L’édito du webzine. Le prix Nobel de la Paix 2025 à une va-t-en guerre

Cette année 2025, le comité Nobel s’est ridiculisé non pas en décernant le prix Nobel de la Paix à Donald Trump comme il le réclamait mais à une de ses fidèles soutien María Corina Machado appelant à l’insurrection contre le gouvernement vénézuélien.

Normalement le prix Nobel de la Paix devrait être décerné à quelqu’un qui fait œuvre de paix dans le monde mais cette année les cinq membres du comité ont choisi une voie antinomique, à l’opposé de la paix, celle des tensions. Sont-ils tombés sous le charme de Donald Trump ?

María Corina Machado, figure de l’ultra droite sud-américaine est plus connue pour ses visées bellicistes que pacifique. Elle applaudit à tout rompre aux propos outranciers de Trump dès lors qu’il s’agit du Venezuela. Toutes ces déclarations se résument par des appels à la violence, à la spirale guerrière contre le gouvernement d’Hugo Chavez. Depuis le début de ce siècle, selon les spécialistes de l’histoire politiques récentes du continent sud-américain, « il n’y a pas un chapitre de violence politique à laquelle elle n’a pas participé ». Elle a à son actif, la participation au coup d’état contre Hugo Chavez et sa participation aux manifestations anti gouvernementales particulièrement violentes.

Le prix Nobel de la guerre anti-sociale

Le projet politique de cette dame prévoit l’abandon des politiques sociales, éducatives, économiques que tente dans les pires adversités de maintenir le gouvernement actuel. Son projet politique est de privatiser les ressources pétrolières très conséquentes du Venezuela au profit des grandes majors étasuniennes. Elle est favorable à une intervention militaire des armées des États-Unis.

Tout ceci est une bien curieuse conception de la Paix pour son propre peuple. Elle est trumpiste. Et qu’à défaut de brader à son mentor le Prix, celui-ci lui a été accordé tout comme si celui-ci en était déjà le maître. D’ailleurs elle s’est empressée, en tout premier lieu de remercier Trump pour ce Prix.

Par ailleurs, elle soutient le Likoud de Benyamin Netanyahou et qu’elle a des liens plus qu’étroit avec VOX, le parti espagnol d’extrême droite.

C’est un message de plus de la dérive du monde. Au plus haut niveau l’extrême droite est récompensée, adulée, défendue, promue, à visage découvert. Les choix sont faits, les jeux le sont-ils pour autant ? Les pacifistes du monde doivent faire entendre leur voix avec fermeté et assurance, sans violence, et être les porteurs de tous les espoirs du monde.

Dominique Gerbault

L’édito du TC par Évelyne Bordet. Le bal des vampires

Au cœur du capharnaüm politique et moral, l’entrée au panthéon de Robert Badinter aurait pu marquer une pause dans le tourbillon d’une semaine de folie, un temps pour penser, panser notre République meurtrie. Mais, dès la première image, le président de la République avançant d’un pas ferme vers l’événement solennel qu’il avait lui-même initié, alors que derrière lui, hésitant, Lecornu tentait d’habiter le costume d’un Premier ministre, ex Premier ministre, futur Premier ministre voire futur-ex… Image pathétique d’un régime à l’agonie… La soirée, comme le révélateur d’une société en perte de repères, et l’on oscille entre catalepsie et malaise.

Et puis, vinrent les interviews des hommes politiques invités. Darmanin, garde des sceaux alors démissionnaire, disserte sans vergogne sur tout ce qu’il a appris de Badinter, étrange démonstration de l’influence supposée d’un héritage politique, mais surtout de sa dénaturation. Un cauchemar !

Et là, une question troublante s’impose : comment a-t-on pu passer de Badinter à Darmanin ? On s’interroge alors sur l’inexorable mutation des valeurs et des pratiques politiques au sein de notre République. Une forme de désillusion collective, où les repères idéologiques s’effacent au profit d’une communication cynique et désincarnée. Bayrou, avec sa morgue coutumière, invoquant les valeurs humanistes du grand Homme, ajoutait à cette impression de trouble et de dissonance.

