Michaël Zemmour : « On peut s’attendre à une augmentation de la pauvreté » (La Marseillaise)

Michaël Zemmour, économiste et enseignant-chercheur à l’Université Lumière Lyon 2, qualifie le budget présenté par Sébastien Lecornu « d’antisocial ». Selon lui, la « suspension » annoncée de la réforme des retraites s’apparente davantage à un décalage dans le temps.

La Marseillaise : Quel effet aura la « suspension » de la réforme des retraites annoncée par le Premier ministre ?

Michaël Zemmour : L’annonce a été détaillée par le Ministre du Travail. En fait, c’est un décalage du calendrier d’application de la réforme de 2023 qui reste fondamentalement la même. On part à la retraite à 64 ans avec 43 annuités de manière accélérée. Pour certaines générations, on va avoir un décalage de trois mois dans l’application du calendrier. Par exemple, les personnes qui devaient partir à 63 ans et 3 mois partiront à 63 ans. Cela concerne les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour toutes les autres générations, la loi va conserver l’âge de 64 ans et 43 annuités.

La Marseillaise : Cela peut être considéré comme une « victoire » ?

Michaël Zemmour : Ça, c’est aux partis et aux syndicats d’en juger. Ce n’est pas un gros changement sur la réforme, ça n’en modifie ni les objectifs, ni les principes et ce n’est pas très cher pour le gouvernement. En réalité, c’est plutôt un décalage du calendrier de la même réforme. Une suspension, ça aurait été de dire : à partir de maintenant, on bloque les compteurs à 62 ans et 9 mois. Il faudra faire une nouvelle réforme pour repartir à la hausse ou à la baisse. Là, il n’y aura pas besoin de nouvelle réforme. Si on ne fait rien, on va à 64 ans, comme prévu, mais décalé d’une génération. C’est un bougé, ce n’est pas rien.

La Marseillaise : Quand Sébastien Lecornu parle de « compenser » cette suspension, de quoi est-il question ?

Michaël Zemmour : J’imagine qu’il parle de la question du financement. Pour financer ça, il faudrait moins de 0,3% de cotisations à partager entre employeurs et salariés. C’est vraiment peu à l’échelle du système de retraite. Dans le débat budgétaire qui s’annonce, il y a beaucoup de mesures plus importantes que ça. Le gouvernement prévoit par exemple de baisser la taxe exceptionnelle sur les grandes sociétés qui passera de 1 milliard à 4 milliards d’euros. Cette seule mesure représente un coût plus important que le décalage de la réforme de la retraite. Le budget sera « moins » dur à la fin qu’au début, c’est en tout cas ce qu’a annoncé le Premier ministre…

La Marseillaise : Quelles sont ces autres mesures « plus importantes » auxquelles vous faites allusion ?

Michaël Zemmour : Nous verrons dans quelle direction va le débat budgétaire, qui promet d’être sans doute un peu inédit, puisque le gouvernement s’apprête manifestement à faire bouger son texte dans des proportions importantes. Pour l’instant, dans ce budget il y a des mesures fortement antisociales, comme le gel des prestations familiales et des minima sociaux, qui, à ma connaissance, ne s’est jamais produit. Il y aura sans doute – parce que c’est très polémique – un débat sur la désindexation des retraites. Ainsi que des questions sur la fiscalité. Est-ce que, du côté de la droite, il n’y aura pas une volonté de bloquer une mesure fiscale ? On ne peut pas le dire à ce stade. Une des choses très inquiétantes, c’est le budget de l’État et des services publics, qui restent très très très serrés alors qu’on est au milieu d’une crise des services publics en général et de l’école en particulier. C’est un enjeu de lutte contre les inégalités. L’école peut être un outil de réduction des inégalités, mais il y a une fuite de celles et ceux qui ont les moyens vers l’école privée. C’est aussi un enjeu de préparation économique de l’avenir : les moyens qu’on ne met pas aujourd’hui dans l’école risquent de coûter en formation, au niveau de qualification, dans les années qui viennent.

