pas être sous la coupe de l’impérialisme.
Le quatrième thème sera développé par Éric Coquerel, le président LFI de la commission des finances de l’Assemblée, et portera sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la souveraineté, la non-ingérence et plus généralement le droit international, le rôle de l’ONU et la responsabilité de la communauté internationale. On sait qu’il y a une menace aujourd’hui sur le territoire. Ce qu’a dit Trump, c’est que la prochaine excursion sera à Cuba.

La Marseillaise : Il faut prendre au sérieux ces menaces de Donald Trump ? Après le Venezuela et l’Iran, il veut désormais attaquer Cuba ?

André Chassaigne : J’y crois vraiment parce que son objectif est de porter un coup à la révolution cubaine. C’est une ingérence sur le droit des Cubains à disposer d’eux-mêmes avec la volonté d’introduire des capitaux américains. Car si à Cuba, il n’y a pas de pétrole, ni de richesse particulière, c’est un réservoir de consommation de 10 millions d’habitants à 120km de Miami, il faut bien mesurer ça. L’objectif que Trump a derrière le faux prétexte de la démocratie est de mettre main basse sur Cuba. Il veut renverser le régime ou obtenir, dans un premier temps, des concessions pour qu’il n’y ait pas d’intervention militaire. Ce qu’il y a de terrible, c’est que Cuba est une garantie contre le commerce du narcotrafic. Le régime cubain travaillait, jusqu’à présent, main dans la main y compris avec la police des États-Unis. Il est, au contraire, un barrage contre le narcotrafic. Mais, Trump ne tient pas compte de ça.

La Marseillaise : Trump et ses prédécesseurs n’ont-ils pas tous tenté de « tuer » la révolution cubaine ?

André Chassaigne : C’est ce que j’appelle -je l’avais développé dans mon livre(*)- la théorie du fruit mûr. Ils attendent que le fruit soit suffisamment mûr, pourri, pour qu’il tombe dans leur escarcelle. C’est une théorie qui date du début du XIXe siècle et les Américains sont toujours là-dessus, ils veulent faire pourrir la situation. Le blocus, c’est une asphyxie complète, de façon à ce que le peuple cubain se révolte contre le régime cubain pour y installer un gouvernement fantoche qui serait, bien évidemment, la marionnette des États-Unis.

La Marseillaise : Le directeur général de l’OMS a alerté, mercredi, sur une situation « profondément préoccupante » dans les hôpitaux cubains avec des opérations reportées. Tout cela est lié au blocus énergétique américain…

André Chassaigne : C’est scandaleux, c’est une honte et c’est en infraction avec les accords de Genève qui ne sont pas respectés. Le droit international protège normalement la santé et les mesures sanitaires. Or, là, les États-Unis ne tiennent pas compte de ça. En empêchant toute arrivée de pétrole, ils privent l’île d’électricité et donc les Cubains ne peuvent plus faire les opérations chirurgicales, par exemple. C’est une honte !
C’est pour médiatiser cette situation que nous organisons ce colloque et ces manifestations durant le week-end du 11 et 12 avril. Il faut briser le mur du silence.

La Marseillaise : Face à cela, la solidarité internationale s’organise, entre le départ de flottilles et containers à destination de l’île. Que met en place le PCF ?

André Chassaigne : Il y a bien sûr eu la flottille qui est partie du Mexique la semaine dernière et qui a une dimension symbolique. Nous, en France, le Parti communiste a fait un autre choix, celui d’un pont aérien. J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20m3 de médicaments et de matériel médical. On a fait ce choix-là pour que ça soit immédiat, tout est déjà arrivé sur place. Il y a aussi des containers qui sont en partance. Tout ce qu’on peut faire au niveau humanitaire, on le fait avec des moyens divers.

La Marseillaise : Que pensez-vous de la réaction de la France et plus globalement de celles de la communauté internationale ?

André Chassaigne : La réaction de la France n’est pas à la hauteur. Il y a quelques mots, qui, d’ailleurs vont quelquefois dans le sens de Trump, parce qu’ils font allusion aux questions de démocratie à Cuba. Et ce, alors qu’il y a une constitution qui a été discutée par la population, des milliers de réunions ont eu lieu pour l’élaborer collectivement et celle-ci a été votée en grande majorité par le peuple cubain. Malgré cela, il y a toujours une petite allusion à la démocratie cubaine, il n’est pas question de ça ! La France ne fait pas suffisamment. C’est-à-dire qu’il y a des mots, mais il n’y a pas d’actes. On sent bien qu’il y a derrière tout ça, un manque de courage pour affronter Trump. Et cela touche beaucoup de pays, notamment en Amérique latine, Trump fait des menaces et tout le monde met le petit doigt sur la couture du pantalon. Derrière les mots, il n’y a pas d’actes. C’est extrêmement gravissime, parce que derrière tout ça, des vies humaines sont en jeu.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 31 mars 2026)

(*) Cuba, une étoile dans la nuit aux éditions Le Temps des Cerises

50ème anniversaire de la Journée de la Terre en Palestine. Cette terre même brûlée restera toujours palestinienne !