« Les morts nous écoutent ! » scandait à plusieurs reprises Macron, s’appropriant ainsi une formule puissante sans en rappeler l’origine. Cette phrase, prononcée par Robert Badinter lors de son discours au Vel’ d’Hiv, portait toute la charge de la colère et de la honte ressenties face au comportement de l’auditoire ce jour-là. Badinter, dans un élan d’émotion, avait lancé à l’assemblée : « j’ai honte pour vous » ! Alors oui, la honte est bien présente quand Macron n’a rien à nous offrir qu’une parole politique dévoyée, rien de plus !

Digne dans son silence, Elisabeth Badinter, regarde tristement ce bal des vampires infligé et force le respect…

L’édito du webzine. Macron, l’entêté

D’un côté l’idée que la majorité sorti des urne soit le Nouveau Front populaire est incongrue au yeux du Président Macron ; le NFP se dit pourtant prêt à gouverner. De l’autre, la macronie de déchire, sa marge de manœuvre se réduit de jour en jour obligeant Macron à renommer son ultime rempart, son fidèle soldat Lecornu.

Sans surprise, la rupture promise n’aura pas eu lieu, le président de la République choisit la continuité, quitte à enfoncer le pays dans la crise. À la sortie des 2h30 de réunion à l’Élysée, seuls la gauche et le président des députés Liot ont pris la parole sur le perron du palais présidentiel.

Ils ont conspué la teneur des échanges. « Nous sortons de cette réunion sidérés », lance la patronne des Écologistes Marine Tondelier. « Nous n’avons eu aucune réponse, si ce n’est que le Premier ministre qui sera nommé dans les heures prochaines ne sera pas de notre camp politique », prédit elle. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, poursuit « si le nouveau Premier ministre est dans le camp macroniste, nous ne pourrons pas l’accepter », prévient-il. Les Socialistes menacent : « il n’y a aucune garantie de non-censure notre part », tranche Olivier Faure, Premier secrétaire du parti. Laurent Panifous, député Liot, a estimé qu’il aurait fallu un net bougé sur les retraites.

Une débâcle annoncée

Aucun des membres des partis censés former ce qui était jusqu’alors nommé « socle commun » ne s’est exprimé. Pour Bruno Retailleau, « l’expression “socle commun” est morte dimanche soir, faute de confiance ». Pour lui, « s’il doit y avoir un avenir en commun, ce sera sur le fond, par une plateforme programmatique », a avancé le président des LR devant Emmanuel Macron.

Avec qui Sébastien Lecornu va-t-il former le gouvernement censé plancher sur le budget dès lundi en Conseil des ministres ? Son camp a implosé. Et la réforme des retraites, totem du second quinquennat d’Emmanuel Macron, semble être l’un des points de crispation majeur. Pourtant Élisabeth Borne, qui a imposé au pays une réforme des retraites injuste, illégitime et anti-démocratique, s’est dite ouverte à la suspension du texte. Cette simple évocation provoque l’ire de la droite et d’une partie du camp présidentiel. « Il n’y aura pas de ministre Horizons dans un gouvernement qui revient sur la réforme des retraites », indique Arnaud Péricard, porte-parole du parti d’Édouard Philippe sur BFMTV ce vendredi soir.

Les oppositions promettent la censure. Le « socle commun » se fracasse. Le Premier Ministre « le plus faible de l’histoire de la Ve République » présentera un budget lundi. Combien de jour va durer le troisième Premier ministre bis depuis la déroute de la macronie des dernières législatives ? Dissolution ? Démission de Macron ? Et après ? Dans quel état ils nous ont laissé la société française !!!

Dominique Gerbault

L’édito du TC par Nicole Gaspon. L’impasse

Il est très difficile de dire quelle sera la situation politique lorsque sortira ce Travailleur Catalan . Depuis quelques jours les événements s’enchaînent à grande vitesse, une machine folle est enclenchée et semble ne pouvoir s’arrêter.