La Marseillaise : Quid du doublement des franchises médicales ?

Michaël Zemmour : C’est une mesure budgétairement très importante qui représente de l’ordre de 2 milliards d’euros et qui va directement augmenter la facture pour les malades puisque c’est une dépense obligatoire. Soit les gens vont reporter leurs soins, ce qui est préoccupant en soi, soit ils vont se dire que c’est une dépense obligatoire et donc ça entamera leur pouvoir d’achat.

La Marseillaise : Le PS prévoit de réintroduire la taxe Zucman, à travers un amendement, lors du débat à venir. Qu’en pensez-vous ?

Michaël Zemmour : Pour l’instant, il n’y a pas dans ce budget de grosses mesures fiscales sur la taxation des hauts patrimoines. Je pense qu’il serait intéressant d’en avoir une, pas forcément avec un taux très élevé au départ, mais dont l’assiette prenne en compte l’ensemble du patrimoine. Aujourd’hui, le fisc connaît les revenus des ménages, le patrimoine immobilier, mais il ne connaît pas le patrimoine financier, y compris la détention d’actions de grandes sociétés. Donc il serait intéressant d’avoir une assiette qui permette de taxer ces patrimoines, peut-être progressivement, mais de manière plus importante dans le temps.

La Marseillaise : Quelles seront à terme les conséquences de ce budget qui ressemble peu ou prou à celui présenté par François Bayrou ?

Michaël Zemmour : Dans les grandes lignes, ça a l’air d’être le même, même si je n’ai jamais vu le budget de François Bayrou. Il y a aussi des modifications à la marge. Il y a des effets antisociaux assez nets. On voit le nombre de mesures inégalitaires. Il est prévu une austérité du côté des services publics. C’est un budget d’austérité, qui va à la fois avoir un effet de ralentissement de l’activité économique et avec des conséquences sociales assez directes. Par exemple, on peut s’attendre, dès qu’on aura l’échelle de la pauvreté, à une augmentation du taux de pauvreté en 2026. Quand vous ne revalorisez pas les minima sociaux et ni les prestations familiales, assez mécaniquement, vous avez une augmentation du taux de pauvreté.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 16 octobre 2025)

Hommage à Marc Séverac

Notre camarade Marc Séverac, d’Argeles, s’en est allé à 71 ans. C’est une grande tristesse et un profond sentiment d’injustice. Pour tous ses camarades à travers leurs nombreux hommages, il laisse le souvenir d’un homme engagé et passionné, gentil, bienveillant et attentif aux autres, chaleureux et fraternel, respectueux et fidèle soutien de son parti et de son syndicat la CGT de l’énergie, dont il a été le secrétaire général des PO. C’était aussi un homme humble et discret mais d’une redoutable efficacité et d’un caractère bien trempé, derrière ses allures de « grand nounours ». C’était un homme de discussion, de tolérance et de négociation. Il aimait profondément la vie et était très attaché à sa famille et aux siens.

Il avait été maire-adjoint d’Argelès, sa ville et son Racou, qu’il aimait tant, d’abord avec Jean Carrère et ensuite avec Pierre Aylagas. Sa délégation c’était la mer et la plage et enfin le Port. Et bien avant que ça ne devienne une préoccupation majoritaire, il avait fait franchir à Argelès un pas décisif (début années 2000, avec cendriers, douches équipées de programmateurs…) dans une démarche environnementale innovante. Il formait avec son camarade Danilo Pilon, un duo bien connu et apprécié des argelésien-e-s.

