Indésirable à Elne, le cinéaste René Vautier mis à l’honneur au Castillet

Le réalisateur René Vautier, dont le nom a été retiré d’un cinéma à Elne par le maire d’extrême droite Steve Fortel, sera célébré à Perpignan. Du 12 au 18 novembre, le cinéma Le Castillet mettra en avant ses œuvres lors de la « Semaine cinéma et liberté ». L’entrée sera gratuite et un débat entre maires est envisagé.

Indésirable à Elne, où le maire d’extrême droite Steve Fortel a décidé de débaptiser le cinéma qui porte son nom, le réalisateur français René Vautier, décédé en 2015, sera mis à l’honneur à Perpignan. Jacques Font, le propriétaire du cinéma Le Castillet, au centre-ville, a en effet décidé de mettre son œuvre en avant à l’occasion d’une Semaine cinéma et liberté, du 12 au 18 novembre prochain.

Ancien résistant communiste, cinéaste engagé, Vautier a privilégié les documentaires militants sur l’Afrique ou les luttes ouvrières aux œuvres de fiction, même s’il reçoit l’Ours d’argent au festival de Berlin en 1958 pour Les Anneaux d’or.

Mais c’est en Algérie, où il rejoint l’ALN (Armée de libération nationale) au sein de laquelle il filme la guerre du côté des combattants pour l’indépendance, qu’il réalise ses œuvres les plus fortes. En 1972, après la guerre, il signe « Avoir vingt
ans dans les Aurès »
, un des premiers et rares films faits en France sur la guerre d’Algérie. C’est ce parcours qui a été sanctionné par le maire d’Elne, Steve Fortel, estimant normal de retirer le nom de quelqu’un « qui a soutenu le FLN ».

Gilles Manceron, historien spécialiste de la période coloniale et rédacteur en chef du journal de la Ligue des droits de l’homme, a contacté Jacques Font pour organiser cet événement. « Une salle sera spécialement dédiée à son œuvre et diffusera tous ses films pendant la semaine. L’entrée sera d’ailleurs gratuite », explique Jacques Font qui travaille à un programme plus précis. Il envisage notamment d’organiser un débat entre les maires des trois villes de la plaine disposant d’un cinéma: Elne, donc, Argelès et Cabestany. Une démarche clairement politique.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 17 octobre 2026)

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Elne. Cinéma débaptisé : 200 personnes se mobilisent lors de l’inauguration (L’Indep)

200 personnes se sont réunies, vendredi 2 octobre, pour contester la décision du maire d’extrême droite. Steve Fortel de débaptiser le cinéma Rene Vautier.

À Elne, la décision du maire d’extrême droite, Steve Fortel, de débaptiser le cinéma René Vautier ne passe pas. Vendredi 2 octobre, lors de l’inauguration du lieu, désormais rebaptisé La bobine illibérienne, environ 200 personnes se sont mobilisées contre cette décision, annoncée le 22 septembre dernier en conseil municipal.

Après la rédaction d’une pétition qui a recueilli, en quelques jours, près de 13 000 signatures, le retrait du distributeur qui devait contractualiser avec la mairie et la réprobation de toute la profession cinématographique, notamment l’ensemble des distributeurs, ce sont les habitants de la commune qui se sont donnés rendez-vous pour manifester sur le parvis de la mairie, en face du cinéma. Parmi eux, Moira Vautier, fille du cinéaste.

René Vautier était un réalisateur, documentariste et scénariste français, figure majeure du cinéma politique français et ancien résistant. Après guerre, il a revendiqué ses positions anticolonialistes, soutien du FLN, le Front de libération nationale, mouvement politique et militaire pour l’indépendance de l’Algérie. Il a notamment réalisé le court-métrage, Afrique 50 (1950), considéré aujourd’hui encore comme le premier film anticolonialiste français, interdit de projection pendant plus de 40 ans.

C’est cet engagement qui a provoqué la décision de Steve Fortel, élu en mars dernier, qui a assuré, en conseil municipal, ne pas « vouloir de connotation politique ».

L’Indépendant, le 7 octobre 2026

Le billet d’Yvon Huet. Cher René Vautier, bienvenue au Panthéon des retours de mémoire

Il aura fallu que le maire RN d’Elne, néofasciste notoire, efface le nom de ce grand cinéaste, résistant communiste et anticolonialiste de premier ordre, qui nous a laissé une œuvre à la fois artistique et remarquable, pour qu’un coup de tonnerre de réprobation monte de tout le pays. Dans la foulée, à Douarnenez, le ciné-club a pris le nom de René Vautier.

