Un Castillet pour la Paix

Le 28 Mars est une journée nationale de solidarité avec le peuple Palestinien portée par 13 organisations Françaises qui demandent justice pour le peuple Palestinien fondé sur le droit international afin que le peuple Palestinien puisse enfin exercer son droit à l’autodétermination, et que cesse l’agression systématique et meurtrière dont il est victime de la part du Gouvernement Israélien..

Ce même jour, en fin de soirée l’Association Cultures de Paix à organisé une action symbolique à Perpignan consistant à revêtir les Murs du Castillet d’images numériques porteuses de messages en faveur de la Paix dans le monde, du refus de l’escalade guerrière et de faire payer par les salariés et la population la facture de la guerre que présentent gouvernants et profiteurs de ces conflits.

Bravant le froid et la pluie une cinquantaine de personnes ont participé à cette action symbolique.

Une action et des messages destinées à être partagés avec les habitants du Département, dans les jours et les semaines à venir afin de faire grandir ces exigences et d’appeler également à la solidarité avec tous les peuples victimes de ces agressions qui les enfoncent dans la terreur et la misère.

Cette initiative portée par « Cultures de Paix » est également soutenue par CGT, FSU, Mouvement de la Paix, AFMD66, MRAP, LSR, PCF, MJCF.

L’édito du webzine. Enrayer la machine du mensonge de l’impérialisme

La guerre américano-israélienne fait rage en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens. Cela relève toujours du même schéma impérialiste : mensonges, guerres pour les ressources, mépris du droit international.

Cette guerre soutenue par Reza Pahlavi (fils de l’ancien shah) est condamnée par l’opposition iranienne en exil. Elle s’inscrit dans une logique impérialiste où le mensonge justifie l’agression. L’impérialisme prend habitude de cette politique pour déclarer la guerre aux régimes qui vont à l’encontre de ses intérêt comme en 1964 au Vietnam ou en 2003 en Irak, où des prétextes fallacieux (attaques imaginaires, armes de destruction massive) avaient servi à déclencher des conflits meurtriers.

Le mensonge sert d’argument à Trump et Netanyahu recyclant des falsifications historiques pour légitimer leurs actions : Trump affirme que l’Iran est « proche de la bombe atomique », une allégation démentie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Une logique économique mortifère

Netanyahu revendique la Palestine au nom d’un lien historique de 3 000 ans, ignorant que ces terres étaient occupées bien avant par les Natoufiens, ancêtres des Palestiniens. Une rhétorique similaire à celle de Charles X en 1830, qui prétendait que l’Algérie « n’appartenait à personne ».

En réalité l’objectif d’Israël est de s’étendre territorialement et d’affaiblir ses voisins, celui de Trump est de contrôler les flux énergétiques mondiaux. Le blocage du détroit d’Ormuz permet aux États-Unis -premier producteur mondial de pétrole et de gaz-, de spéculer sur les prix et d’imposer leurs exportations aux Européens, privés de gaz russe.

La guerre sert les intérêts d’une oligarchie économique qui s’enrichit grâce à la crise, tandis que les Européens sont contraints d’acheter du gaz américain à prix d’or. Cette dynamique rappelle les seigneurs de guerre du passé où le profit prime sur les vies humaines.

Il s’agit d’une mécanique implacable : fabriquer un ennemi, frapper, et justifier la violence par des mensonges. Face à cette répétition tragique de l’histoire, la question se pose : jusqu’où iront ces logiques de domination, et à quel prix les populations civiles sont condamnées au silence ?

Il s’avère indispensable de déjouer cette répétition du schéma impérialiste. D’avoir une réflexion sur la responsabilité collective face à l’histoire qui « bégaie ».

Dominique Gerbault

Thierry Coville. « L’Iran et Israël veulent une guerre longue » (La Marseillaise)

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, mardi, « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne. Un nouveau coup dur pour Téhéran dans cette guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine sur la République islamique et qui s’étend à toute la région. À ce stade, le pouvoir iranien n’a pas confirmé ces morts et demande à son peuple à se manifester « sur toutes les places des villes » pour un « rassemblement populaire afin de déjouer les complots potentiels des ennemis sionistes ».
Entretien avec Thierry Coville est chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de l’Iran.

La Marseillaise : Israël a annoncé avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto de l’Iran depuis l’assassinat d’Ali Khamenei. Que représenterait sa mort ?