Son énergie et sa capacité innovante, il les avait mises au service de son parti et tout particulièrement de l’association des élus et de son centre de formation, le portant à bout de bras, d’abord avec Nicolas Garcia et ensuite avec Dominique Poirot. Sa plus grande joie et sa plus grande fierté avait été l’organisation d’une université du CIDEFE dont certains élus se souviennent encore. Ces deux dernières années, sa santé l’avait empêché de prendre la part qu’il souhaitait dans les campagnes de son Parti. Il nous a beaucoup manqué et va continuer à laisser un grand vide. Nombre de camarades ont dit que c’était un camarade qu’on n’oubliait pas. Nous ne t’oublierons pas.

Au nom de ses camarades de la section, au nom de la direction de section, bien sûr en mon nom et en celui de Richard, dont il ne manquait jamais de demander des nouvelles, j’adresse nos condoléances les plus sincères et les plus attristés à Albine, Lara, Mathieu, Aurélien et Sébastien, sa famille qu’il chérissait tant.

Vous pourrez lui rendre un dernier hommage

Vendredi 17 octobre à 9h au crématorium de Canet.

Marie-Françoise Sanchez,
Secrétaire de la section Albères Méditerranée, Ilibéris du PCF 66.
Membre du Conseil National du PCF.

L’édito du TC par Évelyne Bordet. Le bal des vampires

Au cœur du capharnaüm politique et moral, l’entrée au panthéon de Robert Badinter aurait pu marquer une pause dans le tourbillon d’une semaine de folie, un temps pour penser, panser notre République meurtrie. Mais, dès la première image, le président de la République avançant d’un pas ferme vers l’événement solennel qu’il avait lui-même initié, alors que derrière lui, hésitant, Lecornu tentait d’habiter le costume d’un Premier ministre, ex Premier ministre, futur Premier ministre voire futur-ex… Image pathétique d’un régime à l’agonie… La soirée, comme le révélateur d’une société en perte de repères, et l’on oscille entre catalepsie et malaise.

Et puis, vinrent les interviews des hommes politiques invités. Darmanin, garde des sceaux alors démissionnaire, disserte sans vergogne sur tout ce qu’il a appris de Badinter, étrange démonstration de l’influence supposée d’un héritage politique, mais surtout de sa dénaturation. Un cauchemar !

Et là, une question troublante s’impose : comment a-t-on pu passer de Badinter à Darmanin ? On s’interroge alors sur l’inexorable mutation des valeurs et des pratiques politiques au sein de notre République. Une forme de désillusion collective, où les repères idéologiques s’effacent au profit d’une communication cynique et désincarnée. Bayrou, avec sa morgue coutumière, invoquant les valeurs humanistes du grand Homme, ajoutait à cette impression de trouble et de dissonance.

« Les morts nous écoutent ! » scandait à plusieurs reprises Macron, s’appropriant ainsi une formule puissante sans en rappeler l’origine. Cette phrase, prononcée par Robert Badinter lors de son discours au Vel’ d’Hiv, portait toute la charge de la colère et de la honte ressenties face au comportement de l’auditoire ce jour-là. Badinter, dans un élan d’émotion, avait lancé à l’assemblée : « j’ai honte pour vous » ! Alors oui, la honte est bien présente quand Macron n’a rien à nous offrir qu’une parole politique dévoyée, rien de plus !

Digne dans son silence, Elisabeth Badinter, regarde tristement ce bal des vampires infligé et force le respect…

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4087 – vendredi 17 octobre 2025)

L’édito d’Évelyne Bordet. Le bal des vampires
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L’actu vu par Delgé

L’événement. L’impasse démocratique

Le cirque continue
Dernière minute
Quels compromis quand rien ne doit changer ?
Pendant ce temps. Les deux pieds et la tête dans le réel
Du côté syndical
Le Medef part en guerre contre la hustice fiscale

Département

Municipales 2026. « Rivesaltes à venir ! »
À Canohès, mobilisation de la gauche !
Alerte santé. Manque de moyens et déprime professionnelle…
En Català. Les cinc arques. Capitol 2 (1)
Conférence. Un vampire hante l’Europe
Hommage. À notre camarade Marc Séverac
Interview. Contre le RN à Perpignan

Sport

TOP 14. L’USAP semble sortir du coma

Culture

Vendanges d’octobre. Une belle traversée musicale
Le Boulou. Sylvie Mir à l’espace des arts
Livre. Cinq contes pour cinq sens
La rentrée culturelle
Où sortir ?

