L’édito du webzine. Le débat étouffé de la jeunesse

Des lycéens descendent dans la rue. Que demandent-ils ? Des heures de cours, des classes moins chargées, des locaux dignes de la sixième puissance mondiale, la fin d’une sélection devenue loterie anxiogène. Des choses simples : le droit d’étudier.

Et pourtant, qui parle dans les médias ? Ni le ministre de l’Éducation nationale, qui a d’abord qualifié le mouvement d’« entreprise de destruction du service public », ni celui des Universités. C’est le ministre de l’Intérieur qui monopolise les plateaux et impose le vocabulaire. Un pays qui répond à une question d’éducation par la police : ce constat devrait suffire à alerter.

Car le premier champ de bataille est celui des mots. Une manifestation devient « émeute urbaine » ; une revendication devient « colère » ou « grogne ». Ces termes ne sont pas neutres : ils dépolitisent. Parler de « colère », c’est effacer ce que les jeunes disent précisément ; qu’ils contestent une politique éducative et un manque criant de moyens.

À l’infantilisation s’ajoute la suspicion : ces jeunes ne seraient que des marionnettes, instrumentalisés hier par le Parti communiste, aujourd’hui par La France insoumise. Entendre, soutenir, donner un débouché aux demandes des citoyens serait pourtant le rôle d’un parlementaire.

Enfin : l’étiquette « ultra-gauche » est agitée contre toute évidence, la dissolution brandie pour distiller une ambiance ; mais les révélations accablantes sur le président du RN et ses menaces contre des journalistes n’ont suscité ni procureur, ni indignation ministérielle.

Deux poids, deux mesures

Le plus étrange, dans ce vacarme, est ce que personne ne dit que chaque année, la France consacre 70 milliards d’euros au seul paiement des intérêts de sa dette à une poignée d’institutions financières. C’est l’équivalent d’un deuxième budget de l’Éducation nationale, prélevé sur le bien commun. Dans le même temps, il a trouver sans difficulté 36 milliards supplémentaires pour la surmilitarisation, votés en quelques semaines.

Voilà la réalité que le matraquage médiatique soigneusement masque. Quand il s’agit de servir les rentiers ou les industries de l’armement, les crédits existent, se votent vite et sans repentir ; quand il s’agit de recruter des enseignants, de rénover des lycées ou d’alléger des classes, on nous explique soudain que « les caisses sont vides ». L’argent qui manque aux lycées n’est pas une fatalité comptable : c’est un choix politique, un choix de priorités- et il a des bénéficiaires.

Face à la contestation, la méthode est rodée : contenir par la contrainte policière, désamorcer par la concertation. Convention citoyenne, cahiers de doléances, commission sur les retraites : on institutionnalise l’écoute, on enterre les conclusions. Répondre aux attentes populaires serait « trop complexe » ; offrir des cadeaux aux multinationales se fait en un claquement de doigts. Les oppositions auraient tout à gagner à construire ensemble un débouché politique : reprendre les propositions des lycéens, les chiffrer, montrer comment les financer.

Au fond, ce mouvement refuse une école soumise au marché et formant une main-d’œuvre malléable. Il exige des moyens d’émancipation, pas des méthodes de guerre civile. Traiter par la matraque un enjeu d’éducation sème les germes d’un inquiétant pré-fascisme. Nous ne l’oublierons pas.

Dominique Gerbault

Déclaration CGT à la Commission des Comptes de la Sécurité sociale

Je suis déjà étonné d’être à Bercy et pas avenue Duquesne, aux Ministères du travail, de la santé et des affaires sociales.

Il est vrai qu’il n’y a toujours pas de salle Ambroise Croizat 80 ans après la création par ce ministre de la Sécurité sociale.

La Sécurité sociale, construite au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur la base du programme du CNR se base sur un principe fondamental : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Comme le pointe Monsieur le député Viry sur les risques démocratiques, faisons attention avec les principes, c’est dangereux de passer de graves mesures par décret.

