Les salariés de Cémoi toujours en grève (L’Indep)

Statu quo à l’usine de chocolat Cémoi de Perpignan. Hier, après une rencontre infructueuse avec la direction dans la matinée, les salariés grévistes ont décidé de poursuivre le bras de fer ce vendredi.

Pour mémoire, l’intersyndicale FO-CGT-Sud Industrie de l’usine, soutenue par l’Unsa, majoritaire au siège, réclame une augmentation générale de 1,7 % et une prime comprise entre 1 200 et 1 500 euros net pour 2026. Elle met en avant les résultats « exceptionnels » de l’entreprise pour 2025.

Lors des récentes négociations annuelles obligatoires, qui se sont achevées sur un désaccord, la direction proposait pour sa part 1,3% d’augmentation générale et diverses autres mesures (paniers-repas…) qui représentaient en tout, selon elle, « 2 % de la masse salariale ».

Ce jeudi, les deux parties se sont donc rencontrées, mais ne sont pas parvenues à tomber d’accord. « Il n’y a eu aucune proposition, mis à part d’arrêter tout de suite la grève, déplore l’un des porte-parole des syndicats. Nous réclamons l’ouverture d’un vrai dialogue. » À suivre.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 avril 2026)

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4111 – vendredi 10 avril 2026)

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« Le midi, je mange dans ma voiture ». Le cri d’alerte des aides à domicile sur leur précarité croissante (L’Indep)

Les aides à domicile alertent sur la précarité croissante de leur métier. Entre salaires gelés depuis quatre ans et indemnité kilométrique figée à 40 centimes par kilomètre, la hausse du carburant met leur quotidien en péril.

Tous les jours, ils se déplacent avec leur propre véhicule et subissent l’augmentation du prix du carburant. Le métier d’aide à domicile, indispensable au maintien des personnes chez elles, est aujourd’hui mis en difficulté par un pouvoir d’achat toujours plus compromis. Ce mardi 7 avril, plusieurs représentantes de la profession ont décidé de faire entendre leur voix aux côtés de la CGT.

Les Pyrénées-Orientales comptent 3 000 aides à domicile, dont une forte majorité de temps partiels subis. Aujourd’hui, ils disposent d’une indemnisation de 40 centimes par kilomètre pour leur essence et l’entretien du véhicule. Mais avec la forte hausse du carburant, leur salaire, non revalorisé depuis quatre ans, ne suit plus. « En étant uniquement sur Perpignan, je consomme habituellement 170 euros d’essence par mois », confie l’une d’entre elles. Du côté de l’Assad d’Argelès-sur-Mer, des déplacements sont effectués jusqu’à Saint-Génis-des-Fontaines, Banyuls-sur-Mer ou même Saint-Cyprien.

L’assistante de vie aux familles, Sylvie Robert, en témoigne : « On dépasse largement les 200 euros par mois. Le midi, je ne peux pas rentrer chez moi, je mange dans ma voiture, comme beaucoup d’autres, on n’a pas les moyens de rentrer chez nous ». « La voiture, c’est notre outil de travail. Sans ça, on n’est pas embauchées », ajoute une autre.

Cette précarité s’accompagne d’une grande difficulté à recruter pour les associations, et les conséquences se reflètent des deux côtés Les aides à domicile voient leur emploi du temps changer régulièrement au cours de la journée pour pallier les absences. « Certaines sont sur le point de démissionner ». Les patients, quant à eux, sont parfois délaissés, voire « maltraités ». « J’ai connu des cas où il n’y a pas eu d intervention pour le coucher. Une personne est restée dans son fauteuil toute la nuit ».

