L’édito du Travailleur Catalan par René Granmont. La lutte continue…

Avec près de 480 000 manifestants mardi 13 octobre, l’essoufflement du mouvement des lycéens et des étudiants attendu par Matignon n’a pas eu lieu. Ils continuent de demander des heures de cours, de meilleures conditions de travail, des locaux dignes de la sixième puissance mondiale, la fin de Parcoursup, ce système de sélection opaque transformé en loterie anxiogène.

À l’aide d’une répression policière d’un niveau rarement atteint contre des jeunes, à coups de matraquages médiatiques, à coups de fausses concertations et de promesses plus vides les unes que les autres, le gouvernement aura tout tenté pour étouffer ce mouvement qui combat les inégalités, le dynamitage des contenus et l’idéologie néolibérale du « marché scolaire ». Mais, son coup a manqué : les enseignants qui retrouvent dans les demandes lycéennes leurs propres revendications, les parents qui veulent protéger leurs enfants, les syndicats qui combattent la même politique austéritaire sont descendus dans la rue aux côtés d’une jeunesse qui ne s’en laisse plus compter. Car les jeunes ne sont pas les seules victimes de la politique mise en œuvre par les gouvernements depuis des années. De toutes parts résonne le fracas d’une société qui craque : pompiers désarmés devant les flammes, soignants débordés dans des urgences saturées, collectivités locales mises à la diète, recherche scientifique asphyxiée, transition environnementale sacrifiées. Nos infrastructures cèdent : établissements scolaires délabrés, routes dégradées, rail accumulant les retards, justice exsangue… La pauvreté ne cesse de s’accroitre : salaires de misère, loyers inabordables, hausse de l’énergie et des carburants…

Tout ceci est imposé au nom d’une dette brandie comme un totem pour faire accepter tous les sacrifices aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, pendant que les parasites du dividende engrangent plus de 60 milliards d’euros. Pendant que rien n’est demandé aux privilégiés de la fortune, à ces 500 plus grandes fortunes de France dont le patrimoine culmine à 1 076 milliards d’euros –égal au tiers du PIB du pays–. Cette insolente accumulation est le fruit d’une exploitation forcenée du travail, du pillage des ressources et d’exonérations fiscales massives.

C’est parce que les richesses s’accumulent à un pôle de la société que l’immense majorité bascule dans l’incertitude du lendemain. Ce divorce entre ceux qui produisent la richesse et ceux qui la confisquent n’est plus seulement une injustice économique, c’est une violence de classe, un étouffement démocratique.

Face à cette entreprise de démolition sociale, l’heure est aujourd’hui à la lutte.

À l’image de cette jeunesse qui n’entend pas abandonner son combat.

Et cela dès le 17 octobre prochain…

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