Lettre publique de Canigou-Conflent-Santé à l’attention de M Jallat, Président de la Communauté de Communes Conflent Canigou

Copie à M Le Sous Prefet, M Le Président de l’ARS, M Le Président du CPTS, aux Maires et élus communautaires de Conflent Canigou

Monsieur,

La problématique concernant la santé dans notre territoire est criante. Vous le savez, nous sommes dans un désert médical et la situation va s’aggraver dans les prochaines semaines. Nous savons que le seul médecin généraliste sur la commune de Vernet-les-bains doit prendre sa retraite dans les prochains jours et que plusieurs médecins ont d’ores et déjà annoncé leur départ de la maison de santé de Prades.

La Communauté de Commune a pris la décision de lancer la création d’un centre de santé lors de son conseil communautaire du 5 juin 2025, ce qui semble être, dans le contexte actuel, une des meilleures solutions possibles pour répondre aux problématiques auxquelles nous sommes confrontés. L’association Canigou-Conflent-Santé se félicite de cette décision et remercie l’ensemble des élus qui ont voté pour cette décision.

Nous sommes particulièrement attentifs à l’évolution de ce projet. Depuis trois mois, les contacts que nous avons eus avec des élus nous emmènent à des interrogations. Nous sommes notamment inquiets vis-à-vis du dimensionnement du centre et sur l’implantation géographique des futurs praticiens. On nous a présenté comme prioritaire l’implantation de nouveaux médecins dans des zones déjà dotées ou à proximité d’offre médicale existante. Il apparait au contraire que les besoins les plus criants sont dans les parties hautes du territoire de la Communauté de Communes.

De plus, il semblerait que d’autres dépenses sont encore envisagées pour des solutions non garanties et non abouties comme un médecin itinérant ou des aides exceptionnelles à l’implantation. Ne pensez vous pas que cela puisse donner un sentiment d’éparpillement et risque d’obérer les moyens financiers disponibles pour la création d’un grand centre de santé qui apparait non seulement une solution plus pérenne mais également plus cohérente sur un plan purement économique ?

Nous demandons par la présente une rencontre avec Le Président de la,Communauté de Communes et nous vous demandons de bien vouloir nous informer des différentes évolutions.

Nous comptons sur les élus, pour s’assurer que l’offre médicale future soit à la hauteur des attentes ; ce qui commence par une présence prioritaire là où le besoin est le plus criant.

Le bureau de l’association Canigou Conflent Santé

M Jallat
Communauté de Communes Conflent Canigou
Château Pams – Route de Ria – 66500 Prades

M Didier Carponcin
Sous Préfecture de Prades
177 Av. du Général de Gaulle – 66500 Prades

ARS – Occitanie
26-28 Parc club du Millénaire
1025, rue Henri Becquerel – 34067 Montpellier

CPTS Prades
Maison de santé du Conflent
2 Avenue du Général Roques – 66500 Prades

Communiqué de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. L’exigence de répondre aux besoins de santé de la population s’affirme

Dans la situation de crise politique à laquelle nous continuons d’assister, la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité souhaite rappeler ses propositions : le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale doit répondre aux besoins de la population et l’assurance maladie ne peut être la variable d’ajustement des finances de notre pays. Une population en bonne santé est essentielle pour l’avenir de notre pays ! Face à la financiarisation du système de santé, le service public est la solution comme le propose la Coordination dans sa plaquette pour un service public territorial de soins de premier recours. Il y a besoin de personnels de santé respectés, en nombre et bien répartis comme l’explique la Coordination dans son plan d’urgence.

L’heure est à la mobilisation pour faire connaître les exigences populaires : la santé est une des premières préoccupations !

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité se félicite de la multiplicité des initiatives de ses comités à l’occasion du 80ème anniversaire de la Sécurité Sociale : Dourdan, Sarlat, Bergerac, Aubenas, Alès, Vire, Voiron… Toutes dépassent la commémoration pour exiger des recettes supplémentaires afin que l’Assurance Maladie réponde aux besoins de santé de la population, pour en finir avec les restes à charge pour les malades, en particulier les dépassements d’honoraires et aller vers une prise en charge à 100 % des soins prescrits et de la prévention par la Sécurité Sociale. La Coordination appelle à poursuivre les campagnes de signatures de la pétition « La Sécu, c’est vital » en expliquant comment toute augmentation de salaire net, sans augmentation du salaire brut ne fait qu’appauvrir les salariés : moins de Sécurité Sociale, ce sont des dépenses supplémentaires de complémentaires à payer ou des frais de santé non remboursés.

Ce sont aussi les multiples initiatives locales auxquelles participent les comités de la Coordination qui s’ajoutent à la manifestation nationale organisée le 9 octobre à Paris devant le ministère de la santé par des organisations syndicales de la santé et de l’action sociale comme à Oloron Sainte Marie, Marmande, Rethel, Ruffec … Avec les personnels, les usagers veulent dire non à la casse du service public hospitalier !

Communiqué du Coordination Nationale des comités de défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. Soutien total à la journée d’action du 2 octobre

Le Premier ministre ne veut pas entendre la colère qui gronde dans notre pays. Il ne répond pas aux revendications de l’intersyndicale, largement partagées dans la population avec le succès des manifestations et actions du 10 et du 18 septembre.

