L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Hésitations et scrupules

Cet édito aurait dû évoquer la fête de notre journal. En toute logique. Trois pages y sont d’ailleurs consacrées, tant la richesse de ce qui s’y est passé est à mettre à l’honneur. Mais là, coup sur coup, une double actualité aussi affligeante qu’inquiétante s’impose.

La première actualité est celle de la canicule durable et de ses incendies associés dans le département et ailleurs. J’écoutais il y a deux ou trois jours, le cri de colère d’un éleveur de cochons de la plaine, du côté de Néfiach.

Il disait sa colère, son inquiétude, son soutien à ceux déjà touchés par les flammes et qui ont tout perdu. Tentant lui-même de gérer au mieux le phénomène destructeur dans son exploitation, nuits et jours, il accusait et disait à peu près ceci : « c’est des avions qu’il nous faut, en plus grand nombre. Au lieu d’abonder par milliards les financements pour le réarmement de la France, en mettre quelques-uns pour des équipements aéroportés supplémentaires qui, s’ils avaient été disponibles, auraient assurément réduit rapidement l’étalement de l’incendie à sa plus simple expression ». Qu’il entende notre solidarité sans faille.

Nicolas Garcia, dans un texte public « Gueule de bois », écrivait ceci : « Lutter contre les incendies difficiles à contrôler, les sécheresses, les canicules… nécessitera des investissements colossaux pour l’adaptation et dans le même temps il faut investir massivement dans la prévention c’est à dire la lutte contre ces bouleversements climatiques et le réchauffement qui va avec. En résumé acheter des camions de pompiers, des Canadairs, travailler les questions de l’eau et végétaliser, s’occuper des friches et de la forêt » et fustigeait les budgets militaires et le laxisme fiscal en rapport avec les ultrariches. Tout est dit. Saluons, malgré tout, l’immense élan solidaire spontané qu’il s’agira, dans les jours qui viennent, de bien organiser pour qu’il puisse agir en pleine puissance.

La deuxième, qui n’est pas sans importance, concerne le RN. Deux « coupables de détournements d’argent public », Marine Le Pen et Louis Aliot, restent qualifiés dans le jeu politique dit « républicain », et ils font les marioles.

Consternant et triste !

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4124 – vendredi 10 juillet 2026)

L’édito de Michel Marc. Hésitations et scrupules
Aliot reste en place !

Événement. La fête du Travailleur Catalan

Fiers !
La musique aussi pour faire la fête
Concert. Guiz (Tryo)
Concert. Sebah
Concert. Chat man et Veau doux
Concert. Chili sex magic
Débat. École public, école privée
L’eau ! Échange passionnant et passionné
La librairie au cœur de la fête

Département

Social. Un plan de sauvegarde de l’emploi dans les cartons
Perpignan. Marche citoyenne contre les violences sexuelles

Dossier – Les femmes du Front populaire 1936

Les grandes oubliées
Les grandes étapes des droits des femmes en France
Les femmes en grève
En grève pour les salaires
La grève, une affaire d’hommes ?
Les graines d’une nouvelle génération
Une première dans l’histoire de la République
Cécile Brunschvicg
Suzanne Lacore
Irène Joliot-Curie

Département

Démocratie locale. À Ille le maire veut casser le marché des producteurs
Les syndicats à vélo. Ils s’invitent sur le Tour, le vrai, à Carcassonne
Mobilisation humanitaire

Sport

Rugby à XIII. Le Toulouse Olympique écrase les Dragons Catalans : Humiliés
Les deux Tours

Culture

Où sortir ?
Le Chœur de chambre de Perpignan à 40 ans
Piano à Collioure. Le temps des récompenses
Prades. Le violoncelle en majesté
Festival. Du 18 au 26 juillet, les 67e Ciné-Rencontres de Prades