J’ai ses films à la maison et notamment un reportage qu’il fit lors de la révolution algérienne avant l’arrivée des militaires au pouvoir. René Vautier mériterait comme tant d’autres le Panthéon, parce qu’il a associé le courage et la force de conviction en les enveloppant d’une créativité et d’une sensibilité. Elle ne doit pas se perdre dans la fosse commune de la censure historique chère aux fascistes, certes, mais aussi à tous ces conservateurs de la droite et au-delà qui n’aiment l’histoire de France qu’en image d’Épinal.

J’aimerais que la mémoire de René Vautier ne soit récupérée par personne au nom de je ne sais quelle cause autre que celle pour laquelle il s’est battu. Il doit aussi être reconnu comme artiste, au-delà de son engagement, donc considéré comme les autres, communistes ou non, quelle que soit l’orientation politique de ceux qui voudraient avoir accès à ses films et ses écrits scénaristes.

Je suis fier d’appartenir à cette école de la vie, avec René Vautier et tant d’autres connus ou anonymes, qu’est le communisme de terrain, pas celui de la représentation politique qui forge des chemins de travers bourrés de peaux de bananes mais celui, tout simplement, de l’exercice de son art et de son métier. Le communisme de terrain sauvera certainement une grande idée qui a besoin d’élus certes, à conditions qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent et à quoi ils doivent servir… Aujourd’hui je pourrais me dire « Je suis René Vautier », comme « je suis Madeleine Riffaud », sachant que je n’arrive qu’au pied de leur taille. Ils sont ma raison d’aller au bout du chemin de mes convictions.

Yvon Huet

Elne. Le changement de nom du ciné René-Vautier fait réagir (L’Indep)

La municipalité a décidé, lors du conseil municipal du 22 septembre, de reprendre l’établissement en régie municipale et de le renommer La bobine illibérienne. Ce changement de nom fait doublement réagir, même.

Le PCF dénonce cette décision municipale et explique que ce changement de dénomination ne constitue pas un simple choix administratif. « René Vautier était un résistant et un cinéaste engagé dont l’œuvre a notamment abordé les questions du colonialisme, du racisme, des guerres et des injustices sociales ». Dans son communiqué le PCF d’Elne précise que « cette question dépasse le seul nom d’un équipement culturel. Elle concerne la manière dont une commune choisit de transmettre son histoire et de faire vivre sa mémoire collective ».

Même son de cloche pour les élus d’opposition d’Elne(*) qui dénoncent la décision et qui reprochent à la municipalité de Steve Fortel de vouloir « exercer un droit de regard sur la programmation avec notamment l’annonce d’une volonté d’écarter certains films considérés comme engagés ». De rajouter : « Ces décisions posent la question de l’indépendance de la programmation et de la place accordée à la création cinématographique, au débat d’idées et à la diversité culturelle dans un équipement public ».

Ils donnent rendez-vous ce vendredi 2 octobre à 18h30 devant le cinéma Vautier, parvis de l’espace Gavroche, « à tous ceux et celles qui souhaitent défendre un cinéma ouvert, indépendant, accessible à tous et respectueux de la liberté de programmation ».

L’Indépendant, le 1er octobre 2026

(*) II s’agit là d’Annabelle Aranda, Roland Castanier, Abdoul Diop, François Fernandez, Virginie Gosa, Andre Trives.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4132 – vendredi 2 octobre 2026)

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Cinéma débaptisé. La société qui programme les films se retire d’Elne (L’Indep)

