Le Parlement européen renvoie l’accord de libre-échange UE-Mercosur devant la Cour de justice de l’UE

Toute application provisoire de l’accord serait un scandale démocratique inacceptable.

Ce mercredi 21 janvier, le Parlement européen s’est prononcé en faveur de la résolution qui renvoie l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) : 334 eurodéputés ont voté POUR ce renvoi, 324 CONTRE. Le processus de ratification européen est suspendu. Ce vote est le fruit des mobilisations paysannes et citoyennes menées depuis des années. Nous remercions les milliers de personnes qui ont écrit aux Eurodéputés pour leur demander de renvoyer cet accord devant la CJUE.

Le Collectif national Stop Mercosur et les organisations qui le composent s’en félicitent. Ce vote, qui n’est pas une surprise, illustre ce que nous disons depuis des mois : il n’y a pas de majorité acquise au sein de l’UE en faveur de l’accord le plus nocif jamais négocié par l’Union européenne.

Toute application provisoire de l’accord serait un scandale démocratique inacceptable, bafouant le parlementarisme et les institutions européennes.

Nous appelons les institutions européennes à revoir leur copie : renforcer les liens politiques, géopolitiques et de coopération avec les pays d’Amérique du Sud, et tout particulièrement avec le Brésil, ne se fait pas en exportant des voitures thermiques et en important des carcasses de viandes réfrigérées.

Réactions des membres du collectif national Stop-Mercosur :

Pour Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne.
« Ce vote montre bien que la signature de l’accord au Paraguay ne marque pas la fin du processus. Nous venons de gagner le temps nécessaire pour finir de convaincre les eurodéputé·es de rejeter l’accord lui-même. Depuis des mois, la Confédération paysanne se mobilise pour faire entendre la nocivité d’un accord perdant pour toute la paysannerie en Europe et dans les pays du Mercosur : nivèlement par le bas des revenus, des droits sociaux et des conditions de production. »

Pour Clément Helary, chargé de campagne pour Greenpeace France.
« La suspension de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur ravive l’espoir de voir cet accord annulé pour de bon. Les atteintes aux droits des populations et la déforestation continuent à ravager l’Amazonie, qui s’approche dangereusement d’un point de bascule. L’accord, qui ne profiterait qu’à l’agroindustrie, accélèrerait cette destruction en encourageant les importations de bœuf ou de soja par l’Europe. Il est néfaste sur le plan environnemental tant que sur le plan social. Le Parlement européen l’a suspendu : il faut maintenant qu’il le rejette définitivement. »

Pour Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac France.
« La mobilisation citoyenne associative et syndicale paye et nous nous en félicitons. Ce renvoi à la CJUE prouve la prise de conscience des parlementaires européen·nes que cet accord éculé toxique et non démocratique ne profite qu’à une minorité de grandes groupes de l’industrie agro-alimentaire. Ce coup d’arrêt aux manœuvres de « Splitting » de la Commission rouvre l’espoir pour une agriculture d’intérêt général, débarrassée du carcan néolibéral. Cela renforce notre mobilisation pour sortir définitivement du cauchemar de ce traité, et œuvrer pour une agriculture saine, socialement et écologiquement juste. »

Pour Maxime Combes, économiste à l’Aitec et co-animateur du collectif national Stop-Mercosur.
« C’est la première fois de l’histoire de l’Union européenne qu’un accord de libre-échange ne recueille pas une très large approbation au sein du Parlement européen. Nous le disions depuis des semaines : l’accord le plus nocif jamais négocié par l’UE, mais aussi le plus contesté, n’a pas de majorité acquise. C’est une double démonstration : la politique commerciale de l’UE ne fait plus consensus et le discours selon lequel l’UE tirerait sa force géopolitique des accords de libre-échange ne convainc plus. Toute application provisoire de l’accord serait un scandale démocratique inacceptable, bafouant le parlementarisme et les institutions européennes. »

