« On veut la mort de nos territoires » : cri d’alarme du thermalisme (L’Indep)

Ils dénoncent un « déremboursement déguisé des cures thermales », Marie Costa, maire d’Amélie-les-Bains, troisième commune thermale de France, pointe une mesure du projet de loi 2027 de financement de la sécurité sociale. L’État vise 200 millions d’euros d’économie, elle dénonce une purge pour l’économie locale.

Le diable se cache dans les détails. C’est en tout cas de ce que dénoncent les acteurs du thermalisme à la lecture attentive du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l’année 2027. « Un plan de licenciement de 25 000 personnes en France est en marche. Un chiffre digne de la sidérurgie lorraine et nordiste », pointe Marie Costa. La maire d’Amélie-les-Bains, première station thermale des Pyrénées Orientales et troisième de France, insiste « l’enterrement des villes qui vivent de leurs eaux est commandé, ni fleurs, ni couronnes. juste une vague passe aux mutuelles ». Quel est le déclencheur de ce cri d’alarme de la présidente de la Fédération thermale d’Occitanie ? « Un déremboursement des cures qui ne dit pas son nom ». Précisément, une intervention du ministre de la Santé, Stéphane Rist, le 8 octobre. Devant la Caisse nationale d’assurance maladie, il annonçait que 200 millions d’euros de dépenses de cures thermales seraient transférés vers les mutuelles santé. Détail de poids pour le secteur: ces mutuelles n’ont aucune obligation de prise en charge. Conséquences probables selon le Conseil national des établissements thermaux : « Un non- déremboursement des cures ou une hausse des cotisations ».

Un coup de frein brutal à l’activité déjà impactée en 2026, avec, par exemple, une chute de 3 000 curistes à Amélie ou de 500 à La Preste. « Les cures thermales représentent 0,1 % du budget de l’Assurance maladie pour 8,3 millions de journées de soins », resitue Marie Costa. « Pour une économie estimée à 200 millions d’euros serait remise en cause l’existence même de la médecine thermale. De quoi tuer nos communes et nos vallées excentrées déjà frappées par les tragédies ordinaires de la ruralité ».

Sur le Vallespir, le thermalisme pèse 1 500 emplois directs et indirects. Le Conflent avec Vernet-les-Bains et Molitg, est aussi concerné. Au-delà des thermes, l’économie du thermalisme irrigue les commerces, les hébergements, les offres culturelles et de loisirs…

« On veut la mort de nos territoires. Pourtant, le thermalisme n’est pas délocalisable et il est durable. De plus, cette économie de 200 millions espérée serait marginale et rapidement explosée par les coûts des médicaments, des hospitalisations et des consultations qui devront s’y substituer. Chaque année, près de 500 000 patients atteints de maladie chronique trouvent dans nos thermes : un traitement durable et naturel », ajoute la maire d’Amélie-les-Bains. « Peu importerait donc que les cures soulagent les maux, confortent le capital santé, génèrent des millions d’économies indirectes en termes d’actes médicaux et de médicaments. Peu importeraient donc leurs poids dans l’économie locale. Peu importerait donc que les fragiliser revienne à aggraver la désertification médicale et économique de nos campagnes… Nous disons non au déremboursement déguisé des cures thermales », mobilise Marie Costa, prête à lancer une journée ville thermale morte si besoin.

L’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale a débuté ce lundi 12 octobre en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Son vote, devant une Assemblée tendue et divisée, est prévu mardi

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 13 octobre 2026)

Vernet-les-Bains. Conseil municipal chargé (L’Indep)

Réuni vendredi 11 septembre à la mairie, le conseil municipal était attendu. Un des points le plus important qui a été évoqué est certainement le projet de centre de santé intercommunal. Portée avec la communauté de communes Conflent-Canigó, cette structure pluri-site vise à répondre à une désertification médicale marquée sur le territoire. La motion de soutien, réaffirmant notamment la disponibilité de la commune à en accueillir une partie, a finalement été adoptée à la majorité, malgré trois voix contre.

