La grève se poursuit à Médipôle et Saint-Pierre, plusieurs actions annoncées (L’Indep)

Toujours pas de sortie de crise en vue du côté des cliniques Médipôle de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan. Ce mardi, les grévistes des deux établissements du groupe Elsan ont, chacun de leur côté, décidé de reconduire à nouveau le mouvement entamé le 24 avril dernier.

« La direction campe sur ses positions », déplore Anne-Laure Affani, la déléguée syndicale CGT de Médipôle, où le mouvement est également soutenu par la CFDT. Pour mémoire, ici, les syndicats réclament notamment une amélioration des conditions de travail, ainsi que l’octroi d’un 13e mois afin de maintenir le pouvoir d’achat des salaries.

Même topo du côté de Saint-Pierre, où la direction propose, selon les grévistes, « une prime de partage de la valeur de 200 euros nets, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Alors que les syndicats (CGT et CFTC) demandent une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros, ainsi qu’une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans. En plus, la aussi, d’une amélioration des conditions de travail.

Le blocage d’un rond-point envisagé

Ce mercredi 6 mai, les grévistes de Saint-Pierre envisagent de bloquer le rond-point situé à côté de la clinique à partir de 10h30. Les salariés des deux structures comptent également manifester ce jeudi, à la mi-journée, à Perpignan, entre le tribunal des prud’hommes et la préfecture. L’horaire exact reste à définir.

De son côté, le groupe Elsan estime pour sa part que « des propositions comprenant des avancées significatives ont été faites » dans les deux établissements. La direction de Médipôle ajoute qu’un service minimum « couvrant l’ensemble des activités » est mis en place depuis le début du mouvement, notamment pour « assurer la continuité des soins des patients déjà hospitalisés » et « la prise en charge des urgences non différables ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Argeles-sur-Mer. Le 1er mai à Argelès… la tradition respectée (L’Indep)

Deux traditions se croisent chaque 1* mai à Argelès : l’incontournable défilé des travailleuses et travailleurs traverse le grand vide-greniers installé dans les rues et places du centre-ville. Les Argelésiens se débarrassent d’objets devenus encombrants et inutiles, d’autres cherchent à faire de bonnes affaires, et bien sûr, il n’est pas interdit de participer aux deux évènements !

C’est devant l’hôtel de ville, en milieu de matinée, que les représentants de plusieurs syndicats et leurs sympathisants se sont retrouvés: la CGT, organisatrice, avec son Union locale d’Argelès Côte Vermeille, mais aussi le PCF, la FSU, FO… La foule n’est pas énorme. André Sibrac, trésorier CGT confie : « Ce sont les vacances. Les jeunes sont en vacances, les vieux gardent les enfants. C’est compliqué ! ».

En attendant le départ du cortège, il revient sur des fondamentaux : « le 1er mai, c’est pour montrer l’unité des salariés ». Interrogé sur l’actuelle polémique autour de ce jour chômé, André explique : « On n’est pas opposé au travail ce jour-la, du moment que c’est sur la base du volontariat. Mais ça va devenir, comme le travail le dimanche : c’est plus du tout du volontariat. On va nous voler un jour férié ! ».

Un peu avant 11 heures, le défilé a quitté l’hôtel de ville, en musique, pour rejoindre la route nationale, puis le boulevard Édouard-Herriot. Il a traversé la place Gambetta, au milieu des exposants et des chalands pour remonter la rue de la République et retourner au point de départ. Un bain de foule bon enfant, très remarqué avec les drapeaux de la CGT et la musique, en boucle : le chant du 1″ mai et autres chansons contestataires et engagées : les Fatals Picards, Zebda…

De retour à l’hôtel de ville, la CGT a déclaré dans son discours : « Ils voulaient banaliser le travail le 1″ mai… Nous avons gagné une bataille mais ne nous y trompons pas : ils reviendront à la charge ! ». Les luttes locales ont été également évoquées, depuis les transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906 « dont le combat s’inscrit dans l’histoire ouvrière de notre territoire », jusqu’à aujourd’hui avec les aides à domicile de l’ASSAD d’Argelès, les salariés de CÉMOI, les dockers de Port-Vendres… Après un dernier appel à la mobilisation « pour les salaires, pour l’emploi, pour la justice sociale ». Et plus généralement pour les droits et liberté des travailleurs, l’assemblée a été invitée à partager un apéritif républicain offert par la municipalité.