Face à cette situation, la CGT appelle à une mobilisation. Parmi les revendications : une hausse des salaires et une revalorisation de l’indemnité kilométrique à 80 centimes par kilomètre. Mais avant tout, les aides à domicile espèrent alerter l’opinion publique. « Tout le monde est concerné. Nos parents, nos grands parents, nous-mêmes un jour. Il faut que la population sache ce qu’il se passe », concluent-elles.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 8 avril 2026)

Les salariés du groupe Cémoi en grève pour leur pouvoir d’achat (L’Indep)

Ce mardi 7 avril, les salariés de l’usine perpignanaise du chocolatier Cémoi ont entamé un mouvement de grève illimitée à l’appel de Sud Industrie, FO, l’UNSA et la CGT. Alors que l’entreprise a, selon eux, obtenu des résultats « exceptionnels » en 2025, les syndicats réclament une revalorisation des salaires à la hauteur de ces performances.

« L’enveloppe est 3,5 fois plus petite que l’an dernier alors que les résultats sont exceptionnels. » Pour Olivier Roméro, le délégué syndical Unsa des salariés du siège du groupe Cémoi, implanté avenue Panchot à Perpignan, les propositions sur lesquelles campe la direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ne sont pas acceptables. « En 2025, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda) était de 192 millions d’euros, soit 50 millions de plus qu’en 2024, détaille-t-il. La direction nous dit que la prime d’intéressement et la participation vont augmenter. Mais même en prenant en compte cette hausse, l’enveloppe globale des NAO est intérieure à celle de l’an dernier d’environ 1 500 euros par salarié. »

D’où la colère des employés perpignanais de Cémoi qui ont stoppé le travail ce mardi matin et se sont installes devant l’usine de chocolat de la zone Torremila. Les syndicats assurent que seule une ligne sur huit tournait en matinée.

Concrètement, selon les organisations syndicales, la direction a proposé dans le cadre des NAO une augmentation générale de 1,3 % pour les salariés et un statu quo pour les cadres. « 1,3 % pour un salarié qui touche 2 000 euros brut par mois, ça représente seulement 26 euros brut », constate Olivier Roméro.

Côté revendications, l’intersyndicale réclame une revalorisation des salaires de l’ordre de 1,7 %, ainsi qu’une prime de 1 200 à 1 500 euros nets. « Les salariés en ont besoin », plaide la déléguée syndicale FO de l’usine, Karine Sanchez. « Il faut mettre de l’essence dans la voiture. On n’y arrive plus. »

Le responsable de la section syndicale de Sud Industrie, David Di Fraja, renchérit : « On a su faire des efforts par le passé, mais aujourd’hui, les salariés ne comprennent pas qu’avec des résultats comme ça, on ait moins que l’année dernière. »

Ce mardi, en milieu de journée, les responsables syndicaux était toujours en attente de nouvelles négociations, tout en promettant que le mouvement se poursuivrait jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause. Les salariés ont reconduit la grève pour ce mercredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 avril 2026)

La direction évoque « des mesures salariales cohérentes au regard de la situation économique »

En réponse au mouvement de grève, la direction du groupe Cémoi déclare « rester ouverte à travailler en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes pour atteindre des accords favorables ». Cependant, elle met l’accent sur « un contexte de fortes incertitudes internationales et économiques, de volatilité des coûts industriels et des matières premières et de pression accrue de la concurrence ».

« En complément de leur intéressement-participation, qui atteint pour 2025 environ trois mois de salaire (plus de 5 000 € pour un salarié gagnant 1 600 € net par mois), les 1 700 collaborateurs se sont vu proposer des mesures salariales cohérentes au regard de la situation économique dans laquelle nous évoluons », estime l’entreprise. Selon cette dernière, en comptant les 1,3 % d’augmentation générale, la revalorisation des paniers-repas et l’harmonisation des budgets du comité social et économique « redistribues majoritairement sous forme de chéques-vacances ou autres aides aux salariés », les propositions formulées dans le cadre des NAO correspondraient à une augmentation de 2 % du salaire net.

« Cette revalorisation de 2 % doit être comparée à l’inflation constatée en France à fin mars qui est de 1,7% », juge le groupe, qui rappelle par ailleurs avoir engagé un plan d’investissement de 40 millions d’euros, dont 15 millions pour le site de Torremila, sur 2025-2027.