Le conseil a validé le règlement intérieur. Face au manque de logement à l’année, il a instauré une taxe sur les logements vacants (18,38%, comme la taxe d’habitation).

« Ce n’est pas tant une recette supplémentaire qu’un outil pour assainir le parc immobilier et agir pour une meilleure équité fiscale », ont indiqué le maire Pierre Serra et l’adjoint Anthony Yard en charge des finances, dans un contexte de tension du marché locatif. Le conseil a validé des conventions avec les associations pour la disposition de salles communales, et une convention de bénévolat, contestée par l’opposition, pour l’audit de la piscine.

Grande innovation, trois commissions extra municipales, ouvertes à tous, sont mises en place: culture et médiathèque (22 septembre), environnement et arboretum (29 septembre), voirie et mobilité (6 octobre) ; à 18 h à la mairie.

L’Indépendant, le 18 septembre 2026

L’hélicoptère du Samu aurait atterri sur un boulevard de Vernet-les-Bains « sans service de sécurité » au sol : le maire interpelle le préfet (L’Indep)

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, a écrit au préfet pour lui demander de mieux encadrer les atterrissages des opérateurs privés mandatés pour transporter les équipes du Samu en hélicoptère. Selon lui, le 12 août dernier, l’appareil du Samu66 se serait posé sur l’un des principaux axes de circulation du village sans que la commune en ait été avertie et « sans service de sécurité » au sol.

L’événement qui a mis le feu aux poudres s’est déroulé le mercredi 12 aout 2026. Ce jour-là, l’hélicoptère H66 affrété par une société privée pour transporter les équipes du Samu est posé en plein après-midi sur l’un des principaux axes de circulation de la commune de Vernet-les-Bains, le boulevard du Cady. Problème : selon le maire communiste du village, Pierre Serra, la manœuvre se serait déroulée en l’absence de dispositif de sécurité. Et ce en pleine période d’affluence touristique.

« Je me suis rendu sur place immédiatement et j’ai pu constater qu’il n’y avait aucun service de sécurité, précise le maire. Ils ont atterri au milieu des véhicules. Les pompiers ne sont arrivés qu’après-coup et les services de la commune n’avaient pas été prévenus. »

L’édile, qui a écrit une lettre ouverte au préfet pour l’alerter à la suite des faits, souligne qu’il ne remet en cause « ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible ». Ce que Pierre Serra pointe du doigt, ce sont bien les conditions de sécurité dans lesquelles s’est déroulé l’atterrissage de l’hélicoptère.

« Ce que je mets en cause, c’est la sous-traitance du transport par hélicoptère du Samu à des organismes privés », résume le premier magistrat. « Lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, pompiers…), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernés). L’idéal serait que l’État gère directement tout ce qui concerne la sécurité nationale. Et, à défaut, que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants. »

Afin que les interventions du Samu « puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 21 août 2026)

Sollicitée, la préfecture confirme avoir reçu le courrier du maire ce jeudi matin et indique qu’elle est en train d’étudier le dossier.

« Un pompier avait sécurisé la zone et si nous avions atterri plus loin, il y aurait eu une perte de chance pour le patient »

Du côté du Samu, on livre une version des faits différente de celle du maire sur plusieurs points. « Lors de cette intervention, un pompier présent au sol avait sécurisé la zone en amont, assure une source au sein du service hospitalier. De plus, si nous nous étions posés plus loin, il y aurait eu une perte de chance pour le patient, qui était dans le coma et qu’il fallait intuber, mettre sous respiration artificielle, puis en réanimation. Cette intervention a permis de sauver une vie. » L’enquête que les services de l’État ont lancée après réception du courrier du maire de Vernet devrait permettre de trancher entre les deux versions.

Autre précision : si le transport des équipes médicales par l’hélicoptère H66, disponible 24 heures sur 24, est effectivement délégué à une société privée dans le cadre d’une convention, « comme dans les autres Samu de France », le service hospitalier reste bel et bien le donneur d’ordre.