M.-C. Canal (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

Grève dans les cliniques de Médipôle et Saint-Pierre : pourquoi le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Hier, les salariés de la clinique Médipôle de Cabestany, en grève depuis onze jours, ont décidé de reconduire le mouvement Tout comme leurs homologues de la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propriété du groupe Elsan. Dans les deux cas, le dialogue entre les grévistes et la direction n’est pas rompu, mais les protagonistes ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente.

Ils étaient une bonne centaine de salariés réunis devant l’entrée de la polyclinique Médipôle de Cabestany ce lundi matin, à l’issue le l’assemblée générale qui a une nouvelle fois reconduit e mouvement.

« On ne lâche rien », résume un gréviste vêtu d’un gilet orange fluo. « Nous reconduirons tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses correspondant à nos attentes », confirme la déléguée syndicale CFDT Hélène Massé, selon qui trois rencontres infructueuses ont eu lieu avec la direction depuis le début de la mobilisation.

Ce que veulent les salariés? En plus d’une amélioration des conditions de travail (remplacements, etc.), ils réclament notamment un 13e mois qui équivaudrait à la pérennisation de la prime d’intéressement de 1 500 euros par an que chaque salarié touchait jusqu’ici pour un temps plein en vertu d’un accord à durée déterminée.

« Le mouvement a débuté car la direction voulait nous enlever cette prime », rappelle Hélène Massé. « Ces 1 500 euros, on les a depuis déjà longtemps. Ils contribuent a notre pouvoir d’achat. Les salariés comptent dessus. » La déléguée syndicale CGT de Médipôle, Anne-Laure Affani, con-firme. Et renchérit : « Avec un 13e mois, on cotise pour la retraite et les indemnités maladie, ce qui n’est pas le cas avec la prime d’intéressement. »

Négociations infructueuses

Les revendications sont du même ordre à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propreté du groupe Elsan.

Ici, les salariés exigent « une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros pour compenser la perte des primes d’intéressement et de participation ». Ils demandent également une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail, jugées « dégradées » (« non-remplacements », « manque de matériel »).

Selon le syndicat CGT de Saint-Pierre, lors de la réunion avec la direction qui s’est tenue ce lundi après-midi, celle-ci a proposé « une prime de partage de la valeur de 200 euros net, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Insuffisant aux yeux des salariés qui ont donc décidé de maintenir le mouvement.

Par ailleurs, ce lundi, les employés d’un troisième établissement du groupe Elsan, la clinique Le Floride du Barcarès, ont également débrayé de 15 heures à 16 heures.

Là aussi pour mettre en avant des revendications liées aux salaires (13e mois, revalorisation de l’ancienneté…) mais également aux conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

De son côté, le groupe Elsan indique par voie de communiqué que des rencontres ont eu lieu ce lundi entre représentants du personnel et direction à Médipôle et Saint-Pierre. II confirme que des propositions ont été formulées, mais sans les détailler, et affirme que le dialogue se poursuivra dans les prochains jours.

Cliniques Saint-Pierre et Médipôle : le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Comme la grève, le bras-de-fer se poursuit dans les cliniques Saint-Pierre à Perpignan et Médipôle Saint-Roch à Cabestany. Deux AG des salariés grévistes sont programmées dans la matinée ce lundi. Les représentants syndicaux CGl de Saint-Pierre répliquent à la direction qui pointait « l’absence de personnels » qui, selon elle, ne permettait pas « de garantir la préparation des traitements de chimiothérapie dans des conditions de sécurité suffisantes ».