Lors du conseil municipal du mardi 22 septembre, la mairie d’extrême droite d’Elne a débaptisé le cinéma illibérien René-Vautier. Un choix qui a suscité une importante polémique, opposant les partisans de René Vautier, cinéaste, réalisateur et scénariste engagé, au premier édile qui a affirmé « ne pas vouloir politiser la culture », tout en reprochant a René Vautier « son soutien au FLN ». Dans la continuité de ce dossier, Frédéric Perrot et Jérôme Quaretti, co-gérants de la SARL L’Yre cinémas, société de programmation de cet établissement, ont choisi de se retirer. « Cet argumentaire nous pose un problème, car la volonté de neutralité affirmée qui justifie la suppression de ce nom connote pour nous l’arrière-pensée de vouloir mettre de côté des pans entiers de la culture cinématographique. De même, la déclaration de M. le Maire de ne pas vouloir d’idéologie dans la programmation nous inquiète pour l’avenir » Et ils poursuivent : « Ces dernières déclarations augurent mal de l’usage du droit de regard en dernier recours de la ville sur la programmation que proposait la convention que nous aurions dû signer et qui n’avait pas été évoquée lors de notre réunion préalable dans la deuxième quinzaine d’août ». Les deux co-gérants précisent que « tous ces propos tranchent avec la programmation prévue du mois d’octobre que nous avons préparée au début du mois de septembre. Celle-ci a pu être faite librement et sans aucune intrusion municipale ». Ils s’interrogent sur de possibles désaccords avec la mairie sur les films programmés. « Notre position est claire et illustre notre volonté de toujours offrir la diversité cinématographique aux spectateurs d’un territoire. Mais qu’aurait fait la ville? Nous ne le saurons jamais car nous avons décidé de ne pas signer la convention de programmation et d’accompagnement qui devait lier notre société à la ville d’Elne ».

I. B. (L’Indépendant, le 29 septembre 2026)

À Céret, « La sardane de la Paix »de P Picasso emblème de l’action pour la Paix

Ce 23 septembre pour la 4e année consécutive les communistes vallespiriens ont fleuri la plaque « la sardane de la paix » apposée sur la façade du Grand café, lieu même où elle fut créée, par P Picasso, le 20 septembre 1953.

Dans sa prise parole J Majester secrétaire de la section Vallespir a rappelé les circonstances de la création de ce dessin, trois ans après le retentissant « appel de Stockholm contre l’utilisation de l’arme atomique » qui a recueilli des millions de signatures dans le monde, y compris à Céret où chaque maison avait été visitée par les partisans de la Paix ; et affirmait que l’action pour la Paix et l’interdiction des armes nucléaires, était aujourd’hui encore plus indispensable dans le contexte international actuel.

« Fous nous serions de banaliser ce dessin qui ne raconte pas une simple fiction ; fous nous serions d’oublier que nous basculons dans une nouvelle période inquiétante, dangereuse où les puissants de ce monde palabrent sur l’arme atomique comme d’un jouet dont ils peuvent se servir à tout moment. »

Aujourd’hui, les communistes, et de très nombreux autres citoyens considèrent que « la Sardane de la Paix » est un oriflamme pour « promouvoir en toute circonstance et avec tout ce qui leur est possible les cultures de Paix et non préparer la paix par la guerre ».

Comme les communistes de 1953, ceux de 2026 veulent réaffirmer devant cette « sardane de la Paix » que leur Parti reste le parti de la Paix, et le revendiquer haut et fort pour qu’on l’identifie comme tel. Mais plus encore, le Parti des « Cultures de Paix » même s’ils réaffirment qu’il n’ont pas le monopole de l’engagement pacifiste.

C’est bien pourquoi ils s’inscrivent tout naturellement dans les initiatives de l’association Cultures de paix qui dans les PO, en Vallespir, a provoqué la semaine pour la Paix – 18 au 27 septembre.

Oui « Cultures de paix » au pluriel ; notion dont la définition est « un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et mode de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les États » (résolutions de l’ONU A/RES52/13/et A/53/243)

Avec 8 domaines d’action : éducation ; développement économique et social durable ; promotion de tous les droits humains ; égalité hommes femmes ; participation démocratique de citoyens responsables ; compréhension ; tolérance solidarité dialogue entre les civilisations ; libre circulation de l’information et des connaissances ; promotion de la sécurité internationale ; désarmement général et complet ; la paix ; »

Il appelait alors, les citoyennes et citoyens, du Vallespir et bien au-delà à être, avec « la Sardane de la Paix » de Pablo Picasso, porteurs de ces « Cultures de paix »

Cette année 2026 ayant choisi comme thème « Les arts pour la paix » et comme la chanson fait pleinement partie des arts, combinant à la fois la musique et la littérature à travers les paroles et la poésie, l’association Cultures de Paix offrait tout naturellement aux cérétans, cérétanes et aussi à tous les forasters, une séquence musicale avec l’interprétation de diverses chansons pour la paix, par nombre de chanteurs renommés pour leur engagement en faveur de la paix ; c’est Miguel Gasquez musicien connu du Haut Vallespir qui les avait mixées.

Un rappel était aussi fait pour la soirée cinéma avec la projection du Film « The music of strangers » (Morgan Neuville) Salle de l’Union ; et la chaîne Humaine pour la paix, le samedi 26 à Perpignan.