L’Indépendant, le 21 août 2026

Le maire de Vernet-les-Bains, Pierre Serra, a écrit au préfet pour lui demander de mieux encadrer les atterrissages des opérateurs privés mandatés pour transporter les équipes du Samu en hélicoptère. Selon lui, le 12 août dernier, l’appareil du Samu66 se serait posé sur l’un des principaux axes de circulation du village sans que la commune en ait été avertie et « sans service de sécurité » au sol.

L’événement qui a mis le feu aux poudres s’est déroulé le mercredi 12 août 2026. Ce jour-là, l’hélicoptère affrété par une société privée pour transporter les équipes du Samu s’est posé en plein après-midi sur l’un des principaux axes de circulation de la commune de Vernet-les-Bains, le boulevard du Cady. Problème : selon le maire communiste du village, Pierre Serra, la manœuvre se serait déroulée en l’absence de personnels au sol chargés de sécuriser l’atterrissage. Et ce en pleine période d’affluence touristique.

« Je me suis rendu sur place immédiatement et j’ai pu constater qu’il n’y avait aucun service de sécurité, précise le maire. Ils ont atterri au milieu des véhicules. Les pompiers ne sont arrivés qu’après-coup et les services de la commune n’avaient pas été prévenus. »

L’édile, qui a écrit une lettre ouverte au préfet pour l’alerter à la suite des faits, souligne qu’il ne remet en cause « ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible ». L’intervention du 12 août visait à prendre en charge une personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Son bien-fondé était donc indiscutable et le premier magistrat en convient. Ce que Pierre Serra pointe du doigt, ce sont bien les conditions de sécurité dans lesquelles s’est déroulé l’atterrissage de l’hélicoptère.

« Ce que je mets en cause, c’est la sous-traitance du transport par hélicoptère du Samu à des organismes privés », résume le premier magistrat. « Lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, pompiers…), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernés). L’idéal serait que l’État gère directement tout ce qui concerne la sécurité nationale. Et, à défaut, que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants. »

Afin que les interventions du Samu « puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population ».

Sollicitée, la direction de l’hôpital de Perpignan n’a pas donné suite. De son côté, la préfecture confirme avoir reçu le courrier du maire ce jeudi matin et indique qu’elle est en train d’étudier le dossier.

L’Indépendant, le 21 août 2026

Lettre publique de Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains, au préfet des Pyrénées-Orientales

Monsieur le Préfet,

Le 12 août 2026 en pleine après-midi, un hélicoptère du SAMU a atterri sur une voie de circulation de notre commune (boulevard du Cady), alors que celle-ci était particulièrement fréquentée, comme cela est le cas pendant la période estivale.

Cet atterrissage a eu lieu sans aucune information auprès des services du sécurité que ce soit la gendarmerie (à notre connaissance) ou les services de la commune, dans un endroit inédit, et sans aucune sécurisation que ce soit pour les usagers de la voie publique ou les pilotes et passagers de l’hélicoptère eux même, pour intervenir dans le cadre d’un appel suite à un AVC.

Nous souhaitons vous faire part de notre profond mécontentement et forte inquiétude sur la façon dont l’intervention a été menée.

Comme vous le savez, les appareils intervenants du SAMU sont opérés pour une période donnée par des opérateurs privés. Ceux-ci ne semblent pas évoluer dans le même cadre que celui défini par l’État pour ses propres services. Effectivement, lorsque les autres services publics interviennent sur notre commune avec des hélicoptères (CRS, service du SDIS), cela se fait dans un cadre clair et sécurisé (atterrissage au stade, information aux services concernées normalisée).

Sans remettre en cause, bien sûr, ni la nécessité ni l’urgence des missions de secours qui doivent pouvoir se faire le plus facilement possible, il semble logique et nécessaire que les modalités d’intervention de ce type d’appareils soient toutes soumises au même cadre clair et rigoureux, notamment lorsqu’elles ont des conséquences directes sur la sécurité et la vie quotidienne des habitants et des intervenants. De l’aveu d’un des membres de l’équipage, le lieu d’atterrissage, choisi d’autorité par le pilote, par la proximité des panneaux de signalisation notamment, a mis en danger l’ensemble des personnes concernées, et cela sans réelle « plus-value » en terme de rapidité d’action.