Pour Nabil Berbour, directeur de campagne chez Ekō.
« Ce vote est une victoire majeure pour la mobilisation citoyenne. Plus de deux millions de personnes à travers l’Europe ont exigé l’arrêt de ce « pacte de déforestation », et aujourd’hui, le Parlement européen a enfin entendu l’alerte. En saisissant la CJUE, les députés reconnaissent que l’on ne peut pas contourner la démocratie pour imposer un accord archaïque. C’est un coup d’arrêt brutal aux manœuvres de la Commission européenne : la bataille continue pour que cet accord ne soit pas seulement suspendu, mais définitivement enterré au profit d’un commerce juste et respectueux des limites planétaires. »

L’édito du TC par Michel Marc. Le piège de la désunion à gauche

Il nous faut regarder la réalité en face. En France et dans le département, des communes seront « abandonnées » à la droite ou à l’extrême droite. Les difficultés à rassembler l’ensemble des « progressistes » sont toujours là, présentes. Et ce plutôt dans les grandes villes. Les socles de résistance locale aux mauvais coups portés par les gouvernements successifs risquent de s’effondrer. Les acquis environnementaux, humains et sociaux, l’attention portée aux services publics de proximité (crèches, écoles, culture, santé, vie associative…) seront, sans aucun doute possible, mis en danger par de nouvelles majorités libérales. Nous évoquons là les quatre plus grandes villes de France, Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux, pour ne parler que des communes les plus importantes administrées par la gauche. Inadmissible.

Ajoutons que d’importantes communes (Le Havre, Nîmes…) pourraient être gagnées sans ces désaccords tenaces.

Au soir du second tour, nous risquons la gueule de bois, voire le coma. Ces difficultés installées, de même nature, persistent douloureusement dans la plus grande ville du département, Perpignan. Deux listes à gauche, identifiées, et une troisième qui, en l’état, prétend rassembler du PS à la droite. Le risque est pris qu’aucune de ces listes ne parviennent à se qualifier pour le second tour. Le pari est mortifère. Les citoyens sont mécontents. Le traumatisme laissera des blessures importantes. Et pour longtemps.

Les villes moyennes et les villages s’en sortent mieux. Les statistiques le disent. Il y aura plus de listes d’union à gauche qu’aux précédentes élections en France. Souvent sans LFI. Pour autant, le quotidien l’Humanité met les pieds dans le plat. « Les divisions entretenues par le PS et par LFI pourraient conduire à de sévères échecs électoraux », et, plus loin dans l’article, « les Insoumis jouent un jeu dangereux (…). LFI mène une autre stratégie : elle entend faire le plus gros score possible pour être présente et en situation de force au second tout pour négocier ». À Perpignan, les Insoumis étaient, depuis le début (automne 2024) invités à un travail en commun. Ils ne l’ont pas souhaité.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4100 – vendredi 23 janvier 2026)

L’édito de Michel Marc. Le piège de la désunion à gauche
Annonces
Coup de gueule. Perpignan : une entrave inacceptable à l’exercice du droit de vote

Focus

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L’événement

Dangers
Ne laissons pas le mondes dans les mains de Trump !
Politiques guerrières, jusqu’où ? « Nos experts »…
Aide publique au développement
Préambule du programme de développement durable à l’horizon 2030 adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 septembre 2025
Budget en baisse

Département

Cabestany. Plus de 700 participants aux vœux
Élections municipales Canet-en-Roussillon. Nadine Pons conduit une liste à gauche
Alénya. Des vœux d’espoir, d’humanisme et de paix
TER Perpignan-Villefranche. Enfin ! La réouverture. Manifestons !
En Català. Les cinc arques Capitol 4 (3)
Municipales Canohès. Une liste citoyenne bouscule le jeu électotal
Rencontre avec le collectif
À deux mois du scrutin, gauche contre droite

Sport

USAP. Qualification en Chalenge Cup

Culture

Archipel. Roméo et Juliette
Où sortir ?
Mémoire de l’exil. Dessiner c’est combattre
Exposition. Electric cinéland
Lucas Ma Ville. « Ma Ville » ; Un clip local réjouissant. À l’écoute, et à la vue !