France

Hommage. Robert Badinter célébré

Monde

Gaza. On est loin d’un « plan de paix » !
Italie. Massivement en grève et dans les rues pour Gaza
Hongrie. La marche des fiertés brave l’interdiction de l »extrême droite
Grèce. Des milliers contre la jourrnée de travail de 13 heures

L’humeur de Jean-Marie Philibert

C’est fou… en sortir…

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Prades. Utopies autour du festival du livre dédié aux sciences humaines (L’Indep)

L’association L’amie Bambulle organise la deuxième édition du salon du livre des sciences humaines et sociales vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 octobre.

Le salon du livre dédié aux sciences humaines a pris du tour de taille pour cette seconde édition.

Un événement étoffé qui passe d’un à trois jours. Cinéma, musique, buffet, mais aussi et surtout débat ou encore rencontres avec des auteurs spécialisés sont au programme. « Ce que l’on souhaite, c’est offrir un temps de réflexion sur les grandes questions qui secouent notre siècle à travers les rencontres avec des acteurs de la pensée contemporaine: auteurs, universitaires, historiens, scientifiques, cinéastes, artistes… Populariser les sciences humaines et sociales sans les dégrader, les rendre plus accessibles non pas en les simplifiant mais en les sortant du monde universitaire » explique Constance Cousin, cheville ouvrière de cette organisation.

Au Lido vendredi puis au Foirail samedi et dimanche

Une deuxième édition du festival qui saluera la mémoire de Lionel Pourtau, décédé au mois d’août. « Lionel qui, par la force de ses rêves et convictions, a su impulser ce rendez-vous annuel du livre et des sciences humaines & sociales, ici à Prades. Passeur, il le fut, généreux, curieux et fédérateur tout autant que critique: c’est dans cet esprit que nous souhaitons partager ces temps d’échanges ». Début des festivités vendredi au Lido avec la projection de deux films (en partenariat avec les Ciné rencontres) sur Walter Benjamin, suivi d’un débat. Ceci en présence du réalisateur Jordi Vidal.

Samedi, direction la salle du Foirail des 9h30 pour une présentation et un hommage à Lionel Pourtau. Ensuite, les conférences s’enchainent : « Le Manifeste du parti communiste, une contre-utopie ? » (élèves et prof lycée Renouvier, 10h), « Inventer des territoires, d’utopies d’État en dystopie ? » (Daniel Bartement, 11h), « Le communisme libertaire en acte, Espagne 1936 » (Myrtille Gonzalbo, 14h), « L’Écoféminisme, mouvement utopique ? » (Margot Lauwers, 16h).

Du changement dans le programme

Une journée bien remplie qui se clôture en musique par un concert dessiné (18h) puis l’intervention d’un DJ (dès 20h). Dimanche, rendez-vous à 10h30 (salle du Foirail) pour la reprise des agapes.

Les amateurs vont encore être servis avec « Des années 70 et ce qui en découle » (Catherine Rouvière, 10h30), « Utopies et critique de la réification depuis Fourier » (Hélène Guérin, 14h) et enfin un petit changement dans le programme avec la venue de Christian Di Scipio en remplacement de Catherine Dufour. Professeur, journaliste, romancier, conférencier (et accessoirement grand sportif), il propose une rencontre intitulée « De l’utopie à l’uchronie » à 16h.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 15 octobre 2025)

Stand de la Libambulle et petite restauration prévue. Banquet sur réservation le dimanche midi Programme complet sur le Faceboak de l’Ami Bambulle.