À défaut d’une gestion totale par les services publics des interventions de secours dont le caractère fondamental en terme de sécurité publique justifierait pourtant à lui seul la mise en place, nous souhaitons donc attirer votre attention sur la nécessité de mieux encadrer les conditions dans lesquelles l’ensemble des hélicoptères peuvent être amenés à se poser sur notre commune. Il nous semblerait notamment souhaitable que soient clairement définis pour la totalité des intervenants les critères permettant de cibler les sites d’atterrissage privilégiés, les mesures de sécurisation à mettre en œuvre, ainsi que les responsabilités respectives des différents intervenants.

Nous demandons également qu’une attention particulière soit portée à la communication et la coordination avec les responsables des collectivités locales et l’ensemble des services concernés, afin que tous puissent, autant que possible, être informés et associés aux dispositifs prévus.

Vous le comprenez notre démarche ne vise nullement à remettre en cause l’action proprement dite indispensable des personnels du SAMU et des services de secours. Elle vise au contraire à ce que leurs interventions puissent se dérouler dans de meilleures conditions, garantissant à la fois la rapidité des secours, la sécurité des patients, des équipages et de la population, et donc dans le respect des règles de circulation et de sécurité publique.

Nous vous demandons par conséquent de bien vouloir examiner cette situation et de nous indiquer quelles mesures pourraient être prises afin d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise, particulièrement durant les périodes de forte fréquentation touristique.

Nous vous remercions par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à notre démarche et vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre considération distinguée.

Pierre Serra
Maire de Vernet-les-Bains

Cabestany. Antenne : SFR défend une procédure « faite dans les règles » (L’Indep)

L’opérateur estime que le délai légal de recours des tiers, de trois mois, n’a pas été utilisé.

Le différend entre SFR et les opposants à la nouvelle antenne relais se poursuit. L’opérateur conteste les accusations de la mairie et du collectif concernant l’affichage préalable à l’installation du pylône.

« Tout a été absolument fait dans les règles, affirme Isabelle Simon, déléguée régionale SFR, et nous l’avons réitéré lors de notre réunion avec la mairie lundi 11 août ».

Selon l’opérateur, le projet a été engagé en 2025 après le constat d’un défaut de couverture. La possibilité d’utiliser un pylône existant aurait d’abord été étudiée, mais écartée pour des raisons techniques.

SFR indique avoir déposé une déclaration préalable en décembre 2025, puis assuré l’affichage réglementaire. Des constats réalisés par un commissaire de justice en janvier, février et mars, avec géolocalisation et photographies, attesteraient de la conformité de cet affichage. L’opérateur estime ainsi que le délai légal de recours des tiers, de trois mois, n’a pas été utilisé. « D’ailleurs, jusqu’à juillet, nous n’avons rien entendu ».

Le pylône ayant désormais été construit, SFR exclut son déplacement, qui représenterait selon lui « des coûts énormes qui ne nous reviennent pas ».

Les antennes ne sont toutefois pas encore installées : l’opérateur dit attendre que les échanges avec la maire permettent d’apaiser et de clarifier la situation.

Sur les inquiétudes sanitaires, SFR rappelle « qu’il applique les normes réglementaires européennes et françaises » et souligne « que des mesures indépendantes du champ électromagnétique pourront être réalisées une fois le relais mis en service ».

SFR assure enfin que son objectif reste d’améliorer la couverture du secteur et d’apporter un service, tout en affirmant vouloir poursuivre le dialogue avec la mairie et les habitants.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 15 août 2026)

Cabestany. Antenne SFR : des photos contestées relancent la mobilisation (L’Indep)

Le collectif d’habitants opposé à l’implantation de l’antenne-relais SFR-Bouygues, érigée sur le site de l’entreprise Chausson, a organise vendredi matin une manifestation a proximité du pylône.