France

Libéralisme et mises en concurrences Mercosur, un bon accord ?
Éléments

Monde

Iran. Ni Shah ni mollahs ni OTAN !

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Ehwen Çiyako. « Notre vision est celle d’un Iran démocratique » (La Marseillaise)

Ehwen Çiyako est membre du comité exécutif du PJAK, Parti pour une vie libre au Kurdistan qui lutte contre le régime iranien. Il répond à « La Marseillaise » alors que la répression est sanglante en Iran.

La Marseillaise : À la suite du mouvement « Femme, Vie, Liberté », d’importantes manifestations ont lieu en Iran. Quelles en sont pour vous les motivations principales ?

Ehwen Çiyako : Il convient de préciser d’emblée que le mouvement actuel s’inscrit complètement dans la continuité du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » qui a émergé en 2022 suite à l’assassinat de Mahsa Jina Amini par la République islamique. Ces protestations sont le fruit d’une profonde et structurelle fracture entre l’État et la société. Depuis 47 ans, la République islamique d’Iran viole systématiquement les libertés et les droits fondamentaux du peuple iranien. Elle s’attaque aux droits culturels des différentes nationalités iraniennes par des politiques d’assimilation et, en appliquant des lois inspirées de la charia, prive les femmes de leurs droits de la manière la plus brutale qui soit. Le régime ne tolère aucune forme de dissidence et réprime les libertés politiques, culturelles, économiques et sociales par divers moyens. La liberté d’expression est bafouée et l’environnement iranien a été gravement dégradé, conformément aux intérêts et à la politique militariste du régime. La République islamique est devenue une force déstabilisatrice pour la sécurité régionale et mondiale, et c’est avant tout le peuple iranien qui en supporte le poids. Malgré toutes ces pressions, la société iranienne continue de revendiquer la démocratie et la liberté. Cette persistance a créé un profond fossé culturel entre le peuple et la République islamique, fossé qui recèle un potentiel de soulèvements et de révolutions.

La Marseillaise : Diriez-vous qu’il s’agit d’une révolution ?

Ehwen Çiyako : Il ne fait aucun doute que nous assistons à une révolution, à condition de ne pas la percevoir superficiellement comme un événement ponctuel visant uniquement à renverser le pouvoir politique, mais de la comprendre comme un processus dynamique et continu. La révolution « Femme, Vie, Liberté » est à l’œuvre quotidiennement dans les sphères sociales et culturelles iraniennes. Cette réalité creuse sans cesse le fossé entre l’État et le peuple et prépare le terrain pour une révolution politique, c’est-à-dire une transformation fondamentale du système de gouvernance iranien. Cette révolution s’attaque directement aux fondements de la République islamique, la plongeant dans une crise de légitimité politique, sociale, juridique et administrative. Nous sommes fermement convaincus que cette révolution finira par triompher.

La Marseillaise : Quelle place les Kurdes prennent-ils dans ce mouvement ?

Ehwen Çiyako : En 2022, la ville de Saqqez a joué un rôle de premier plan, de locomotive dans le mouvement. Lors de la dernière vague de contestation, ce rôle a été assumé par Ilam et Malekshahi, deux villes du Kurdistan. Ceci démontre une fois de plus le rôle pionnier du Kurdistan dans le processus révolutionnaire iranien. Bien que cette vague de protestations ait débuté dans le bazar de Téhéran, elle est initialement restée largement circonscrite à certains secteurs, et l’État est parvenu en partie à enrayer son expansion et sa diffusion. C’est au Lorestan et dans les régions méridionales du Kurdistan, notamment à Ilam et Kermanshah, que le mouvement a pris une ampleur sociale. Tandis que les manifestations à Téhéran s’essoufflaient et que le régime concentrait ses forces répressives sur Ilam et Kermanshah, d’autres villes du Kurdistan ont répondu à l’appel du 8 janvier lancé par sept partis kurdes d’Iran, membres du « Centre de dialogue des partis kurdes d’Iran », en organisant des manifestations et des grèves. Grâce à un soutien sans précédent, notamment à travers des grèves massives, les Kurdes ont non seulement étendu leur mouvement à l’ensemble du Kurdistan, mais ont également relancé les manifestations à Téhéran et dans d’autres villes iraniennes. Cette fois-ci, les rues étaient massivement remplies et les manifestations se sont intensifiées à l’échelle nationale. Cette réalité souligne une fois de plus le rôle crucial des Kurdes et leur position de force motrice de la révolution iranienne.