France

PCF. Le quarantième congrès du Parti communiste a bien eu lieu
Sénat. Eau, néonicotinoïdes, mensonges et surenchère
Néonicotinoïdes, le retour

Monde

Cuba. Revers cuisant pour les États-Unis

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Les misères de la nature
L’actu vue par Delgé

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Incendie dans les Pyrénées-Orientales : à Prades, la maire salue « la solidarité d’un territoire » face aux évacuations (ICI Roussillon)

Le feu dans les Pyrénées-Orientales n’est « pas fixé » mais « la surface de 4.900 hectares parcourus n’a pas progressé », indique le préfet du département ce mardi. 12.000 personnes ont été évacuées, certaines dirigées vers la commune de Prades. Sa maire, Aude Vivès, est l’invitée d’ICI Roussillon.

ICI Roussillon : Comment s’est passé cet accueil ? Comment est ce qu’il s’est organisé ?

Aude Vivès : Plutôt bien, dans la sérénité et surtout dans l’organisation et le pragmatisme. On a ouvert un certain nombre de salles sur réquisition après avoir complété les Halles du sport, le complexe sportif, le dojo. Donc progressivement, on a organisé, au fur et à mesure, l’accueil en fonction de l’arrivée des évacués.

ICI Roussillon : Combien de personnes est-ce que vous accueillez sur votre commune de Prades ?

Aude Vivès : Environ 600. Vinça est quand même une grosse commune. L’EHPAD a été logé dans l’internat du lycée. Ce sont des adaptations, des ventilateurs et qu’il faut déplacer, des couvertures qu’il faut trouver, des matelas, des picots, mais nos agents, nos élus, les volontaires bénévoles dans l’après-midi qui se sont à signaler, ont mis en ordre tout ce qu’il fallait pour que l’accueil se fasse au mieux.

ICI Roussillon : Vous parlez de l’EHPAD. C’est toujours difficile de déplacer ces personnes fragiles, vulnérables. Comment avez-vous fait ?

Aude Vivès : On l’a fait avec douceur, avec précaution, dans l’écoute, dans l’accompagnement. On a mis en place tout ce qu’il fallait. On a ouvert une salle climatisée pour les personnes vulnérables, pour les mettre dans les conditions les plus optimales pour passer ce moment un peu délicat. C’est une spécificité du Conflent et de Prades et je crois qu’on tient notre rang à ce titre.

ICI Roussillon : Il était question aussi d’en accueillir à la clinique de Prades. Est ce que ça s’est fait finalement ?

Aude Vivès : Tout à fait bien. L’hôpital, l’EHPAD, la clinique sont sont tous au maximum de leur accueil. Tout a été mis en œuvre pour que tous les habitants qui doivent subir ce déplacement, soient accueillis dans les conditions les plus confortables possible. Après, il y a eu aussi des communes qui se sont mobilisées et c’est aussi la solidarité d’un territoire. La coordination se fait avec les maires, les élus, les agents locaux et c’est cette solidarité là que que je retiendrai à tout niveau envers la population, envers les soldats du feu. Je crois qu’on montre ici une très belle image de notre département.

ICI Roussillon : On a entendu tout à l’heure sur notre antenne Patrice, de Rigarda, qui dort sur le parking du Super U de Prades, avec sa famille, avec ses animaux de compagnie. Il dit que finalement ça a été mal indiqué, que les personnes évacuées ne savaient pas où aller. Est ce que c’est aussi une réalité ça ?