Dans un contexte marqué par les guerres, la violence et les événements terribles qui se produisent dans notre région, les Palestiniens partout dans le monde, commémorent avec émotion le 50ème anniversaire de la Journée de la terre, de la résistance et de l’attachement indéfectible à leurs racines. Et avec eux, tous ceux qui sont les solidaires de la cause palestinienne, la cause de la justice.

Une commémoration symbolique et particulière aura lieu en ce 30 mars 2026, en raison de l’intensification des attaques sanglantes contre la population civile partout dans l’ensemble des territoires palestiniens, l’assassinat de plus de 73 000 palestiniens de Gaza, et 1200 en Cisjordanie par les soldats et les colons, dont des enfants ,des femmes et des personnes âgées durant les deux dernières années de l’agression horrible, l’accélération de la colonisation en Cisjordanie occupée, des destructions de centaines de maisons palestiniennes et des sévices insoutenables infligés aux prisonniers palestiniens par les autorités israéliennes.

Cette commémoration, qui a commencé le 30 mars 1976 et se poursuit jusqu’à nos jours, montre que les Palestiniens demeurent extrêmement déterminés, malgré les années qui passent et qui se ressemblent tragiquement, malgré la souffrance, le malheur et la mort qui sont leur lot quotidien, et malgré les innombrables obstacles qui se dressent sur leur route pour les empêcher d’obtenir ce à quoi ils aspirent si ardemment et légitimement : la liberté, l’indépendance et la fin de l’occupation.

C’est ici notre Terre ! Nous ne partirons pas, nous resterons attachés à cette terre sacrée de Palestine, nous y poursuivrons notre résistance sans relâche, quelles que soient les mesures atroces de l’occupation aveugle ! Nous continuerons à y vivre, envers et contre tout, jusqu’à la liberté et l’indépendance, jusqu’à l’instauration d’une paix juste et durable dans notre région.

C’est le message de tout un peuple palestinien existant et résistant, le message fort qu’il adresse au monde entier et en particulier, aux forces de l’occupation, chaque année, le 30 mars, à l’occasion de la célébration symbolique de la Journée de la terre et de la résistance en Palestine.

Notre peuple commémore cette Journée partout où il vit, quel que soit l’endroit du monde où il s’est exilé. C’est la journée de l’attachement à ses racines et à son histoire, cette histoire profondément marquée par la résistance face à l’occupant, qui continue de violer ses droits fondamentaux et le droit international, de lui voler ses champs, ses oliviers, ses arbres, ses ressources, ses maisons et sa terre.

Les Palestiniens qui vivent dans les territoires de 1948, ceux des territoires de 1967, sans oublier ceux de l’exil, montrent, par cette commémoration, la force des liens qui les unissent tous.

Le 30 mars 1976, des dizaines de Palestiniens, civils et paysans, ont été tués par les forces de l’occupation alors, qu’ils manifestaient pacifiquement contre la confiscation de leur terre. Et depuis, pour rendre hommage à ces victimes, pour montrer l’attachement des Palestiniens à cette terre, nous commémorons chaque année le triste anniversaire de cette répression sanglante.

En 50 ans, la confiscation des terrains appartenant aux Palestiniens par l’armée d’occupation et par les colons agresseurs, n’a jamais connu de trêve. La résistance populaire non-violente de la part des paysans palestiniens non plus.

50 ans après, la conjoncture difficile et instable dans notre région en général et dans les territoires palestiniens en particulier, est marquée par la poursuite de la lutte populaire contre les forces de l’occupation malgré les morts et les blessés. Elle est aussi marquée par la poursuite de la souffrance des Palestiniens en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, et partout en Palestine.

En ce 50ème anniversaire de la Journée de la Terre, nous rendons un vibrant hommage à toutes les victimes, qui sont mortes pour une Palestine libre, à nos blessés, à nos prisonniers qui n’en finissent pas de croupir derrière les barreaux de geôles infâmes, à nos paysans qui continuent de labourer leurs champs, malgré la présence des soldats et des colons sur leur terre.

À cette occasion et plus que jamais, nous confirmons notre attachement à nos racines, et à notre terre. Elle est ici, notre patrie. Nous ne partirons pas, en dépit de l’horreur de ce que nous subissons et du silence d’une communauté internationale officielle complice. Nous comptons sur le soutien des citoyens du monde, solidaires de notre cause juste. Nous allons continuer notre mobilisation pour notre terre de Palestine.

Ici, notre terre, Ici, nos racines, Ici, notre histoire, Ici, notre vie, Ici, notre avenir, Et ici, notre Palestine !