La Marseillaise : Le régime islamiste peut-il tenir grâce à la répression ?

Ehwen Çiyako : Depuis sa création, la République islamique a systématiquement réprimé les manifestations populaires. Lors des soulèvements récents, notamment le mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022, elle a eu recours aux formes de répression les plus brutales. Malgré cela, le régime n’est pas parvenu à assurer sa survie et, sous la pression croissante de facteurs internes et externes, il est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Il ne fait aucun doute qu’il se dirige vers sa chute. Le peuple iranien est épris de liberté et courageux, et la République islamique est incapable de le détourner de cette voie. La répression continue ne fait qu’attiser la haine du peuple envers le régime, et cette haine se transforme peu à peu en une force politique et de résistance organisée. Si la République islamique persiste dans sa politique répressive, elle sera finalement vaincue par cette force politique de plus en plus puissante : la volonté organisée du peuple iranien.

La Marseillaise : Croyez-vous à une intervention extérieure ?

Ehwen Çiyako : Nous avons une foi inébranlable dans la force intérieure de la société iranienne et sommes convaincus que le talon d’Achille de la République islamique réside dans ses faiblesses internes. Cette force populaire doit être renforcée et soutenue par la communauté internationale. Une attention accrue portée aux fragilités internes du régime, conjuguée à un soutien international aux luttes populaires, suffirait à induire un changement fondamental en Iran. Nous préconisons cette approche face à la République islamique et entendons devenir l’une des forces dynamiques et décisives de ce processus. Nos préparatifs et nos stratégies sont alignés en conséquence.
Parallèlement, les politiques de la République islamique créent de plus en plus les conditions qui légitiment l’intervention étrangère. Cette situation résulte directement des actions du régime, et non de nos convictions ou de nos préférences. Néanmoins, en toutes circonstances, nos actions resteront guidées par un engagement indéfectible envers la démocratie, la réalisation des droits démocratiques et la protection des vies et des biens. Notre vision, en toutes circonstances, est celle d’un Iran démocratique.

La Marseillaise : Le PJAK souhaite-t-il un scénario à la syrienne où les Kurdes contrôleraient une partie du territoire ? En avez-vous les moyens civils et militaires ?

Ehwen Çiyako : Le PJAK est sans conteste l’une des forces les plus influentes au Kurdistan et en Iran. Ses progrès ne se limitent pas au domaine militaire ; ils s’étendent également aux sphères politique, intellectuelle, sociale et organisationnelle. Le PJAK est convaincu que pour parvenir à un changement significatif, l’unité sociale et la convergence avec les autres forces démocratiques et émancipatrices du Kurdistan et d’Iran sont indispensables. Des progrès ont déjà été accomplis dans ce sens, et la consolidation et l’expansion de ces acquis demeureront un élément clé de la stratégie future du PJAK. Nous fondons notre stratégie sur la capacité à saisir chaque opportunité dans l’intérêt des peuples du Kurdistan et d’Iran.

Entretien réalisé par Léo Purguette (La Marseillaise, le 21 janvier 2026)

Le Conseil des droits de l’Homme va se réunir vendredi en urgence pour débattre sur la « détérioration » de la situation des droits humains en Iran, après la répression des manifestations contre le pouvoir, a indiqué l’ONU. Au moins 3 428 manifestants ont été tués, selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights, dont les chiffres sont cités par l’ONU, mais d’autres estimations font état, selon elle, de plus de 5 000 morts, voire jusqu’à 20 000. Dans ce contexte, La Marseillaise interroge sur la situation, Ehwen Çiyako, membre de la direction du PJAK, parti kurde d’Iran.

