Environ 600 personnes venues des Pyrénées-Orientales et de l’autre côté de la frontière ont défilé hier pour la défense de la langue et de la culture catalanes à Perpignan. Dans le cadre de la traditionnelle manifestation de la « Diada de Catalunya Nord ».
Il s’agit d’une commémoration, mais certainement pas d’une célébration. Depuis le début des années 1980, chaque 7 novembre, jour anniversaire du traité des Pyrénées qui a acté l’annexion du Roussillon par la France en 1659, les associations, partis politiques et organisations impliqués dans la défense de la culture et de la langue catalanes appellent à défiler dans les rues de Perpignan. Dans le cadre de la « Diada de Catalunya Nord » (« Journée de la Catalogne Nord »).
« Nous avons récupéré la date du traité des Pyrénées pour en faire un moment de protestation », résume Gautier Sabria, délégué départemental de l’organisation non gouvernementale Plateforma per la llengua et membre du collectif qui organise la Diada. « Ce n’est pas une manifestation indépendantiste, mais surtout une occasion de revendiquer notre langue et notre culture, de dire ce qu’on veut pour ce territoire. La plupart des décisions sont prises depuis Paris ou Toulouse. Nous, on pense qu’il faut arrêter ce paternalisme. Nous sommes capables de choisir pour nous-mêmes ! »
Pyramides humaines, accents et slogans venus du nord et du sud de la frontière, drapeaux catalans et/ou indépendantistes en tous genres… Cette année encore, l’ambiance était au rendez-vous dans le cortège, qui a commencé à se former vers 15 heures sur la place de Catalogne, avant de s’élancer une heure plus tard sur les boulevards de la ville. Environ 600 personnes étaient au rendez-vous.
« Notre langue a été minorisée »
Le président du parti Unitat catalana, Mathieu Pons Serradeil, était notamment au rendez-vous. « Nous voulons un statut territorial spécifique pour la Catalogne Nord, revendique-t-il. Selon un sondage Ipsos, 74 % des habitants du département souhaitent comme nous un statut d’autonomie dans le cadre duquel les compétences du Département et de la Région seraient réunies au sein d’une même collectivité, comme en Corse. Cela permettrait d’avoir des décisions, des politiques au plus proche du terrain, notamment en matière d’environnement ou d’économie. »
Également impliquée dans l’organisation de la Diada, Marta Serra, du Casal de Perpinya, reste quant à elle focalisée sur la culture. « Notre participation à la Diada s’inscrit dans la continuité de ce qu’on fait tout au long de l’année: promouvoir la langue et la culture catalanes dans le département. Nous souhaiterions obtenir une reconnaissance politique de cette langue. Organiser cet événement le jour de l’anniversaire du traité des Pyrénées, c’est une manière symbolique de rappeler le long parcours de résistance engagé pour préserver notre langue qui a été interdite par un édit royal en 1700, puis minorisée, notamment via l’école publique. »
Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 novembre 2026)