Aujourd’hui, cette véritable conquête ouvrière est mise en danger par le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, un PLFSS qui vise à ramener artificiellement le déficit de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards d’euros en 2027 en faisant peser l’effort sur les malades, les retraités et les familles, en épargnant pour l’essentiel les grosses entreprises qui ont pourtant servi 61 Md de dividendes rien que pour le 1er semestre.

Nous nous étonnons d’un choix de chiffre d’inflation à 1,7 %, alors que l’inflation mesurée par l’Insee est à 3 %.

Premier problème : votre projet prévoit surtout des baisses de droits, alors même que la Cour des comptes pointe le manque de recettes.

Pour orchestrer cette cure d’austérité budgétaire, le gouvernement choisit d’abord de fixer la progression de l’ONDAM à seulement 2,1%, pour un montant de 278,7 milliards d’euros. Alors que les besoins de santé augmentent naturellement au moins de 3,4 % par an, et que la Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale estime le besoin réel à 10 % pour sauver l’hôpital public.

Le pouvoir exige 5 milliards d’euros d’économies sur la santé. Derrière ce chiffre, ce sont des milliards pris sur les patients et les assurés, avec notamment 2 milliards d’euros d’économies imposées sur les arrêts de travail. Une politique qui conduit à réduire brutalement les droits, en ramenant par exemple de trois ans à un an la durée maximale d’indemnisation des ALD non exonérantes.

La hausse des arrêts maladie est due à au moins 2 phénomènes : le recul de l’âge de départ et la violence des conditions de travail, ATMP qui explosent, encore plus avec sous déclaration et nous n’avons pas encore les effets des canicules.

Même sur les franchises médicales, le Gouvernement passe outre l’opposition du Conseil de la CNAM : alors que le projet initial prévoyait de doubler le plafond annuel, de 50 à 100 €, le texte finalement publié le fixe à 70 €. Une nouvelle hausse de la participation financière des assurés, qui vient s’ajouter à une politique générale de réduction des remboursements et de transfert des dépenses vers les patients et les complémentaires santé.

Les revenus de remplacement des salariés sont directement frappés puisque les indemnités journalières subiront une fiscalisation de 50 % pour les affections de longue durée ALD non exonérantes et de 100 % pour les ATMP accidents du travail et maladies professionnelles. À cela, s’ajoutent 3 milliards d’économies sur les médicaments et équipements, le recul de la prise en charge des transports sanitaires, une convergence tarifaire par le bas en radiothérapie qui pénalise l’hôpital public, ainsi que le maintien de la surtaxe de 2,05 % sur les mutuelles qui fera encore exploser leurs tarifs.

Cette offensive austéritaire s’en prend avec la même dureté aux retraités et aux familles pour dégager 5,5 milliards d’euros d’économies sur les pensions.

Ça doit être le pendant : taper sur les jeunes, ce que fait le gouvernement (dans tous les sens du terme) et taper sur les personnes âgées !

Le gouvernement bloque la revalorisation des retraites supérieures au MICO, à 2 034 euros, et instaure une sous-indexation et un gel des pensions supérieures à 1 260 € par mois, ciblant 2/3 des retraités qui vont dès lors connaitre une perte de niveau de vie irréversible sur le long terme. Pour les femmes, cette mesure aggrave une paupérisation structurale, alors que les pensions des salariés non-cadres ont déjà diminué de 6,5 % en euros constants entre 1999 et 2024 selon la DREES. Pour prendre un exemple chiffré, une retraitée percevant une pension globale de 1 500 €/mois subissant un gel au lieu d’une revalorisation à 1,7 % perd 25 €/mois, soit 300 € dès la 1ère année. Cette perte est définitive et cumulative, les revalorisations futures repartant du niveau gelé à 1 500 €.

