Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) des Pyrénées-Orientales se mobiliseront ce mardi devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Perpignan pour une véritable reconnaissance professionnelle et de meilleures rémunérations.
Encore. Jusqu’à ce qu’ils soient réellement entendus et que les choses changent, vraiment. Ce mardi 9 juin, à partir de 11 heures, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (ABSH) des Pyrénées-Orientales seront une nouvelle fois dans la rue. Une mobilisation dans le cadre d’un mouvement de grève national devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Perpignan. Ce rassemblement vise à appuyer la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B, afin de garantir « un vrai statut et un vrai salaire » aux AESH, comme l’explique Nathalie, accompagnatrice catalane depuis bientôt dix ans.
Sous-payées
Un métier qu’elle exerce avec conviction mais dont elle dénonce la précarité. « Notre rôle, c’est de permettre l’inclusion de ces élèves. On les accompagne en classe, dans leurs déplacements, parfois dans les gestes du quotidien. On est là pour qu’ils puissent suivre leur scolarité dans les meilleures conditions possibles », explique-t-elle.
Aujourd’hui affectée dans une école maternelle de Perpignan, elle suit un élève 24 heures par semaine. Malgré près d’une décennie d’expérience, son salaire atteint à peine 1 018 euros mensuels hors primes. « Avec l’inflation et le coût de la vie, ce n’est plus tenable. On nous répond souvent que nous pouvons prendre un autre emploi à côté. Mais avec nos horaires morcelés, c’est quasiment impossible. »
La mobilisation du 9 juin intervient quelques mois après le rejet d’une demande de création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH. Une décision difficile à accepter. « Ce statut représenterait une reconnaissance de notre métier. Nous sommes près de 140 000 en France et pourtant nous restons sans véritable perspective de carrière. »
À 24 ans, Alexiane partage le même constat. AESH depuis trois ans, elle s’inquiète du manque d’attractivité de la profession pour les nouvelles générations. « On arrive dans le monde du travail, on n’est pas reconnu, on est mai payé. Comme on est jeune, on nous confie souvent les situations les plus compliquées. Au bout de trois ans seulement, je suis déjà épuisée », souffle la jeune femme.
Au-delà des questions salariales, les deux accompagnantes dénoncent également un manque de considération. « Dans certaines écoles, sans AESH, les classes ne fonctionneraient tout simplement pas », poursuit-elle. « On ne demande pas des salaires exorbitants. On demande simplement de pouvoir vivre décemment de notre travail et d’être reconnues pour ce que nous apportons aux élèves chaque jour. »
Driss Chait (L’Indépendant, le 8 juin 2026)
