Estagel. Hugo Roquere, candidat du rassemblement à gauche (L’Indep)

Âgé de 32 ans, né et ayant grandi à Estagel, Hugo Roquere, tête de la liste « Estagel, nouveau souffle », n’est pas un inconnu de la vie publique locale. Engagé très jeune, il devient conseiller municipal à seulement 21 ans, de 2014 à 2020. Aujourd’hui, il est animateur de La France insoumise (LFI) dans les Fenouillèdes. Petit-fils d’Antoine Sarda, il revendique « un héritage politique fondé sur le sens de l’intérêt général ». Après sept années passées comme agent d’entretien dans les collèges, il reprend des études en sociologie.

Désigné pour conduire cette liste de rassemblement à gauche, il se dit « très honoré » de la confiance accordée. La création de cette liste trouve son origine dans un constat partagé par ses membres: depuis six ans, une perte progressive des valeurs humanistes et solidaires au sein du village. « La progression d’Estagel s’est faite essentiellement sous l’impulsion de politiques de la communauté urbaine, sans réelle concertation avec les habitants, ni ligne directrice claire », explique-t-il.

En 2020, alors conseiller municipal aux côtés de Robert Semper, il avait dénoncé cette orientation avant de se retirer du conseil. Face au risque d’une victoire de la droite, aucune liste de gauche n’avait alors été présentée. Aujourd’hui, le contexte est différent : « Nous avons décidé de réagir face à l’immobilisme et de proposer une alternative pour remplacer la municipalité sortante ».

La liste réunit LFI, le Parti communiste et des citoyens engagés. Elle s’inscrit dans une dynamique de rassemblement de la gauche, avec pour boussole le programme du Nouveau Front populaire (NFP). Parmi les priorités annoncées, l’instauration d’une véritable démocratie locale avec la mise en place du référendum d’initiative citoyenne, d’une charte des élus et d’un référendum révocatoire.

Sur le plan social et éducatif, la liste défend une cantine scolaire 100 % bio et gratuite. L’ambition affichée est de bâtir « une commune humaniste et solidaire, qui protège, accompagne et n’abandonne personne », en plaçant le lien social au cœur de l’action municipale. En citant le sociologue Pierre Bourdieu, « Pour changer la vie, il faudrait commencer par changer la vie politique », le candidat conclut : « Alors, changeons la ensemble ».

L’Indépendant, le 12 janvier 2026

Une permanence de campagne est assurée tous les lundis de 17h à 19h et les samedis de 9h30 à 12h à la Maison des communistes Antoine-Sarda, 6 rue Philippe-Morat.

Une quarantaine de manifestants en soutien au peuple vénézuélien (L’Indep)

C’est à l’appel à « la mobilisation contre l’agression du Venezuela par les États-Unis », lance par la CGT 66 à laquelle se sont agrégés LFI, le PS, le Parti communiste, divers syndicats et associations pacifistes, qu’une quarantaine de personnes se sont retrouvées hier devant la préfecture. à Perpignan.

« Il y a une semaine, les États-Unis lançaient une guerre illégale et illégitime contre le Venezuela en enlevant son chef d’État Nicolás Maduro. Ce piétinement inédit du droit international ouvre la voie à la généralisation de la loi du plus fort… Cette ingérence et cette invasion soudaine mettent en cause la paix dans toute la région, et dans le monde. Après l’Ukraine, la Palestine, le Soudan, et demain peut-être le Groenland, quel pays sera la nouvelle proie d’une mainmise inacceptable et injustifiable des États-Unis ? » C’est en résumé la teneur des revendications prononcées par Julien Berthélémy, secrétaire de la CGT dans les Pyrénées-Orientales, suivies d’autres interventions émanant de représentants de LFI, du PS, du PC, de divers syndicats et associations pour la paix mobilisés ce samedi en matinée devant la préfecture des Pyrénées-Orientales à Perpignan.