Une cinquantaine de riverains se sont réunis, sous la surveillance de la gendarmerie, pour distribuer des tracts aux automobilistes et dénoncer un projet qu’ils jugent trop proche des habitations. Une pétition en ligne avait déjà recueilli 266 signatures.

Mais au-delà de cette mobilisation, c’est un courrier adressé le 6 août par la maire de Cabestany, Édith Pugnet, aux opérateurs SFR et Bouygues Telecom qui pourrait relancer le dossier. L’élue y demande l’arrêt immédiat des travaux, estimant que plusieurs éléments remettent en cause la régularité de la procédure d’affichage préalable.

Au cœur de ses observations figurent les photographies produites pour attester de la présence du panneau réglementaire entre janvier et mars 2026. Selon la maire, plusieurs indices laissent penser que deux clichés, pourtant datés de deux mois d’écart, auraient en réalité été pris le même jour. Elle relève notamment la présence de la même voiture passant sur la route, d’un sol humide alors que les relevés météorologiques font état d’un temps sec, d’un même conteneur, d’un arbre toujours dépourvu de feuilles et d’éléments de décor identiques. Des constatations qu’elle indique avoir croisées avec des images de Google Street View, où l’environnement apparait pourtant différent à cette période.

« Outre ces éléments, il est attesté que l’affiche informant du projet n’a pas été apposée sur la parcelle où l’antenne a été érigée », écrit la maire.

Selon elle, le panneau aurait été installé sur une parcelle voisine correspondant au bâtiment de l’entreprise Chausson, et non sur celle accueillant le pylône. « Cette localisation erronée prête à confusion et n’a pas été de nature à informer clairement les riverains. C’est un manque de sérieux, d’information et de clarté ». Elle ajoute que les services municipaux n’ont constaté aucun panneau réglementaire depuis le début du chantier, contrairement aux dispositions du Code de l’urbanisme.

Pour Cyrille Bernardin, chef de cabinet de la mairie, « il y a plusieurs vices de procédure. Les opérateurs doivent suspendre le chantier et ouvrir des discussions avec la mairie et les habitants. Il existe des solutions alternatives, notamment la mutualisation avec des antennes déjà en service ».

« Aller jusqu’au bout »

« Nous irons jusqu’au bout, assure une riveraine. Il y avait d’autres emplacements possibles. Nous demandons simplement que ce projet soit revu ».

Présent à la manifestation, le conseiller départemental Rémi Lacapère estime lui aussi qu’« il aurait été logique de privilégier la mutualisation plutôt que d’implanter un nouveau pylône à proximité immédiate des habitations. La question principale, c’est le fait accompli de cette installation ».

En attendant une réponse des opérateurs sollicités mais qui se laissent du temps pour répondre, le collectif entend poursuivre sa mobilisation, tandis que la municipalité espère que les irrégularités qu’elle estime avoir relevées permettront de rouvrir le dialogue sur une implantation alternative.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 8 août 2026)

Le syndicat USD CGT 66 dénonce « le licenciement injustifié » d’un aide-soignant (L’Indép)

Le syndicat USD CGT 66 de la Clinique mutualiste catalane de Perpignan dénonce le licenciement « injustifié » d’un aide-soignant de nuit. La direction répond.

Selon les faits relatés hier par le syndicat USD CGT 66, un aide-soignant de nuit de la Clinique mutualiste catalane, Kamel, a été licencié au début du mois de juin pour des faits de « maltraitance verbale » et des faits qui se sont déroulés au mois de septembre 2025, janvier 2026 et mai 2026.

En début d’année 2026, un entretien informel avait eu lieu avec la direction au cours duquel l’agent « n’a pas reconnu les propos qui lui sont reprochés ». À la fin de cet échange, l’aide-soignant a pris le parti de travailler en binôme « pour éviter d’autres accusations ».

