Anthony Gonçalves. « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie » (La Marseillaise)

Anthony Gonçalves, oncologue à l’Institut Paoli-Calmettes et adjoint communiste à la Santé de la Ville de Marseille, dénonce les conséquences du doublement des franchises médicales sur le renoncement aux soins et sur notre modèle de protection sociale.

La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.

La Marseillaise : Ces mesures permettraient, selon le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous ?

Anthony Gonçalves : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.

La Marseillaise : Qui seront les plus pénalisés ?

Anthony Gonçalves : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.

La Marseillaise : Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?

Anthony Gonçalves : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.

La Marseillaise : Que révèlent ces annonces sur la gestion politique de notre système de santé ?

Anthony Gonçalves : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.

La Marseillaise : Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire. Que pensez-vous de la méthode ?

Anthony Gonçalves : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.

Entretien réalisé par Clara Gazel (La Marseillaise, le 3 août 2026)

Communiqué de presse de la CGT. Franchises médicales : nouveau coup bas du gouvernement contre les malades en plein été

Une nouvelle fois, le gouvernement a fait connaitre en plein été et par voie de presse, son nouveau plan d’économie pour le budget 2027. Après avoir annoncé début juillet vouloir sabrer 3 milliards d’euros d’économie dans les dépenses publiques (2 milliards dans l’État et 1 milliard dans la Sécurité sociale) Sébastien Lecornu a détaillé dans Paris Match plusieurs pistes d’économies sur l’Assurance Maladie.

Lecornu reprend les vieilles recettes du budget Bayrou

Après la tentative de passage en force à l’automne 2025 sur le doublement des franchises et participations forfaitaires, le gouvernement retente le coup avec un nouveau train de mesures équivalente : doublement des plafonds des franchises médicales et des participations forfaitaires, baisse des parts remboursées sur certains médicaments…

Conséquence ? Moins de remboursements, plus de reste à charge pour les patient·es, et un renoncement aux soins accru pour les plus précaires.

La CGT le rappelle : ces mesures, présentées comme des outils de « responsabilisation », n’ont jamais eu pour effet de réduire la consommation médicale. Elles n’ont qu’une seule conséquence : faire payer davantage les malades, en particulier celles et ceux atteint•es de pathologies chroniques ou déjà les plus fragiles économiquement.

Un nouveau transfert vers les complémentaires, une fausse solution

Faire glisser une partie du financement de la Sécurité sociale vers les mutuelles n’est pas une économie : c’est un transfert, qui se traduira mécaniquement par une hausse des cotisations pour les salarié·es et les entreprises. C’est déjà ce qui s’est produit avec une augmentation en moyenne de 6% des cotisations des complémentaires santé en 2025, et de 8.2 % en 2024.

Un passage en force par décret durant l’été

La CGT dénonce, une nouvelle fois, la volonté du gouvernement de vouloir passer en force et en catiminie en ayant recours aux décrets.

La CGT dénonce avec force cette nouvelle attaque contre le principe fondamental de solidarité qui fonde notre Sécurité sociale depuis 1945. Elle appelle l’ensemble des salarié·es, assuré·es et citoyen·nes à refuser la logique comptable qui détruit l’accès aux soins pour toutes et tous.

A Montreuil le 23 juillet 2026

Communiqué du Mouvement de la Paix. Solidarité avec les victimes des incendies et avec tous ceux et celles qui luttent contre ces incendies

La France doit investir pour une sécurité humaine : sanitaire, sociale et écologique et non pour une économie de la guerre. Moins de Rafales plus de Canadair !

Le Mouvement de la paix exprime sa solidarité avec toutes les personnes, toutes les familles, qui sont victimes des terribles incendies qui ravagent notre pays, qui subit de plein fouet les conséquences de la crise et du réchauffement climatique.

Malgré les moyens dégagés par l’État et les collectivités locales, malgré le courage des pompiers et de tous les autres corps de métier impliqués dans la défense des forêts et la lutte contre les incendies, malgré l’engagement et la solidarité de nombreux bénévoles, et malgré la solidarité internationale, notre pays vit un drame terrible, qui frappe durement de nombreuses familles, cause la mort et détruit des villes, des villages, la forêt, des maisons, des entreprises.

Depuis des années, les ONG écologistes, les mouvements environnementalistes, les syndicats et aussi des élus et des institutions comme la cour des comptes, les organisations des pompiers et les personnels hospitaliers qui sont aux premières loges lors de ces catastrophes et bien d’autres corps professionnels et des scientifiques à travers le Giec ont souligné la nécessité d’investir massivement en faveur de la sécurité écologique de notre pays.

Dans ce contexte le Mouvement de la paix souligne en permanence que les choix du gouvernement actuel n’étaient pas les bons choix car ils privilégient la mise en œuvre d’une économie de la guerre au détriment de tous les investissements utiles pour une sécurité humaine à la fois sanitaire, sociale et écologique.