Les retraités dans la rue. « En trois ans, j’ai perdu trois mois de pension » (L’Indep)

Une intersyndicale appelait les retraités à manifester hier pour dénoncer entre autres leurs conditions de vie.

Bravant le vent et la pluie fine perpignanaise, plusieurs dizaines de retraités ont battu le pavé ce jeudi.

Au départ de la place de la Victoire de Perpignan, ces salariés retraités ont déambulé dans le centre-ville de la préfecture catalane pour faire entendre leurs revendications.
Elles sont aussi nombreuses qu’intimement liées. Baisse du pouvoir d’achat, absence de reconnaissance dans la société et conflits internationaux entretiennent les inquiétudes de cette partie de la population.

Michel Chabasse, responsable national de la CGT retraité, explique : « On dit aux retraités que nous coûtons cher à la société, pourtant notre pouvoir d’achat ne cesse de se réduire. J’ai fait mes calculs, avec l’augmentation des prix et la non-revalorisation de ce que nous percevons, en trois ans j’ai perdu l’équivalent de trois mois de pensions ». Une réalité difficile à avaler pour celui qui rappelle avoir « cotisé toute ma vie » et qui nourrit le sentiment de ne pas être reconnu dans la société.

« Nous n’avons pas de ministère, ni de délégué à la question des retraités. Quelle place avons-nous réellement ? On nous dit que l’on fait mourir la France, mais nous ne sommes pas inutiles. Les retraites consomment mais font aussi tourner le monde associatif auquel nous consacrons 9 millions d’heures chaque année ».

Dans la rue ce jeudi, ces retraités revendiquent aussi la paix qui, selon eux, est « indissociable du progrès social ».

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 3 avril 2026)

Manifestation du 2 avril des retraité à Perpignan

Malgré le mauvais temps, une nouvelle fois les « retraités » ont répondus présents dans les rues de Perpignan pour stopper l’érosion de leur pouvoir d’achat et l’augmenter l
Une mobilisation de 200 personnes, et une envie de recommencer très forte.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4110 – vendredi 3 avril 2026)

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« Certains doivent choisir entre manger et se soigner » : ces retraités appellent à la manifestation (L’Indep)

Une intersyndicale s’organise ce jeudi à Perpignan, à l’initiative des retraités qui dénoncent la baisse de leur pouvoir d’achat.

Inflation, prix de l’énergie qui augmentent, pas de perspective de stabilisation de la vie économique… comme beaucoup de Français, les retraités s’inquiètent de la conjoncture. Car cette partie de la population peut faire partie des plus vulnérables face à l’instabilité de l’économie. Eux aussi souffrent d’une baisse du pouvoir d’achat, comme le dénoncent des syndicalistes catalans. « Certains n’ont plus les moyens de se payer une mutuelle et sont donc obligés de choisir entre manger et se soigner », assurent Ginette Kesraoui (FSU), Eugène Rios (CGT), Heuvé Sazé (CGT), Joseph Naudillon (UNRPA), Jean-Pierre Terradas (LSR) et Chantal Argence (FGRFP).

Ce 2 avril, ces cinq syndicats ainsi que Solidaires appellent les retraités à descendre dans la rue. Une manifestation qui prendra le départ place de la Victoire, au pied du Castillet, à 10 heures pour se rendre en préfecture, où une délégation devrait être reçue par le représentant de l’État, Pierre Regnault de La Mothe.

Les syndicalistes iront également jusqu’au siège du Medef, situé rue Camille-Pelletan. Une halte symbolique. Car ces protestataires réclament une reprise des négociations entre les partenaires sociaux et le Medef, syndicat des patrons, pour obtenir des avancées notamment sur la revalorisation des pensions Agirc-Arrco, la caisse de retraite des salariés du privé.

Une revalorisation des pensions Agirc-Arrco réclamée

Ils réclament, entre autres, une augmentation des « pensions de base et complémentaires de 10 % », mais aussi « un accès aux soins et un droit à la santé pour toutes et tous, le développement des services publics sur l’ensemble du territoire et un financement de la Sécurité sociale basé sur les cotisations sociales ».

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 31 mars 2026)