Alors que le préfet des Pyrénées-Orientales a interdit les manifestations en hypercentre de Perpignan dès ce jeudi et jusqu’au dimanche 25 octobre, la mobilisation de ce samedi 24 octobre s’organise. Plusieurs syndicats appellent à rejoindre le mouvement.
Les manifestants ne se laisseraient donc pas impressionner. Ce mercredi, à quelques jours de « l’acte II » de la mobilisation du 17 octobre, prévu ce samedi 24, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault la Mothe, a tapé du poing sur la table en réponse aux débordements qui ont eu lieu, à Perpignan, en marge de la manifestation du 17 octobre.
Ce samedi, comme le 17 octobre, les syndicats ne seront pas les organisateurs de cette mobilisation. Ce qui rend leur implication assez délicate. Mais, ceux qui s’étaient dit en faveur du mouvement, refusent de faire marche arrière. Solidaires 66 en tête. Ce syndicat maintient son appel à rejoindre le mouvement ce samedi 24 octobre à Perpignan.
« On aurait préféré que le préfet opte pour une stratégie de désescalade dans la doctrine du maintien de l’ordre », tonne Léa Docus, co-secrétaire départementale de Solidaires 66. « Le couvre-feu et le LBD ne sont pas des réponses aux réclamations légitimes des travailleurs, lycéens et syndicats. Car l’escalade des débordements passe aussi par la répression policière. »
Lundi, la section départementale de la CGT indiquait qu’elle « ne serait jamais aux côtés des casseurs » et assurait ne pas appeler à rejoindre le mouvement. Quelques jours plus tard, le discours est plus nuancé. Car si la CGT ne fera pas partie des organisateurs de la manifestation, son secrétaire général Julien Berthélémy, appelle bien à se mobiliser ce samedi dans les rues de Perpignan. Une position dans la lignée de Sophie Binet, la patronne nationale de la CGT. « Nous serons aux côtés de la jeunesse. Tout en appelant au calme et à une mobilisation pacifique », appuie Julien Berthélémy. Mais, comme Solidaires, la CGT assure qu’elle ne pourra mobiliser son service d’ordre. « Nous ne sommes pas en mesure d’en-cadrer. Quand nous sommes à l’organisation, nous définissons un tracé, tout est déclaré et annoncé en amont. Là, ce serait encadrer quoi, et où ? ».
La question se pose à trois jours de la date annoncée. Car si le préfet des Pyrénées-Orientales a interdit les mobilisations dans l’hypercentre, une partie des grands boulevards (Briand, les trois quarts de Wilson, l’avenue du général de Gaulle…) sont bel et bien hors de la zone prohibée, comme le confirme l’arrêté préfectoral publié ce mercredi en début de soirée. Le cortège passera-t-il par là ? Des actions hors du centre-ville, en périphérie par exemple, seront-elles envisagées ? Les ronds-points des péages seront-ils occupés comme du temps des Gilets jaunes ?
Ce mercredi, en fin de journée, selon les informations de L’Indépendant, le lieu de rendez-vous restait place de la Victoire à 10 h 30. Dans le secteur normalement interdit du pied du Castillet donc.
Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 22 octobre 2026)