Une quarantaine de manifestants avait répondu a l’appel national, « à venir soutenir le peuple vénézuélien contre l’agression de Trump ». Un soutien qui s’est concrétisé à Perpignan par ces prises de paroles et un sit-in réduit à sa plus simple expression à cause du froid pénétrant. Globalement, les protestataires exigent « le respect de la souveraineté de l’État du Venezuela » ainsi que celui de « la légitimité du seul peuple vénézuélien à choisir ses dirigeants ».

Et si pour sa part, LFI 66 condamne fermement « la nouvelle doctrine impériale états-unienne via son président Donald Trump » consistant à « prendre le contrôle des territoires et de ressources » considérés « comme étant leur propriété ». La CGT 66 dénonce, elle, une « nouvelle violation grave du droit international, de l’intégrité territoriale du Venezuela et du droit du peuple vénézuélien à l’autodétermination ». Arguant du fait qu’au-delà du Venezuela, « cette offensive armée révèle une stratégie impérialiste globale conduite par les États-Unis qui menace d’autres peuples ». Concluant : « nous réaffirmons haut et fort notre engagement pour la paix, la démocratie, la souveraineté des peuples, l’état de droit et la solidarité internationale. Et demandons à Trump la libération du président vénézuélien et de son épouse ! »

Valérie Pons (L’Indépendant, le 11 janvier 2026)

Cabestany. Vœux : une année pour la démocratie, la paix et le vivre-ensemble (L’Indep)

Lors de la cérémonie des vœux, le maire Édith Pugnet a livré un discours à la fois solennel et engage, entre contexte international préoccupant, défense de la démocratie locale et attachement profond aux valeurs humaines qui font l’identité de la commune.

Devant une salle comble et en présence de nombreux élus, Édith Pugnet, maire de Cabestany, entourée du conseil municipal, a présenté ses vœux a la population à l’occasion de la traditionnelle cérémonie communale. Une soirée placée sous le signe du partage et de la culture, qui s’est ouverte en musique avec les choristes du groupe vocal Els cantaires de La Fossella, dirigés par Anne Patrux. L’interprétation de chants catalans a rappelé l’importance de cette transmission culturelle, valeur chère à la municipalité.

Un film retraçant les temps forts de l’année écoulée a ensuite permis de mesurer le dynamisme communal dans de nombreux domaines : sport, urbanisme, culture, social, voire, énergie, école ou sécurité.

2026, l’année de la démocratie locale et d’un engagement pour la paix

Puis, le maire a pris la parole pour un discours dense, ancré dans l’actualité et résolument tourné vers l’avenir. « Comme le veut la tradition, je veux commencer par vous adresser très sincèrement, comme maire et au nom du conseil municipal, tous mes vœux de belle et heureuse année », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer la tonalité de 2026: « Ce sera l’année de la démocratie locale, avec les élections municipales du 15 mars ». Soucieuse du respect des règles électorales, Édith Pugnet a affirmé vouloir garantir « un débat digne, juste et surtout équitable ».

Mais au-delà des échéances locales, le maire n’a pas éludé un contexte international et national lourd. Évoquant la tragédie de Crans-Montana en Suisse et les conflits qui frappent le monde, elle a rappelé la nécessité du dialogue et de la diplomatie. « N’est-il pas de notre responsabilité de crier haut et fort notre refus de la guerre ? », a-t-elle interrogé, plaidant pour des initiatives locales en faveur de la paix, notamment auprès de la jeunesse.

Malgré les contraintes, une gestion rigoureuse et des investissements au service du quotidien

Sur le plan national, le maire a souligné les fragilités économiques et sociales, évoquant les agriculteurs, les salariés, les retraités, mais aussi les difficultés croissantes des collectivités locales. Elle a dénoncé « l’effort insensé demandé aux communes », rappelant que les collectivités ne représentent que 9 % de la dette nationale.

