Mobilisation du 24 octobre : à quoi faut-il s’attendre pour cette journée ? (L’Indep)

Une manifestation non déclarée est prévue à Perpignan ce samedi 24 octobre, une semaine après la mobilisation du 17 octobre qui avait fini par dégénérer. Les autorités redoutent de nouveaux débordements et ont mobilisé d’importants moyens policiers.

C’est une nouvelle journée dont il est encore difficile de connaitre l’issue. Une semaine après la mobilisation du 17 octobre 2026, une nouvelle date a été programmée à Perpignan, ce samedi 24 octobre. Et cette dernière semble être redoutée par les autorités qui ont prévu de mobiliser les grands moyens. L’Indépendant fait le point.

Dans un premier temps, il est important de rappeler que cette manifestation n’a pas été déclarée en préfecture. Un point sur lequel était justement revenu le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, lors d’une conférence de presse. « Je rappelle que la participation et l’organisation de manifestations non déclarées constituent des infractions pénales », avait-il indiqué. Le représentant de l’État avait également « décidé d’interdire les manifestations dans l’hypercentre de Perpignan, du 22 au 25 octobre ».

Pour autant, plusieurs syndicats dont Solidaires 66, la CGT ou encore la Confédération nationale du travail (CNT) ont annoncé être en faveur de ce mouvement, sans en être les organisateurs.

Aucun parcours défini pour le cortège

Comme pour la précédente date, aucun parcours ne semble avoir été défini. Cependant, sur le site des Gilets jaunes, plusieurs points de rassemblement ont été annoncés: à 10h30 place de Catalogne, à 13h30 place de la Loge, à 14h devant la préfecture des Pyrénées-Orientales et à 14h30 place de la République. L’autoroute A9 pourrait aussi être ciblée au niveau des péages.

De plus, durant cette journée, le cortège ne sera pas encadré par la police. Elle « n’encadrera pas de cortège, comme elle avait commencé à le faire le 17 octobre ». Cette fois-ci, elle se concentrera « à 100 % à combattre les casseurs et les délinquants et à rétablir l’ordre si nécessaire », ont prévenu les autorités. À noter que pour cette mobilisation, les fonctionnaires vont être à nouveau équipés de lanceurs de balles de défense. La police municipale et des militaires du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) vont aussi être mobilisés. Soit près de 200 membres des forces de l’ordre.

Un couvre-feu pour les mineurs

Enfin, pour éviter de nouveaux débordements en fin de soirée, et notamment des pillages dans les commerces perpignanais, la préfecture a mis en place un arrêté pour les mineurs sur l’ensemble de la commune de Perpignan, du 24 octobre, à 19h30, au 25 octobre, à 6h. Celui-ci concerne tous les mineurs de moins de 18 ans, « qu’ils soient accompagnés ou non (…) tout mineur se trouvant sur la voie publique en méconnaissance de cette mesure pourra être appréhendé et ses parents seront alors contactés afin qu’ils viennent le raccompagner à son domicile ». Un autre arrêté a été pris concernant l’interdiction d’acquérir, de porter ou de transporter des artifices, des artifices pyrotechniques et des bidons de carburant du 22 au 29 octobre. Et un dernier sur l’interdiction du port et le transport de tout objet pouvant constituer une arme.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 24 octobre 2026)

Compte tenu du contexte, Sankéo annonce que la desserte du centre-ville est suspendue a partir de 9h.

L’appel à manifester du parti communiste

Le Parti communiste des P.-O. (PCF 66) appelle la population et ses adhérents à manifester ce samedi. Et de préparer aussi la suite pour le rassemblement du 5 novembre.

« Le 17 octobre, on a pu dégager deux caractéristiques de cette mobilisation: une participation active de la jeunesse et la convergence des luttes (salariés, précaires, agriculteurs, personnes isolées… C’est une manifestation qui s’est bien déroulée jusqu’aux actions de casse. En face, nous avons un patronat qui ne lâche rien. Donc face à aucune réponse, la colère grandit », confiait Michel Coronas, porte-parole de la fédération du PCF 66.

