Le Mouvement de la Paix appelle à manifester pour condamner l’agression des USA contre le Venezuela

À Paris, le samedi 3 janvier 2026 à 18h, République

Durant la nuit du 2 au 3 janvier 2026 les USA ont bombardé la République bolivarienne du Venezuela et le président des Usa a revendiqué l’enlèvement du président Nicolas Maduro.

Le Mouvement de la Paix condamne cette agression militaire contre un État souverain. Cette agression constitue une violation de la charte des Nations unies et du droit international.

Le Mouvement de la Paix, appelle à participer au rassemblement qui aura lieu à Paris ce samedi 3 janvier 2026 à 18 h Place de la République, pour condamner cette agression, réaffirmer le droit des peuples à disposer d’eux même et affirmer notre solidarité avec le peuple vénézuélien.

Il appelle partout en France ses comités à initier et à participer des rassemblements unitaires locaux le lundi 5 janvier 2026 ou les jours suivants pour dénoncer cette agression, demander que la France et l’Onu condamnent cette agression qui ne peut que contribuer à aggraver la situation internationale et demandent la libération du président Vénézuélien.

Il appelle en particulier à mettre en place des rassemblements devant les consulats des USA à Bordeaux, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg.Le Mouvement de la Paix rappelle que dans une déclaration du 9 octobre 2025 (notes 1 et 2) il avait dénoncé l’intervention militaire des États-Unis dans les Caraïbes ( avec la destruction de quatre embarcations et 21 tués ), intervention qui constituait une menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région et au-delà au plan international.

Le Mouvement de la Paix le 3 janvier 2026

Note 1 : Déclaration du Mouvement de la paix en date du 9 octobre 2026
Note 2 : Dans un article publié dans Ouest France international en septembre 2025 ( suite première intervention militaire des usa), Raphaël Laurent souligne que « Le message accompagné d’une vidéo de la frappe est clairement un coup de communication du président républicain à destination de son électorat mais aussi pour accentuer la pression sur son homologue vénézuélien… Mais surtout parce que le pays (le Venezuela) de 28 millions d’habitants détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut (302,25 milliards de barils, soit un cinquième des réserves) et les quatrièmes réserves en gaz naturel. Un trésor qui échappe pour l’instant à l’économie américaine. »

Pascal Sudre. « Il y a un avenir pour Brandt et ses salariés »

Pascal Sudre, secrétaire général de l’UD CGT du Loiret, appelle à préserver les 700 emplois menacés par la liquidation judiciaire de l’entreprise Brandt.

La Marseillaise : Pour le ministre de l’Industrie, la reprise de Brandt ne pourra pas se faire avec les 700 salariés. Que répondez-vous à cela ?

Pascal Sudre : Pour qu’un ministre fasse ce genre de déclaration, c’est que, quelque part, il y a un avenir pour Brandt et pour l’ensemble des salariés, si tenté que le gouvernement et le chef de l’État s’engagent réellement pour la réindustrialisation de la France. Cet avenir comprend les deux usines de production situées près d’Orléans à Saint-Jean-de-la-Ruelle et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Pour nous, un licenciement est un licenciement de trop, quelle que soit l’industrie ou le site menacé. Quand l’annonce est tombée puis la confirmation par le tribunal de commerce de la fermeture et du plan de licenciement de 700 travailleuses et travailleurs, autant vous dire que notre réaction était à la hauteur du scandale, surtout à quelques jours des fêtes de fin d’année ! On a toujours en tête la situation concrète des salariés concernés, de leurs familles et de leurs enfants. Un emploi supprimé dans l’industrie, c’est trois emplois induits, notamment dans les services.

La Marseillaise : Un appel d’offres pour la reprise de Brandt doit être lancé courant janvier. Un projet a été déposé par l’industriel Stéphan Français, propriétaire de Thomson Computing prévoyant la reprise de 150 salariés seulement. Est-ce la seule ? Qu’en pensez-vous ?