Le maire a rappelé que les communes font face à des défis de plus en plus complexes avec des marges de manœuvre limitées. Elle a souligné le rôle désormais central de l’intercommunalité dans la gestion du quotidien, notamment parce qu’elle concentre les ressources financières, Édith Pugnet a salué le travail de Jean Vila pour obtenir davantage de transparence budgétaire et des retours sur investissement équitables pour chacune commune, défendant ainsi une intercommunalité fondée sur la coopération solidaire et librement consentie.

Malgré un contexte financier contraint, Cabestany continue d’investir. Résidence seniors, rénovation des écoles, équipements culturels et sportifs, ombrières ou terrain synthétique témoignent de cette continuité engagée depuis plusieurs décennies, dans la droite ligne des grands choix structurants opérés depuis près de cinquante ans.

Le bénévolat, pilier du vivre-ensemble cabestanyenc

Enfin, Édith Pugnet a rendu un hommage appuyé aux bénévoles, véritables piliers du lien social. « Cabestany est reconnue comme une ville où il fait bon vivre grâce à des femmes et des hommes engagés au quotidien », a-t-elle souligné, saluant une identité fondée sur la solidarité, la convivialité et l’engagement citoyen. En appelant à préserver ce qui fait la force de Cabestany: la proximité, l’engagement et l’humanité, le maire a conclu sur un message d’espoir, faire de 2026 une année profondément humaine, fidèle à l’esprit du vivre-ensemble qui anime la commune depuis des décennies.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

Barrages filtrants et contrôles avortés… La mobilisation agricole contrariée (L’Indep)

Attendue massive, la mobilisation agricole lancée dans la nuit de mercredi à jeudi au péage sud de Perpignan a finalement pris une tournure plus contrastée… Entre contrôles de camions avortés, désaccords syndicaux et démonstration de force policière.

On l’attendait conséquente, unie et partie pour durer, dans la lignée des blocages de l’hiver dernier à la grande barrière de péage du Boulou. Mais la mobilisation engagée dans la nuit de mercredi à hier au péage sud de l’A9 à Perpignan a finalement pris une autre tournure. Plus modeste et plus tendue aussi.

Ils étaient une centaine au plus fort de la nuit. Une soixantaine à l’aube. Autour d’un barnum, d’un brasero, de quelques pneus et d’un barbecue, les militants de la Coordination rurale (CR) et de la Confédération paysanne ont installé leur campement aux abords de l’autoroute. Pas de tracteurs cette fois, interdits par arrêté préfectoral. Pas de blocage massif non plus. Juste une présence, surveillée de très près. Presque à effectifs égaux avec les forces de l’ordre.

Désaccords entre syndicats

Arrivés dès 3 heures du matin, les agriculteurs de la CR 66, rejoints par leurs homologues de l’Hérault et de l’Aude, ont tenté de mettre en œuvre leur plan : le contrôle des camions étrangers. « On a trouvé de la marchandise en infraction. Notamment de la viande transportée sans garanties sanitaires conformes. On a fait le boulot des douanes », souffle Philippe Maydat, président de la CR 66. Mais l’initiative tourne court. Face aux ralentissements sur l’autoroute, la préfecture décide de fermer purement et simplement la sortie du péage sud. Fin des barrages filtrants, fin des contrôles. Le rassemblement devient statique. Et la tension monte brièvement lorsqu’une poignée d’agriculteurs essaie de pénétrer à pied sur l’A9 en milieu de matinée.

Les revendications, elles, n’ont pas bougé.

Concurrence déloyale, accords de libre-échange comme celui avec les pays du Mercosur, gestion de la dermatose nodulaire contagieuse… le cahier des doléances est chargé. Arnaud Poitrine, viticulteur et maraicher, ne mâche pas ses mots : « On vit avec le RSA. On travaille sept jours sur sept pour à peine 1.000 euros par mois. La moitié des exploitations ne passera pas l’année. On est en train de crever. Tout le monde est à bout. On est constamment en concurrence déloyale avec des produits qui arrivent de l’étranger. On empile des normes en France qui vont au-delà des normes européennes. Des normes auxquelles les autres pays ne sont pas soumis. Ça devient plus possible. Et on est vraiment là pour crier notre détresse ».