Aude Vivès : Alors effectivement, au départ il y a eu un peu de confusion. L’indication du lieu d’évacuation n’a pas été n’a pas été donnée par les services de la préfecture. Donc on a eu besoin de mettre à l’entrée de Prades des policiers municipaux et des agents pour rabattre les personnes sur la halle des sports. Donc, ça fait partie malheureusement des erreurs qu’il a pu y avoir. Mais bon, on mettra tout en œuvre pour éviter qu’à l’avenir cela ne se reproduise. Et ces personnes sont tout à fait les bienvenues dans les différents lieux d’accueil. On a ouvert la piscine intercommunale pour qu’ils puissent aussi, dans ces journées de canicule, se rafraîchir et trouver des îlots de fraîcheur un peu partout dans la ville. Et l’accueil se fait pour les personnes comme pour les animaux. On a des chiens, des chats, des poules, des lapins, tout ce qui fait aussi le quotidien de notre territoire.
Donc s’il n’a pas été redirigé, qu’il n’hésite pas à se rediriger, il y aura tout pour l’accueillir. Là ce matin c’est petit déjeuner, ce midi déjeuner dans le restaurant intercommunal qui est mis à disposition et réquisitionné pour l’accueillir et le restaurer dans les meilleures conditions et avec des produits de qualité de nos producteurs locaux.

ICI Roussillon : Et justement, l’approvisionnement de toutes ces personnes évacuées de ces centres d’accueil. Ça a pu être une question , vous étiez pris entre le Tour de France d’un côté, le feu de l’autre côté. Est-ce que tout ça a été résolu ?

Aude Vivès : Alors du côté de la RD 66 vers Perpignan, nous n’avons pas d’approvisionnement. Les camions de notre supermarché principal ne peuvent pas passer, ni même la citerne d’essence parce les sapeurs pompiers sont prioritaires, évidemment, les professionnels de santé. Alors, c’est vrai qu’hier on était bloqués par l’arrivée du Tour de France, mais aujourd’hui, la solidarité va jouer et nous allons réquisitionner au fur et à mesure les supermarchés et obtenir peut être des approvisionnements. Puisque les routes rendent difficile la circulation des gros poids lourds sur les petites routes , puisqu’ils ne sont pas du tout adaptés à ce type de circulation.

ICI Roussillon : Est ce que vous lancez aujourd’hui un appel aux dons, un appel aux bras ?

Aude Vivès : Cela a déjà été fait, on l’a fait hier et les jours précédents et je tenais à remercier d’ailleurs toute la population qui s’est mise à disposition tant pour les hébergements que pour les dons alimentaires, des produits d’hygiène, on a vraiment une chaîne de solidarité qui s’est mise en œuvre. Et encore une fois, si c’est vraiment très appréciable, je crois qu’on a vraiment à s’enorgueillir de cet accueil, de cette réaction à une situation dramatique qui n’est pas encore fixée, il faut le noter. Donc, la prudence est de mise, la vigilance est de mise, et j’appelle aussi les habitants à la plus grande responsabilité, à ne pas regagner leur habitation et à laisser les opérations de secours se dérouler dans les meilleures conditions et ne pas encombrer les routes ou créer de sur accident sur un incendie.

Flora Midy (ICI Roussillon, 7 juillet 2026)

Boydeil Bel n’ira pas dans la rue toute la journée quoiqu’il arrive

Le RESF, La CIMADE, Le MRAP, LFII, L’ASTI, La LDH a mené une action et obtenu des soutiens de plus de 20 organisations. Les organisations ont été reçus à l’ACAL par madame Lacour, directrice adjointe de LHSS salariée et 3 membres du Conseil d’administration bénévoles.

Ils ont obtenu que pour attendre un hébergement en CHRS, Boydeil Bel soit installé dans un hébergement du 115, et, s’il n’y pas d’hébergement 24h/24, ils ont l’assurance (orale devant les 6 personnes présentes, il aurait mieux valu que cet engagement soit écrit…) que Boydeil Bel sera maintenu dans son logement LHSS ( Lits Halte Soins Santé) c’est-à-dire que Boydeil Bel ne sera pas logé au 115 tout court.

Il évitera donc les violences éventuelles, ne devra pas quitter les lieux à 7 ou 8h le matin, ne restera pas dans la rue toute la journée, pourra manger et se laver correctement… il ne devra pas subir le stress de l’incertitude du soir : sera-t-il repris au 115 ce soir dans un lit ou bien sur une chaise ou bien encore ne sera-t-il pas du tout pris ?