Mais à la fin du mois de mai 2026, il est convoqué pour un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement. « À cette période, la direction a reçu une lettre d’une patiente de 90 ans qui se plaignait d’avoir eu mal pendant la prise en charge réalisée par Kamel, alors qu’elle avait le col du fémur cassé. Sauf qu’on s’est aperçu que la lettre avait été écrite par sa nièce, médecin à la clinique », raconte Frédéric Saison, délégué syndical central CGT. Kamel, sera mis à pied puis licencié pour faute grave au début du mois de juin 2026 après plus de 7 ans de travail au sein de l’établissement de santé.

« Nous contestons toute présomption de faits »

Si le syndicat partage que « la direction ne croyait pas à ces accusations dès le début », il s’étonne aussi de « l’absence d’enquête s’ils considèrent qu’il y a eu maltraitance ».

« Ce soir-là, pour les faits du mois de mai, l’aide-soignant travaillait donc en binôme. Sa collègue a reconnu son travail et sa bonne prise en charge. Et pourtant il se retrouve licencié, seul », poursuit le représentant syndical qui dénonce « une absence de preuves » et « un licenciement injustifié ».

« Cette situation est délirante. Nous sommes dans un secteur déjà sous tension. Il aurait mieux valu régler le vrai problème de fond plutôt que de licencier le salarié. Mais aussi renouer avec de vraies conditions de travail », poursuit-il. « Nous ne demandons qu’une chose c’est que la direction produise ses preuves », poursuit Frédéric Saison qui accompagne Kamel. Ce dernier témoigne : « Ils ont détruit ma vie. Si j’en parle aujourd’hui, c’est pour pas que ça arrive à d’autres personnes ». Le salarié se réserve le droit de mener une action en justice.

Contacté, le directeur de la Clinique mutualiste catalane, Guillaume Guibert, réagit : « Nous contestons toute présomption de faits. Mais nous sommes tenus à la confidentialité de nos collaborateurs Nous sommes toujours dans le respect des procédures et les droits de la défense ».

Laura Morales(L’Indépendant, le 17 juillet 2026)

Incendie dans les Pyrénées-Orientales : à Prades, la maire salue « la solidarité d’un territoire » face aux évacuations (ICI Roussillon)

Le feu dans les Pyrénées-Orientales n’est « pas fixé » mais « la surface de 4.900 hectares parcourus n’a pas progressé », indique le préfet du département ce mardi. 12.000 personnes ont été évacuées, certaines dirigées vers la commune de Prades. Sa maire, Aude Vivès, est l’invitée d’ICI Roussillon.

ICI Roussillon : Comment s’est passé cet accueil ? Comment est ce qu’il s’est organisé ?

Aude Vivès : Plutôt bien, dans la sérénité et surtout dans l’organisation et le pragmatisme. On a ouvert un certain nombre de salles sur réquisition après avoir complété les Halles du sport, le complexe sportif, le dojo. Donc progressivement, on a organisé, au fur et à mesure, l’accueil en fonction de l’arrivée des évacués.

ICI Roussillon : Combien de personnes est-ce que vous accueillez sur votre commune de Prades ?

Aude Vivès : Environ 600. Vinça est quand même une grosse commune. L’EHPAD a été logé dans l’internat du lycée. Ce sont des adaptations, des ventilateurs et qu’il faut déplacer, des couvertures qu’il faut trouver, des matelas, des picots, mais nos agents, nos élus, les volontaires bénévoles dans l’après-midi qui se sont à signaler, ont mis en ordre tout ce qu’il fallait pour que l’accueil se fasse au mieux.

ICI Roussillon : Vous parlez de l’EHPAD. C’est toujours difficile de déplacer ces personnes fragiles, vulnérables. Comment avez-vous fait ?

Aude Vivès : On l’a fait avec douceur, avec précaution, dans l’écoute, dans l’accompagnement. On a mis en place tout ce qu’il fallait. On a ouvert une salle climatisée pour les personnes vulnérables, pour les mettre dans les conditions les plus optimales pour passer ce moment un peu délicat. C’est une spécificité du Conflent et de Prades et je crois qu’on tient notre rang à ce titre.