« Nous souhaitons apporter un démenti ». Le climat ne semble pas s’apaiser à la clinique Saint-Pierre, propriété du groupe Elsan, après plus d’une semaine de grève. Le syndicat CGT de la clinique perpignanaise s’insurge après les précisions de la direction sur l’annulation ou le report de séances de chimiothérapie en plein conflit social, la semaine dernière.

Le jeudi 30 avril, la direction de Saint-Pierre expliquait que « dans ce contexte (la grève NDLR), le nombre de personnels en pharmacie n’a pas permis de garantir la préparation des traitements de chimiothérapie dans des conditions de sécurité suffisantes. Et il faut noter que certains personnels, réquisitionnes, ne se sont pas présentés. Les traitements de chimiothérapie nécessitent en effet une organisation très encadrée, avec des compétences spécifiques indispensables à chaque étape ».

À l’inverse, la CGT assure « qu’un service minimum pouvait être assuré ». Elle détaille : « Le 27 avril : 2 préparatrices (réquisitionnées) étaient bien présentes des 9h30, ainsi que 2 infirmières. Les 29 avril et 30 avril: 1 préparatrice et 2 infirmières étaient présentes chaque jour. Par conséquent, pour ces 3 journées, il était possible d’assurer des soins de chimiothérapie. Les effectifs correspondent à une organisation dégradée mais elle est fonctionnelle et permet d’assurer une continuité minimale des soins ». Elle accuse « la direction d’Elsan », de chercher « à discréditer le mouvement social et les grévistes qui luttent pour leur dignité ».

Ces séances annulées inquiètent les patients. « Si des soins sont annulés, c’est bien la direction de la clinique qui en porte l’entière responsabilité », insistent les représentants syndicaux. « Nous rappelons également que les pharmaciens sont en sous-effectifs depuis plusieurs années (situation dénoncée à de nombreuses reprises sans réponse de la direction). De même, nous vous rappelons qu’une pétition a été lancée depuis le mois de mars auprès des salariés de la clinique, recueillant plus de 410 signatures sur environ 530 salariés ».

De son côté, dans un communiqué, la direction de Saint-Pierre précisait, le 30 avril : « Les équipes et les médecins se sont immédiatement mobilisés pour prévenir l’ensemble des patients concernés, individuellement. Tout au long de la semaine, un travail médical a été mené pour analyser chaque dossier et prioriser les situations nécessitant une prise en charge urgente. En parallèle, l’établissement a engagé des actions concrètes pour rétablir l’activité, notamment en travaillant avec d’autres structures du territoire (notamment l’Hôpital Privé du Grand Narbonne) afin de sécuriser la préparation des traitements et en mobilisant des professionnels compétents issus d’autres services. Cette organisation doit permettre, sous réserve de confirmation, de reprogrammer progressivement les patients dans les tout prochains jours. Notre priorité reste, à chaque instant, de garantir la sécurité des patients et la continuité de leur prise en charge ».

Ce lundi 4 mai, des AG sont organisées à Saint-Pierre et Médipôle. Elles décideront de la poursuite ou non de la grève.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 4 mai 2026)

Grève à la clinique Elsan. Mise au point du syndicat CGT de la clinique St-Pierre par rapport aux articles parus dans L’Indépendant

Madame, Monsieur,

Suite à l’article paru dans vos colonnes ce samedi 2 mai, le syndicat CGT de la clinique St Pierre, soutenu par les grévistes, souhaite apporter un démenti afin de rétablir la vérité.

Des éléments factuels relatifs aux effectifs présents démontrent qu’un service minimum pouvait être assuré :

  • Le 27 avril : 2 préparatrices (réquisitionnées) étaient bien présentes (dès 9h30), ainsi que 2 infirmières. La direction invoque une prétendue incertitude sur l’arrivée des préparatrices pour justifier le fait que les chimio sont annulées, alors qu’elles étaient effectivement en poste à partir de 9h30.
  • Les 29 avril et 30 avril : 1 préparatrice et 2 infirmières étaient présentes chaque jour.

Par conséquent, pour ces 3 journées, il était possible d’assurer des soins de chimiothérapie.