Cette crise politique, ce cataclysme qui plonge le pays et ses habitants dans l’incertitude voire l’écœurement, n‘est pourtant pas venue de rien. Le responsable est connu, il siège à l’Élysée. Dissolution calamiteuse, mépris du vote des Français, du Parlement, entêtement à poursuivre une politique qui est un désastre social et écologique, refus de faire contribuer les riches, cadeaux sans contrôle aux entreprises… La liste est longue des choix gouvernementaux qui fracturent le pays, qui condamnent les premiers ministres successifs à l’impuissance. L’aboutissement en est la situation ubuesque que nous vivons aujourd’hui, l’impasse totale, un premier ministre qui démissionne quelques heures après avoir formé un gouvernement. C’est le même, cependant, que le président de la République a chargé de mener des négociations. Avec quelle légitimité ? Mystère.

La CGT vient de déclarer fort justement : « le président de la République a fait le choix du chaos institutionnel… Sébastien Lecornu n’a pas eu le courage de rompre avec la politique de l’offre. »

Tout cela sent la fin de règne, une fin lourde de menaces avec un RN qui se positionne et tend la main à la droite. Un contexte qui place la gauche devant une grande responsabilité, saura-t-elle l’assumer et ouvrir une réelle alternative ?

Alors, lorsque ce Travailleur Catalan sortira, on saura peut-être ce qu’il en est des différentes hypothèses, dissolution bis, démission du président, cohabitation. Quelle que soit celle qui sera retenue, on peut être sûr que vigilance et mobilisation populaires seront indispensables.

L’édito du webzine. La flottille pour Gaza stoppé


Ce sont au total 42 bateaux en mission d’aide humanitaire de la flottille « Global Sumid » qui ont été interceptés illégalement par l’armée israélienne dans les eaux internationales. Elle avait pour objectif de briser le blocus de Gaza orchestré par Netanayahou, grand criminel de guerre.

Les forces navales de l’occupation israélienne ont intercepté illégalement 42 bateaux transportant de l’aide humanitaire.Cette flottille « Global Sumid », des volontaires détermination à briser pacifiquement le siège illégal imposé à Gaza. Plus de 400 militants ont été arrêtés. Ils ont été transférés au port d’Ashdod pour être remis à la police israélienne. Ils ont commencé à être expulsés vers l’Europe.

Global Sumud (« résilience », en arabe) a dénoncé « une attaque illégale » survenue dans les eaux internationales, l’organisation des droits humains Amnesty International déplorant un « acte d’intimidation » d’Israël. Onze participants grecs ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur « détention illégale », selon des organisateurs de la flottille.

De l’Europe au Mexique en passant par l’Afrique du Sud des dizaines de milliers de personnes ont manifesté leur soutien aux Palestiniens et à la flottille brandissant des drapeaux palestiniens scandant « Free Palestine » réclamant la fin de ce qu’ils ont qualifié de « génocide » contre les Palestiniens à Gaza. Au Mexique, des affrontements entre plus de 10 000 manifestants pro-palestiniens et forces de l’ordre ont fait des dizaines de blessés dans les deux camps.

Une mission pacifique et non violente

La flottille Global Sumud, mission pacifique et non violente d’aide humanitaire, comprenait des personnalités politiques et des militants comme Cédric Caubère, militant CGT et secrétaire général de l’UD de Haute-Garonne, la Suédoise Greta Thunberg, le journaliste de l’Humanité Emilien Urbach. La flottille était partie d’Espagne renforcée par des bateaux venues d’Italie, de Grèce… dans le but de rompre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza et fournir « une aide humanitaire à une population assiégée confrontée à la famine et au génocide ».

L’Italie et l’Espagne avaient dépêché des navires militaires pour escorter sur une partie du trajet la flottille après des « attaques par drones » dans la nuit du 23 au 24 septembre, dénoncées par l’ONU et l’Union européenne.

L’offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait 66 225 morts dans ce territoire palestinien, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU. Elle a été déclenchée par l’attaque du 7-Octobre -unanimement condamné- du mouvement islamiste Hamas, qui a entraîné du côté israélien la mort de 1 219 personnes et la prise d’otages, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.

Dominique Gerbault

L’édito du TC par Michel Marc. La petite musique perverse… et réac

Elle est partout, elle s’impose, elle envahit les espaces médiatiques, elle devient l’ordre du jour dominant des débats et réflexions, lancinante et obsédante : « il faut gommer l’écart insupportable qui existe entre le revenu brut et le revenu net des salariés, celui qui compte, celui qui pose les euros sur le compte bancaire des travailleurs ». En corollaire, une idée associée et, ma foi, à première vue appétissante : « le travail doit payer plus, les salaires nets sont trop bas. Ils doivent augmenter ! ». C’est si simple.