Malgré cette cause commune, l’unité espérée n’est pas vraiment au rendez-vous. La CR 66 et la Confédération paysanne des Pyrénées Orientales ne sont pas vraiment alignées sur la stratégie de la CR 34. Même le Syndicat des vignerons, pourtant annoncé, ne rejoint finalement pas le mouvement.

Un peu plus tard dans la matinée, quelques manifestants de la CR 34 tentent de rejoindre le marché Saint-Charles pour poursuivre les contrôles de marchandises. En vain. L’impressionnant comité d’accueil -quatorze camions de CRS- refroidit rapidement les ardeurs et contraint les agriculteurs à rebrousser chemin.

En fin d’après-midi, ils étaient encore une quarantaine d’agriculteurs à « tenir » le péage sud de Perpignan. « On va rester là une bonne partie de la nuit. On espère qu’on sera rejoint par du monde ce soir. »

Et la suite ? Aujourd’hui, les Jeunes agriculteurs et la FDSEA 66 appellent à une action avec un convoi de tracteurs, tractopelles, citernes et bennes de végétaux, entre le péage sud et le péage nord de Perpignan, entre 9h30 et 10h30.

Driss Chaït (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

FDSEA et JA à leur tour

Un autre tempo et une autre méthode. Aujourd’hui, la FOSEA 66 et les Jeunes agriculteurs lanceront leur propre mobilisation, à l’écart de l’action organisée hier par la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Le rendez-vous est fixé à 9h30 au péage sud de Perpignan pour les exploitants venant du sud du département, avant un regroupement général à 10h30 au péage nord de l’A9, point de départ de l’action. Et il ne s’agira ni d’un blocage, ni d’une opération escargot sur l’autoroute ou la nationale. « Les projets identifiés dans le plan de résilience eau n’avancent pas assez vite pour offrir des perspectives à moyen terme à l’agriculture. Sans eau, il n’y aura pas d’agriculture demain », alerte Bruno Vila, le président de la FDSEA 66. Ainsi, les manifestants prévoient de simuler la création de bassins de stockage d’eau sur des terrains proches du péage nord, puis, en début d’après-midi, à proximité de la Direction départementale des territoires et de la mer, près du pont Joffre, à Perpignan. La mobilisation devrait durer une bonne partie de la journée, avec un rendez-vous fixé à 15 heures à la préfecture.

D. C. (L’Indépendant, le 9 janvier 2026)

Prades. Aude Vives : « Le seul constat est que Prades décline »

Aude Vives, conseillère municipale et communautaire mais aussi vice-présidente du département en charge du tourisme, se lance officiellement dans la bataille. Après un premier mandat dans l’opposition, la quadragénaire espère bien faire valoir son expérience lors des élections qui se profilent les 15 et 22 mars 2026.

Aude Vives pourquoi vous présentez-vous ?

C’est tout simplement la continuité de mon engagement pour le territoire. J’ai envie de continuer à mettre mes compétences, mes connaissances et mon réseau au service de Prades. Il y a aussi un besoin de changement, c’est une demande de la part de nombreux Pradéens.

Aux précédentes élections, il y avait eu une alliance avec le candidat écologiste Nicolas Berjoan. En 2026, ce ne sera pas le cas avec David Berrué, pourquoi ?

J’ai envie de m’extraire des injonctions partisanes, de cette binarité qui enferme. C’est pour ça que notre liste « Pour les Pradéens » est sans étiquette et c’est pour ça aussi qu’il n’y a pas d’alliance avec un autre candidat. Lors des élections municipales, nous devons former une unité autour des Pradéens. Je n’ai pas envie d’attendre une réponse qui vienne de Paris ou d’où que ce soit, nous devons être maitres de nos décisions.