De plus, le PLFSS 2027 entérine le recentrage de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) prévu par décret pour générer une économie de 250M€ sur les dépenses d’APA à domicile soit environ 5.3 % de la dépense totale. Pour une personne âgée vivant à domicile avec 2 300 € de revenu et 500 € de plan d’aide, la mesure entraîne une hausse du reste à charge de 36 € par mois, soit 432 € par an.

Dans le même temps, la branche Famille se voit siphonnée de 1,3 milliard d’euros pour financer les indemnités maternité de la branche maladie, tandis que l’Allocation de rentrée scolaire est amputée de 600 millions d’euros et que les prestations familiales sont gelées.

Pire encore, l’article 37 conditionne l’accès aux prestations familiales à au moins un an de détention d’un titre de séjour pour les travailleurs étrangers extra-UE, reprenant ainsi une mesure xénophobe de préférence nationale directement inspirée du programme du RN. Si elle est votée, cette disposition concernerait 110 000 personnes dont 30 000 enfants. Pour un rendement dérisoire (1,8 M€ sur les allocations familiales et 60 M€ sur les APL), elle romprait avec le principe d’universalité de la Sécurité sociale.

En plus de l’impasse sur la jeunesse, il y a donc impasse sur la perte d’autonomie : un des échecs de ces dernières années, ce sera l’absence de véritable politique prenant en charge la perte d’autonomie.

Pendant que l’on traque le moindre euro dans la poche des assurés, le patronat reste pleinement préservé. L’intégration des compléments de rémunération comme la participation et l’intéressement dans le calcul des allègements garantit un pactole de près de 80 Milliards, seulement rogné de 3,7 milliards d’euros d’exonérations aux employeurs, tandis que l’État détourne 5,6 milliards d’euros de recettes de TVA destinées jusqu’à présent à la Sécurité sociale.

Face à cette détérioration organisée, la CGT rappelle que le manque de financement n’est pas une fatalité mais un choix politique libéral.

Ainsi, nous revendiquons une Sécurité sociale intégrale financée à 100 % par du salaire socialisé et gérée par et pour les travailleur•euses , la fin des exonérations de cotisations sociales et l’augmentation générale des salaires, notamment pour parvenir à l’égalité entre femmes et hommes.

Le 06/10/2026

L’édito du webzine. Les retraités, boucs émissaires du redressement français ?

Pour redresser la France, le Medef et le Premier ministre Sébastien Lecornu proposent que les retraités qui perçoivent plus de 2 000 € de pension renoncent à leur indexation sur l’inflation et, pour pour ne pas faire de jaloux, l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions devrait être supprimer.

Des mesures lourdes de conséquence. Des milliers de retraités modestes (1 600/1 700 €/mois) deviendraient imposables, risquant de perdre des droits sociaux. Ceux à 2 000 € verraient leur impôt exploser de 81 %. L’objectif est d’économiser 6 milliards d’euros sur leur dos. Pourtant, le gouvernement les présente comme des « aisés » vivant « aux crochets » des actifs, oubliant que le système de retraites est contributif et par répartition.

Cette saignée aggraverait la baisse de la consommation, donc de la TVA, et affaiblirait l’activité économique. Après une vie de travail, les retraités deviennent une variable d’ajustement budgétaire.

D’autre marges de manœuvre

Les réformes fiscales sous Macron ont coûté 54 milliards d’euros par an aux finances publiques. Le déficit atteint 151 milliards, dont 59,3 pour les intérêts de la dette. Sans compter les 211 milliards d’aides aux entreprises, souvent sans contrôle, ou les 80 à 100 milliards de fraudes fiscales annuelles. Airbnb, par exemple, a déclaré 50 millions d’euros d’activité en France… pour un chiffre réel estimé à 563 millions. Les Gafam, elles, privent l’État de 600 millions par an depuis 2017.

La France est championne d’Europe des dividendes : 61 milliards versés au deuxième trimestre 2026… sans taxation exceptionnelle. La richesse existe, mais elle profite surtout à une minorité.

