Mobilisation samedi : « Nous ne pourrons pas assurer le maintien de l’ordre » (L’Indep)

Dans les Pyrénées-Orientales, tous les syndicats ne sont pas d’accord sur la posture à adopter face à la mobilisation de ce samedi, annoncée par la coordination des Gilets jaunes. Solidaires 66 appelle en effet à se joindre au mouvement. Mais assume « ne pas pouvoir assurer le maintien de l’ordre », Explications.

À l’image d’une partie de la société, les syndicats aussi semblent de plus en plus divisés. Dans les Pyrénées-Orientales, la puissante CGT et FSU, le premier syndicat dans le secteur de l’éducation, ont annoncé qu’ils n’appelleraient pas à manifester ce 24 octobre.

Ce samedi ayant été annoncé par la coordination des Gilets jaunes comme « l’acte Il » de la mobilisation du 17 octobre.

Les deux porte-parole locaux ont fermement dénoncé les violences urbaines survenues ce premier samedi, Julien Berthélémy pour la CGT 66 allant jusqu’à tonner : « On ne sera pas aux côtés des casseurs ».

Mais leur discours ne fait visiblement pas l’unanimité.

Ce mardi, le syndicat Solidaires 66 appelle bel et bien ses militants à rejoindre le mouvement de ce samedi. Comme le confirme à L’Indépendant Léa Docus, co-secrétaire départementale de Solidaires 66. « Oui, il faut poursuivre la mobilisation, y compris le 24 octobre où nous appelons à la convergence des luttes des lycéens, des étudiants, des travailleurs, des Gilets jaunes et des citoyens ».

Le syndicat catégorisé anarchiste, CNT-SO, pour Confédération nationale des travailleurs – Solidarité ouvrière, incite aussi à descendre dans la rue.

Mais, pour un syndicat, cet appel à manifester n’est pas anodin. Quid en effet de l’encadrement d’une mobilisation dont l’acte la été entaché par des violences ? « C’est un défi car nous ne sommes pas organisateurs, nous ne pourrons donc pas assurer le maintien de l’ordre », concède Léa Docus. La syndicaliste milite pour « une mobilisation pacifique » et martèle « ne pas souhaiter qu’il y ait de dégradations ».

Mais, en tant que co-secrétaire d’une organisation syndicale, comment s’en assurer et appeler ainsi ses militants à se mobiliser en toute confiance, sans crainte de débordements ? Selon elle, « dans ces dégradations, il ne faut pas amoindrir le rôle de ceux qui sont censés maintenir l’ordre mais qui utilisent des gaz lacrymogènes et usent d’une force trop violente. N’oublions pas que le reste de la journée s’est très bien déroulé. Je trouve dommage que le débat public soit concentré sur les sur-réactions concernant des destructions matérielles et que l’on oublie les revendications légitimes des lycéens, travailleurs et étudiants ».

Et Léa Docus d’insister sur le fait que, ce samedi, « nous ne serons pas organisateurs ». Impossible à garantir, donc.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 octobre 2026)

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