L’écoféminisme selon Margot Lauwers

Enseignante-chercheuse à l’université de Perpignan et désormais enseignante en secondaire (depuis 6 ans), Margot Lauwers est invitée pour cet événement afin de parler d’écoféminisme. Rencontre.

Pourquoi l’organisation a pensé a vous ?

J’ai été contactée suite au désistement de la philosophe Catherine Larrère. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement puisque j’en ai fait ma thèse. Et puis je suis traductrice littéraire et j’ai réalisé la traduction de deux ouvrages sur l’écoféminisme.

Pourquoi avoir accepté ?

Je suis contente que des choses se fassent en local et cela me fait plaisir de revenir à mes premiers amours. J’aime depuis toujours la vulgarisation, ça m’a toujours beaucoup intéressée.

En deux mots, pouvez-vous expliquer l’écoféminisme ?

C’est un courant de pensée né dans les années 70, une autre façon de voir le monde. L’idée principale est de trouver les raisons pour lesquelles les femmes étaient jugées inférieures à l’homme et la nature inférieure à l’humanité. On compartimente tout et la dualité pose problème. Ce qui est marrant, c’est que c’est un mouvement dont certaines origines sont en France, mais qui a longtemps été très mal perçu. Il y a un retour d’intérêt chez nous depuis une quinzaine d’années.

Lycée pro : une réforme qualifiée de « fiasco »

Depuis 2019, les réformes se suivent et se ressemblent dans les lycées professionnels. Au grand dam des syndicats de professeurs, qui déplorent entre autres une diminution du nombre d’heures d’enseignement général.

Dernière nouveauté qui a le don de les faire grincer des dents : la mise en place au printemps 2025 des « parcours en Y » en fin d’année de terminale. En clair : de la possibilité offerte aux élèves de choisir entre 6 semaines de cours préparant à la poursuite d’étude (BTS…) et 6 semaines de stage rémunérées 600 euros après les épreuves du bac pro (ramenées en parallèle à la mi-mai). Résultat : « Les élèves choisissent le stage, alors qu’ils ont déjà perdu énormément d’heures de cours avec les réformes successives », déplore le secrétaire départemental de la CGT Educ’action, Christophe Moya. « De nombreux chefs d’établissement parlent eux aussi d’un fiasco… » Marlène Hostaillé, du syndicat Snuep-PSO, confirme : « Le sentiment que de nombreux collègues ont, c’est que cette réforme n’a servia rien à part à vider les lycées et à faire croire aux élèves qu’on peut avoir le bac avec moins d’heures de cours. »

Le ministère semble en partie revenu sur ses pas, en annonçant fin aout que le nombre de semaines de stage en fin d’année allait passer de 6 à 4. Mais les syndicats veulent plus. « Nous demandons l’abrogation des parcours en Y et le retour des épreuves du bac pro à la fin juin, pour avoir le temps de bien préparer les élèves », indique Christophe Moya. « Si on veut que les élèves aillent en BIS et qu’ils réussissent, il faut aussi mettre plus de moyens dans les ateliers, il faut plus d’enseignants et plus d’heures de cours », rajoute Marlène Hostaillé.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 15 octobre 2025)

Retraites : « Cela ne change rien, nous militons pour l’abrogation » (L’Indep)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé hier suspendre la réforme des retraites, cœur de la crise sociale et politique depuis 2023. Dans les P.-O., si certains syndicats reconnaissent un premier pas, l’abrogation de ce texte est attendue au tournant.

Une lumière au bout du tunnel de la colère politique et sociale ? Sébastien Lecornu aura au moins mis un bon coup de pioche dans le mur séparant le gouvernement des syndicats et plus largement de la gauche.

Ce mardi, lors de son discours de politique générale devant les députés, le Premier ministre a annoncé la suspension de la réforme des retraites. Érigée comme l’un des principaux moteurs de la crise sociale et politique -avec la loi sur l’immigration- cette réforme prévoyait de progressivement porter l’âge de la retraite à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Avec cette suspension annoncée « jusqu’à l’élection présidentielle », cet âge pivot resterait donc à son niveau actuel, soit 62 ans et 9 mois.