Elne. Les candidats confrontent leurs projets pour le centre-ville (L’Indep)

Ce mardi 20 janvier, le premier des 25 débats qu’organise L’indépendant à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains a réuni les quatre candidats déclarés à la mairie d’Elne. Ces derniers ont notamment débattu de la redynamisation du centre-ville. Extraits choisis.

Ils étaient tous présents. Ce mardi 20 janvier en fin d’après-midi, les quatre candidats déclarés en vue de l’élection municipale d’Elne étaient tous rassemblés sur le même plateau dans les locaux perpignanais de L’Indépendant. Le maire sortant, Nicolas Garcia, qui mène la liste « Elna endavant »« En avant Elne » en binôme avec André Trives. S’est confronté pour l’occasion à Marie-Ange Izquierdo pour « Elne autrement », Christelle Jimenez d’« Elne pour tous » et Steve Fortel d’« Elne à cœur ». Une grande partie de ce débat a tourné autour de la redynamisation du centre-ville.

« Les centres-villes connaissent tous des difficultés », a rappelé Nicolas Garcia, « Dernièrement, au moins cinq commerces se sont installés en cœur de ville. Mais cela reste insuffisant. Nous allons rendre le cœur de ville en partie piéton, sauf pour les riverains, et revitaliser la ville basse. Autour de la salle Héléna, où nous comptons rénover le théâtre à l’italienne et aménager un lieu de vie, nous préemptons chaque fois que c’est possible des bâtiments pour les mettre ensuite a disposition des commerçants ».

Sur le même thème, Marie-Ange Izquierdo a estimé qu’il convenait entre autres de « revoir le plan de circulation », de « travailler sur la propreté » et de « soutenir les commerces ». « Concernant la salle Helena, nous sommes en pourparlers pour la réhabiliter dans le cadre d’un partenariat public-privé. Nous voulons en faire un lieu de rencontre intergénérationnel et une salle polyvalente et culturelle », a t-elle expliqué.

Quel avenir pour la salle Héléna ?

De son côté, Christelle Jimenez a pris le contrepied. « Pour nous, la priorité, ce n’est pas la salle Héléna, mais de refaire venir des commerces Il va aussi de soi qu’il faut travailler sur le stationnement. Il faut redonner un cœur à cette belle ville en lien avec le patrimoine. Par exemple en mettant en place un balisage pour inciter les enfants à découvrir l’histoire de la ville ».

Quant à Steve Fortel, il a pour sa part émis l’idée de « faire des halles » à la salle Héléna. « Je ne pense pas qu’il faille faire une ville piétonne pour redonner de l’attractivité au centre-ville », a-t-il jugé. « Il faut plutôt ajouter des stationnements à durée limitée et revoir le plan de circulation. Pour redynamiser le centre-ville, il faut aussi impliquer les commerçants, les habitants, mais aussi les associations, pour y ramener des fêtes traditionnelles et populaires ».

Nicolas Garcia a repris la balle au bond en rappelant qu’Elne avait tout de même déjà
« 800 places de parking autour du cœur de ville ». Coté bilan, le maire sortant n’a pas non plus manqué de mettre en avant le centre de santé communal qu’il a mis en place.

Autre sujet évoqué, la tendance politique de Steve Fortel, notamment connu pour avoir été membre du Parti nationaliste français (extrême droite). « Ceci, c’est du passé », a assuré ce dernier, qui se revendique aujourd’hui à la tête d’une liste « sans étiquette ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

Après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan-Villefranche rouvre samedi (L’Indep)

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue sur la voie ferrée à hauteur d’Eus provoquait le déraillement d’un TER. Samedi, en gare de Perpignan, sera inaugure a 8h09, heure du départ du premier train, le retour de la ligne SNCF en presence, a bord, du préfet Regnault de la Mothe. De son côté, l’association Train en Têt se dit « soulagée » que ce train « revienne parmi les siens ».