L’idée existe depuis longtemps dans les petits papiers du FN, puis du RN. Elle y tient même une place de choix. Incapables d’en expliquer la moindre des conséquences pour la société toute entière et pour les citoyens eux-mêmes, les élus RN portent cette idée comme une évidence. Ils ne sont plus seuls ! Les partis de droite, ceux qui ne veulent pas entendre parler de nouvelles recettes, de réforme fiscale, de meilleure répartition des richesses, s’en emparent à leur tour. Ils ont trouvé ! Et de faire, à longueur d’antenne, de textes ou de discours, le tour de l’Europe, de l’Allemagne aux pays scandinaves, de l’Italie aux USA. La preuve est bien là. Chez eux, c’est comme ça et ça marche ! Plus besoin d’évoquer les milliards prélevés sur le travail là où ils sont, inutiles et provocants. La stratégie rhétorique reste identique à celle employée pour tenter de faire accepter la réforme des retraites. Les cotisations sociales sont rebaptisées « charges » sociales. Il faut travailler plus longtemps. Comme une évidence.

Idéologiquement, c’est le début du combat que la bourgeoisie voudrait mener contre la « Sécurité sociale », contre les « Services publics », contre les solidarités diverses qui structurent encore notre nation. Depuis le temps qu’ils essaient ! Là, ils avancent.

L’édito du webzine. Ne rien lâcher

La société est en colère après la nomination de Sébastien Lecornu Premier ministre. Ce fidèle lieutenant de Macron est là pour toujours mener la même politique. Cette politique inégalitaire et de destruction des services publique.

L’heure de la Résistance a sonnée. L’intersyndicale se trouve à sa tête avec des propositions concrètes et crédibles pour augmenter les salaires, développer les services publics, financer les retraites, la Sécurité sociale… Son objectif est de transformer les colères en mobilisation et en espoir. Un seul chemin pour cela : l’unité du monde du travail pour faire plier un Premier ministre missionné par Emmanuel Macron pour poursuivre la même politique.

Nous devons stopper cette politique de cadeaux fiscaux et rendre au peuple les 211 milliards d’aides publiques aux entreprises pour enrichir les grandes fortunes au détriment des salaires, des pensions, des allocations, des services publics. Ce hold-up se voit de plus en plus. Le patronat a bien compris le danger. Il a entamé une guerre idéologique avec le soutien de la droite classique et de l’extrême droite.

La Résistance dont le programme, « Les jours heureux », a posé les bases d’une société sans guerre et avec des droits nouveaux, dont la Sécurité sociale, se conjugue toujours au présent. Le mouvement social se met en route, héritier de ce combat pour la dignité et la justice sociale.

Les syndicats ne lâcheront rien

Alors que le Premier ministre est resté sourd à ses revendications, l’intersyndicale multiplie les initiatives. La riposte s’organise avec l’annonce d’une nouvelle journée de mobilisation : le jeudi 2 octobre.

Cela fait trop longtemps que Macron et sa classe gouvernent sans légitimité, en passant en force, le pillage des richesses sur le dos des travailleurs doit s’arrêter. À Perpignan, la manifestation départementale s’élancera à 10h30 de la place de Catalogne.

Il faut encore monter d’un cran la riposte et transformer cette colère sociale en mobilisation et en espoir. Cela implique de décrypter et dénoncer les mesures budgétaires proposées, les discours lénifiants sur la dette et son poids réel, mais aussi montrer qu’il est possible d’inventer un état social du XXIe siècle, basé sur des services publics renforcés, au périmètre élargi, et une protection sociale étendue à tous les âges de la vie.

Les mots d’ordre sont clairs : abrogation de la réforme des retraites imposée par le 49.3 et refus de tout budget d’austérité. Aller au devant des salariés pour convaincre qu’il faut franchir un cap. Partout dans les boîtes, les entreprises, les administrations, on va chercher les salariés pour construire la riposte.

Dominique Gerbault