Boydeil Bel est rassuré et remercie chaleureusement tou.te.s celles et ceux qui l’ont soutenu. Les organisations s’associent bien sûr à ses remerciements. Cependant ils restent très vigilants parce que l’hébergement proposé pose problème… et dans ce cas la lutte reprendra… de plus belle et vous aurez cette fois l’occasion de le soutenir efficacement.

Cabestany. Le chantier de 21 logements sociaux officiellement lancé (L’Indep)

La résidence Côté sud illustre l’engagement des collectivités et du bailleur Trois moulins habitat dans un contexte de crise durable du logement social et une demande toujours plus forte.

La résidence Côté sud, située aux 13 et 16 rue Blanche-Lefevre à Cabestany, a fait l’objet de la pose de sa première pierre en présence des élus et des partenaires institutionnels ayant contribué à la réalisation de ce programme de 21 logements sociaux. Une opération qui répond à une demande toujours plus forte dans les Pyrénées-Orientales.

Présent sur la commune depuis dix-huit ans, Trois moulins habitat poursuit un partenariat de longue date avec Cabestany. Son directeur général, Gilles Sambussy, a salué « un projet bien intégré », assurant la transition entre habitat collectif et pavillonnaire. Mais il a surtout alerté sur les difficultés rencontrées par les bailleurs sociaux. « Le cout de la construction a progressé de 39 % en Occitanie alors que nos ressources diminuent. Notre modèle est aujourd’hui en équilibre précaire », a-t-il averti, tout en remerciant les collectivités qui continuent de soutenir financièrement ces opérations.

Pour la maire, Edith Pugnet, cette inauguration constitue une réponse concrète à une situation devenue préoccupante. En 2025, les Pyrénées-Orientales comptaient 22 500 demandeurs de logements sociaux, dont plus de 800 à Cabestany. « Construire, mais pas seulement au détriment du beau, ni sans tenir compte de l’environnement et des habitants : c’est tout l’enjeu », a-t-elle rappelé, réaffirmant son attachement à une mixité associant logements sociaux, intermédiaires et accession à la propriété.

Le conseiller départemental Rémi Lacapère a rappelé le rôle majeur du Département, premier financeur de cette résidence avec une aide de 141 000 euros.

Olivier Mas, représentant la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée métropole, a souligné pour sa part la garantie d’emprunt de 2,2 millions d’euros apportée conjointement par l’agglomération et la commune, preuve d’un engagement partage en faveur du logement.

Représentant la Région, Julien Baraillé a insisté sur la dimension sociale de ces programmes. « Le logement est le premier facteur d’insertion. Comment trouver un emploi, suivre une formation ou construire un projet de vie sans stabilité résidentielle ? », a-t-il interrogé. Rappelant que près de 70 % des habitants des P.-O. sont éligibles au logement social, il a également défendu une approche privilégiant la qualité de vie : « Oui au logement de qualité, mais il faut aussi penser à la manière dont les habitants vivront ensemble. Les problèmes de voisinage et l’insécurité peuvent souvent être évités lorsqu’ils sont anticipés des la conception des quartiers ».

Avec ses 21 logements, la résidence Côté sud symbolise une ambition partagée: offrir des logements accessibles, durables et intégrés, malgré un contexte économique qui rend chaque nouvelle opération plus difficile à réaliser.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 2 juillet 2026)

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4123 – vendredi 3 juillet 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Les larmes de crocodile
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Libérez Christophe Gleizes

Focus

Pour faire vivre le T.C. !
Parfois même l’Indep !