Il aura fallu dix-huit mois jour pour jour d’un chantier de réfection, par moments complexe, pour remettre sur de (nouveaux) rails la ligne SNCF Perpignan-Villefranche-de-Conflent-Vernet-les-Bains. Pour rappel, suite au déraillement le 24 juillet 2024 d’un TER à hauteur du pont d’Eus la circulation des 14 trains qui empruntent régulièrement cette ligne avait dû être interrompue le temps de ces gros travaux. Le 16 janvier dernier, la livraison du chantier « clés en main » était officiellement actée.

Mais ce samedi 24 janvier, à 8h09 précisément (heure du départ depuis Perpignan du premier train reliant les deux gares), c’est le retour de cette ligne qui sera inauguré « pour partager un moment de convivialité à bord de ce train où sera offert le petit-déjeuner » annonce la SNCF. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, montera à bord du train qui fera une halte en gare de Prades-Molitg-les-Bains à 8h48 exactement. Puis poursuivra son trajet pour arriver en gare de Villetranche-Vernet-les-Bains à 8h56.

Pour sa part l’association « Train en Têt » fait savoir par la voix de son président Enric Balaguer qu’elle est « soulagée » pour « tous les acteurs qui ont opéré et continuent d’opérer à son bon fonctionnement ». Tout en espérant « une amélioration et une modernisation » de cette ligne Perpignan-Villefranche-Vernet-les-Bains, Enric Balaguer veut conclure sur une note positive: « la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La ligne Perpignan-Villetranche n’est pas non plus une petite ligne tranquille, mais enfin -et c’est ça le plus important aux yeux des usagers, des cheminots, et plus largement des habitants des Pyrénées-Orientales-, le train revient parmi les siens ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

Cabestany. La déchirure du RN, une aubaine pour la maire sortante ? (L’Indep)

Édith Pugnet, maire communiste de Cabestany, assiste aux querelles du Rassemblement national sur sa commune pour le scrutin du 15 et 22 mars 2026. Après avoir retire son investiture à Jean-Pierre Brazès, le parti de Louis Aliot l’a finalement donné à Olivier Mas. Deux listes, revendiquées a l’extrême droite de l’échiquier politique devraient donc se présenter aux municipales. Une dispersion des voix qui pourrait être de bon augure pour la maire sortante.

Elle regarde ses opposants se déchirer, de loin, tout en tentant d’afficher la plus grande « sérénité » possible. Édith Pugnet, la maire sortante de Cabestany, assiste sur sa commune à la polémique qui est née à l’opposé de son bord politique, l’extrême droite.

Pour le contexte: Jean-Pierre Brazès s’est vu retirer son investiture par le Rassemblement national le 10 janvier. Raisons principales invoquées par le parti de Louis Aliot : la présence d’élus Reconquête sur la liste, mais aussi de l’ex-compagne d’Yvan Benedetti, militant de l’ultra-droite déjà exclu du Front national en 2012. Le RN a finalement envoyé dans la course aux municipales Olivier Mas, administrateur du théâtre de l’Archipel. Cet ancien colistier de Jean-Pierre Brazès a moins d’un mois pour constituer une liste de 33 noms + 2. Quant à Jean-Pierre Brazès, il a assuré maintenir sa candidature.

« À Cabestany, il n’est un secret pour personne que l’ex compagne d’Yvan Benedetti réside sur la commune, ni qu’elle est présente sur la liste de Jean-Pierre Brazès depuis un moment », assure Édith Pugnet. « De la même manière, quand on vit à Cabestany, on peut apercevoir Yvan Benedetti quelque fois dans la commune. J’avoue avoir du mal à comprendre la polémique soudaine née au RN sur ce sujet. Car rien de tout cela n’était un secret. Quant aux candidats Reconquête présents sur cette liste, ils étaient aux côtés de Louis Aliot lors de l’inauguration de la permanence de Jean-Pierre Brazès… ».

