Grève pour les services publics : quel impact dans le département ? (L’Indep)

Ce mardi 29 septembre a 10h30, place de Catalogne, huit syndicats appellent à manifester pour défendre les services publics et réclamer des revalorisations de salaires. Focus sur les impacts annonces du mouvement, qui concerne essentiellement la fonction publique, dans les Pyrénées-Orientales.

Météo sociale agitée en perspective ce mardi 29 septembre dans les Pyrénées-Orientales. Huit syndicats appellent à se mettre en grève pour réclamer, entre autres, des moyens supplémentaires pour les services publies et des augmentations de salaires. L’appel concernait à l’origine uniquement la fonction publique, mais s’est par la suite élargi. Voici le détail des secteurs qui risquent d’être impactés.

Écoles. Selon plusieurs syndicats d’enseignants, dans les écoles maternelles et élémentaires, la grève s’annonce bien suivie. En se fondant sur les remontées du terrain, le FSU-SNUipp prévoit un taux de grévistes d’environ 35 % dans le département.

Collèges et lycées. Contrairement à leurs homologues du premier degré, les professeurs de collèges et lycées ne sont pas tenus de déclarer à l’avance leur intention de faire grève. « Du coup, nous n’avons pas trop de visibilité, mais je pense que le mouvement va prendre », indique l’un des co-secrétaires départementaux du Snes-FSU, Ignacio Valenzuela. « Les collègues que nous avons rencontrés lors des heures d’information syndicale que nous avons organisées un peu partout, sont largement insatisfaits de cette rentrée. »

France Travail. Ici aussi, la grogne semble importante. « Nous avons une restructuration avec, à nouveau, 400 suppressions de postes au niveau national en lien avec le projet de loi de finances 2027 et une réorganisation interne », souligne la déléguée syndicale FSU France Travail Christelle Lara. « Et en plus, nous avons une négociation sur les salaires qui s’ouvre en parallèle. »

CAF et CPAM. Même s’ils relèvent du droit privé, les salariés des organismes de sécurité sociale sont également appelés à se mettre en grève ce mardi. Selon le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle, le taux de grévistes au sein de ces organismes pourrait tourner localement autour des 10 %, avec possiblement un impact sur l’accueil.

Collectivités. L’impact du mouvement s’annonce variable selon les collectivités et difficilement prévisible pour certaines. Toutefois, du côté de la Ville de Perpignan, le syndicat FO, qui a tenté de mobiliser largement, table sur un taux de grévistes compris entre 25 et 30 %.

Bus. Aucune perturbation n’est a priori annoncée sur le réseau des bus de l’Agglo (Sankéo). Hormis celles liées au passage de la manifestation perpignanaise, qui traversera le centre-ville en fin de matinée (départ prévu à 10h30 de la place de Catalogne). Concernant les bus de la Région (réseau liO), la régie annonce un risque « minime » de perturbations.

Trains. La SNCF annonce un trafic des trains « normal » ce mardi sur les liaisons TGV ou Intercités et « quasi normal » pour les TER.

Et aussi… L/appel concerne également les Finances publiques, les pompiers, La Poste, ainsi que la fonction publique hospitalière. Des gardiens de prison prévoient également de participer à la manifestation. Selon le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, compte tenu du contexte (flambée du prix de l’essence, pouvoir d’achat en berne…), il y a par ailleurs fort à parier que certains salariés du secteur privé se mobilisent également ce mardi. Reste à savoir si la colère, bien palpable, surpassera la résignation, que plusieurs syndicalistes confient ressentir chez certains salariés.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 29 septembre 2026)

Les syndicats qui appellent à manifester dans les Pyrénées-Orientales : CGT, FO, FSU, CFDT, Unsa, Solidaires, CFTC et CFE-CGC

Une délégation de pompiers catalans dans la manifestation parisienne

« Plus de moyens » Voilà l’une des principales revendications annoncées par Vincent Froger, le secrétaire général adjoint de l’Unsa-Sdis 66. Une demande qui intervient alors que doit se tenir, ce mardi 29 septembre, une journée de grève dans tout le pays, après un appel des organisations syndicales de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-F au niveau national).

Dans les Pyrénées-Orientales, une trentaine de pompiers vont d’ailleurs faire le déplacement jusqu’à la capitale pour se joindre à la mobilisation. Dans le département, cette dernière a d’ailleurs commencé depuis plusieurs semaines, alors que des camions du Service Départemental d’Incendie et de Secours (Sdis) ont été tagués avec l’inscription « en grève ».

« On demande davantage de moyens avec plus de personnel pour faire face au changement climatique », explique Vincent Froger. « La saison des feux de foret se termine normalement à la mi-septembre, mais là, elle devrait se prolonger au mois d’octobre. » Une inquiétude qui se justifie au travers des différents incendies qui ont touché le département pendant l’été, dont celui de Trévillach, qui avait parcouru près de 5 000 hectares. En ce mois de septembre, d’autres feux se sont également déclenchés dans les Pyrénées-Orientales, mobilisant eux aussi d’importants moyens.

Les moyens matériels justement, les pompiers indiquent aussi en manquer. « Ces dernières années, la France a perdu près de 1 000 camions-citernes feux de foret parce qu’ils n’ont pas été renouvelés », ajoute Vincent Froger. « Dans le département, on est à une vingtaine. Il faut que l’État nous donne de l’argent, car un seul de ces camions coûte environ 450 000 euros »

Côté équipement, le secrétaire général adjoint de l’Unsa-Sdis 66 dénonce les « cagoules en coton à 12 euros » qui ne protègent pas correctement les pompiers sur le terrain, qui sont alors exposés aux particules fines. Si plusieurs types de cancers sont déjà reconnus comme maladies professionnelles, le syndicat demande que les risques sanitaires soient mieux pris en compte.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 29 septembre 2026)

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