Pascal Sudre : Oui et elle a été faite la veille de Noël, en mairie d’Orléans par le maire et les collectivités locales. Ce qu’on peut dire, en étant honnête, c’est que les collectivités, même s’il y a des enjeux politiques, se sont engagées rapidement. L’engagement à hauteur de 15 millions d’euros qui a été fait en quelques jours confirme qu’il y a la volonté locale de faire en sorte de maintenir une activité avec le plus de salariés possible. En revanche, on dit depuis le départ que le compte n’y est pas. Reprendre uniquement 150 salariés sur 700, c’est pas du tout acceptable pour nous. En tout cas, cette proposition industrielle montre qu’il y a un avenir pour Brandt dans toute la France. On va poursuivre la mobilisation dès début janvier.

La Marseillaise : Vous avez demandé à la préfète de région Centre-Val de Loire l’organisation d’une table ronde avec les différents acteurs concernés. Avez-vous reçu une réponse ?

Pascal Sudre : Il n’y a pas d’engagement sur une table ronde avec l’ensemble des acteurs locaux comme il n’y a pas de volonté, en tout cas pour l’instant politique, de rassembler tout le monde. Ce serait un message fort envoyé aux salariés concernés. On a par ailleurs demandé à la préfète de mettre sous cloche les différents sites de production, notamment Saint-Jean-de-la-Ruelle et Saint-Ouen. Car si le liquidateur prenait la décision d’envoyer les outils de production dans un autre pays on se retrouverait uniquement avec les murs, il n’y aurait plus rien à l’intérieur. Autant vous dire que du coup, on ne parlerait même plus de nouveau projet industriel, ce ne serait même plus viable. À ce stade, nous n’avons pas eu de réponse sur ce sujet.

La Marseillaise : Vous pointez la responsabilité du conglomérat algérien Cevital qui a repris Brandt en 2014 et aurait touché des aides publiques selon vous…

Pascal Sudre : J’ai fait des demandes pour savoir à quelle hauteur s’élevaient les aides publiques. Je n’ai pas encore eu de retour. Finalement, personne ne parle de ce groupe algérien, Cevital. C’est pourtant lui qui a pris la décision de mettre la clé sous la porte et puis de laisser les 700 salariés. Quand il y a un plan de licenciement et une fermeture d’entreprise, c’est quand même assez rare, qu’on ne parle pas du propriétaire ! Personne n’a demandé des comptes au groupe Cevital sur sa responsabilité concernant le maintien des salaires alors qu’il a construit une énorme usine de production à Sétif. Depuis 2014, il y a très certainement eu des aides publiques, ça, je n’en ai aucun doute. Nous demandons des comptes à ce groupe-là. Ce n’est pas pour nous une surprise de voir que le carnet de commandes est moins rempli. Après tout, c’est leur système qui veut ça. Depuis le départ, les salariés font des sacrifices tandis que les marges des actionnaires ont toujours été garanties. De l’autre côté, ils continuent à toucher des subsides de l’État ainsi que des collectivités locales. Ce n’est plus tenable ni acceptable.

La Marseillaise : Comment envisagez-vous la reprise de l’entreprise ?

Pascal Sudre : Il y a un avenir pour l’industrie en France et pour l’électroménager. Quant à un nouveau projet industriel, plusieurs économistes ont confirmé qu’il fallait une diversification. La concurrence est telle dans ce système capitaliste qu’il est nécessaire de produire du matériel différent pour ne pas être soumis à une seule concurrence au niveau international et faire face à la demande. Finalement, on voit bien que la situation de Brandt, au-delà du made in France et de la marque emblématique qui venait de fêter ses 100 ans, gêne les politiques. Car c’est une fois de plus un fleuron de l’industrie française qu’on laisse partir. Au-delà du drame que ça génère, tout le monde pense qu’il y a un avenir pour Brandt, il y a un attachement fort de la population. Comme ce fut le cas pour Duralex, pour qui on s’est battus. Quand on créé les conditions d’une mobilisation large de l’ensemble de la population, on voit qu’elle répond présente pour défendre à la fois la marque mais surtout les emplois derrière. Les gens ont compris que quand une industrie fermait, c’était aussi une attaque contre le service public. C’est notre slogan à la CGT. Quand on dit qu’il n’y aura pas d’industrie sans service public et pas de service public sans industrie, c’est une réalité.
On va continuer à se battre. Toute la CGT est mobilisée localement, l’union départementale, la fédération de la métallurgie, la confédération. On travaille ensemble et ça commence à porter ses fruits. Notre rôle de syndicalistes va être de peser à la fois sur toutes les collectivités et au plus haut sommet de l’État pour qu’un projet industriel voit le jour avec la reprise de l’ensemble des salariés et de l’ensemble des sites. Car pour Brandt, l’enjeu est extrêmement politique, comme il l’a été pour Duralex et l’est pour ArcelorMittal. L’enjeu est d’autant plus fort à trois mois des élections municipales. Une nouvelle industrie qui ferme, notamment dans le Loiret, ce sont des fermetures de sites en cascade. C’est 700 multiplié par trois en nombre de pertes d’emploi.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 3 janvier 2026)

