Alors que la coordination des Gilets jaunes a officialisé son appel a une nouvelle manifestation ce samedi, plusieurs syndicats des Pyrénées-Orientales continuent de prendre leur distance. Eux qui, n’avaient déjà pas appelé à rejoindre la mobilisation du 17 octobre, dénoncent avec force « toutes les formes de violences ».
Comme un air de déjà-vu. La coordination des Gilets jaunes a officialisé, ce lundi 19 octobre, son appel à un « acte I » ce samedi 24 octobre, qui serait la suite de la manifestation de ce samedi 17 octobre, largement entachée par des violences. Dans les Pyrénées-Orientales, la réponse des syndicats est claire. Les branches calalanes de la CGT et la FSU n’appelleront pas à rejoindre ce mouvement. « On ne sera pas aux côtés des casseurs », tonne Julien Berthélémy, le secrétaire général de la CGT des Pyrénées-Orientales « Notre position n’a pas changé : nous appelons à une grève générale le 5 novembre. Nous appellerons les travailleurs à nous rejoindre dans la rue, ce jour-là, pour revendiquer des mesures en faveur du pouvoir d’achat. Que ce soit l’augmentation des salaires le gel du point d’indice, le sauvetage des services publics. », s’accordent les syndicalistes. Des revendications qu’ils voudront porter sans violence.
Car ces porte-parole de syndicats ont encore en tête les images de ce weekend marqué par des cassages et pillages de commerces Entre autres « Elles sont un véritable choc, Mais, malheureusement, elles ne sont pas surprenantes », gronde Géraldine Morales, responsable de la Fédération syndicale unitaire (FSU) des Pyrénées-Orientales.
Selon la porte-parole de ce syndicat très puissant dans le secteur de l’éducation, la colère n’a eu de cesse de grandir ces dernières années. « Nous le sentions venir. Mas ça de date pas d’hier. Quand nous avons rencontré les différents préfets, ces dix dernières années, nous n’avons eu de cesse de les prévenir: Nous leur disions attention, on sent que la colère monte sur le terrain, dans nos établissements (scolaires, NDLR) ou dans les entreprises. Quand ça va vous péter a la gueule ça va être dur; vous devez intervenir avant. On ne nous a jamais pris au séreux sur cela ».
Ce lundi, elle condamne fermement les violences « sous toutes ses formes ». Un message partagé par Julien Berthelémy, le secrétaire général de la CGT des Pyrénées-Orientales. « Nous appelons bien évidemment au calme et à la mesure. Nous sommes opposes aux violences, de part et d’autre. La politique de l’austérité, la suppression des emplois est tout aussi violent pour les travailleurs. Et, à Perpignan, ce sont eux qui défilaient dans le calme le matin ».
Un appel au calme qui « tombe sous le sens » pour Géraldine Morales. La syndicaliste martelant que la FSU a toujours milité pour des manifestations pacifiques et sans violences. « Alors quand j’entends Emmanuel Macron appeler les syndicats a la responsabilité, je suis scandalisée. Nous avons un Président de la République qui essaie de nous mettre dos à dos, les uns aux autres Mais jamais nous n’avons eu un débordement dans nos manifestations à Perpignan. »
À Perpignan, les syndicats devraient donc battre le pavé le 5 novembre. Et pas avant.
Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 20 octobre 2026)