Si les deux candidats arrivent à monter leur liste, cette dispersion des voix à l’extrême droite pourrait être une aubaine pour la maire sortante. Car, même si son opposant Éric Poupet est aussi engagé dans le scrutin à Cabestany, le RN semble bien être le principal concurrent de l’élue communiste. « Je reste prudente car on n’est jamais à l’abri qu’ils (Jean-Pierre Brazès et Olivier Mas, NDLR) se remettent ensemble », commente-t-elle. « Mais je suis sereine et confiante. En revanche, je suis très en colère pour tous les habitants de Cabestany. Ils méritent mieux que cette guéguerre fratricide. Pour monter une liste, il faut s’y prendre à l’avance, se connaître et proposer un vrai programme ».

La maire sortante argumente en annonçant repartir, elle, avec la moitié de son équipe.
Des colistiers aux profils assurés pluriels car sur les 33 noms + 2 qui l’accompagnent, « 19 sont encartés dans aucun parti. Mais ils sont des membres actifs de Cabestany, que ce soit dans des associations culturelles et sportives ou dans les quartiers ».

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

Communiqué du Syndicat CGT Cheminots de Perpignan. Retour du Train entre Perpignan et Villefranche

Ce samedi 24 janvier, les trains reliant Perpignan à Villefranche seront de retour. Il aura fallu attendre plus d’un an et demi après l’accident qui a endommagé le Pont d’Eus, pour que les circulations reprennent.

Depuis le début, le syndicat CGT des cheminots de Perpignan a dénoncé les délais anormaux avec des blocages administratifs mais surtout l’inaction de l’État face aux besoins des usagers du train et des citoyens utilisateurs du fameux Pont d’Eus.

Les usagers de la ligne vont enfin pouvoir retrouver leurs trains sur la totalité du parcours et ainsi mettre fin aux galères de correspondances avec les bus à Ille-sur-Têt ou tout simplement éviter les bouchons sur les routes pour aller travailler.

Aujourd’hui, nous saluons cette réouverture, mais nous restons mesurés car depuis de nombreux mois nous alertons sur l’insuffisance des moyens pour assurer l’ensemble des trains sur la totalité de la ligne, ainsi que le plan de transport nominal.

Pour rappel, si la fermeture partielle de la ligne a eu pour conséquence naturelle une diminution des moyens pour assurer les trains entre Perpignan et Ille-sur-Têt, dans cette même période les usagers ont subi des suppressions de trains (entre 25 et 30 %) par manque de personnel.

À partir du 24, la réouverture jusqu’à Villefranche est conditionnée par le retour sur cette ligne d’une rame TER ainsi que 2 conducteurs et 2 contrôleurs. Aujourd’hui la Direction ne souhaitant pas garantir ces conditions, le plan de transport quotidien sur la ligne sera une nouvelle fois fortement dégradé.

Mais soyons rassurés pour la journée du 24 janvier. La Direction va déployer un dispositif important pour s’assurer que l’inauguration en présence du PDG de la SNCF Jean Castex du préfet et de nombreux élus, se passe sans accroc. Tous les postes seront doublés avec des astreintes et plusieurs rames seront à disposition en cas de panne. Le train sera bien présent, tout beau et tout propre, bien accompagné en sécurité et sûreté avec des effectifs en nombre important. Mais qu’en sera-t-il après le 24 ?

La CGT appelle les cheminots à participer avec les associations d’usagers, les usagers, les citoyens et les élus politiques à cette inauguration. Mais contrairement à certains élus politiques et représentants de la Direction, nous continuerons à alerter sur les problèmes que les cheminots et usagers subissent au quotidien et nous resterons évidemment mobilisés afin de revendiquer des moyens pour assurer un service public de qualité sur cette ligne.

Perpignan le 19/01/2026

1er Mai. On ne touche pas à la journée internationale pour les droits des travailleurs et des travailleuses !