Pour les 700 salariés de Brandt, la fin d’année vire au cauchemar. Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé, le 11 décembre, la liquidation judiciaire de l’entreprise. Un projet de reprise du site d’Orléans de Brandt a été déposé par l’industriel Stephan Français, propriétaire de Thomson Computing, qui prévoit de maintenir seuls 150 des salariés. L’homme d’affaires a évoqué un budget de 25 millions d’euros pour cette reprise. La mairie d’Orléans (Loiret) a précisé que 9 millions d’euros seraient apportés par des entités publiques et qu’un tour de table avec les banques était en discussion. Un appel d’offres pour la reprise de l’usine doit être lancé courant janvier.

Les P.-O. largement en dessous de la moyenne nationale des salaires (L’Indep)

Selon une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les Pyrénées-Orientales affichent l’un des salaires moyens les plus bas de France dans le secteur privé, avec 2 200 euros net mensuels contre 2 733 au niveau national.

Pas de miracle. Selon la récente étude de l’Insee, qui se base sur des chiffres datant de 2024, non contentes d’être le deuxième département le plus pauvre de l’Hexagone derrière la Seine-Saint-Denis, les Pyrénées-Orientales présentent également l’un des salaires mensuels moyens les plus faibles de France dans le secteur privé.

En pays catalan, la rémunération mensuelle nette moyenne des salariés du privé (en équivalent temps plein) s’élève ainsi à seulement 2.200 euros, contre 2 733 euros au niveau national. Les Pyrénées Orientales font partie des dix départements de France où cet indicateur est le plus bas.

Cependant, le territoire n’est pas le moins bien loti de la région Occitanie. Selon l’Insee, le salaire mensuel net moyen dans le privé y est en effet supérieur à ceux de l’Aude (2 168 euros) et de la Lozère (2 155 euros). Il reste en revanche bien inférieur à celui de la Haute-Garonne, qui culmine à 2 787 euros par mois.

L’étude de l’Insee illustre également les inégalités salariales qui persistent entre hommes et femmes. Dans le secteur privé des Pyrénées-Orientales, celles-ci gagnent en moyenne 185 euros de moins par mois que leurs homologues masculins (un écart d’environ 8 %), avec un salaire moyen de 2 099 euros, contre 2 284 pour ces derniers.

Plus globalement, l’Insee indique qu’en 2024, à l’échelle nationale : « Les femmes gagnent en moyenne 13 % de moins que les hommes en équivalent temps plein. » L’institut précise que cet écart se réduit « de 0,3 point par rapport à l’année précédente » et « de 5,1 points par rapport à 2014. » Il reste cependant encore du chemin pour parvenir à l’égalité salariale.

La publication dissèque aussi les différences de rémunérations entre cadres, employés, ouvriers et professions intermédiaires (infirmières libérales ou assistantes sociales, par exemple). On y apprend ainsi qu’un employé gagne en moyenne 1 859 euros par mois en pays catalan. Contre 1 912 euros pour un ouvrier, 2 414 pour les professions intermédiaires et 3 651 pour les cadres.

Autre élément intéressant : dans une autre étude publiée en octobre dernier, l’Insee note qu’après avoir baissé de 1 % en 2023, le revenu moyen des salariés du secteur privé français en euros constants (corrigé en prenant en compte l’évolution des prix) était remonté de 0,8 % en 2024. Principalement grâce au ralentissement de l’inflation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 janvier 2026)

Frédéric Dabi. « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle » (La Marseillaise)

Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, compare le scrutin de 2026 à celui de 2001 en termes de portée nationale. Il sera profondément inédit, à la fois fortement nationalisé et toujours structuré par des logiques locales.