Événement. La fête du Travailleur Catalan

Les concerts
Les débats et initiatives
Où se restaurer sur la fête

Département

Un projet qui divise
Le festival du film de montagne
La Sécurité Sociale de l’Alimentation. Des objectifs, des valeurs
Conseil départemental. Grogne chez les agents de la Direction Insertion Logement D.I.L.
Le point de vue de la directrice générale de la Solidarité

Dossier – Front populaire 1936 (la question coloniale)

Une vision divisée sur l’Empire colonial
La commission d’enquête coloniale
Bien que pluraliste, la commission est dominée par les socialistes, c qui influence son fonctionnement et ses orientations
Faute de crédits, et surtout en raison du refus du Sénat de financer les missions d’enquête, les travaux restent donc limités
Le parti colonial français : la force de blocage
Projet Blum-Violette : l’échec d’une timide réforme de l’Algérie française

Département

Transports ferrés. Les élus communistes des P.-O. s’insurgent et écrivent à Jean Castex
Mieux vaut tard que jamais
La cave Arnaud de Villeneuve reprise
Le projet de tuyau de l’Agly adopté
Louis Aliot appelé à plus de transparence
UPTC. Les derniers jours de Jean-Jacques Rousseau
Assurance santé. Complémentaires santé, quel organisme choisir ?

Sport

Dragons Catalans. À deux points de l’exploit
Les cinc arques Epileg

Culture

Où sortir ?
Perpignan. Concerts pour nuits d’été

France

Climat. L’urgenc est là. Contrer le changement climatique

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Vers un nouveau plan social dans les Pyrénées-Orientales ? (L’Indép)

Le syndicat CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons (l’Acal, notamment connue pour son rôle dans l’accueil des réfugiés ukrainiens) craint « un plan social avec au moins dix licenciements » à l’automne prochain.

« Nous refusons que les salariés soient les variables d’ajustement de la politique sociale. » En ce début d’été 2026, le délégué syndical CGT de l’Association catalane d’actions et de liaisons, Jean-François Marty, ne cache pas ses inquiétudes. Car la structure, chargée d’accompagner et d’héberger des publics fragiles (réfugiés, sans domicile fixe, femmes victimes de violences…), connaîtrait actuellement une dégradation de ses indicateurs.

Ainsi, selon le syndicaliste, en trois ans, l’activité et les financements de l’association auraient chuté de 20 % et ses effectifs de 10 %. « L’arrêt, à compter de ce 30 juin, du dispositif d’accueil des réfugiés ukrainiens, c’est 2,2 millions d’euros en moins », ajoute-t-il. « Le problème de fond qui se pose, c’est que l’Acal, qui emploie aujourd’hui environ 180 salariés, s’est développée en répondant à des appels à projets financés par des subventions temporaires. Lorsque l’État serre la ceinture, les conséquences sont immédiates. »

Selon le syndicat CGT de l’Acal, l’hypothèse d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avec au moins dix suppressions de postes à la clé aurait notamment été évoquée lors de l’assemblée générale de l’association, qui s’est tenue il y a quelques jours. « La direction lie cette hypothèse au possible non-renouvellement du service Agir (un dispositif d’insertion professionnelle des réfugiés, NDLR) qui emploie six salariés », précise Jean-François Marty.

Un appel à l’État

Autre paramètre à prendre en compte : à partir du 8 août, l’Acal va basculer sur une nouvelle convention collective, sur un nouvel ensemble de règles régissant le travail dans son secteur d’activité. Ce changement va entre autres avoir pour effet une légère augmentation des salaires et l’octroi de jours de congé supplémentaires pour certains employés. « Cependant, si l’État ne finance pas cette évolution, ce qu’il ne s’est pas engagé à faire pour l’instant, elle représentera un surcoût de 350 000 euros par an pour l’association », indique Jean-François Marty. « Si ces avancées pour les travailleurs ont pour conséquence des suppressions d’emplois, cela pose problème », juge le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « De notre point de vue, l’État doit faire le complément. »

Et cette problématique ne concerne pas que l’Acal. Les élus CGT de l’Association d’aide aux femmes et familles en difficulté (Affed) craignent par exemple que le surcoût lié au changement de convention collective n’entraîne la suppression d’un poste de remplaçant. Ce qui, compte tenu de la taille de la structure (12 salariés), engendrerait selon eux une dégradation des conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Sollicitée, la direction de l’Acal n’a pas donné suite.