Contrairement à ce qui est avancé dans votre article, les effectifs correspondent à une organisation dégradée mais elle est fonctionnelle et permet d’assurer une continuité minimale des soins.

Nous nous indignons du comportement de la direction d’ELSAN qui présente des faits inexacts et n’assure pas la bonne tenue des soins avec les effectifs mis à sa disposition et ce afin de discréditer le mouvement social et les grévistes qui luttent pour leur dignité.

Le syndicat CGT rappelle que depuis le début du mouvement social, une forte pression est exercée sur les salariées du service de chimiothérapie, alors même que les conditions permettaient d’assurer un service minimum.

Si des soins sont annulés, c’est bien la direction de la clinique qui en porte l’entière responsabilité.

Depuis le début de la grève et les semaines qui l’ont précédée, la direction n’a jamais été à l’écoute des revendications légitimes des salariés et a toujours fermé la porte des négociations, qu’elle conditionne à la reprise du travail, espérant l’enlisement du conflit.

Pour rappel, le groupe ELSAN, premier groupe de santé privé de France, redistribue d’énormes dividendes à ses actionnaires sur le dos de ses salariés et de la sécurité sociale et, par voie de conséquence, des assurés sociaux qui cotisent à l’assurance maladie.

Nous rappelons également que les pharmaciens sont en sous effectifs depuis plusieurs années (situation dénoncée à de nombreuses reprises sans réponse de la direction).

De même, nous vous rappelons qu’une pétition a été lancée depuis le mois de mars auprès des salariés de la clinique, recueillant plus de 410 signatures sur environ 530 salariés. Celle-ci a été transmise à la direction, à l’inspection du travail ainsi qu’à la CARSAT.

Unis et déterminés, les grévistes avec leur syndicat CGT ont décidé de reconduire le mouvement de grève aujourd’hui.

Nous vous invitons à couvrir l’Assemblée générale qui se déroulera ce lundi 4 mai à 9h30 devant la clinique st Pierre à Perpignan.

Dans l’attente que vous diffusiez ce communiqué de presse.

Cordialement,

Le syndicat CGT de la clinique st Pierre.

1er-Mai : « Je suis aide-soignante et je gagne à peine le SMIC… » (L’Indep)

Ce vendredi, entre 1 200 et 1 500 manifestants ont défilé à Perpignan à l’appel de l’intersyndicale. Dans un contexte marqué par l’inflation et la guerre au Proche-Orient, syndicats, soignants et citoyens ont fait entendre leurs revendications.

« Les emplois et les salaires avant les profits », « baisse des prix, relèvement du pays », « salaires en baisse, soignants HS »… Les slogans étaient nombreux ce vendredi 1er mai place de Catalogne, point de départ traditionnel de la mobilisation perpignanaise. Des 10h30, militants, citoyens et syndicats -CGT 66, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA- se sont rassemblés avant de battre le pavé jusqu’à la préfecture des Pyrénées-Orientales, quai Sadi-Carnot.

Des mesures d’urgence réclamées

Au micro, face à l’assemblée, Julien Berthélémy, secrétaire de la CGT 66, a dénoncé une situation sociale « inacceptable ». « Nos organisations sont solidaires des travailleurs en lutte. Il n’est pas acceptable que des entreprises versent des dividendes stratosphériques tout en fermant la porte aux négociations salariales », a-t-il lancé, évoquant également la « répression anti-syndicale » et les accidents du travail, « plus de trois morts par jour ». Les revendications sont claires. « Augmentation générale des salaires, indexation sur les prix, revalorisation des pensions et blocage des prix des carburants. Ce que nous voulons, ce sont des mesures d’urgence concrètes pour vivre dignement de notre travail », a-t-il insisté.

