Pour redresser la France, le Medef et le Premier ministre Sébastien Lecornu proposent que les retraités qui perçoivent plus de 2 000 € de pension renoncent à leur indexation sur l’inflation et, pour pour ne pas faire de jaloux, l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions devrait être supprimer.
Des mesures lourdes de conséquence. Des milliers de retraités modestes (1 600/1 700 €/mois) deviendraient imposables, risquant de perdre des droits sociaux. Ceux à 2 000 € verraient leur impôt exploser de 81 %. L’objectif est d’économiser 6 milliards d’euros sur leur dos. Pourtant, le gouvernement les présente comme des « aisés » vivant « aux crochets » des actifs, oubliant que le système de retraites est contributif et par répartition.
Cette saignée aggraverait la baisse de la consommation, donc de la TVA, et affaiblirait l’activité économique. Après une vie de travail, les retraités deviennent une variable d’ajustement budgétaire.
D’autre marges de manœuvre
Les réformes fiscales sous Macron ont coûté 54 milliards d’euros par an aux finances publiques. Le déficit atteint 151 milliards, dont 59,3 pour les intérêts de la dette. Sans compter les 211 milliards d’aides aux entreprises, souvent sans contrôle, ou les 80 à 100 milliards de fraudes fiscales annuelles. Airbnb, par exemple, a déclaré 50 millions d’euros d’activité en France… pour un chiffre réel estimé à 563 millions. Les Gafam, elles, privent l’État de 600 millions par an depuis 2017.
La France est championne d’Europe des dividendes : 61 milliards versés au deuxième trimestre 2026… sans taxation exceptionnelle. La richesse existe, mais elle profite surtout à une minorité.
Le bilan du Président des riches ? 2,2 millions de salariés au Smic (contre 1,65 million avant), une pénurie de logements sociaux (30 ans pour répondre à la demande), un million de pauvres supplémentaires, et des inégalités qui alimentent colère et repli. Même l’école régresse : le classement Pisa révèle un recul en maths et en lecture, source d’angoisse pour 80 % des parents.
En s’attaquant aux retraités, le macronisme ne résout rien. Il attise l’injustice et la colère, risquant d’ouvrir la voie à des dérives bien plus graves. Les retraités laisseront-ils faire ?
Dominique Gerbault
