Une série d’annonces ont été faites ce lundi, mais certaines ne vaudront que pour 2028.
Le gouvernement a annoncé lundi des mesures pour tenter de satisfaire les demandes du mouvement lycéen et étudiant qui exige depuis plus d’un mois de meilleures conditions d’enseignement.
Les lycéens demandent depuis plusieurs semaines une aide pour rénover le bâti scolaire, une modification des rythmes scolaires ainsi que l’abrogation de Parcoursup, l’une des principales cibles de cette contestation qui s’est traduite par le blocage d’établissements scolaires et des manifestations. Les ministres de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ont détaillé les mesures arrêtées lors d’une conférence de presse. Invité de France 2 lundi soir, Édouard Geffray a évoqué la question de sa potentielle démission : « Que ça m’ait traversé l’esprit, la réponse est oui » mais « je considère que ma responsabilité est de servir l’intérêt général ».
1 Suppression de Parcoursup en 2028
Voici les principales mesures annoncées par le gouvernement: la première d’entre elles consiste à réformer Parcoursup en 2027 avant son remplacement en 2028. Les formations de l’enseignement supérieur devront justifier leur refus des candidatures et les critères de sélection feront l’objet de davantage de transparence. La nouvelle mouture de 2028 sera un « nouveau système, plus simple, construit à partir des conclusions du comité et du débat parlementaire », précise le ministère de l’Éducation.
2 Des places et des postes
Le gouvernement annonce l’ouverture à la rentrée 2027 de 15 000 places dans l’enseignement supérieur – 10 000 en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 pour les filières de santé. Le gouvernement a annoncé une jauge maximale de 28 élèves par classe de seconde pour les lycées les plus défavorisés dès la rentrée 2027. Cette mesure devrait s’appliquer au reste des établissements à la rentrée 2028. Le nombre d’élèves sera également réduit dans les groupes les plus chargés en première et terminale. L’exécutif s’est engagé à annuler des suppressions de postes envisagées et même à débloquer 500 postes supplémentaires à la rentrée prochaine.
3 Prêt de 4 milliard pour les régions
Le gouvernement a annoncé le prêt de 4 milliards d’euros à taux réduit pour la rénovation du bâti scolaire ainsi que le déblocage d’un milliard d’euros supplémentaire pour les bâtiments universitaires. Mais le principe d’un prêt coince déjà, le financement, in fine, incombant aux régions.
4 La réaction des lycéens
Avant la conférence de presse, le Premier ministre Sébastien Lecomu avait reçu les organisations lycéennes et étudiantes. Une partie des syndicats lycéens a salué des mesures concrètes de l’exécutif mais appelle tout de même à poursuivre la mobilisation le 31 octobre et 5 novembre. « On peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Tout n’est pas encore satisfait et nous irons au bout. Nous satisferons les revendications des lycéens et des lycéennes et nous appelons à la mobilisation le 5 novembre et le 31 octobre », a déclaré Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les Lycéens !, à la sortie de la réunion.
L’Indépendant, le 27 octobre 2026
Selon un sondage Odoxa pour la presse régionale, 68 % des Français pensent que le mouvement des lycéens est justifié (94 % des sympathisants LFI et écologistes, 80 % PS, 60 % RN, 58 % Renaissance et 51 % LR) mais seulement 36 % souhaitent qu’il se poursuive après les vacances de la Toussaint.