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

C’est clairement un mandat subi, il n’y avait pas de projet. Le seul gros projet de la mandature est la reconstruction du centre technique municipal (NDLR, en partie détruit par l’incendie en juin 2023) qui va mettre a mal les finances de la commune. Il n’ya pas de bilan ! Le seul constat est que Prades décline.

Que faire alors pour inverser la tendance selon vous ?

Il faut revitaliser Prades dans son ensemble, le centre-ville mais également les quartiers. Il faut retisser du lien social, avoir des élus continuellement sur le terrain, disponibles et à l’écoute, qui répondent aux sollicitations. D’ailleurs, nous allons commencer avec d’ores et deja huit rendez-vous donnés aux Pradéens pour parler de la ville avec eux (première rencontre le samedi 10 janvier, 15h30, au square Henri-Lapassat). Le but et d’écouter leurs besoins, leurs préoccupations et leurs propositions.

Est-ce que vous avez déjà des projets qui émergent ?

Ce qui est sûr c’est qu’une remise à plat de la fiscalité s’impose. Nous subissons une pression fiscale trop forte. Nous souhaitons trouver d’autres recettes en cherchant des dispositifs, des subventions, des appels à manifestation d’intérêt.. En tout cas, tout nouveau projet ne pourra se faire qu’en informant et en expliquant afin d’impliquer davantage les Pradéens Aujourd’hui personne n’est au courant de rien. C’est fermé, à l’image de l’hôtel de ville qui est inaccessible. C’est un symbole mais il en dit tellement long. Nous voulons appliquer des méthodes de travail différentes. Ne pas prendre des décisions entre soi mais inclure les Pradéens.

Un mot sur le thème à la mode : la sécurité ?

Il faut évidemment lutter contre ce sentiment de peur. Mais cela se fera tout naturellement en ré-investissant le centre-ville, en s’occupant de la population en errance et en faisant en sorte que chacun trouve sa place.

Si vous êtes élue, serez-vous candidate à la présidence de la communauté de communes Conflent Canigó ?

Oui ! La Communauté de communes porte des compétences extrêmement importantes comme le développement économique ou encore l’enfance jeunesse. Il est important qu’une ville comme Prades soit fédératrice et que toutes les petites communes aient leur place dans cette structure. Ceci afin de développer des projets communs bénéfiques pour l’ensemble du territoire.

Un dernier mot sur Prades ?

On a un capital énorme à faire émerger et à valoriser, pour les Pradéens.

Recueilli par Philippe Comas (L’Indépendant, le 8 janvier 2026)

Barrages filtrants, contrôles des camions: la colère agricole de retour (L’Indep)

Des agriculteurs de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et de l’Aude devaient se mobiliser au rond-point de l’A9 de Perpignan Sud, dans la nuit. La Confédération paysanne et les syndicats des vignerons rejoindront le mouvement vers 7h du matin. Sur place, ils entendent opérer un barrage filtrant et procéder à des contrôles de camions. Pour éviter tout éventuel blocage de la circulation et notamment de l’autoroute, la préfecture a pris des mesures.

De plus belle. En 2026, les mobilisations reprennent et risquent de s’intensifier dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude. Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, une action était prévue en Pays catalan au rond-point du péage sud de Perpignan à l’initiative de la Coordination rurale de l’Hérault. Le syndicat convie ses confrères de l’Aude et du Pays catalan à les rejoindre pour une tentative de barrage filtrant et de contrôle de camion, dès 3h du matin. Le rendez-vous est fixé une heure plus tôt à Narbonne.

