L’édito du webzine. Quand le capitalisme asphyxie l’économie française

L’économie française étouffe. Derrière la vitrine des géants du CAC 40, c’est tout un tissu productif qui se meurt, écrasé entre l’hégémonie américaine et la puissance chinoise.

Les entreprises, exsangues, ne tiennent debout que grâce à l’oxygène artificiel de l’État : 211 milliards d’euros d’aides publiques par an. Ce chiffre vertigineux tombe dans les poches des actionnaires. Ce déclin n’est pas une fatalité mais un crime économique.

Des décennies de désindustrialisation, de délocalisations sauvages, de financiarisation à outrance : entre 1981 et 2000, les dividendes des grandes sociétés ont triplé, tandis que l’investissement productif fondait comme neige au soleil. Pendant que l’Allemagne, maintenait son industrie à 22,8 % de sa valeur ajoutée, celle de la France chutait de 16,2 % à 11,2 %. L’excédent commercial allemand a été multiplié par six, quand le déficit français s’est creusé jusqu’à -64,9 milliards d’euros en 2025.

Qui paie la facture ? Les travailleurs, les chômeurs, les services publics. Moins de production, c’est moins d’emplois, moins de recettes fiscales, plus de dépenses sociales… et une dette qui explose : 3 536 milliards d’euros, avec une charge annuelle équivalente au budget de l’Éducation nationale !

Le coup de force des patrons

Pour restaurer leur compétitivité, les patrons n’ont qu’une recette : comprimer les salaires, rogner sur les cotisations, démanteler la protection sociale. Faute d’avoir misé sur l’innovation, ils préfèrent la prédation. Et quand la résistance sociale se dresse –comme contre la réforme des retraites en 2023–, une partie du patronat rêve ouvertement d’un pouvoir fort, capable d’imposer ses réformes dans le sang.

C’est là que le Rassemblement National entre en scène. Jordan Bardella a opéré un virage idéologique en règle : exit les accents sociaux du RN d’antan, place au libéralisme le plus dur avec la baisse des impôts pour les riches, la réduction drastique des dépenses publiques, la suppression des « contraintes » administratives. Autant de mesures qui, une fois de plus, frapperont les plus fragiles. Marine Le Pen aurait préféré continuer d’avancer masquée en vue de la prochaine présidentielle pour mieux tromper ceux qui souffrent.

La France de demain sera-t-elle celle de la résistance populaire ou celle de la soumission aux lois du profit ? Les communistes, lors de leur 40e congrès ont proposé une candidature communiste pour la présidentielle de 2027. Fabien Roussel, seul candidat déclaré, s’engage aux côtés du monde du travail et des catégories populaires pour défendre les droits et exigences du monde du travail, défendre le développement des services publics, défendre des exigences de paix, porter une politique de reconquête industrielle, des exigences écologiques ambitieuses, exiger la démocratie dans le cadre d’une République débarrassée du présidentialisme. Les idées communistes prendront toute leur place dans le débat public pour mener cette résistance populaire.

Dominique Gerbault

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