C’est d’ailleurs cette sécurité humaine que les Nations Unies appellent à mettre en œuvre, en invitant tous les États à mettre les moyens politiques et financiers pour construire cette sécurité humaine sur la base d’une culture et d’une économie de paix, s’accompagnant d’une diminution drastique des moyens pour la guerre.

Les choix du gouvernement actuel sont terribles et condamnables car il avait toutes les informations nécessaires sur l’urgence d’investir massivement dans la sécurité écologique, contre le réchauffement climatique et contre le danger de terribles incendies comme la France en a déjà connu au cours des dernière années

Or en une trentaine d’années les effectifs de l’ONF, l’Office national des forêts, a été divisé par 2, passant de 16.000 salariés à 8.000 actuellement. Une question écrite publiée par l’Assemblée nationale en 2023 soulignait que cette baisse des effectifs réduisait de manière considérable les capacités de surveillance des forêts, mais aussi de protection des écosystèmes et de lutte contre les incendies. Les efforts n’ont pas été faits alors que tout le monde savait combien l’entretien des forêts est une chose importante pour la prévention des incendies et aussi pour la sécurité écologique planétaire.

Le sous équipement en avions canadair est notoire malgré les revendications des pompiers. Il faut retenir à cet égard que le coût d’un canadair c’est environ 50 millions d’euros, alors que le coût d’un Rafale, cet avion susceptible de porter l’arme nucléaire (avec tous ses équipements,) c’est de l’ordre de 250 millions d’euros. La France possède 170 rafales et la loi de programmation militaire prévoit d’atteindre rapidement le chiffre de 225 avions Rafales. MAIS !!!La France ne dispose actuellement que de 12 canadairs seulement au sein de la sécurité civile basés à Nîmes, 2 autres doivent être livrés en avril et novembre 2028, et 2 autres viennent d’être commandés. La flotte devrait donc atteindre 16 Canadair d’ici 2032. Vous avez tous et toutes compris ou est l’erreur. Aidez-nous à faire faire avancer les bons choix rejoignez le Mouvement de la paix contact : national@mvtpaix.org

Le Mouvement de la paix le 26 juillet 2026

Communiqué de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. De la canicule au budget de la Sécurité Sociale : l’urgence de répondre aux besoins

L’hôpital public est débordé par la canicule. Pire, il ne sait en protéger ni personnel ni patients hospitalisés. Comme à chaque crise grave, toujours les mêmes réponses : cellules de crises, déclenchement de plans blancs ou autres, déprogrammation…

La réalité, ce sont des hôpitaux à la limite de l’implosion où tout événement surajouté devient un drame : personnel épuisé car trop peu nombreux, manque de lits d’hospitalisation. Ce sont des hôpitaux où l’on impose des plans de redressement : Aubagne (50 suppressions d’emplois), Marmande… Sans parler de la psychiatrie publique en train de s’effondrer avec des services fermés, des hôpitaux sans psychiatres, comme à Laval, chef-lieu de la Mayenne, ou à Sarlat… La canicule de 2003 avait attiré l’attention sur les personnes âgées mais la loi grand âge n’est toujours qu’une promesse non tenue !

La canicule révèle la nécessité d’investissements pour faire face au changement climatique. Alors que les hôpitaux sont majoritairement en déficit et incapables donc d’investir sur fonds propres, ce que la ministre de la santé a annoncé récemment, c’est un saupoudrage sur 10 ans de financement de projets renforçant l’efficience des établissements, en langage décrypté de projets accompagnant des fermetures de lits et de services !

La population considère largement que ce n’est ni sur la santé ni sur l’autonomie, que des économies doivent être faites. Des pistes existent, entre-autre la baisse voire la suppression des exonérations de cotisations sociales.

Le prochain budget de l’État doit prévoir la formation de professionnels de santé en nombre et le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2027 donner aux hôpitaux, aux EHPAD les moyens de répondre aux besoins de la population.

Les comités de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité, réunis en assemblée générale, ont décidé de sonner l’alerte dès maintenant et de préparer des mobilisations multiples en octobre à partir des réalités de terrain avec toutes les organisations qui souhaitent y participer localement : des moyens pour les hôpitaux et EHPAD publics ! Mais il faut aussi arrêter de reporter sur les complémentaires le remboursement des soins (vigilance : des mesures pourraient passer par décret pendant l’été).

C’est vers le remboursement à 100 % des soins par la Sécurité Sociale qu’il faut aller. La lutte contre les dépassements d’honoraires sera un élément fort de cette campagne, commencée dès maintenant par certains comités, comme à Montluçon et Montargis. Les rapports se multiplient, encore récemment celui du HCAAM (Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie), mais ce sont des décisions dont on a besoin !

Faisons respecter l’accès aux soins pour toutes et tous de qualité et de proximité sans barrière financière !