Classes surchargées : le syndicat FSU-SNUipp pointe plusieurs points chauds (L’Indep)

Alors qu’environ 40 000 écoliers vont effectuer leur rentrée en pays catalan ce matin, le syndicat SNUipp-FSU, majoritaire chez les professeurs des écoles, recensait déjà ce lundi plusieurs établissements prévoyant des classes à plus de 27 élèves. L’organisation réclame une réunion officielle avec l’inspectrice d’académie afin de faire le point sur la problématique.

Pour le syndicat d’enseignants du primaire FSU-SNUipp, le recensement des écoles prévoyant des classes surchargées reste la priorité à la veille de la rentrée. Ce lundi 31 août 2026, en milieu de journée, alors que les enseignants venaient d’effectuer leur prérentrée le matin même, l’organisation dénombrait déjà cinq établissements en tension dans le département.

« Nous avons notamment des classes à 28 ou 29 élèves à l’élémentaire du Boulou et à la maternelle de Trouillas », détaille l’une des co-secrétaires du SNUipp, Audrey Corrège. Le syndicat note également des effectifs par classe jugés trop élevés dans les élémentaires de Villelongue-de-la-Salanque, Saint-Génis-des-Fontaines et Argelès-sur-Mer (Molière).

Des ouvertures réclamées

L’organisation, qui garde elle aussi en travers de la gorge les treize suppressions de postes actées pour cette rentrée en pays catalan, compte réclamer des ouvertures de sections dans toutes ces écoles. Et dans toutes les autres qui pourraient se signaler une fois les constats de rentrée effectués.

Cependant, selon l’un des autres responsables du SNUipp dans les Pyrénées-Orientales, Frédéric Traby, la situation se présente mal : « La directrice académique ne souhaite pas fermer de classes à la rentrée, ce qui est une bonne chose. Sauf qu’elle a utilisé au printemps dernier tous les postes qui lui restaient. Elle ne peut donc pas non plus en ouvrir. »

Les « moyens provisoires » que l’Inspection envisageait en avril de déployer pour créer de nouvelles classes dans les écoles qui se retrouveraient en tension à la rentrée ? « Il peut s’agir de remplaçants qu’on bloque sur une école, ce qui réduit la capacité de remplacement », avertit Frédéric Traby. « Or, nous savons qu’il n’y a pas assez de remplaçants dans le département », complète le troisième co-secrétaire départemental du SNUipp, Jean-François Noguès. « Nous savons surtout que nous n’avons pas assez de professeurs titulaires, puisqu on embauche chaque année des contractuels grâce à un budget spécifique attribué par le rectorat. Nous en avions 50 l’an dernier: Nous sommes un département déficitaire en termes de titulaires. »

Dans ce contexte, le syndicat réclame l’organisation rapide d’une réunion officielle (un comité social d’administration) avec la directrice des services départementaux de l’Éducation nationale. Afin de pouvoir faire remonter les besoins des écoles et évoquer ces problématiques.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er septembre 2026)

« Certains élèves notifiés n’ont aucune heure d’accompagnement »

Dans les Pyrénées-Orientales comme ailleurs, l’inclusion des enfants en situation de handicap ne se déroule pas tout à fait comme promis. « Les préconisations de la Maison départementale des personnes handicapées ne sont pas respectées. C’est scandaleux », s’énerve Jean-François Noguès. « On sait que dans certains établissements, il y a des élèves notifiés qui n’ont aucune heure d’accompagnement », précise Audrey Corrège. « Il n’y a pas assez d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Du coup, on saupoudre et on se retrouve au bout du bout avec des élèves qui n’ont pas de suivi. »

Pire : le SNUipp rappelle que chaque année, des enfants orientes vers des structures d’accueil spécialisées se retrouvent scolarises en classes ordinaires faute de place. « Il y en avait 440 l’an dernier dans le département et il y a fort à parier que ce sera a nouveau le cas cette rentrée », craint Jean-François Noguès. « Cela pose problème pour les enfants, qui n’ont pas accès à une structure adaptée, mais aussi pour les enseignants, qui se retrouvent en difficulté. »

« Il n’y aura pas d’écoles à plus de 28 ou 29 élèves par classe sans solution »

À la veille de la rentrée des classes 2026, qui se déroulera ce mardi 1er septembre, la directrice académique des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, dévoile son état d’esprit.

Envisagez-vous d’ouvrir des classes après la rentrée dans les écoles où des effectifs particulièrement élevés seraient constatés ?