Selon lui, les dispositions prises par le préfet des P.-O., de mettre en « premier chef le maintien de l’ordre » sont « une forme de provocation ». « Il y a la volonté de dramatiser, de faire peur aux gens et donc d’accroitre le risque de tension. C’est a se demander si ce n’est pas l’effet recherché ? ». Le PCF 66 assurait être en tout cas présent, et de manière active, ce samedi au cœur de la mobilisation : « Nous distribuerons des tracts en rappelant nos propositions ».

L. M. (L’Indépendant, le 24 octobre 2026)

Mobilisation samedi : « Nous ne pourrons pas assurer le maintien de l’ordre » (L’Indep)

Dans les Pyrénées-Orientales, tous les syndicats ne sont pas d’accord sur la posture à adopter face à la mobilisation de ce samedi, annoncée par la coordination des Gilets jaunes. Solidaires 66 appelle en effet à se joindre au mouvement. Mais assume « ne pas pouvoir assurer le maintien de l’ordre », Explications.

À l’image d’une partie de la société, les syndicats aussi semblent de plus en plus divisés. Dans les Pyrénées-Orientales, la puissante CGT et FSU, le premier syndicat dans le secteur de l’éducation, ont annoncé qu’ils n’appelleraient pas à manifester ce 24 octobre.

Ce samedi ayant été annoncé par la coordination des Gilets jaunes comme « l’acte Il » de la mobilisation du 17 octobre.

Les deux porte-parole locaux ont fermement dénoncé les violences urbaines survenues ce premier samedi, Julien Berthélémy pour la CGT 66 allant jusqu’à tonner : « On ne sera pas aux côtés des casseurs ».

Mais leur discours ne fait visiblement pas l’unanimité.

Ce mardi, le syndicat Solidaires 66 appelle bel et bien ses militants à rejoindre le mouvement de ce samedi. Comme le confirme à L’Indépendant Léa Docus, co-secrétaire départementale de Solidaires 66. « Oui, il faut poursuivre la mobilisation, y compris le 24 octobre où nous appelons à la convergence des luttes des lycéens, des étudiants, des travailleurs, des Gilets jaunes et des citoyens ».

Le syndicat catégorisé anarchiste, CNT-SO, pour Confédération nationale des travailleurs – Solidarité ouvrière, incite aussi à descendre dans la rue.

Mais, pour un syndicat, cet appel à manifester n’est pas anodin. Quid en effet de l’encadrement d’une mobilisation dont l’acte la été entaché par des violences ? « C’est un défi car nous ne sommes pas organisateurs, nous ne pourrons donc pas assurer le maintien de l’ordre », concède Léa Docus. La syndicaliste milite pour « une mobilisation pacifique » et martèle « ne pas souhaiter qu’il y ait de dégradations ».

Mais, en tant que co-secrétaire d’une organisation syndicale, comment s’en assurer et appeler ainsi ses militants à se mobiliser en toute confiance, sans crainte de débordements ? Selon elle, « dans ces dégradations, il ne faut pas amoindrir le rôle de ceux qui sont censés maintenir l’ordre mais qui utilisent des gaz lacrymogènes et usent d’une force trop violente. N’oublions pas que le reste de la journée s’est très bien déroulé. Je trouve dommage que le débat public soit concentré sur les sur-réactions concernant des destructions matérielles et que l’on oublie les revendications légitimes des lycéens, travailleurs et étudiants ».

Et Léa Docus d’insister sur le fait que, ce samedi, « nous ne serons pas organisateurs ». Impossible à garantir, donc.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 octobre 2026)

« Les revendications des jeunes sont légitimes » : lycéens, étudiants, parents et enseignants de retour dans la rue (L’Indep)

Ce mardi 13 octobre, la quasi-totalité des syndicats d’enseignants présents dans le département appellent à manifester avec les lycéens et les étudiants à Perpignan. Selon eux, les revendications des élèves sont plus que légitimes et le gouvernement se doit d’y apporter une réponse.

L’appel est quasiment unanime du côté des syndicats d’enseignants. Et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) soutient également la journée d’action de ce mardi, lors de laquelle une manifestation, organisée conjointement avec l’Union syndicale lycéenne et le mouvement étudiant Union progressiste, partira à 10h30 de la place de la Victoire pour effectuer une boucle en centre-ville.