Leur salaire est gelé depuis 12 ans, les mandataires judiciaires alertent (L’Indép)

« Qui protégera les plus vulnérables demain ? » Hier, les mandataires judiciaires indépendants se sont mobilises partout en France pour un salaire plus juste. Ils étaient une vingtaine devant la préfecture de Perpignan, de nombreuses pancartes a la main.

Ils sont indispensables et accompagnent chaque jour les personnes les plus vulnérables. Les mandataires judiciaires indépendants sont les personnes désignées par les magistrats dans le cadre de mesures de protection juridique, telles que des sauvegardes de justice, des curatelles ou des tutelles. Partout en France, ils se sont mobilisés ce mardi 30 juin. À Perpignan, une vingtaine d’entre elles était devant la préfecture des Pyrénées-Orientales.

Leur demande : une revalorisation de leur salaire, gelé depuis douze ans. « Nous allons être reçus par la directrice de cabinet du préfet, Stella Chene. Le but est de faire remonter la demande au gouvernement », a précisé Amandine Lacour, elle-même mandataire judiciaire à Perpignan. Aujourd’hui, leur salaire dépend du coût de référence, fixé à 142,95 euros par mesure et par mois, «mais avec l’inflation et la hausse des charges, il devrait être à 180 euros », ont martelé les membres de la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs.

Quelques minutes avant d’être reçues par la préfecture, les manifestantes rassemblées devant l’établissement brandissaient différentes pancartes, « Mandatés, épuisés, oubliés », et criaient toutes en chœur : « En colère, et on est là ! » Ce métier, parfois méconnu, est destiné à s’occuper de beaucoup de « dossiers ».

« Mais ces dossiers, ce sont des personnes », a souligné Amandine Lacour. Elle et ses confrères travaillent « entre 40 et 50 heures par semaine », « gèrent des urgences, même en vacances », et font face à « une charge mentale très importante ». « On ne se plaint pas, c’est un choix de vie, mais il faut qu’on soit reconnus ».

Parmi les dizaines de dossiers traités, ils sont amenés à gérer des factures d’électricité, des placements à la banque ou même des actions en justice pour faire valoir des droits. Un mandataire judiciaire peut gérer un dossier aussi longtemps que la mesure de protection existe, parfois pour dix ans.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Un postier syndicaliste menace de révocation pour la deuxième fois (L’Indép)

Hier, une trentaine de postiers et d’usagers se sont mobilisés devant la plateforme de La Poste implantée non loin de l’aéroport de Perpignan. Ils entendaient protester contre la convocation en conseil de discipline du secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, qui risque la révocation.

Les procédures disciplinaires à l’encontre de responsables syndicaux de La Poste se succèdent en pays catalan. Et les mobilisations de postiers aussi. Hier, en milieu de matinée, ils étaient une trentaine réunis devant la plateforme « multiflux » de la zone de Torremila, au nord de Perpignan.

Pour témoigner leur soutien au secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, convoqué ce mardi à 13 heures au siège parisien de l’entreprise pour un conseil de discipline pouvant déboucher sur une « révocation ». En clair: un licenciement.

« Ils avaient déjà demandé la révocation d’Alex après la mo-bilisation contre la réforme des retraites. C’est un acharnement », estime la secrétaire départementale de la CGT Activités postales en charge de la communication, Ruth Ceballos. « On dérange. La direction de La Poste veut écraser toute velléité de contre-pouvoir », analyse le secrétaire régional de la CGT Activités postales pour le Languedoc-Roussillon, Fabrice Roussel, qui avait effectué le déplacement à Perpignan ce mardi.

