Mardi 23 juin, Marc Bloch, historien, résistant est entré au Panthéon ainsi que sa femme Simone Vidal. Si beaucoup de Français connaissent Jean Moulin beaucoup moins, sans doute, connaissent Marc Bloch, prenons donc cette panthéonisation pour une occasion de réparation. Le parcours de cet intellectuel brillant et critique est pourtant admirable. Vétéran de 14-18, historien médiéviste, enseignant, Marc Bloch était juif et résistant. En 1940 il est révoqué de la fonction publique parce que juif, ses livres sont pillés, il perd tout. Ce père de six enfants, antifasciste, s’engage dans la Résistance, il sera torturé et fusillé en juin 1944. Aujourd’hui, tous les historiens soulignent son apport exceptionnel à la science historique, à la connaissance de notre époque.
Il faut aussi souligner la force de son engagement, son humanisme, les valeurs qu’il portai. À l’opposé des idées nauséabondes qui aujourd’hui envahissent l’espace public. À l’opposé du projet d’une extrême droite dopée, se voyant déjà au pouvoir. La famille de Marc Bloch a clairement demandé que l’extrême droite « sous toutes ses formes » soit exclue de la cérémonie. Il est essentiel qu’Emmanuel Macron, qui a décidé de l’entrée de Marc Bloch au Panthéon, fasse respecter cette exigence. Macron, loin d’être clair par rapport à l’extrême droite, d’un côté il propose la panthéonisation de Manouchian, de Bloch, de l’autre il ne cesse de donner des gages au RN pour se maintenir au pouvoir.
La panthéonisation de Marc Bloch ne doit pas être seulement un moment de mémoire, et encore moins de récupération politicienne, mais surtout l’affirmation des valeurs qui fondent la République, valeurs que Marc Bloch a défendues jusqu’au bout.