Dans la foule, de nombreux salariés du privé avaient fait le déplacement. Notamment des employés du chocolatier Cémoi ou encore des cliniques Saint-Pierre et Médipôle, en grève depuis plusieurs jours. Les soignants, venus nombreux, ont martelé leur colère. Hélène, officiant à Médipôle Saint-Roch, décrit une situation tendue. « On est en grève depuis huit jours. Les conditions se dégradent, il y a une surcharge de travail, des effectifs de plus en plus diminués, des emplois du temps aléatoires. Et en plus de ça, on perd des primes. Cette année, on n’a même pas eu de participation aux bénéfices. Aujourd’hui, on peut dire que c’est une double mobilisation pour nous. Pour nos droits et pour nos conditions de travail à la clinique. » Même constat du côté d’Aurélie, aide-soignante à la clinique Saint-Pierre : « On est en surcharge constante, avec des effectifs réduits et des salaires très bas. Moi, je gagne à peine le SMIC. Si on fait grève, c’est aussi pour mieux soigner nos patients ».

Au-delà des revendications locales, la défense du 1er mai chômé a aussi mobilisé, après une proposition de loi avortée sur le travail ce jour férié. Pour Agathe et Robert, deux retraités perpignanais, il est hors de question de revenir dessus : « C’est le jour ou jamais de défendre nos droits. Tout a été obtenu par la lutte. Rien n’est acquis. Il faut perpétuer cette journée. Les conquêtes sociales, comme en 1936, ont toujours été arrachées ».

Driss Chait (L’Indépendant, le 2 mai 2026)

Elsan. Un débrayage programmé au Floride au Barcarès (L’Indep)

Le mouvement social, débuté il y a 8 jours, prend encore un peu plus d’ampleur dans les établissements du groupe Elsan dans les Pyrénées-Orientales. Après la grève dans les cliniques Saint-Pierre de Perpignan et Médipôle Saint-Roch de Cabestany, après un débrayage à la polyclinique la Méditerranée, la clinique Le Floride au Barcarès entre dans la danse. Un débrayage est prévu, ce lundi, entre 15h et 16h. Conditions de travail, salaires et primes seraient la-aussi au cœur des revendications d’une partie des salariés. Le Floride est un établissement de 180 lits spécialisé dans la rééducation-réadaptation fonctionnelle. Il compte quelque 120 collaborateurs.

La grève se poursuit, des AG au menu lundi

Le mouvement de grève d’une partie du personnel soignant des cliniques Saint-Pierre et Médipôle Saint-Roch se poursuit ce week-end.1er mai, la grève est toujours là. Des AG sont programmées ce lundi dans les deux établissements de soins de Perpignan et Cabestany. Pour l’instant, aucune rencontre avec les directions n’est (encore) au menu.

L’Indépendant, le 2 mai 2026

Situation du groupe Elsan. Courrier de la Coopératives des élu•es communistes républicain•es et citoyen•nes 66 à Monsieur le Préfet des Pyrénées Orientales

Monsieur le Préfet

Depuis plusieurs jours les salariés de divers établissements du groupe de santé privé Elsan sont en grève.

Leurs revendications constituent des demandes légitimes au vu des difficultés rencontrées par ces salariés afin de faire face aux fins de mois difficiles dans une période ou une reprise de l’inflation est amorcée et que les tarifs de l’énergie, dont ceux des carburants, flambent.

Par ailleurs le groupe Elsan dispose des moyens pour satisfaire ces revendications salariales de même que d’autres concernant les conditions de travail pénibles auxquelles sont confrontés ces personnels.

Devant ce mouvement social légitime les directions tergiversent et n’engagent pas de véritables négociations comme les y obligent les dispositions des NAO annuelles.

Les élus locaux que nous représentons sont particulièrement sensibles à cette dégradation du climat social et aux enjeux qui en découlent pour les salariés et les populations.

Cette attitude est particulièrement inappropriée au regard des obligations pour les directions d’entreprises de développer un dialogue social réel mais aussi au regard des enjeux de mission de service public de santé pour les populations du Département qui ont été livrées progressivement à ces groupes de santé privés.

Nous vous demandons en conséquence d’intervenir auprès de la Direction du groupe Elsan afin qu’elle s’engage dans de véritables négociations salariales au lieu de parier sur un pourrissement du conflit social au détriment des salariés et des patients.

