Une solide mobilisation malgré les interdictions et les tensions (L’Indep)

320 000 personnes ont manifesté ce samedi en France, selon le ministère de l’Intérieur. Comme le week-end dernier, des violences en fin de cortège ont terni une journée globalement calme.

Une nouvelle journée de manifestations contre la vie chère et pour l’amélioration des conditions d’étude des lycéens, la troisième en trois semaines, s’est déroulée samedi en France dans un climat « globalement calme ». Elle a néanmoins été émaillée de tensions lors de la dispersion des cortèges, à Marseille (avec des scènes de pillages), Rouen, Toulouse, Nantes, Bordeaux, mais aussi Paris, où la manifestation s’est terminée vers 16h. ALyon, des heurts ont opposé les policiers à un groupe de black blocs, sur la place Jean-Macé, lieu d’arrivée du cortege.

Selon le ministère de l’Intérieur, 320 000 personnes ont participé aux manifestations dans toute la France, dont 70 000 à Paris. Les organisateurs revendiquent quant à eux un demi-million de manifestants, dont 200 000 dans la capitale. A 21h, on recensait 565 interpellations, selon le ministère de l’Intérieur. Contre un millier, il y a une semaine, lors de l’acte Il de la mobilisation.

« Les cortèges se sont bien passés dans le cadre des manifestations déclarées », a précisé le ministère de l’Intérieur faisant état d’« éléments radicaux » ayant « tenté dans plusieurs villes (Bordeaux, Toulouse, Rennes, Lille, Nantes, Marseille, Lyon…) en fin de cortège de pénétrer les centres-villes aux fins de dégradations et pillages ». Quelque 10 000 contrôles ont été effectués en Île-de-France.

Les violences de l’ultra-gauche radicale

À Paris, le cortège des manifestants est parti de la porte de Bagnolet vers la porte de Charenton, conformément à la décision du Conseil d’État qui avait donné raison, dans la nuit de vendredi à samedi, au préfet de police de la capitale et au gouvernement alors que les syndicats défendaient un parcours plus traditionnel entre Bastille et Nation. Dans son ordonnance, consultée par l’agence Reuters, le Conseil d’État avait motivé sa décision notamment par l’existence d’« un risque très élevé de nouveaux troubles majeurs à l’ordre public ».

La veille, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, avait également dit anticiper un « risque très élevé de trouble à l’ordre public », promettant le déploiement de 70 000 membres des forces de l’ordre, comme une semaine plus tôt, et une réponse extrêmement ferme à tout incident, la journée coïncidant en outre avec la fête d’Halloween.

Dans le cortège parisien, la présence du leader de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a été signalée alors que le gouvernement a accusé lors des deux précédentes manifestations l’ultra-gauche d’être à la manœuvre. Avant même la fin de la mobilisation de ce samedi, les syndicats étudiants ont d’ores et déjà appelé à de nouveaux blocages dans les lycées et universités ces mardi et jeudi.

Intervenant vers 20 heures pour dresser un bilan, Laurent Nunez a rappelé la volonté « des groupes épars » de l’ultra-gauche radicale de continuer à provoquer les forces de l’ordre. « On attend fermement ceux qui veulent en découdre », a-t-il ajouté, faisant référence aux risques de débordements sur la seconde partie de soirée, qui s’articule aussi avec la fête d’Halloween, en référence aux appels aux rassemblements à 20h « La journée n’est pas terminée. Nous avons réarticulé les dispositifs dans les villes afin d’empêcher les violents casseurs de se rendre vers les centres-villes », a déclaré le ministre. « Il s’agit d’être présents sur la seconde partie de soirée afin de faire face à d’éventuels casseurs et pilleurs. »

L’Indépendant, le 1er novembre 2026

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