Manque de professeurs, d’infirmières ou de psychologues scolaires, emplois du temps « intenables », salles vétustes, difficultés liées à la plateforme d’orientation Parcoursup…

Depuis deux semaines, les lycéens mobilisés font remonter leurs doléances. Pratiquement en vain à leurs yeux, hormis quelques « mesurettes ». « Il y a toujours une absence totale de réponse satisfaisante du gouvernement à leurs revendications, que nous partageons toutes », s’énerve Marc Moliner, du Snes-FSU.

Nicolas Ribo, de la CGT Éduc’action, est sur la même ligne : « Jusqu’à présent, la seule réponse du gouvernement, c’est la répression, qui n’a jamais été aussi forte depuis 1968. C’est inacceptable. Il faut une réponse globale, un plan d’investissement pour créer des postes d’enseignants, améliorer les conditions d’accueil et intervenir sur le bâti scolaire ».

Eloïse Chenus, de l’Unsa, reprend la balle au bond : « On a pu constater en cette rentrée entre 34 et 35 degrés dans certaines salles de classe, avec des malaises d’enseignants et d’élèves. C’est gravissime. On est sur une mise en danger des personnels et des élèves, sur une urgence de santé publique ».

Les enseignants confirment aussi les dires de leurs élèves concernant la plateforme d’orientation Parcoursup, « qui renforce les inégalités d’accès aux études supérieures ». Ou encore pour ce qui est des journées à rallonge liées à la réforme du lycée (des cours de 8h à 18h avec parfois des trous de plusieurs heures au milieu de la journée). « Les problèmes d’emploi du temps que dénoncent les élèves sont souvent moqués, mais ils ont une base structurelle forte. C’est cette réforme qui les a engendrés », estime Léa Docus, de Sud Éducation.

« La répression est extrême alors que les revendications des jeunes sont légitimes. C’est insupportable », résume Véronique Busson, de la CNT. Alors que Kader Benmouffok, du syndicat FO des collèges et lycées évoque « une rupture du contrat social » : « Le droit de manifester est un droit constitutionnel et le gouvernement se doit de répondre aux revendications autrement que par la répression ». Les syndicats réclament également que les absences des élèves lors des mobilisations ne soient plus considérées comme injustifiées, afin que cela ne handicape pas leur orientation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)

500 personnes ont défilé pour la journée contre le racisme (L’Indep)

Ce samedi, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville de Perpignan à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, à l’appel de plusieurs syndicats et associations.

Proclamée en 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale commémore un triste anniversaire. Celui du 21 mars 1960, où la police sud-africaine avait ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation contre l’apartheid, dans la commune de Sharpeville.

Ce samedi matin, à Perpignan, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville dans le cadre de cette journée de mobilisation, a l’appel de plusieurs associations et syndicats locaux. Les militants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT ou de la Confédération paysanne étaient notamment au rendez-vous. Tout comme ceux d’associations telles que la Cimade ou l’Asti, qui viennent en aide aux migrants, ou encore de la Ligue des droits de l’homme, de SOS Racisme et de collectifs pro-palestiniens.

« La mobilisation est plus que jamais urgente », a estimé lors de sa prise de parole Christophe Moya, du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). « Les discours de haine se banalisent. Le nombre d’actes racistes, islamophobes et antisémites augmente de façon alarmante sans susciter de réaction massive. »

Dominique Ségard, de la Cimade, a poursuivi sur la même ligne : « Nous devons plus que jamais exprimer ensemble notre résistance. Nous ne voulons pas d’une société raciste. En-semble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice et de respect des libertes. »

Côté syndical, les organisations avaient opté pour une prise de parole commune. « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours, dans nos entreprises, dans nos établissements, nos administrations, nos écoles, nos fermes », a rappelé dans ce cadre Christine Mirroir, de Solidaires. Avant d’appeler « l’ensemble des travailleurs et des travailleuses à poursuivre et construire les mobilisations nécessaires pour gagner un changement de société et un monde de paix, de justice sociale et antiraciste ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 22 mars 2026)