Thierry Coville : Le pouvoir iranien est très opaque, mais j’avais la perception que depuis la guerre des douze jours comme on l’appelle, Ali Larijani avait pris des fonctions importantes. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il était un des personnages clés du système politique iranien. Si sa mort est confirmée, c’est un coup dur, oui. C’était un conservateur, mais d’un courant plutôt pragmatique. Il a eu un rôle en matière de diplomatie au début des années 2000 sur la question nucléaire, en négociation avec les Européens. Pour donner une idée de son importance, certains parlaient de lui comme une porte de sortie pour l’après-guerre. Il aurait pu être capable de mener un gouvernement de transition. Tout en restant très prudent, je pense que sa mort met les Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique) à la manœuvre aujourd’hui. Mojtaba Khamenei est d’ailleurs très proche d’eux, c’est pour cela qu’il a été nommé comme successeur du guide. On a un pouvoir iranien qui se radicalise et dont la stratégie est de faire durer la guerre.

La Marseillaise : Israël et les États-Unis ont sous-estimé les capacités de défense iraniennes ?

Thierry Coville : Concernant Israël, c’est difficile à dire, parce qu’on voit très bien qu’ils veulent que le conflit dure. Côté américain, la réponse est oui, puisqu’on commence à comprendre que Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de commencer cette guerre qui ne respecte aucune règle du droit international. L’Iran ne constitue pas une menace directe au plan balistique, ni nucléaire, pour les États-Unis. Donald Trump dit une chose et son contraire le lendemain. Dans son premier discours, il avait annoncé qu’il bombarderait l’Iran pendant trois semaines et préviendrait les Iraniens quand ils pourraient sortir dans la rue. Des propos lunaires et méprisants. D’autant qu’on commence à voir que c’est un petit peu plus compliqué que ça. L’élément qui fait réfléchir beaucoup de gens, c’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Comment n’y avait-il pas pensé ? On sent beaucoup d’improvisation. Il en est réduit à demander l’aide des pays occidentaux.

La Marseillaise : Israël et l’Iran veulent faire durer ce conflit ? Pourquoi ?

Thierry Coville : L’Iran et Israël veulent une guerre longue, mais pas pour les mêmes raisons. L’Iran a une stratégie de guerre asymétrique. Ils ne font effectivement pas le poids sur le plan des forces militaires parce qu’ils n’ont pas la maîtrise de l’espace aérien. Mais ils sont prêts à accepter beaucoup de pertes, avec l’idée de faire subir des pertes importantes à l’ennemi pour qu’il regrette d’avoir lancé cette guerre. Le contrôle du détroit d’Ormuz rentre complètement dans cette logique. Ils ont bien identifié que Donald Trump ne pouvait pas se permettre d’avoir une hausse du prix de l’essence aux États-Unis. Ils ont intérêt à ce que le conflit dure, à moins qu’il y ait une proposition d’un cessez-le-feu acceptable de la part des Américains. Je ne suis pas spécialiste des questions israéliennes, mais de l’extérieur, il semble qu’Israël veuille faire durer le conflit et affaiblir au maximum la République islamique d’Iran, ses programmes balistique et nucléaire. L’objectif est de provoquer une telle désorganisation dans le pays qu’il puisse y avoir un changement de régime.

La Marseillaise : Et pourtant, on sait que les opérations similaires ont toutes échoué dans la région au détriment des peuples…

Thierry Coville : L’Iran est un pays très compliqué et prévoir ce qu’il va s’y passer est impossible. Mais c’est un fait, toutes les expériences similaires dans la région ont été catastrophiques. L’autre élément important est qu’il n’y a pas une opposition politique en Iran qui fasse consensus à l’intérieur du pays, qui soit organisée, capable de renverser le régime et surtout qui ait les moyens de prendre les armes. La seule force d’opposition identifiée par les Iraniens, c’est le fils de l’ancien chah Reza Pahlavi, mais il ne représente pas une porte de sortie pour tous les Iraniens. Dans les scénarios qu’on voit, le régime pourrait rester en place, d’autant qu’il a encore le soutien de millions d’Iraniens. Une autre possibilité, c’est une guerre civile.

La Marseillaise : Quid des victimes à ce stade ?