Le bilan du Président des riches ? 2,2 millions de salariés au Smic (contre 1,65 million avant), une pénurie de logements sociaux (30 ans pour répondre à la demande), un million de pauvres supplémentaires, et des inégalités qui alimentent colère et repli. Même l’école régresse : le classement Pisa révèle un recul en maths et en lecture, source d’angoisse pour 80 % des parents.

En s’attaquant aux retraités, le macronisme ne résout rien. Il attise l’injustice et la colère, risquant d’ouvrir la voie à des dérives bien plus graves. Les retraités laisseront-ils faire ?

Dominique Gerbault

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Maintenant, ça suffit et ça se voit

Le capitalisme ne semble plus être la fin de l’histoire. C’est nouveau. Il est aujourd’hui identifié et contesté. Les dégâts qu’il engendre touchent l’ensemble des domaines de la vie. L’environnement, la vie domestique, la dignité, l’agriculture, la santé, l’éducation la culture et la paix. La vie quoi. Les inégalités gagnent du terrain, partout, et les proportions atteintes par ces écarts sociaux et entre les nations insultent la plus élémentaire morale des hommes. Il n’est donc plus, dans les esprits, la fin de l’histoire mais il bouge encore, dangereusement, et il fait la guerre.

La question est posée en grand, à tous, en France et dans le monde. Peut-on faire autrement ? François Lenglet, grand journaliste économique devant l’éternel sur les chaînes info, a bien tenté, mardi 15, à la lecture du classement mondial des pays en termes de dividendes versés aux actionnaires publié dans le monde, d’éclairer la deuxième place de la France ! Il s’est quasiment noyé en direct, le visage crispé. Ses contorsions intellectuelles n’y pouvaient rien. La France est bien deuxième ! Loin devant ses concurrents directs, dont l’Allemagne. Comment l’expliquer ? Des dizaines de milliards prélevés sur les richesses produites, une prédation devenue insupportable.

Ne pas attendre. Cette idée gagne du terrain. Et d’ailleurs, attendre quoi ? Partout où cela est possible, les exigences populaires doivent être portées. Fabien Roussel en a fait l’axe central de son discours et de sa campagne. La reconquête idéologique, partagée, est devenue urgente. Sauver la protection sociale, nationaliser et relocaliser les productions utiles, loger correctement l’ensemble des citoyens, augmenter les salaires, faire vivre la démocratie dans les grandes entreprises, réformer et consolider une fiscalité juste, répondre aux besoins sociaux. Bref, ne rien laisser de côté pour que chacun puisse simplement VIVRE.

Mardi 29, en France et à Perpignan, les agents publics se mettront en mouvement. En octobre, d’autres manifestations s’annoncent. Le journal y sera !

L’édito du webzine. Le cynisme d’un gouvernement en quête d’économies

Au cœur de l’été, alors que les Français sont moins attentifs, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé le doublement du plafond annuel des franchises médicales, passant de 100 à 200 euros par an.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont une logique implacable : faire payer toujours plus ceux qui sont malades et ont besoin de soins. Cet été, l’exécutif de Sébastien Lecornu a franchi un cap supplémentaire dans le cynisme. Par décret, il impose une mesure rejetée par les parlementaires lors du dernier débat sur le budget de la Sécurité sociale : le doublement des franchises médicales. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie libérale de démantèlement progressif de notre système de protection sociale, hérité du programme du Conseil national de la Résistance et porté par Ambroise Croizat.

La Sécurité sociale, fierté française, se transforme peu à peu en une assurance au rabais pour les plus modestes, tandis que les plus aisés peuvent s’offrir des soins de qualité. En arrière-plan, le gouvernement agite l’épouvantail du « trou de la Sécu », un argument éculé pour justifier des économies toujours plus brutales. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les 2,15 milliards d’euros économisés grâce à cette mesure semblent dérisoires face aux 211 milliards accordés aux entreprises.