La Marseillaise : Est-ce que ces élections municipales de 2026 vont, selon vous, présenter des caractéristiques, une tonalité spécifique, qui les rendraient assez différentes des précédentes ?

Frédéric Dabi : Oui, très clairement. D’abord parce que, sauf dissolution, ce sera le dernier scrutin avant la présidentielle de 2027. Comme en 2001, ces municipales pourront être lues comme une répétition générale, moins par leurs résultats que par la lecture politique qui en sera faite. En 2001, on avait mis en avant les victoires de la gauche à Paris, Lyon et Dijon, en occultant le nombre de villes perdues ailleurs. En 2026, il y aura une vraie bataille d’interprétation, et toutes les forces politiques peuvent se retrouver fragilisées : un PS perdant de grandes villes, une droite LR en recul, un RN qui ne perce pas, ou une France insoumise cantonnée à gêner les socialistes sans gagner de municipalités, y compris à Roubaix.
Ces élections seront donc plus politiques que les précédentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte inédit, que j’appelle l’éclipse du politique à l’échelle nationale. Les Français ont le sentiment que le politique ne les écoute plus et ne parvient plus à améliorer leur situation, ce qui pourrait avoir des effets importants sur la participation. À mes yeux, ce seront des municipales très particulières.

La Marseillaise : Vous évoquez ce contexte. Est-ce que l’on sait déjà quelles sont les préoccupations des Français à la veille de ces élections ? Et est-ce qu’elles ont, elles aussi, évolué depuis 2020 ?

Frédéric Dabi : Les enquêtes récentes montrent une hiérarchie des préoccupations totalement inédite pour des municipales. La première, c’est la sécurité des personnes et des biens, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis les régionales de 2015 ou la présidentielle de 2002. À cela s’ajoute le narcotrafic, désormais clairement identifié par les Français. Viennent ensuite l’accès aux soins et la santé, puis la dette. Ce sont des enjeux nationaux, presque régaliens, qui, faute de réponses au niveau national, redescendent vers le local et s’invitent dans les campagnes municipales. La question de l’accès aux soins ne connaît pas d’opposition simple entre métropoles et petites communes. Ces trois enjeux inédits peuvent fragiliser les maires sortants, notamment dans les petites communes, et montre que ce qui se joue au niveau national pèse directement sur le vote municipal. Les sortants peuvent néanmoins valoriser leur bilan, leur présence sur le terrain et leur capacité d’écoute, et mettre en avant d’autres sujets très appréciés localement, comme le logement, les mobilités ou le cadre de vie. Les campagnes mêleront ainsi une forte dimension nationale – sécurité, santé, dette – et des enjeux locaux, avec une homogénéisation des préoccupations sur tout le territoire.

La Marseillaise : Vous avez souligné la proximité de l’élection présidentielle, en faisant le parallèle avec 2001. Quelles conséquences cela peut-il avoir, notamment sur la stratégie du Rassemblement national et de la France insoumise ?

Frédéric Dabi : Les deux forces dites radicales s’engagent fortement dans ces municipales, ce qui n’était pas le cas en 2020. Cela confirme que ce scrutin est perçu comme important, presque comme une répétition générale avant la présidentielle.
Mais le RN et LFI n’y vont pas avec les mêmes atouts. Pour LFI, c’est une véritable première : elle a très peu de sortants, à l’exception du maire de Faches-Thumesnil, ce qui limite ses gains potentiels, même s’il existe des possibilités à en Seine-Saint-Denis ou à Roubaix avec David Guiraud. Cela tient au fait que LFI reste une force très nationale, encore en décalage avec l’imaginaire municipal. Elle dispose néanmoins de points d’appui, notamment les scores élevés de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, et d’un possible rôle d’arbitre au second tour dans plusieurs grandes villes. Mais un mauvais scrutin municipal aurait des conséquences, y compris sur la dynamique présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Le RN, lui, est dans une autre logique : il dispose déjà de nombreux sortants et cherche à prolonger son implantation locale, dans la continuité de législatives réussies, y compris dans des départements où il était jusque-là faible.

La Marseillaise : Ce que certains appellent « l’ancien monde », soit le PS et LR se partageant l’essentiel des collectivités locales, pourrait-il être chamboulé en 2026 pour se rapprocher du rapport de force national ? Peut-on aller vers une forme de tripartition territoriale ?

