Le débat politique fait rage sur les stratégies du premier comme du second tour des élections présidentielles de 2027. Et chacun de calculer comment voter au premier tour pour éliminer au second le candidat dangereux pour notre démocratie républicaine. Et dans cet embrouillamini, les sondages présentent l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national comme fort possible. Le fascisme est à nos portes. Celui de Mussolini, d’Hitler, de Franco ? Ou celui de Trump et Meloni ? La question de l’immigration est à double versant, économique et politique. Le président du Medef est clair : « ce ne sont pas les patrons qui demandent massivement de l’immigration, c’est l’économie ».
Les mouvements migratoires dans le monde s’accélèrent depuis un quart de siècle. La montée en puissance des formations d’extrême droite en France, en Italie, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et la liste n’est pas exhaustive, imposent leurs discours sur la menace migratoire.
Déclin démographique et besoin de main d’œuvre d’un côté, rejet et peur de l’immigration de l’autre, comment concilier ces deux termes ? Les pistes se précisent : mettre en place subrepticement un régime juridique différencié, une sorte d’apartheid, des droits différenciés avec la préférence nationale chère à Marine le Pen, l’abolition du droit du sol, les signes religieux, des interdictions d’emplois aux binationaux etc… Un système juridique à deux vitesses qui codifie la suprématie d’une partie du peuple sur l’autre. La Constitution bannit aujourd’hui toute distinction fondée explicitement sur l’origine, mais une Constitution cela se change. Nombre de dirigeants de la droite dite républicaine se rapprochent à chaque étape électorale de ces pistes nauséabondes, mais qu’en est-il à gauche quand une partie exalte les particularismes culturels ou religieux des minorités ?
L’universalisme a été la matrice républicaine de la gauche depuis Les Lumières, l’Égalité la boussole politique de tout programme émancipateur.