Selon les syndicats, la convocation d’Alexandre Pignon serait en lien avec l’organisation le 20 février dernier, à Thuir d’un carnaval revendicatif devant le bureau de poste de la commune. « La Poste considère qu’il y a eu une atteinte i son image, alors que c’était de la parodie, de l’humour », explique Amapola Gracia, du collectif citoyen de défense de la poste, également mobilise hier.

Cinq autres militants syndicaux sont menacés de sanctions à la suite du carnaval thuirinois. Trois d’entre eux sont d’ores et déjà convoqués les 10 et 17 juillet. Ils en courent des mises à pied allant de trois semaines à deux mois.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)

Sollicitée, la direction de La Poste n’a pas souhaité faire de commentaires sur les procédures en cours.

Les Angles. Mobilisation et bras de fer autour de la retenue d’eau du Roc d’Aude (L’Indep)

Environ 250 personnes ont répondu à l’appel lancé par un collectif de 20 associations environnementales opposées au projet de retenue collinaire porté par la commune des Angles au Roc d’Aude, ce dimanche. La commune défend une retenue nécessaire à l’enneigement artificiel de la station et donc à l’économie du territoire. Mais aussi à disposition des éleveurs et des secours en cas d’incendie.

Présenté par la municipalité comme une retenue collinaire, qualifié de méga bassine par ses opposants, le projet cristallise les tensions. Destiné à garantir l’enneigement artificiel de la station pour les 30 prochaines années, il prévoit la création d’une réserve de 113 000 m3 d’eau à 2 300 mètres d’altitude, impliquant le décapage de 10 hectares de milieu naturel sur le secteur du Roc d’Aude aux Angles. Pour les associations, « c’est une atteinte supplémentaire à l’environnement, d’autant que les travaux ont commencé sans étude d’impact ni enquête publique. »

Réunis sur le parking de la télécabine ce dimanche matin, les manifestants à 95 % venus de la plaine, ont brandi des pancartes aux slogans sans équivoque pour dénoncer, « en plein réchauffement climatique », un projet « aux impacts délétères sur un paysage exceptionnel, sur l’habitat d’espèces menacées, mettant en péril, en aval, tourbières et zones humides essentielles à la biodiversité montagnarde. »

Le ton a été donné par l’Écologiste David Berrué, coordinateur de la mobilisation : « Nous avons fait le choix d’exposer, de façon très humble et pacifique, nos arguments contre ce que nous sommes nombreux à considérer comme une mal adaptation aux dérèglements climatiques ». Ancien maire des Angles, Christian Blanc s’est montré particulièrement critique : « Ce projet, nous l’avons appris trop tard, tout était déjà ficelé. Jamais je n’aurai imaginé que ce projet aurait vu le jour alors que nous sommes en forêt domaniale, en plein cœur du PNR Pyrénées catalanes et en zone Natura 2000, c’est du jamais vu ! »

Les associations mobilisées assurent « entendre les habitants favorables à cette bassine car, leur préoccupation c’est leur salaire à la fin du mois. Nous ne sommes pas anti-ski, beaucoup en font. Pourquoi ne pas investir plutôt dans des emplois comme l’agriculture, l’entretien des forêts ou la rénovation thermique des bâtiments, afin de mieux nous adapter au changement climatique ».

