La grande pauvreté a bondi de 37 % entre 2018 et 2025 en France, touchant désormais 5,5 millions de personnes, montre une étude réalisée par cinq chercheurs en économie en Europe et aux États-Unis qui ont passé au crible les données des Restos du cœur. Selon cette enquête, publiée lundi, « l’inflation est responsable de 52 % de la hausse du « sans-abrisme » » dans le pays et la difficulté de trouver un logement adapté a grimpé de 62 % au sein de la population.
Les enfants de moins de 10 ans représentent près de 25 % de ce public dit « en précarité résidentielle », composé, pour beaucoup, de familles monoparentales, avec des mères seules. Avec des causes clairement identifiées. « Une hausse de 10 % du taux de chômage entraîne, toutes choses égales par ailleurs, une augmentation d’environ 10 % du nombre de personnes sans-abri ou en situation de précarité résidentielle, et de 13 % pour la précarité alimentaire », soulignent les Restos du cœur.
Autre enseignement de cette étude, environ une personne sur dix pourrait avoir recours à l’aide alimentaire au cours des dix prochaines années. Pourtant, « des politiques publiques agissant sur la stabilité des prix, le marché du travail ou encore l’offre de logements sont en mesure d’aider à prévenir les basculements dans la grande pauvreté », observe l’association, qui espère provoquer une prise de conscience dans la classe politique à l’approche de l’élection présidentielle
L’Indépendant, le 6 octobre 2026