En actant cette suspension, exigence absolue du Parti socialiste, Sébastien Lecornu tend une main à la gauche et aux syndicats qui n’ont cessé de mobiliser contre cette loi depuis 2023.

Dans les Pyrénées-Orientales, le délégué départemental de Force Ouvnière, Jérôme Capdevielle, reconnait « un premier signal encourageant ». Mais, de son point de vue, la bataille est loin d’être remportée. « Cela ne change en rien notre revendication : nous militons pour l’abrogation de la réforme des retraites. C’est une réponse positive, mais ce n’est pas la conclusion ».

Pour la CFDT, syndicat militant pour la suspension, dont la voix est portée dans les Pyrénées-Orientales par Omar Belguellaoui, « cette suspension est une première réponse à la blessure démocratique. Des travailleurs et travailleuses nés en 1964 et 1965 vont pouvoir en bénéficier immédiatement, soit entre 600 000 et 700 000 ».

À la CGT le constat reste toujours plus amer. Julien Berthélémy estimant que ce premier pas « n’est pas suffisant ». Il détaille, et tacle : « Ce discours n’est pas un virage social. il est quasi identique à celui de François Bayrou, hormis l’abandon de la suppression des deux jours féries et la suspension de la réforme des retraites. Nous voulons son abrogation mais aussi une augmentation des salaires, la création d’emplois et une vraie taxation des plus riches et plus hauts revenus ».

Au perchoir de l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a également annoncé relancer les discussions avec les partenaires sociaux, au printemps prochain, pour notamment border les contours de la future réforme des retraites. « Nous soutenions l’idée sa suspension », appuie Jean-François Virama, responsable départemental du syndicat UNSA. « Nous en sommes satisfaits. D’autant que le Premier ministre remet dans le paysage cette conférence avec les partenaires sociaux, nous espérons y être conviés ». Un sentiment partagé par Jérôme Capdevielle qui milite pour le retour de ce dialogue social. « Si la volonté est de relancer la discussion parlementaire et de redonner de la légitimité au corps intermédiaire, nous sommes dans le positif. Car c’est le cœur de la démocratie ». Dans cette même veine, Omar Belguellaoui estime que « la porte est ouverte à un vrai débat pour l’élection de 2027, loin des postures idéologiques ».

Mais la prudence reste de mise. Certes, les promesses sont posées sur la table de l’Assemblée nationale mais maintenant les syndicats attendent des actes.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 15 octobre 2025)

Rapport de la commission exécutive de l’USR-CGT 66 (02/09/25)

61 conflits ont été enregistrés dans le monde, répartis entre 36 pays ; Invasion de l’Ukraine par la Russie, conflit entre Israël et le Hamas, guerre au Soudan, mais aussi tensions majeures en mer de Chine, au Cachemire ou dans l’Arctique… Je me contente de la Palestine et de l’Ukraine…

Alors que deux millions de Gazaouis errent dans la soi-disant « zone humanitaire », le nouveau plan d’Israël présage d’un massacre aux proportions apocalyptiques. Alors qu’Israël contrôle déjà 85 % de la bande de Gaza, soumise à un blocus total et à la famine, le cabinet de sécurité a validé le plan d’occupation totale de la bande de Gaza, proposé par le Premier ministre d’extrême droite, Benjamin Netanyahou. Cette nouvelle annonce marque une nouvelle accélération des buts de guerre génocidaires d’Israël à Gaza. Le gouvernement Israélien souhaite complètement vider Gaza de sa population avant le 7 octobre, en déplaçant 1 million de Gazaouis. L’Europe qui arment moralement, financièrement et militairement le génocide à Gaza, ont, pour la plupart, condamné hypocritement le nouveau plan de Netanyahou ; ce sont pourtant les pays de l’UE avec les USA de Trump qui l’ont rendu possible en soutenant Israël depuis deux ans, à chaque nouvelle étape du génocide.