Anne-Laure Arino : Nous ne laisserons pas des écoles à plus de 28 ou 29 élèves par classe sans solution. Nous y ouvrirons des classes avec des moyens provisoires dès les prochains jours. Pour y parvenir, nous prendrons dans un premier temps sur les brigades de remplaçants. Nous n’avons pas trop de besoins de remplacement en début d’année. Puis, dans un second temps, je verrai avec les autorisations de recrutement de contractuels octroyées par le rectorat en fonction des besoins. Tout sera étudié de près. Il faut que la rentrée se fasse dans la sérénité.

Comptez-vous organiser un comité social d’administration pour concerter les syndicats en amont de ces ouvertures ?

Anne-Laure Arino : L’idée n’est pas de faire un comité social d’administration, puisque je ne souhaite pas effectuer de fermetures à la rentrée. Ce serait trop dur pour les élèves et les enseignants. Mais j’ouvrirai en fonction des besoins exprimes par les directeurs d’établissement et les représentants syndicaux.

Plusieurs organisations d’enseignants craignent qu’il n’y ait pas suffisamment d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) pour répondre à tous les besoins. Qu’en pensez-vous ?

Anne-Laure Arino : À ce stade, il est très difficile d’estimer le nombre d’AESH nécessaire. Il y a encore eu pendant l’été des notifications délivrées par la Maison départementale des personnes handicapées (qui décide du suivi dont doit bénéficier chaque élève concerné, NDLR). Je n’ai pas d’alerte pour l’instant. Mais il est possible que j’en aie dans les semaines qui viennent. J’invite toutes les familles qui n’auraient pas de solution à appeler le service de l’école inclusive de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN).

Propos recueillis par Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er septembre 2026)

Un salaire de 1 018 € par mois : les AESH en quête de reconnaissance (L’Indep)

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) des Pyrénées-Orientales se mobiliseront ce mardi devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Perpignan pour une véritable reconnaissance professionnelle et de meilleures rémunérations.

Encore. Jusqu’à ce qu’ils soient réellement entendus et que les choses changent, vraiment. Ce mardi 9 juin, à partir de 11 heures, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (ABSH) des Pyrénées-Orientales seront une nouvelle fois dans la rue. Une mobilisation dans le cadre d’un mouvement de grève national devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Perpignan. Ce rassemblement vise à appuyer la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B, afin de garantir « un vrai statut et un vrai salaire » aux AESH, comme l’explique Nathalie, accompagnatrice catalane depuis bientôt dix ans.

Sous-payées

Un métier qu’elle exerce avec conviction mais dont elle dénonce la précarité. « Notre rôle, c’est de permettre l’inclusion de ces élèves. On les accompagne en classe, dans leurs déplacements, parfois dans les gestes du quotidien. On est là pour qu’ils puissent suivre leur scolarité dans les meilleures conditions possibles », explique-t-elle.

Aujourd’hui affectée dans une école maternelle de Perpignan, elle suit un élève 24 heures par semaine. Malgré près d’une décennie d’expérience, son salaire atteint à peine 1 018 euros mensuels hors primes. « Avec l’inflation et le coût de la vie, ce n’est plus tenable. On nous répond souvent que nous pouvons prendre un autre emploi à côté. Mais avec nos horaires morcelés, c’est quasiment impossible. »

La mobilisation du 9 juin intervient quelques mois après le rejet d’une demande de création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH. Une décision difficile à accepter. « Ce statut représenterait une reconnaissance de notre métier. Nous sommes près de 140 000 en France et pourtant nous restons sans véritable perspective de carrière. »

À 24 ans, Alexiane partage le même constat. AESH depuis trois ans, elle s’inquiète du manque d’attractivité de la profession pour les nouvelles générations. « On arrive dans le monde du travail, on n’est pas reconnu, on est mai payé. Comme on est jeune, on nous confie souvent les situations les plus compliquées. Au bout de trois ans seulement, je suis déjà épuisée », souffle la jeune femme.

Au-delà des questions salariales, les deux accompagnantes dénoncent également un manque de considération. « Dans certaines écoles, sans AESH, les classes ne fonctionneraient tout simplement pas », poursuit-elle. « On ne demande pas des salaires exorbitants. On demande simplement de pouvoir vivre décemment de notre travail et d’être reconnues pour ce que nous apportons aux élèves chaque jour. »

Driss Chait (L’Indépendant, le 8 juin 2026)

Elne. Les AESH au créneau pour la défense de leur mission

Mobilisation mardi matin devant le collège.