Elles rappellent que la Charte du PNR des Pyrénées catalanes interdit l’extension des domaines skiables « sauf si c’est pour un usage quatre saisons, ici les besoins fantasmés du pastoralisme et de la sécurité incendie ! »

Un jeune habitant des Angles, Johan Palmier, insiste : « Détruire 10 hectares dans un lieu comme le Roc d’Aude est très choquant. Le volume d’eau sera l’équivalent de 45 piscines olympiques ». Sur le plan juridique, plusieurs recours ont été déposés. Marc Maillet, président de la PRENE66, a indiqué que le tribunal administratif de Montpellier les avait déboutés. L’affaire est désormais portée devant le Conseil d’État.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

« Une ressource vitale pour que nos brebis et nos vaches
puissent continuer à pâturer »

Les éleveurs au soutien de la retenue d’eau du Roc d’Aude. « Pas d’eau, pas d’estives », alerte le groupe des Jeunes agriculteurs des Pyrénées-Orientales sur leur page Facebook. En effet, si le projet de retenue d’eau est principalement prévu pour alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles, l’eau disponible pourrait aussi devenir « une ressource vitale pour que nos brebis et vaches puissent continuer à pâturer sereinement », poursuivent-ils.

« Aujourd’hui, la réalité du terrain et du changement climatique nous frappe de plein fouet. Sur nos montagnes, le manque d’eau devient critique. Sans solution, c’est l’avenir même de l’élevage en estive qui est menacé ». Selon le groupe, l’élevage en montagne permet aussi « d’entretenir nos paysages, prévenir les incendies et permettre à de jeunes éleveurs de s’installer et de vivre de leur métier ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

Michel Poudade, maire des Angles :
« C’est avant tout un projet de développement durable et d’utilité publique »

« Je pense qu’il faut continuer ce projet pour pérenniser notre activité », réplique Michel Poudade. Le maire des Angles ajoute : « Le travail que l’on a mené pour cette retenue collinaire a été très constructif avec tous les acteurs du territoire. Nous avons calé un projet de STEP, station par pompage, pour produire aussi de l’électricité. C’est un projet vertueux, réfléchi depuis deux ans. Au-delà de la neige de culture, même si ça reste sa priorité puisque c’est l’activité du ski, sans aides publiques, qui finance la totalité de ce projet global, cette retenue servira aussi d’abreuvoir pour les bêtes, notamment celles de nos éleveurs du Capcir. Elle pourra aussi être utilisée pour la défense contre les incendies ».

À l’accusation de construction d’une « méga-bassine », l’élu précise : « Ce terme désigne un gigantesque ouvrage de stockage d’eau pour l’usage intensif de l’agro-industrie, associe à un pompage dans les nappes phréatiques. Cette définition ne correspond pas a notre projet qui représente 113 000 m’ d’eau, soit 0,33 % du volume du lac de Matemale. Il est avant tout un projet de développement durable et d’utilité publique ».

« Je lutterai toujours contre la paupérisation du territoire »

« Les détracteurs reprochent qu’il n’y ait pas eu d’étude d’impact avec enquête publique », enchaine Michel Poudade. « La loi nous exempte de cette étude d’impact. Des études environnementales ont été menées et je peux vous affirmer que les services de la DDTM ont été très regardants sur tous les dossiers ! Ces études ont permis d’identifier et de protéger des zones humides existantes ainsi que des espèces végétales rares. Avec quelques détracteurs rencontrés, je peux dire qu’avec eux, il n’y aurait jamais eu le lac de Matemale qui est notre joyau l’été. J’ai été élu avec Christian Blanc qui actuellement mène l’opposition au projet. Je peux vous dire qu’on a beaucoup parle ensemble sur cette retenue à construire le plus haut possible pour être en gravitaire. On n’utilise pas plus d’eau, juste différemment. Oui, la commune a gagné au tribunal administratif contre le recours suspension, preuve que le projet répond parfaitement a toutes les exigences environnementales et réglementaires exigées en la matière ». Le maire des Angles de conclure : « En 1964, quand la station est née, c’était un projet économique pour lutter contre l’appauvrissement de notre commune. Depuis, le village a retrouve environ 600 habitants et 1 500 emplois, dont environ 800 à l’année. Ce projet s’inscrit dans la même logique. Je lutterai toujours contre la paupérisation du territoire. »

F.B. (L’Indépendant, le 29 juin 2026)