Acte III : le retour au calme a permis de faire entendre les revendications (L’Indep)

Hier, plusieurs centaines de personnes se sont à nouveau mobilisées à Perpignan. Une manifestation qui a débute, et qui a pris fin, place de Catalogne. Le tout dans une ambiance bien plus calme que les deux premiers actes.

Pas de grenades lacrymogènes lancées d’un côté, pas de poubelles incendiées de l’autre. Ce samedi 31 octobre, à Perpignan, la nouvelle mobilisation (acte III) s’est globalement déroulée dans le calme. Une journée qui ne ressemblait en rien à celle du 24 octobre ou encore à celle du 17 octobre, pour plusieurs raisons.

Des ronds-points bloqués de (trop) longues minutes ?

Tout d’abord, la manifestation a débuté aux alentours de 10h30, place de Catalogne. Quelques syndicats, des retraités, des jeunes et des familles avaient répondu à l’appel. Toutefois, ces derniers étaient bien moins nombreux que les week-ends précédents. Environ 1 000 personnes pour les syndicats et près de 650 pour la police. Une fois en nombre, le cortège a pris la direction du boulevard des Pyrénées pour rejoindre le rond-point des Baléares. Ordre a ensuite été donné de se rendre sur celui de Renée-Cassin (ou se trouve le KFC, ndir). Là, les manifestants ont décidé de le bloquer pendant une quinzaine de minutes. Une période durant laquelle certains en ont profité pour danser, mais aussi pour s’organiser pour la suite.

C’est finalement le rond-point situé Porte-d’Espagne qui a été la nouvelle cible des manifestants. Tandis que des bouchons se formaient, les policiers tentaient de fluidifier le trafic. Un moment qui a peut-être trop duré puisque, lorsque le départ a été annoncé, le cortège semblait bien moins important qu’à l’arrivée.

Le cortège s’est scinde en deux

Ce dernier a ensuite rattrapé l’avenue Victor-Dalbiez, depuis le rond point du Serra-d’en-Vaquer, en passant aussi devant le Leclerc Sud où une présence policière bloquait les entrées. Mais alors qu’une partie a repris la direction de la place de Catalogne, une autre a pris celle de la gare SNCF où les forces de l’ordre étaient également présentes.

En sous-nombre, les manifestants ont finalement décidé de rebrousser chemin pour rejoindre ceux installés place de Catalogne. Tous sont restés sur les lieux pendant près d’une bonne heure. Ils ont, dans un premier temps, bloqué les véhicules sur le boulevard des Pyrénées, avant que la police n’intervienne pour le libérer.

Et pour cause, quelques minutes plus tôt, un incident entre un motard et des personnes présentes sur la route aurait pu dégénérer si les fonctionnaires et le service d’ordre n’étaient pas intervenus. Le motard était accusé par certains d’avoir voulu forcer le passage, tandis que d’autres assuraient qu’il avait perdu l’équilibre. La mobilisation s’est terminée, peu après 15h30, sur une note bien plus calme, alors que des policiers et les quelques manifestants qui étaient encore présents en ont profité pour discuter. Les uns de leur métier, les autres de la mobilisation.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 1er novembre 2026)

« Je veux que mes enfants soient acteurs de leur avenir »
Familles et travailleurs dans le cortège

Pour cette nouvelle journée, Antoine (9 ans), Paul (11 ans) et leur maman Claire, ainsi que leurs grands-parents ont fait le déplacement. S’ils n’ont pas participé aux précédentes mobilisations par « crainte des violences », cette famille a tout de même décidé de venir ce samedi, équipée de ses pancartes, d’un masque et de sérum pour les yeux, au cas où. « Je veux que mes enfants soient acteurs de leur avenir », a confié la maman. « Je vais entrer au lycée dans trois ans et j’espère qu’on aura de meilleures conditions de travail. On veut participer à l’amélioration du service public », a poursuivi Paul, déjà bien au fait des revendications. « On est aussi là pour faire face à la montée du fascisme et pour le climat », a conclu Claire.

Place de Catalogne, Oda-Mae, Sylvie et Melissa étaient également présentes. Toutes les trois travaillent dans le secteur médical. La première comme interne en médecine à l’hôpital et les deux autres comme médecins juniors dans des cabinets. Elles sont également venues avec leur lot de revendications et surtout avec le constat qu’elles ont pu dresser au travers de leur profession. « On côtoie toutes les classes sociales », a indiqué Oda-mae. « Un jour, j’ai un patient qui n’a pas pu venir à son rendez-vous à cause du prix de l’essence. Il est donc venu le lendemain avec sa fille qui avait aussi un rendez-vous », a ajouté Sylvie.

Les déserts médicaux

Autre point abordé par Sylvie et Melissa, le statut de médecin junior pour les médecins généralistes qui entre en vigueur dès ce mois de novembre. « Je devais m’installer dans les Albères à la fin de mes études, mais le projet a été retardé d’un an, car pour notre 10e année, on doit faire un an comme médecin junior », a expliqué Melissa. « On nous l’avait vendu comme quelque chose qui devait remédier aux déserts médicaux, mais je vais me retrouver dans une commune où il y a déjà cinq médecins ».

A. C. (L’Indépendant, le 1er novembre 2026)

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