ICI Roussillon : Il était question aussi d’en accueillir à la clinique de Prades. Est ce que ça s’est fait finalement ?

Aude Vivès : Tout à fait bien. L’hôpital, l’EHPAD, la clinique sont sont tous au maximum de leur accueil. Tout a été mis en œuvre pour que tous les habitants qui doivent subir ce déplacement, soient accueillis dans les conditions les plus confortables possible. Après, il y a eu aussi des communes qui se sont mobilisées et c’est aussi la solidarité d’un territoire. La coordination se fait avec les maires, les élus, les agents locaux et c’est cette solidarité là que que je retiendrai à tout niveau envers la population, envers les soldats du feu. Je crois qu’on montre ici une très belle image de notre département.

ICI Roussillon : On a entendu tout à l’heure sur notre antenne Patrice, de Rigarda, qui dort sur le parking du Super U de Prades, avec sa famille, avec ses animaux de compagnie. Il dit que finalement ça a été mal indiqué, que les personnes évacuées ne savaient pas où aller. Est ce que c’est aussi une réalité ça ?

Aude Vivès : Alors effectivement, au départ il y a eu un peu de confusion. L’indication du lieu d’évacuation n’a pas été n’a pas été donnée par les services de la préfecture. Donc on a eu besoin de mettre à l’entrée de Prades des policiers municipaux et des agents pour rabattre les personnes sur la halle des sports. Donc, ça fait partie malheureusement des erreurs qu’il a pu y avoir. Mais bon, on mettra tout en œuvre pour éviter qu’à l’avenir cela ne se reproduise. Et ces personnes sont tout à fait les bienvenues dans les différents lieux d’accueil. On a ouvert la piscine intercommunale pour qu’ils puissent aussi, dans ces journées de canicule, se rafraîchir et trouver des îlots de fraîcheur un peu partout dans la ville. Et l’accueil se fait pour les personnes comme pour les animaux. On a des chiens, des chats, des poules, des lapins, tout ce qui fait aussi le quotidien de notre territoire.
Donc s’il n’a pas été redirigé, qu’il n’hésite pas à se rediriger, il y aura tout pour l’accueillir. Là ce matin c’est petit déjeuner, ce midi déjeuner dans le restaurant intercommunal qui est mis à disposition et réquisitionné pour l’accueillir et le restaurer dans les meilleures conditions et avec des produits de qualité de nos producteurs locaux.

ICI Roussillon : Et justement, l’approvisionnement de toutes ces personnes évacuées de ces centres d’accueil. Ça a pu être une question , vous étiez pris entre le Tour de France d’un côté, le feu de l’autre côté. Est-ce que tout ça a été résolu ?

Aude Vivès : Alors du côté de la RD 66 vers Perpignan, nous n’avons pas d’approvisionnement. Les camions de notre supermarché principal ne peuvent pas passer, ni même la citerne d’essence parce les sapeurs pompiers sont prioritaires, évidemment, les professionnels de santé. Alors, c’est vrai qu’hier on était bloqués par l’arrivée du Tour de France, mais aujourd’hui, la solidarité va jouer et nous allons réquisitionner au fur et à mesure les supermarchés et obtenir peut être des approvisionnements. Puisque les routes rendent difficile la circulation des gros poids lourds sur les petites routes , puisqu’ils ne sont pas du tout adaptés à ce type de circulation.

ICI Roussillon : Est ce que vous lancez aujourd’hui un appel aux dons, un appel aux bras ?

Aude Vivès : Cela a déjà été fait, on l’a fait hier et les jours précédents et je tenais à remercier d’ailleurs toute la population qui s’est mise à disposition tant pour les hébergements que pour les dons alimentaires, des produits d’hygiène, on a vraiment une chaîne de solidarité qui s’est mise en œuvre. Et encore une fois, si c’est vraiment très appréciable, je crois qu’on a vraiment à s’enorgueillir de cet accueil, de cette réaction à une situation dramatique qui n’est pas encore fixée, il faut le noter. Donc, la prudence est de mise, la vigilance est de mise, et j’appelle aussi les habitants à la plus grande responsabilité, à ne pas regagner leur habitation et à laisser les opérations de secours se dérouler dans les meilleures conditions et ne pas encombrer les routes ou créer de sur accident sur un incendie.