Frédéric Dabi : L’hypothèse est séduisante, mais je n’y crois pas. Il existe une étanchéité jamais vue entre le national et le local, encore renforcée par la fin du cumul des mandats. Les forces dominantes au niveau national restent faibles à l’échelle locale. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, entre 80% et 90% des villes sont toujours tenues par le PS, le PCF, les Écologistes, LR ou l’UDI. Je ne vois pas pourquoi cela changerait fondamentalement. Il peut y avoir des ajustements à la marge. LR est en difficulté et ne dominait plus guère que Nîmes parmi les grandes villes. Le PS peut perdre une grande ville. Mais il est très difficile d’imaginer que LFI, le RN ou Renaissance émergent au point de reproduire localement la tripartition nationale. Aux municipales, le dégagisme reste limité.

La Marseillaise : Est-ce que, justement, les maires sortants bénéficient toujours de cette prime au sortant ?

Frédéric Dabi : Oui, elle existe toujours, même si elle se fragilise. On observe une forme de défiance qui touche le local, notamment parce que des enjeux nationaux irriguent les campagnes municipales. Les maires font face à des exigences citoyennes inédites, et à des polémiques symboliques qui s’invitent dans la fin de mandat. Pour autant, dans les villes de plus de 10 000 habitants, les municipales restent un scrutin de stabilité. Même en 2014, année de forte alternance, environ 70% des maires sortants ont été reconduits. Mais c’est aussi un scrutin de récit : si des villes majeures comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice ou Bordeaux changeaient d’étiquette, l’impact symbolique serait considérable.

La Marseillaise : En Occitanie, est-ce que le scrutin va obéir aux mêmes logiques que dans le reste du pays ? Peut-on déjà identifier des configurations ou des villes emblématiques ?

Frédéric Dabi : Oui, globalement. Les enjeux de sécurité, de trafic de drogue et de santé y sont très concrets, et je ne vois pas pourquoi la région ferait exception. Comme ailleurs, il y aura des villes symboles. À Montpellier, Michaël Delafosse apparaît bien placé. À Nîmes, une division possible de la droite pourrait profiter à d’autres forces notamment à l’association de gauche et des écologistes autour de Vincent Bouget. À Castelnau-le-Lez, un jeune élu proche de la majorité présidentielle pourrait l’emporter. Reste le cas de Toulouse : Jean-Luc Moudenc parviendra-t-il une nouvelle fois à s’en sortir, ou la force de la gauche aux élections nationales, combinée à une possible division à gauche, peut-elle rebattre les cartes ? Comme ailleurs, il y aura des configurations locales fortes, mais sur les grandes thématiques, l’Occitanie s’inscrit dans une logique d’homogénéité avec le reste du pays.

Propos recueillis par Diego Chauvet (La Marseillaise, le 2 janvier 2026)

Pourquoi les agriculteurs d’Occitanie sont-ils parmi les plus pauvres de France (L’Indep)

Parmi les plus virulents dans le mouvement de grogne, les exploitants de la région sont aussi parmi les moins bien rémunérés de France, avec un revenu moyen, avant impôt, de 19 542 euros par an.

« Le principal problème pour nous, c’est le revenu. » Au détour d’un discours sur un barrage, il y a quelques jours, David Sève, président de la FNSEA du Gard, a énoncé une évidence. Le mouvement de grogne des agriculteurs, qui s’est mis sur pause pendant les fêtes, est légitimé sur le papier par un désaccord avec la politique sanitaire de lutte contre la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et une opposition au traité d’accord commercial avec les pays du Mercosur. Ce ne sont en réalité que les gouttes faisant déborder un vase d’amertume.

La réalité, c’est que nombre d’agriculteurs n’arrivent plus à vivre décemment de leur métier. Une paupérisation encore plus marquée en Occitanie. « Les aides de la PAC ont été divisées par trois en vingt ans, on subit les cours de nos marchandises », déplorait un maraîcher gardois lors d’une manifestation. Les chiffres sont implacables: avec 19 452 euros de revenu courant avant impôt par salarié, les agriculteurs de la région ne gagnaient en 2023 que 45 % de la moyenne nationale dans ce secteur (43 133 euros). Plusieurs facteurs expliquent cette différence abyssale.