Le 22 janvier l’Assemblée nationale doit rejeter l’attaque du 1er mai, seul jour obligatoirement chômé et payé

Certains groupes parlementaires et les organisations patronales ont lancé de nouvelles offensives pour obliger les salarié·es à travailler le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement chômée, rémunérée et symbolique pour les travailleurs·euses à l’international.

C’est le sens de la proposition de loi adoptée au Sénat, « Permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai » largement appuyée par le gouvernement de l’époque, qui a engagé la procédure accélérée, comme si l’urgence était de faire travailler les salarié·es le 1er mai !

La loi actuelle prévoit que seuls « les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail » peuvent faire travailler leurs salarié·es. La proposition de loi étend la dérogation à un ensemble de secteurs professionnels, aux dépens des salarié·es mais aussi des petits commerces indépendants de proximité qui pouvaient jusqu’ici déjà ouvrir ce jour-ci sans subir la concurrence des grandes entreprises.

Cette proposition de loi, soumise au vote d’une niche parlementaire le 22 janvier, remettrait en cause ce jour de repos rémunéré pour l’ensemble des salarié·es. Le projet d’établir une liste d’établissements visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité du 1er mai. Or à chaque fois qu’un principe est remis en cause, la dérogation s’étend progressivement à toutes et tous. Le travail le dimanche en est l’illustration.

Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être. Quant au « volontariat », ajouté pour rassurer, il n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail, d’autant plus dans les TPE. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les nouveaux·elles salarié·es.

Sur notre département, fortement touché par le chômage et la précarité, et contrairement aux idées reçues, cette loi n’aura aucun effet sur l’emploi et dégradera encore plus les conditions de vie et de travail.

Enfin, cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs, depuis les manifestations mortelles, notamment en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans d’histoire de lutte sociale.

Par nos alertes syndicales nous avons participé à modifier la première version de la proposition de loi. Le texte adopté au Sénat reste un recul pour des millions de salarié·es. Par nos interpellations et notre mobilisation, nous pouvons encore empêcher cette régression sociale inacceptable.

Alors qu’elle est inscrite dans la niche parlementaire le 22 janvier, les organisations syndicales des Pyrénées-Orientales CFDT 66, CFTC 66, CGT 66, FO 66, FSU 66, Solidaires 66 et UNSA 66 s’opposent fermement à ce projet de loi et seront vigilantes aux votes des député·es. Dans cette période troublée, gardons des temps en commun d’apaisement. Le 1er mai doit rester ce qu’il est : un jour férié et chômé.

Perpignan, le 20 janvier 2026

Conflent-Cerdagne-Capcir. Fin de la grève à La Poste (L’Indep)

La grève commencée mercredi 14 janvier est désormais terminée. Tous les guichets de La Poste de Conflent, Cerdagne et Capcir devraient reprendre leurs activités habituelles.

« Après deux jours de grève à 90 % puis 98 % de grévistes sur le secteur de Prades, un protocole d’accord a été signé ce samedi 17 janvier. Le préavis de grève a donc été levé ». L’annonce est de Stéphane Villepontoux responsable local de la CGTFAPT 66 (Confédération générale de travail, Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication). « Nous resterons vigilants quant à l’application des engagements pris par la direction et l’évolution des conditions de travail des agents sur tout le secteur ».

Pour rappel, des conditions de travail détériorées et une continuité du service public non assurée étaient les principales raisons de cet appel à faire grève.

« Nous attendons désormais la reprise totale des travaux de l’évolution continue en place depuis le 5 janvier. C’est une vraie réorganisation déguisée. La direction s’est aussi engagée à recourir à de l’intérim pour les besoins urgents et à maintenir les deux chargés de clientèle remplaçants… »

Bref, bonne nouvelle pour les usagers. Les services lies a a banque postale, les cours de Code de la route ou encore l’envoi et le retrait de colis sont donc à nouveau accessibles.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 20 janvier 2026)