Le gouvernement ferme les yeux sur des recettes potentielles. Comme le souligne le PCF : « Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur les malades, faisons contribuer les milliards de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales. » La santé n’est ni un luxe, ni une marchandise. C’est un droit. Pourtant, les coups bas se multiplient.

Une mesure injuste et contre-productive

En 2024, le gouvernement avait déjà doublé les franchises, passant de 0,50 à 1 euro par acte. Aujourd’hui, les montants unitaires restent fixes (2 euros par consultation, 1 euro par boîte de médicaments), mais le plafond annuel, jusqu’ici limité à 50 euros pour chaque poste, doublerait. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en mai, 48 millions d’assurés seraient concernés. Seuls les mineurs, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, de l’aide médicale d’État et les femmes enceintes en fin de grossesse y échapperaient.

Stéphanie Rist tente de minimiser l’impact : « C’est un petit effort extrêmement mesuré pour ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an et qui vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin. » Un raisonnement fallacieux. Car qui consomme autant de soins ? Principalement les personnes âgées et les malades chroniques, comme les patients en oncologie. C’est culpabilisant.

Les syndicats, déjà mobilisés en septembre 2025, dénoncent un « passage en force pendant l’été ». Cette mesure aggrave les inégalités d’accès aux soins. Pourtant, la France a fait le choix historique d’un système où chacun contribue selon ses moyens. Avec ces réformes, on se dirige droit vers un modèle assurantiel, à l’américaine ou à l’anglaise, où la santé devient un privilège.

Face à cette dérive, la résistance s’organise. Associations de patients, syndicats de médecins et partis politiques appellent à une mobilisation citoyenne. « La santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire », martèlent-ils. Il est temps de défendre ce droit fondamental avant qu’il ne soit trop tard.

Dominique Gerbault

L’édito du webzine. Les priorités de la Cour des comptes

La Cour des comptes se présente comme une allié du contribuable, chargée de veiller à la bonne gestion de l’argent public. Ses rapports et avertissements sont indispensables pour garantir la rigueur budgétaire. Pourtant, ses critiques ciblent sont à géométrie variable.

À l’heure du débat budgétaire dans les collectivités territoriale, la Cours de comptes met tout sont poids pour dénoncer la gratuité (cantines scolaires, périscolaire, crèches, transports…) alors qu’elle ignore les cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés et aux entreprises.

Elle estime que la gratuité des cantines scolaires sont des « inscriptions de confort », alors que ces mesures visent à garantir l’égalité d’accès à la restauration pour tous les enfants, indépendamment des revenus familiaux. Les transports gratuits sont également critiqués pour leur coût, alors qu’ils favorisent l’égalité sociale et la transition écologique.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?

La Cour reste silencieuse sur la suppression de la taxe d’habitation et de la taxe professionnelle sous Macron, qui a privé les collectivités de 28 milliards d’euros par an. Ajoutons à cela la baisse des compensations étatiques, l’inflation et la TVA (encaissée par l’État), et le tableau est complet : les collectivités locales sont asphyxiées financièrement, tandis que l’État continue de favoriser les entreprises et les plus riches (220 milliards d’euros de largesses annuelles).

La Cour, obsédée par la réduction des dépenses publiques, sacrifie les services publics garants de cohésion sociale et d’égalité républicaine. Elle feint d’ignorer que ces services sont déjà financés par les contribuables via la taxe foncière, et qu’ils répondent à des enjeux sociaux et environnementaux majeurs.

Présidée par Amélie de Montchalin (ancienne ministre de Macron, issue de l’élite HEC et du lycée privé Sainte-Geneviève), la Cour incarne un entre-soi éloigné des réalités populaires. Avec un salaire annuel de 300 000 euros, elle symbolise une institution qui défend les intérêts du monde économique et financier.

Cette logique de classe affame les services publics, les condamnent à disparaître et creuse les inégalités au mépris de l’intérêt général.

Dominique Gerbault