Cette mobilisation vise notamment à dénoncer l’accord de libre-échange UE-Mercosur, « la concurrence déloyale » ou encore la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Ça me parait compliqué de bloquer le péage du Boulou au vu des restrictions de circulations des tracteurs. Puis, je pense qu’on aura droit à un beau comité d’accueil sur place. Pour toutes ces raisons, l’action se déroulera à Perpignan Sud, au niveau du rond-point et non pas au Boulou comme prévu initialement », prévient Philippe Maydat, le président de la CR66.

La préfecture prend des mesures

De son côté, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé vouloir « éviter tout obstacle à la circulation et au fonctionnement de l’autoroute ». Des moyens seront engagés en ce sens. « Afin de prévenir les troubles à l’ordre public à l’occasion des mobilisations prévues les 7 et 8 janvier 2026, Pierre Régnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, a pris des mesures permettant de concilier l’exercice du droit de manifester avec les impératifs d’ordre public », peut-on lire dans une publication sur X de la préfecture. Ainsi, la circulation des véhicules agricoles est interdite, « hors motif légitime relevant de l’activité professionnelle », sur les routes départementales suivantes jusqu’à jeudi soir : RD900, RD618, RD900a, RD115, RD612, RD612a, RD66, RD117, RD916.

Intersyndicale

En parallèle, une intersyndicale réunissant la Confédération rurale 66 et la Confédération paysanne, le Syndicat des vignerons, les Jeunes Agriculteurs et la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) s’est réunie récemment. L’objectif : programmer une action commune pour défendre les intérêts des agriculteurs. Nais il semblerait que la convergence des luttes en ait rebuté quelques-uns: la FDSEA et les JA.

Ce jeudi matin, vers 7h, toujours au péage de Perpignan Sud, la Conf’ et le syndicat des vignerons, « en tant qu’invité » précise son président David Drilles, se joindront aux manifestants de la CR 66, 11 et 34 déjà sur place. « L’idée serait de procéder à des contrôles de marchandises dans les camions pour montrer aux citoyens ce qu’ils consomment », annonce Mirabelle Lelièvre.

David Drilles déplore que la FDSEA et les JA fassent cavalier seul : « Finalement, ils vont faire leur propre action de leur côté alors qu’on aurait pu tous faire front commun pour défendre les agriculteurs, les viticulteurs. »

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs 66 qui ont décidé d’une action ce vendredi sous la forme d’un convoi depuis le péage sud de Perpignan jusqu’au péage nord de 9h30 à 10h30, avec « tracteurs, tractopelles, bennes remplies de végétaux, citernes ».

Driss Chaït (L’Indépendant, le 8 janvier 2026)

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4098 – vendredi 9 janvier 2026)

L’édito de René Granmont. Refuser de se coucher devant les forbans !
Annonces
Décès de notre camarade Daniel Meyer

Focus

Vœux du Travailleur Catalan
Des vœux non incantatoires !
Le souhaitable, ici !
Vœux pour un monde de paix

L’événement. Une crise agricole de grande ampleur

L’abattage systématique est absurde
« Transhumancia » percutée par la DNC
Parole de syndicaliste
DNC, abattages, arrachages, Mercosur… On va dans le mur !

Municipales – Elne

Le centre municipal de santé Ambroise Croizat
L’éducation, une priorité
Cultiver un avenir
Elna endavant, en avant Elne
Le Salitar poursuit sin développement co-construit avec les habitants

Département

Prades. Aude Vivès a déclaré sa candidature
Un épisode pluvieux, enfin !
En Català. Les cinc arques Capitol 4 (1)

Sport

USAP. Une victoire de prestige

Culture

Jazzèbre. Trente rendez-vous de janvier à avril
Musique
Où sortir ?
Amis d’Alain Marinaro. Cent cinquantenaire de Ravel
Exposition. Gravures d’Elke Daemmrich

France

Économie. État d’urgence industriel

Monde

Chili. Je retour des ombres du passé
Venezuela. Coup d’État de Donald Trump
Avec le peuple vénézuélien

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Et la morale !