Je vous prie d’agréer Monsieur le Préfet l’expression de nos sincères salutations
 
Jean-André Magdalou

Maire d’Alénya
Président de la Coopérative 66 des élus

La polyclinique Méditerranée débraye : « Les primes, c’est avec ça qu’on vit » (L’Indep)

Hier matin, la grève s’est poursuivie pour les cliniques Saint-Pierre et Médipôle. Les personnels soignants se sont réunis autour d’une manifestation commune et ont entamé une marche vers la polyclinique Méditerranée (Elsan) pour rejoindre leurs collègues. Avant d’être reçus par lARS.

L’union fait la force et les personnels soignants des cliniques de Perpignan l’ont bien démontrer hier. Si Saint-Pierre et Medipôle Saint-Roch sont mobilisés depuis vendredi, la polyclinique Méditerranée, avenue d’Argelés-sur-Mer à Perpignan, a rallié le mouvement ce mercredi. En effet, un débrayage a eu lieu pendant 2 h pour « soutenir les collègues ».

« Nous sommes une petite structure. Nous sommes impactés sur le volet ressources humaines, l’absence d’un 13e mois et de congés de fractionnements. On se retrouve aussi à compenser les absences, comme en salle de naissance, à faire les consultations et d’autres activités. Donc aujourd’hui, on voulait marquer le coup », confie Alban, sage-femme.

Ainsi, les trois établissements regroupes, près de 250 personnes, scandaient leurs revendications devant l’établissement de maternité et de chirurgie : « Elsan t’es foutu, tes soignants sont dans la rue ». Avant que les déléguées syndicales, Valérie (Cfdt) et Florence (CGT) de la polyclinique Méditerranée ne prennent la parole pour exprimer leurs revendications: « Comme chez nos deux grandes sœurs, Saint-Pierre et Médipôle, nous avons des conditions de travail compliquées. Nous avons un bon dialogue social, nous sommes entendus, mais ce qu’on aimerait c’est plus d’actions. Nous attendons que l’ARS ou EIsan nous donne une enveloppe pour être considérés, au même titre que tous les personnels de l’établissement, dans tous les services. Aujourd’hui, on ne s’y retrouve pas dans nos soins », confiaient l’aide-soignante et l’auxiliaire de vie. Dans cette structure « familiale de 127 salariés », le personnel réclame une reconnaissance du travail, une prime financière ou un 13e mois, mais aussi des remplacements pendant les congés payés. « On en est à un point où certains préfèrent se reposer que d’être payé » ont-elles ajouté.

Avant qu’une salariée retraitée récemment de la polyclinique Méditerranée ne s’exprime : « C’est la première fois qu’il y a autant de monde à une mobilisation. Je suis à la retraite depuis un an et il faut continuer à se mobiliser: Il faut prendre en compte que les dividendes c’est aussi pour les personnels, pas que pour les actionnaires. Les primes c’est avec ça qu’on vit à la fin du mois ». Du côté des infirmières au bloc, comme Céline, Amandine et Astrid, elles témoignent: « Plus ça va et plus on nous enlève des avantages. On avait le droit à des congés de fractionnement(*), ce n’est plus le cas. Ou alors on nous impose la période à laquelle on doit poser. Tout ça pour que ce soit en période d’activité plus calme et éviter d’embaucher des remplaçants ».

À Médipôle, les déléguées syndicales expliquent que « la direction a décidé d’arrêter les négociations ». À la clinique Saint-Pierre, elles ont été à nouveau reçues en début d’après-midi par le directeur Julien Coulomb mais « il ne veut pas ouvrir les négociations tant que le service de chimiothérapie n’aura pas rouvert. Donc le dialogue est coupé ». Le mouvement se poursuit donc aujourd’hui pour ces deux établissements de santé.

Laura Morales L’Indépendant, le 30 avril 2026)

(*) Les congés de fractionnement donnent des jours en plus si une partie des congés est prise hors période légale.