Flora Midy (ICI Roussillon, 7 juillet 2026)

« C’est une urgence absolue »… Après la mort de Lyhanna, des parents d’élèves de Perpignan agissent pour « faire bouger les choses » (L’Indep)

Depuis le 10 juin 2026, Ana Espinosa et l’association des parents d’élèves de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan ont créé un carnet d’activités pour sensibiliser les familles à la prévention des violences sexuelles.

« Mon corps m’appartient ». C’est le nom du carnet d’activités mis en place par l’association des parents de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan. Dans ce cahier d’une vingtaine de pages, des jeux informent les enfants sur leur corps et leur droit à l’intimité. Ana, une mère de deux enfants, est à l’initiative de ce carnet. « Il y a plusieurs années, j’ai assisté avec mon fils de 4 ans à une pièce de théâtre sur la prévention des violences sexuelles, au Mexique. À la suite de cette pièce de théâtre, j’ai fait une formation pour les parents sur la prévention des violences sexuelles. Ça permet d’apprendre à commencer à aborder le sujet avec des enfants. »

L’apprentissage par l’action

L’idée est donc claire : apprendre aux enfants comment réagir sous forme d’activités. « Vu que les enfants apprennent par le jeu, la façon la plus ludique de commencer à leur parler des violences sexuelles, c’est justement de faire des cahiers d’activités », explique Ana. Des systèmes ingénieux permettent de ne pas terrifier les enfants : un feu tricolore pour expliquer les parties intimes du corps, un labyrinthe qui mène vers des personnes de confiance, des mots croisés et enfin, un certificat qui félicite les enfants d’être allés jusqu’au bout du carnet. « Je pense que quand on fait réfléchir l’enfant par lui-même, c’est plus facile pour lui qu’il prenne ensuite des décisions », explique la créatrice du carnet.

Depuis sa création, il connaît un véritable succès : « Quand des parents utilisent cet outil, c’est aussi qu’ils sont un peu perdus pour savoir comment aborder cette question. Pour l’instant, on a eu de très bons retours, je suis contente ».

Une situation trop taboue

Selon Ana Espinosa, beaucoup de parents ne parlaient pas de ce sujet avec leurs enfants. « On a envie de les protéger de tout ce qu’il y a de plus difficile et moche dans le monde et donc, on évite de leur parler du sujet. Mais je me rends compte qu’en fait, on ne les protège pas du tout, parce qu’on est en train de faire comme si le problème n’existait pas. Les enfants sont donc encore plus vulnérables ».

Ce malheureux constat, la mère l’a souligné depuis la mort tragique de Lyhanna. « J’ai vu beaucoup de monde étonné que ça puisse arriver, même près d’ici, parce que Perpignan n’est pas très loin du Gers. Je me suis alors rendu compte que beaucoup de parents avaient tendance à éviter de penser à ça parce qu’ils ne veulent pas être confrontés à l’impensable ».

Depuis la mort de la jeune fille de 11 ans, cette mère et l’association de Jean-Jacques-Rousseau sont déterminées à agir « pour faire bouger les choses ». Pour eux, « c’est une urgence absolue. Parce qu’avant que cette petite fille ne se fasse tuer, il y avait beaucoup d’enfants, et il y en aura encore beaucoup qui se font agresser sexuellement ».

Ils espèrent donc maintenant pouvoir également aider de nombreuses familles, qui pourraient prévenir le danger avant qu’il se produise.

Noémie Becamel (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

Le carnet est disponible gratuitement à cette adresse. Elle figure aussi dans la bio du compte Instagram de l’association @ape.jjrousseau66