Thierry Coville : Il y aurait déjà un peu plus de 1 300 victimes civiles en Iran. Un chiffre qui est sans doute sous-estimé. Cette idée d’attaquer un pays sans respecter le droit international, avec pour but une évolution politique très incertaine, sans parler des victimes civiles, c’est très dommageable et injustifiable. Effectivement, il y a eu une répression sauvage en Iran en janvier avec des estimations entre 20 000 et 30 000 victimes, ce qui est gigantesque. Ce n’est jamais arrivé en Iran depuis la Révolution. Cela justifie-t-il de ne pas prendre en compte les victimes civiles dans ce conflit ? Si le droit international n’existe plus, c’est la loi de la jungle et c’est dangereux pour tout le monde.

La Marseillaise : Que signifierait une radicalisation du régime pour la population ?

Thierry Coville : La population iranienne demande la démocratie et l’état de droit. Quand Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a réimposé des sanctions, ce qu’il a appelé une politique de pression maximale contre l’Iran. Le pays a pris 15 ans d’inflation à 40% directement liés à ces sanctions. Et les Européens n’ont rien dit. La population iranienne est épuisée par les sanctions. Une partie des Iraniens est tellement en colère contre le pouvoir actuel que certains se sont réjouis quand les attaques américaines et israéliennes ont commencé. Mais cela commence à changer parce que les gens sont très inquiets face à la guerre, à l’ampleur des destructions et craignent l’après car ils voient un pouvoir iranien de plus en plus radical. Ils ont peur que la répression de janvier se reproduise.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 18 mars 2026)

John R. MacArthur. « Trump veut détourner l’attention du dossier Epstein » (La Marseillaise)

John R. Mac Arthur est le président et directeur de Harper’s Magazine.

La Marseillaise : En tant qu’Américain, quel regard portez-vous sur cette guerre déclenchée par Trump et Netanyahu au Moyen-Orient ?

John R. Mac Arthur : C’est une agression qui n’a aucune différence sur le principe de ce qu’a fait Poutine en Ukraine, Bush en Irak ou Clinton au Kosovo. Tout cela a commencé avec cette maudite idée de la guerre préventive où on invente un prétexte pour justifier une agression. Le prétexte que les Iraniens étaient sur le point de nous attaquer, de lancer un missile nucléaire, c’est exactement ce que Bush disait sur Saddam Hussein. C’était un mensonge. Mais dans ce cas-là, ce n’est pas, à mon avis, une coïncidence que quatre jours avant l’attaque, la radio nationale publique NPR a sorti son scoop sur la suppression d’un document des dossiers Epstein dans lequel une femme accusait Trump de l’avoir violé oralement alors qu’elle avait 13 ans. Ce n’est pas du tout complotiste de le dire. Trump est l’homme le plus irréfléchi que je connaisse mais il a un instinct de survie animal. Il voit bien qu’il est en chute dans les sondages. Les républicains se montrent perdants lors des élections de mi-mandat en novembre. Il a détourné la conversation et on ne parle plus d’Epstein, pour l’instant. C’est très similaire à la situation politique de Netanyahu. Tout le monde disait en Israël et partout ailleurs qu’il devait continuer la guerre à Gaza pour éviter que son procès n’aboutisse par son emprisonnement. C’est la prison ou la guerre. Alors bien sûr, il a choisi la guerre. Pour Trump, c’est la catastrophe politique ou la guerre. Et pour l’instant, il a choisi la guerre. Mais c’est un échec et déjà une humiliation. Ils ont imaginé que les Iraniens allaient céder tout de suite, un peu comme Poutine pensait que les Ukrainiens allaient céder rapidement. Ce n’est pas le cas. L’Iran est un pays très sophistiqué. Ce n’est pas une ancienne colonie inventée par les Britanniques ou les Français.

La Marseillaise : Certaines voix au sein du parti républicain estiment que cette guerre est celle d’Israël et pas des États-Unis.

John R. Mac Arthur : Ce n’est peut-être pas la guerre des États-Unis mais c’est la guerre de Trump. Je ne sais pas qui a commencé mais ça arrange Trump pour détourner l’attention du dossier Epstein. Netanyahu en profite aussi politiquement parce qu’il voudrait avancer l’élection d’octobre à mai pour exploiter le soutien presque unanime des Israéliens pour la guerre. Tous les deux sont des animaux. Mais Netanyahu est dix fois plus malin que Trump et il a une ambition. C’est évident qu’il profite de l’attaque sur l’Iran pour cibler le Liban et tenter d’en annexer une partie, c’est ce qu’il fait déjà en Cisjordanie.

La Marseillaise : Les Américains sont contre cette guerre ?