1 – De plus faibles surfaces cultivées

Contrairement à d’autres régions comme la Beauce – le grenier à blé de la France – ou les Hauts-de-France, les exploitations d’Occitanie cultivent des surfaces plus réduites : 49 hectares en moyenne contre 65 à l’échelon national. Ce qui n’empêche pas la région de disposer de 33 % de la superficie viticole nationale.

2 – Aléas climatiques plus impactant

Le pourtour méditerranéen est le secteur le plus impacté par l’ensemble des changements climatiques depuis cinq ans. « Pluies diluviennes, pics de chaleur, gelées… à 50 km de distance, les gens n’ont pas les mêmes problématiques et les rendements s’en trouvent impactés. On observe une accélération de l’incertitude », note Benjamin Devaux, directeur conseil économique et études de Cerfrance Midi Méditerranée, l’association de gestion comptable qui accompagne les exploitants dans le conseil économique, juridique, fiscal et social.

Conséquence, une baisse des rendements qui a induit une fragilité financière accrue face aux gros pics d’inflation qui ont suivi la période Covid et le début de la guerre en Ukraine.

« Les cours ne suivent pas l’inflation », reconnaît Benjamin Devaux, « alors que le prix de l’hectolitre de vin, par exemple, n’a pas bougé depuis vingt-cinq ou trente ans. Certaines matières premières ont pris 15 à 20 % d’une hausse difficile à répercuter dans un marché qui s’impose aux exploitants. De fait, leur marge s’est dégradée. »

Le bio, qui avait connu un essor en période de Covid, a lui aussi déchanté en raison de l’inflation, mais a semblé repartir en 2025.

3 – Disparités liées à l’accès à l’eau

Sur fond de sécheresse, l’eau est devenue une denrée rare et providentielle, source de profondes inégalités entre territoires.

« C’est une tendance de fond depuis deux ans », explique Benjamin Devaux. « Les exploitants qui ont accès a l’eau sécurisent bien mieux leurs revenus. Les vignerons qui n’y ont pas accès travaillent comme avant, mais font 15 hectos au lieu de 35 hectos par hectare. Les Pyrénées-Orientales et l’Aude sont particulièrement touchés, d’où un appauvrissement grandissant, comme sur le piémont héraultais. »

Dans ce contexte, Cerfrance incite nombre d’agriculteurs à se diversifier pour moins subir les conséquences du réchauffement.

« Dans les P-O, on a une grosse activité arboricole et maraichère », note Benjamin Devaux. « Dans le Gard, on a souvent un complément d’activité autour des asperges et de l’arboriculture, en plus de la vigne. Mais l’Aude et l’Hérault restent très viticoles, avec une mentalité très tournée vers la mono-culture. Des exploitants sinistrés cet été dans les Corbières réinvestissent ainsi presque intégralement dans les vignes, alors que certains étaient un peu en bout de course dans ce secteur. On a du mal à faire changer les mentalités. »

En cas de coup dur climatique, les assurances, principal levier de sécurisation de la monoculture, ne font plus leur office, en raison de la baisse des rendements: « Les indemnités sont calculées sur les rendements moyens des cinq dernières années en enlevant la moins bonne, mais ils ont tellement souffert que ces moyennes ne traduisent plus le potentiel des exploitations. »

4 – Pic des exploitations au seuil d’alerte

Selon les chiffres de Cerfrance et de la chambre régionale d’agriculture, les trésoreries sont en baisse.

En 2023, 40 % des viticulteurs atteignaient un seuil d’alerte financière, 12 % pour l’ensemble des exploitations (+ 3 % par rapport à 2022). « Le 6 janvier, j’ai quinze collaborateurs qui partent en formation accompagner les agriculteurs en difficulté », concède Benjamin Devaux. « Cela concerne presque une prestation sur deux chez nous. J’ai vu partir en pleurs un exploitant qui devait licencier une personne salariée depuis vingt ans. Un autre qui devait annoncer à sa fille qu’il ne pouvait plus la rémunérer. On est en train de déstructurer des filières. On détruit les chances d’installer une nouvelle generation. »

Richard Gougis (L’Indépendant, le 31 décembre 2025)

Cabestany. La liste « La passion de Cabestany » en course pour les municipales 2026 (L’Indep)

Conduite par Édith Pugnet, maire sortante, la liste « La passion de Cabestany » a été dévoilée lors de la restitution des ateliers autour du projet municipal, qui ont émaillé ce dernier trimestre.