« Poursuivre un dialogue social constructif et apaisé » à Médipôle

Valéry Folcher, le directeur de la clinique Médipôle Saint-Roch, a réagi ce mercredi soir. « Comme chaque année, la direction et les élus ont ouvert les Négociations annuelles obligatoires (NAO). Plusieurs réunions se sont déroulées avec un engagement de clore les NAO au plus tard le 30 juin 2026. À la suite de la dernière réunion du 21 avril, il avait été convenu de la tenue d’une nouvelle rencontre à fixer avant le 6 mai. Les organisations syndicales nous ont informés, le 23 avril, d’un mouvement de grève à effet le 24 avril à 5 h ». Il ajoute : « Ce mouvement soudain, alors que les négociations étaient encore en cours, a amené la direction à prendre les dispositions nécessaires et indispensables pour garantir la sécurité des patients hospitalisés et ceux nécessitant une prise en charge médicale urgente et non reportable. La direction réaffirme sa volonté de poursuivre un dialogue social, constructif et apaisé dans le cadre de ces NAO ».

L’ARS « en ordre de marche »

Franck Nivaud, directeur délégué départemental de l’ARS, réagit à la grève des cliniques. Ce mercredi, il a reçu les déléguées syndicales pour connaitre les raisons de cette mobilisation. « On suit avec attention les mouvements de grève et nous sommes en lien avec les directions pour la continuité des réquisitions afin d’assurer le service minimum. Des que le mouvement s’arrêtera, elles seront caduques. Nous avons proposé d’en mettre en place jusqu’à lundi prochain inclus afin que tout le monde ait une visibilité », confie Franck Nivaud, soulignant l’importance de maintenir un dialogue « au fil de l’eau » et lors d’épisodes « comme celui-ci ». Quant a la situation qui en découle sur le territoire, notamment celle aux urgence du centre hospitalier de Perpignan, il explique : « Ce qu’il s’est passé lundi, pour les pompiers et ambulances, c’était une conjonction de facteurs. Mais le centre hospitalier prend toutes les mesures qu’il faut. Il ne faut pas oublier qu’a Médipôle et Saint-Pierre, les urgences accueillent toujours de patients ». Mais à l’approche du pont du 1er mai, la sécurité et la communication sont de mise : « Il faut que la coopération continue avec les autres établissements, pour alléger les charges. Mais tout le monde est en ordre de marche pour une bonne prise en charge des patients ». Il n’est pour l’heure pas exclu que le « plan blanc » soit déclenché à l’hôpital de Perpignan.

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Un vent de révolte …

C’est un fait. Depuis une quinzaine d’années, les mouvements sociaux se sont plutôt affaiblis, en France comme dans le département. Les solidarités ont reculé. Les grèves et les débrayages ont été moins nombreux. Le monde du travail, du chercheur à l’ouvrier, a peiné à se faire entendre, malgré les syndicats et le soutien de partis de gauche. Les grandes manifestations locales ont presque totalement disparu.

Les arguments patronaux et gouvernementaux selon lesquels les caisses sont vides, les impôts trop dissuasifs et les travailleurs pas assez productifs voire fainéants, ont fini par dominer le débat idéologique. La pression du chômage et la promotion culturelle de l’individualisme ont continué de faire le reste. Découragement et pessimisme. Mais…

En un mois, celui d’avril, les choses ont quelque peu changé près de chez nous. Les salariés de Cémoi, massivement, ont tenu sept jours pour la dignité et les salaires. Une vingtaine de producteurs bio -éleveurs, maraîchers, fromagers, boulangers…- viennent de se doter d’un outil efficace à Ille-sur-Têt pour organiser le circuit court nécessaire et utile. Ils ont créé une association et seront opérationnels mi-mai. Des bergers et des vachers salariés saisonniers ont créé leur syndicat CGT pour se rapprocher les uns des autres, pour être solidaires et pour construire et obtenir une convention collective. Enfin, une majorité de salariés d’Elsan (Médipôle et Saint-Pierre) était encore en grève mercredi 29 pour leur dignité, le pouvoir d’achat et des embauches, et un meilleur service sanitaire à rendre aux patients.

On a souvent l’habitude de dire qu’« une hirondelle ne fait pas le printemps »,mais quand même, elle pourrait bien y contribuer.