John R. Mac Arthur : Oui, majoritairement. Et je pense que le soutien à cette guerre va baisser encore plus parce que les gens voient que c’est un échec. La preuve étant que les Iraniens ont nommé le fils d’Ali Khamenei comme successeur.

La Marseillaise : Le candidat démocrate est arrivé en tête au premier tour d’une élection visant à remplacer Marjorie Taylor-Greene en Géorgie. C’est le début d’une fronde ?

John R. Mac Arthur : Dans une circonscription majoritairement républicaine, ça serait extraordinaire si le démocrate était à égalité avec le Républicain, même s’il est perdant. Marjorie Taylor-Greene était très populaire et le vote pour le démocrate, c’est un peu une protestation contre Trump. D’autant qu’elle avait elle-même rompu avec Trump [autour de l’affaire Epstein, Ndlr.]. L’opposition à Trump qui compte désormais est celle qui vient de la droite et plus spécifiquement des MAGA [Make America Great Again. Rendre sa grandeur à l’Amérique, le slogan de Trump et ses partisans Ndlr.]. Les démocrates sont très faibles, ils ne jouent pas leur rôle de parti d’opposition. Ils l’ont démontré avec le projet de résolution visant à limiter les pouvoirs de Trump dans cette guerre contre l’Iran. Car Trump a violé la Constitution en faisant la guerre sans l’appui du Congrès, lui seul a le droit de déclarer la guerre. Quatre démocrates ont voté contre ce texte. C’était la marge qu’il fallait pour que la résolution soit perdante. S’ils avaient voté pour, la résolution aurait été promulguée par 216 voix pour et 215 contre.

La Marseillaise : Les Démocrates soutiennent cette guerre ?

John R. Mac Arthur : Une petite majorité des démocrates soutiennent la guerre et ne veulent pas confronter Trump sur le sujet parce qu’ils ont toujours très peur du lobby israélien. On peut appeler ça l’aile clintonienne du parti qui est toujours très forte. Alors que Bill Clinton lui-même est mouillé dans l’affaire Epstein. Il y a aussi toujours cette rancune anti-iranienne qui date de 1979 et la prise en otage des diplomates américains. Je connais beaucoup de démocrates « libéraux » qui sont pro-guerre mais n’en parlent pas à haute voix. Seuls deux démocrates se distinguent : le maire de New York, Zohran Mamdani, qui a tout de suite dénoncé cette guerre, comme il l’a fait avec le Venezuela. Mais aussi le sénateur de Virginie Tim Kaine. Il y a une fissure dans le Parti démocrate qui ne fonctionne plus comme parti d’opposition. Alors, mon espoir repose sur les Républicains de droite, malheureusement. Au moins la moitié des MAGA est furieuse contre Trump, elle se sent totalement trahie. Il avait promis qu’il ne déclencherait plus jamais une guerre inutile avec l’intention de faire un changement de régime.

La Marseillaise : À l’approche des midterms, Trump chercherait à modifier le calendrier électoral. Dans quel but ?

John R. Mac Arthur : Jusque-là, j’ai toujours dit que non, Trump, n’est pas un fasciste. Il est trop désordonné, trop désorganisé. Ce n’est pas Hitler, ce n’est pas Mussolini. Il n’y a pas de parti fasciste aux États-Unis. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas tout simplement déclarer un état d’urgence où il faudrait envoyer des soldats pour surveiller les urnes en novembre afin d’empêcher la fraude et garantir des élections honnêtes. Ce serait une tactique d’intimidation. Je crains des fusillades.

La Marseillaise : C’est la succession de Trump qui se joue à travers ce conflit ? Entre Vance et Rubio ?

John R. Mac Arthur : Cette rivalité c’est l’autre enjeu politique très important. Pour l’instant, le vice-président J.D. Vance se tait parce qu’il ne veut pas être associé à cette guerre. Le secrétaire d’État Marco Rubio, est, au contraire complètement mouillé là-dedans, se présentant comme un genre de général. Son but ultime, c’est de renverser le régime cubain. Il pense que c’est comme ça qu’il pourra se présenter comme le candidat MAGA du deep state (de l’État profond).

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 12 mars 2024)

L’édito du TC par René Granmont. Le vote démocratique et la guerre…

Treize jours après l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran et les répliques de Téhéran sur les bases américaines au Moyen-Orient, les Français subissent déjà les conséquences économiques de la guerre. Dans les stations-service, les notes se font de plus en plus salées et une question brûle les lèvres : de combien mon plein d’essence va-t-il bondir ?