Édith Pugnet la définissait comme « une liste largement ouverte et composée de citoyennes et citoyens de Cabestany qui partagent les belles valeurs de progrès social, d’humanisme, d’environnement et de citoyenneté », et dont plus de la moitié des candidates et candidats sont nouveaux. Ce sont des personnalités engagées de longue date, ou plus récemment, dans des clubs ou associations, déjà présentes sur le terrain depuis des années dans les domaines de la culture, du sport, de l’éducation, de la catalanité, de l’enfance, de la jeunesse, de la citoyenneté, de l’éducation populaire, du bien vieillir, du bien vivre ensemble et du développement économique, entre autres. « Tous ont déjà fait la démonstration de leur engagement au service des autres ».

Les colistiers

Édith Pugnet maire sortante ; François Allaigre, Sylvette Antony, Olivier Babinot, Virginie Baillette, Hervé Blanchard, Sébastien Bracq, Chantal Casimir, Stéphane Comes, Thienry Crane, Patricia Dubois, Mathieu Escudié, Antoine Figue, Alicia Font, Marie-Pierre Garcia, André Gillard, James Gillon, Christophe Emery, Alison Idalgo, Kader Khelfaoui, Cécile Lacapère, Louison Lalouette, Aurélia Lesbros, Ludivine Lorieux, Brigitte Pages, Laëtitia Pasquier, Vanessa Paya, Myriam Polato, Alais Portier, Stéphane Quintin, Alexandra Raymont, Jean-François Régnier, Élisabeth Rivas, Fabien Torrès et Marc Zarcone.

L’Indépendant, le 29 décembre 2025

L’édito du webzine. Michelin, le philanthrope !

Les résultats de la commission d’enquête sénatoriale menée par Fabien Gay, sénateur communistes, sur les aides données par l’État aux entreprises du CAC 40 commence à porter leurs fruits.

Par leur détermination les salarié.es, leurs représentant.es, le travail des parlementaires communistes et celui mené avec détermination par la commission d’enquête sénatoriale ont fait craquer le groupe Michelin. Il va rembourser l’État de 4,3 millions d’euros

Les travaux de cette commission ont porté sur les aides qui ont coûté à l’État « 211 milliards d’euros » quasiment sans contreparties. Et de pointer notamment du doigt les grands groupes français et internationaux qui profitaient des crédits d’impôt pour augmenter leurs bénéfices et les dividendes versés à leurs actionnaires, plutôt que de réellement moderniser leurs moyens de production et créer de l’emploi.

La commission remettait sur la table la question de ces aides d’État perçues par les entreprises. La conclusion de son rapport condamnait les largesses accordées aux entreprises et exigeait des contrôles effectifs sur l’utilisation des fonds.

Une victoire du travail sur le capital

Pour éviter de parler de remboursement, le fabricant de pneumatique, philanthrope, donnera à l’État 4,3 millions d’euros, un montant équivalent aux crédits d’impôts perçus par le groupe pour moderniser son usine sur le site de La Roche-sur-Yon, usine qui a fermé ses portes en 2020.

« Une victoire communiste pour la justice et la responsabilité » déclare Fabien Roussel, secrétaire national du PCF dans un communiqué. Il poursuit en déclarant que « Le PCF avait permis aux citoyennes et citoyens, dans la foulée de cette commission, d’interpeller le Ministre de l’Économie pour que l’engagement de Michelin soit tenu. »

Et il conclut : « Ce remboursement démontre une chose essentielle : la conditionnalité des aides publiques n’est ni une utopie ni un slogan, mais une exigence démocratique, sociale et économique. L’argent public ne peut plus servir à financer les délocalisations, les fermetures de sites, les licenciements, les dividendes et les rachats d’actions. L’argent public doit servir l’emploi, l’industrie, les territoires et la transition écologique — pas les actionnaires. »

Sébastien Lecornu, le Premier ministre aurait mieux fait de s’inspirer des conclusions de la commission d’enquête sénatoriale sur les aides données par l’État aux entreprises pour équilibrer son budget au lieu de puiser toujours dans les poches des plus fragiles.

Dominique Gerbault