La CGT soutient et participe à toutes les initiatives de mobilisations permettant d’arrêter immédiatement le génocide en cours. Elle portera la proposition de faire du 21 septembre, journée mondiale pour la Paix, un temps fort de mobilisation nationale pour la Palestine. La France a enfin décidé de reconnaître l’État de Palestine, il est urgent de le faire sans délai, de cesser toute coopération avec le gouvernement d’extrême droite israélienne, de prendre des sanctions et de cesser toute livraison d’armes et de composants militaires.

En Ukraine, Trump tente encore de jouer le pacificateur, enchaînant ces derniers jours des réunions peu concluantes avec Poutine, puis avec Zelensky, en présence de plusieurs dirigeants européens. Ce qui en ressort principalement, Ce qui est clair c’est que malgré les annonces jubilatoires du dirigeant états-unien, les négociations, encore incertaines, entre Poutine, Zelensky, et Trump, dont les modalités restent floues, ne pourront que déboucher sur un résultat incertain, payé principalement par les populations ukrainiennes et russes déjà épuisées par des années de guerre.

La paix et le désarmement sont les urgences pour la planète et ses habitants :
Les camarades de la CE doivent participer en nombre aux différentes initiatives de Culture de paix, du 15 au 21 septembre, dont le programme est en cours de finalisation, avec un temps fort le samedi 20 septembre, avec la chaine humaine place de catalogne, et le dimanche 21 à Thuir, un banquet pacifiste.

C’est dans ce contexte internationale gangréné par des guerres et la montée en puissance des idées d’extrême droite dans le monde, sans oublier la guerre économique que livre Trump aux autres pays, au travers de l’augmentation des droits de douane que le gouvernement de Bayrou veut encore faire payer l’ensemble des travailleurs, actifs, retraités, sans emploi. Le gouvernement, au service du patronat, a annoncé un budget d’une violence inédite : vol de 2 jours fériés ; doublement des franchises médicales ; gel du salaire des fonctionnaires, des pensions, de toutes les allocations sociales (aides au logement, allocations familiales, allocation adulte handicapé…) ; réforme de l’assurance chômage ; suppression de 3000 postes de fonctionnaires avant des dizaines de milliers d’autres ; coupes dans les budgets des hôpitaux, des écoles, de la culture ; volonté affichée de remettre en cause la 5ème semaine de congés payés et précariser toujours plus les contrats… Si ce budget était adopté, chacune et chacun perdrait plusieurs centaines d’euros en 2026, nos services publics seraient considérablement affaiblis, et notre sécurité sociale en grand danger.

La dynamique de l’initiative citoyenne du 10 septembre démontre l’ampleur de la colère sociale. La CGT souhaite que cette journée soit une première étape réussie, ce qui passe en particulier par la grève sur les lieux de travail. Elle appelle donc ses syndicats à débattre avec les salariés pour construire la grève partout où c’est possible.

Le bureau de l’USR propose d’appeler à un rassemblement, en concertation avec les décisions qui seront prises lors de l’AG de rentrée de l’UD, en fin d’après-midi et d’organiser dès aujourd’hui des distributions du tract d’appel de la CGT, lors de la distribution de notre journal Imagine sur les marchés, ainsi que la pétition nationale sur la sécurité sociale. (Le Tableau de distribution circulera pour inscription des camarades)

Afin de rentrer dans un processus de mobilisation sur le long terme, à partir du 10 septembre.

Toutes les organisations syndicales appellent à la mobilisation unitaire et interprofessionnelle par la grève et des manifestations partout en France le jeudi 18 septembre. À nous d’agir ! Rassemblons-nous et débattons des moyens pour préparer une mobilisation et des grèves les plus massives possible.