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

« L’ingérence étrangère met en danger les Vénézuéliens » (L’Indep)

Hier soir, une soixantaine de personnes se sont réunies devant la préfecture des Pyrénées-Orientales à Perpignan pour un rassemblement en soutien au peuple vénézuélien et pour la paix.

Pour les syndicats présents, la question n’est pas seulement politique. Julien Berthélémy, secrétaire général de l’UD-CGT 66, a dénoncé une attaque contre le peuple vénézuélien et un objectif économique. « Les États-Unis cherchent à s’approprier les richesses pétrolières du Venezuela. L’exigence aujourd’hui, c’est la paix et on est loin du compte », a-t-il lancé, ajoutant que « la guerre et l’ingérence étrangère mettent en danger les travailleurs et les Vénézuéliens ordinaire ».

De son côté, Géraldine Morales, de la FSU, a rappelé que « l’histoire américaine en Amérique latine est marquée par des interventions pour contrôler les ressources de ces pays ». « Les Vénézuéliens doivent pouvoir décider eux-mêmes de leur avenir. Ce n’est pas aux États-Unis de gérer le pays », a-t-elle insisté.

L’Indépendant, le 6 janvier 2026

Les P.-O. largement en dessous de la moyenne nationale des salaires (L’Indep)

Selon une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les Pyrénées-Orientales affichent l’un des salaires moyens les plus bas de France dans le secteur privé, avec 2 200 euros net mensuels contre 2 733 au niveau national.

Pas de miracle. Selon la récente étude de l’Insee, qui se base sur des chiffres datant de 2024, non contentes d’être le deuxième département le plus pauvre de l’Hexagone derrière la Seine-Saint-Denis, les Pyrénées-Orientales présentent également l’un des salaires mensuels moyens les plus faibles de France dans le secteur privé.

En pays catalan, la rémunération mensuelle nette moyenne des salariés du privé (en équivalent temps plein) s’élève ainsi à seulement 2.200 euros, contre 2 733 euros au niveau national. Les Pyrénées Orientales font partie des dix départements de France où cet indicateur est le plus bas.

Cependant, le territoire n’est pas le moins bien loti de la région Occitanie. Selon l’Insee, le salaire mensuel net moyen dans le privé y est en effet supérieur à ceux de l’Aude (2 168 euros) et de la Lozère (2 155 euros). Il reste en revanche bien inférieur à celui de la Haute-Garonne, qui culmine à 2 787 euros par mois.

L’étude de l’Insee illustre également les inégalités salariales qui persistent entre hommes et femmes. Dans le secteur privé des Pyrénées-Orientales, celles-ci gagnent en moyenne 185 euros de moins par mois que leurs homologues masculins (un écart d’environ 8 %), avec un salaire moyen de 2 099 euros, contre 2 284 pour ces derniers.

Plus globalement, l’Insee indique qu’en 2024, à l’échelle nationale : « Les femmes gagnent en moyenne 13 % de moins que les hommes en équivalent temps plein. » L’institut précise que cet écart se réduit « de 0,3 point par rapport à l’année précédente » et « de 5,1 points par rapport à 2014. » Il reste cependant encore du chemin pour parvenir à l’égalité salariale.

La publication dissèque aussi les différences de rémunérations entre cadres, employés, ouvriers et professions intermédiaires (infirmières libérales ou assistantes sociales, par exemple). On y apprend ainsi qu’un employé gagne en moyenne 1 859 euros par mois en pays catalan. Contre 1 912 euros pour un ouvrier, 2 414 pour les professions intermédiaires et 3 651 pour les cadres.

Autre élément intéressant : dans une autre étude publiée en octobre dernier, l’Insee note qu’après avoir baissé de 1 % en 2023, le revenu moyen des salariés du secteur privé français en euros constants (corrigé en prenant en compte l’évolution des prix) était remonté de 0,8 % en 2024. Principalement grâce au ralentissement de l’inflation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 janvier 2026)