Les missiles tirés de part et d’autre dans la région touchent les bases militaires, les civils, mais aussi les infrastructures énergétiques et, par extension, l’économie mondiale, le principal enjeu étant la flambée des cours du pétrole et du gaz. Les peuples du monde commencent à en payer le prix fort, avec la spéculation sur les prix des carburants qui va tout renchérir, puisque nos économies sont basées sur le pétrole, depuis les carburants, les engrais ou les plastiques. Cependant les grands groupes pétroliers remplissent leurs caisses pendant qu’on tue à Beyrouth, à Téhéran ou à Tel-Aviv. Économiquement, le président états-unien n’a pas beaucoup à perdre dans ce conflit : Washington est excédentaire en gaz naturel et en pétrole. Il a en revanche beaucoup à y gagner.

Comme au Venezuela, la Maison-Blanche ne refuserait pas de mettre la main sur les stocks de Téhéran, d’autant que 80 % de l’or noir iranien est exporté vers le rival chinois. C’est donc pour orchestrer le marché à coups de missiles que le milliardaire partisan de la « paix par la force », aidé de son criminel partenaire de Tel-Aviv, bombarde allègrement le peuple iranien…

Certes le vote de dimanche ne mettra malheureusement pas fin à la guerre provoquée par des rapaces à la recherche de profits. Mais voter pour des listes ayant des exigences fortes de justice sociale et climatique et mettant en débat des propositions très concrètes pour protéger les habitantes et habitants et améliorer leur cadre de vie aura des conséquences importantes pour la vie quotidienne de chacune et chacun d’entre nous.

Les villes comme les petits villages sont des espaces démocratiques où peuvent se pratiquer des solidarités en actes et s’inventer de nouveaux communs à rebours des injonctions individualistes et des impératifs austéritaires portés par les libéraux de droite et d’extrême droite. Logement, éducation, santé, transports, petite enfance… Les communes sont en première ligne pour faire face au désengagement de l’État dans les territoires, pour faire face au démantèlement des services publics, pour faire face à la désindustrialisation et à la fragmentation toujours plus grande de notre société, pour faire face à l’extrême droite.

Dimanche, c’est à l’aune de ces analyses que nous choisirons le bulletin que nous glisserons dans l’urne.

Le billet d’Yvon Huet. À la santé de tous les sportifs

« Jeux paralympiques d’hiver 2026 : « Pas de représentant » du gouvernement français à la cérémonie d’ouverture pour protester contre la présence russe et biélorusse » nous apprend le Midi Libre…

La France ne proteste évidemment pas contre d’autres délégations dont on sait que la gouvernance pratique le génocide et le nettoyage ethnique… Normal. La gouvernance française est scotchée à la stratégie états-unienne en partageant le boulot avec l’Allemagne particulièrement… avec une pratique de double langage qui chante très faux la Marseillaise, c’est le moins qu’on puisse dire…

Je l’ai déjà écrit dans Vie Nouvelle avec mon ami disparu José Fort. L’envahissement de l’Ukraine a été une faute lourde de la gouvernance Poutine. Elle a permis à l’OTAN de se faire une nouvelle jeunesse avec des conséquences terribles qui nous mettent au bord d’une guerre mondiale… sans compte tant de morts pour si peu de chaque côté des frontières.

Ce n’est pas une raison pour enfoncer le clou en mettant le sport en otage des conflits géopolitiques qui ravagent le monde. Les handicapés russes et biélorusses sont des être humains comme les autres. Ils méritent le respect et doivent pouvoir, comme les autres sportifs, participer aux compétitions internationales. La France a un gouvernement de la honte et si on peut être fier d’être français aujourd’hui, on ne peut pas l’être d’un président de la République qui est en train d’enfoncer notre pays dans la dépendance et, dans le même temps, de porter le coup de grâce à ce qui reste de démocratie dans un pays qui a signé hier la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 avec 58 autres États. Un conseil, lisez-la et constatez ce qui a reculé depuis ce jour, en France et ailleurs…

En attendant, soyons solidaires de TOUTES et TOUS les sportifs du monde entier, handicapés ou non, qui ne méritent pas les récupérations et les manipulations des financiers et des nationalismes hystériques qui défigurent notre planète.

Yvon Huet

Joueurs de football aveugles. Photo prise à l’exposition parisienne lors des jeux olympiques paralympiques de Paris en 2024©Yvon Huet