Les Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) étaient, hier, mardi 16 décembre devant le collège Paul-Langevin pour participer à la journée de mobilisation afin de dénoncer leurs conditions de travail. Pour les soutenir, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), les AESH du Pôle inclusion et accueil localité d’Elne (Piale), qui regroupe les AESH des écoles et du collège, Sud éducation regroupant les professeurs et des parents d’élèves. Audrey Mathias-Joly, représentante des AESH pour le Syndicat national des enseignements de second degré-Fédération syndicale unitaire (Snes-FSU), et en fonction au collège d’Elne, explique : « Si le besoin en personnel AESH a été comblé ces derniers jours, depuis le début de l’année, cinq élèves venant du dispositif Unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis), se sont retrouvés inclus en classe ordinaire par manque de place sur le dispositif existant. Le nombre d’heures d’accompagnement diminue par enfant et le nombre d’élèves « mutualisés » augmente drastiquement chaque année », préjugeant leur inclusion au sein des classes, ainsi que leur développement.

Reconnaissance

« Les AESH exigent de la part du gouvernement qu’il reconnaisse leur professionnalisme, leur implication et leur nécessité en leur accordant un statut de catégorie B, une réelle reconnaissance salariale, face à des élèves de plus en plus difficiles à gérer. Le nombre de bagarres augmente, comme les incivilités et le rapport de force avec les enfants devient de plus en plus constant ». Les Assistants d’éducation (AED), présents également, voient « le budget alloué pour leurs remplacements, extrêmement limité, et se retrouvent en sous-effectifs. Ce qui complique leurs prises en charge des élèves dans le besoin d’accompagnement spécifique. Eux aussi réclament statut et reconnaissance pour leur métier ».

Les manifestants ont poursuivi leur mobilisation à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dasen) de Perpignan, pour apporter leurs revendications. Il y va de l’avenir de ces enfants pour lesquels, le manque de réponses efficaces à leur besoin d’accompagnement adapté à l’inclusion scolaire, constitue une injustice au regard des Droits de l’enfant et une véritable perte de chance.

M.-T. Bernabe Garrido (L’Indépendant, le 17 décembre 2025)

Éducation. « J’aimais mon métier mais il a perdu tout son sens »

Les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) des Pyrénées-Orientales se mobilisent, une nouvelle fois, pour de meilleures conditions de travail. Avec un manque de personnel et des salaires précaires, « la situation devient critique », assurent-ils.

Face à un métier trop « précaire » et en manque de soutien, les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) se mobilisent dans les P.O. Soutenus par les organisations syndicales FSU, SE UNSA, CGT Éduc’action, SUD éducation et la Fédération des parents d’élèves des écoles publiques du Département, ils mènent une campagne pour l’obtention d’un corps de fonctionnaires de catégorie B. Ce mardi 16 décembre, un rassemblement était organisé devant la direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Perpignan.

Depuis le début de l’année scolaire en septembre 2025, « une vingtaine d’AESH manquait sur le territoire des Pyrénées-Orientales, notamment dans les zones rurales », indique Rémy Landri, président de l’association des parents d’élèves 66 qui se joint aux revendications. « Ce manque, qui s’ajoute à des classes surchargées, peut devenir rapidement difficile à gérer et certains élèves peuvent tomber dans l’échec scolaire », ajoute-t-il. Mais cet emploi précaire n’est pas créateur de vocation. La plupart des AESH exercent environ 25 heures par semaine et ne touchent que 1.000 euros par mois.

« Le fait que l’on ait moins d’AESH, ça se répercute sur nous, sur les enseignants, sur la qualité du travail et avant tout sur les enfants qui ont des besoins Tout le monde reconnait qu’on est indispensables dans les classes. Et pourtant, on est traités comme si on ne l’était pas », estime Frédéric Poencin, qui exerce ce métier depuis quelques années à l’école primaire de Canohès. Avec lui, Sabine Danzin, elle aussi AESH, reconnait de voir faire du « babysitting » parfois.

« On nous envoie des enfants qui ont des handicaps assez sévères, qui relèvent de l’Institut médico-éducatif (IME). Les inclure c’est magnifique, mais pour certains enfants cela crée de la souffrance parce que ce sont des enfants qui sont dans des environnements inadaptés pour eux ». Audrey Mathis-Joly, représentante du syndicat FSU, dans le métier depuis 18 ans, déclare voir une très grosse dégradation des conditions de travail. « Avant on s’occupait que d’un ou deux élèves par semaine, maintenant ça peut s’élever à 20. J’aimais mon métier, mais il a perdu tout son sens ».

Et au manque d’effectif s’ajoutent les employés placés en arrêt maladie. Les enfants et adolescents qui ne sont pas dans des écoles spécialisées sont gérés par les accompagnants, qui ne sont pas formés pour ça. « Cette situation impacte leur santé physique, psychique et morale », tient à souligner Éloïse Chenus, référante AESH SE-Unsa.

Suite au rassemblement de ce mardi, la directrice académique Anne-Laure Arino, a reçu les organisations syndicales. Selon ces dernières, elle a « entendu les revendications portées et a prêté attention aux conditions de travail dégradées présentées par la délégation. »

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 17 décembre 2025)