L’UCR a prévue, une journée de mobilisation des retraités le 23 octobre. Mobilisation qui se ferait dans les départements à nous de commencer à préparer cette journée avec les sections syndicales et en allant à la rencontre des retraités par la distribution de notre journal IMAGINE. Pour préparer cette journée, l’UCR propose de réunir des syndiqués retraités, le 25/09 dans le patio de la CGT pour débattre avec eux sur la situation sociale. Notre USR a la possibilité d’envoyer 2 ou 3 camarades, le financement serais pris en charge à hauteur de % par l’UCR. Avant le 23/10, il est possible qu’il y’ai un appel le 14/10 pour peser sur les négociations AGIRC-ARRCO. Chaque territoire choisira le mode d’action qui lui semble le mieux adapté à la situation. Rassemblement et/ou conférence de Presse.

Des AG de retraités sont à l’ordre du jour pour débattre avec les syndiqués de la riposte à engager contre ces projets néfastes : le 8/09 la section syndicale FNME, le 27/09 AG de la section des douanes, et le 29/09 ; les cheminots,

La CGT exige l’abandon du projet de budget et la mise en place de mesures d’urgence autour de 5 priorités, dont notamment :

  1. La justice fiscale : la taxation des patrimoines, des dividendes et des rachats d’action, la remise à plat des 211 Mds d’aides publiques aux entreprises, le rétablissement de l’ISF et la mise en place d’une vraie progressivité de l’impôt sur le revenu et la justice sociale par l’abrogation de la réforme des retraites, première étape pour gagner la retraite à 60 ans, et une Sécurité sociale répondant aux enjeux actuels, rétablie dans ses prérogatives issues du programme du Conseil national de la Résistance.
  2. Dans ce cadre, nous devons continuer à organiser des débats avec les retraités, les actifs et la population sur notre projet de sécurité sociale intégrale, tel que celles déjà programmées.
  • Le 3/10 avec l’UD à Cabestany, avec la représentation de la pièce de théâtre « Croizat » en présence du petit fils d’Ambroise Croizat suivi d’un débat.
  • Le 4/10 appel à manifester devant la CPAM
  • Le 9/10 Débat ouvert à la population organisé par LSR à Thuir

Il faudra multiplier les interventions sur la sécurité sociale intégrale dans les territoires en lien avec les différentes UL du département.

Pour gagner sur nos revendications, nous avons besoin d’élevé le rapport de force. En affirmant que le syndicalisme retraité est une force d’avenir, nous réaffirmons son utilité, son ancrage dans les luttes. Car la lutte des classes ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise, pas plus que ne s’arrête notre engagement pour la transformation sociale avec le passage du statut de salarié actif à celui de retraité. Si nous voulons faire progresser le rapport de force en notre faveur, il est indispensable de proposer l’adhésion autour de nous. Nous vous proposons donc de stabiliser nos forces organisées et de travailler à leur reconquête. Nous sommes actuellement 639 syndiqués retraités dans le département, nous vous proposons un objectif de 700 FNI d’ici la fin de l’année. Nous vous proposons de valider l’objectif suivant : 3 adhésions minimum par section syndicale. Pour tenir cet objectif, il nous faudra aller à la rencontre des responsables des sections syndicales ou participer au AG de sections déjà programmées, ainsi que de contacter les secrétaire d’UL pour faire le point du nombre de syndiqués retraités dans leurs UL respectives.

Le vendredi 5 septembre, vous êtes conviés pour Les 130 ans de la CGT à la présentation du livre « 30 ans de Visa Off » par l’IHS CGT et vernissage de l’exposition en présence de Sophie Binet. Bourse du travail – Place Rigaud – Perpignan à 17H 30. (Thierry fera le point sur les commandes du livre) . À 19h30, buffet/repas (sur inscription), concert. Palais des Rois de Majorque – Perpignan

Place au débat.