La détérioration de l’accès aux soins est une des premières préoccupations de la population. La ministre démissionnaire du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a participé à l’entrevue entre l’intersyndicale et le Premier ministre sans la moindre annonce laissant espérer une quelconque amélioration.

Le doublement des franchises médicales, ce reste à payer obligatoire pour les soins, est toujours d’actualité, malgré son rejet par le conseil d’administration de la CNAM dont l’avis n’est que facultatif.

Les projets de décrets sur l’AME ont été retirés, mais avec la remise au Premier ministre d’un rapport sur le sujet, le durcissement de ce dispositif est toujours en débat. L’enjeu est idéologique et non financier, l’AME représentant moins de 0,5% des dépenses de santé. Un geste gouvernemental en faveur des fractions xénophobes de la population serait une grave faute éthique et de santé publique.

Les hôpitaux publics et les EHPAD s’enfoncent dans la crise avec une dégradation de leur situation financière ne leur permettant pas de répondre aux besoins de la population. Comment ne pas être scandalisé quand les délais d’attente pour un simple rendez-vous de consultation avec un spécialiste hospitalier sont de plusieurs mois dans des départements où seul l’hôpital public assure ce service ? Comment ne pas s’offusquer devant le développement de l’hospitalisation privée avec le soutien de nos gouvernants ?

Face à la montée des inégalités, à l’étalage des grandes fortunes, le rationnement des dépenses de santé est intolérable. De nouvelles recettes pour la Sécurité sociale sont nécessaires et possibles.

La Coordination Nationale des comités de défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité appelle à participer à la journée de mobilisation du 2 octobre décidée par l’Intersyndicale et à signer et faire signer la pétition « La Sécurité Sociale, c’est vital ! »

La Fédération Nationale des Centre de Santé (FNCS) s’oppose fermement à toute remise en cause de l’Aide Médicale d’État (AME)

Alors même qu’aucun ministre de la Santé n’a été nommé et que le Premier Ministre Sébastien Lecornu recevait hier les auteurs du rapport sur l’Aide Médicale d’Etat, la Fédération Nationale des Centres de Santé (FNCS) renouvelle sa ferme opposition à toute réforme portant atteinte à l’AME. Une réduction du panier de soins toucherait aux fondements mêmes de notre système de santé solidaire et universel et l’exposerait à des conséquences sanitaires désastreuses.

L’AME : un impératif de santé publique

L’AME est moins une mesure humaniste qu’un outil de santé publique essentiel pour garantir l’accès aux soins des personnes étrangères en situation de précarité. Sa remise en cause entraînera pour beaucoup un renoncement aux soins, l’aggravation de nombreuses pathologies chroniques et aiguës, une désorganisation des parcours de santé et in fine une surcharge des urgences et des services hospitaliers. Contrairement à la désinformation relayée par nombre de politiques, l’AME représente une part marginale des dépenses de santé, pour un effet de prévention et de contrôle épidémiologique majeur.

Le rôle des centres de santé dans la prise en charge des publics vulnérables

Les centres de santé sont en première ligne dans l’accueil et la prise en charge des populations fragiles, souvent exclues des circuits de soins traditionnels. Ils pratiquent le tiers payant, garantissent une offre de soins pluridisciplinaire, coordonnée, accessible sans dépassement d’honoraires, et assurent la continuité des soins. Ce modèle, dont l’utilité sanitaire et sociale a été saluée par le rapport IGAS sur le modèle médico-économique des centres de santé en 2024, repose sur des équipes salariées et un fort engagement territorial. Le rapport souligne leur efficacité dans la réponse aux besoins des publics en situation de précarité, en particulier dans les zones sous-dotées. Les centres, dont certains intègrent des PASS ambulatoires(1) sont ainsi en première ligne pour assurer l’accueil des bénéficiaires de l’AME souvent victimes d’une discrimination dans l’accès aux soins. Ils sont, aux côtés des PASS hospitalières, des associations comme Médecins du Monde et le Comede, les premiers témoins des besoins de soins des populations les plus vulnérables.

Une ligne rouge éthique

Remettre en cause l’AME, c’est demander aux soignants de trier les patients, de refuser des soins, d’abandonner ceux qui vivent déjà dans l’invisibilité sociale. Les centres de santé refusent d’endosser ce rôle. Ils sont porteurs d’un principe fondamental inscrit dans le préambule de Constitution de 1946 : le droit à la protection de la santé pour toutes et tous, partout en France.

La FNCS appelle le Premier Ministre à ne pas remettre en cause l’AME et à engager enfin, une politique de santé publique ambitieuse, fondée sur l’inclusion, la prévention et l’égalité d’accès à la santé pour toutes et tous, sans aucune restriction.

(1) Permanence d’Accès aux Soins de Santé

Hôpital public : le recadrage de la Fédération Hospitalière de France

On a tous entendu les hypocrites à la télé saluer « le travail formidable des soignants » (qui aime bien, châtie bien, dit-on) suivi de « le problème de l’hôpital c’est les 30 % d’administratifs ». Comme toujours c’est suivi d’une comparaison en général faussée avec tel ou tel pays sur lequel il faudrait s’ajuster à la baisse.

La déléguée générale de la FHF a fait une mise au point.

L’hôpital public c’est 1,2 million de professionnel.les, 200 métiers.

Il réalise 80 % de l’hospitalisation – réanimation, 85 % de la permanence des soins, continuité des soins.

Il finance 69 % de dépenses des soins, 100 % des greffes, 80 % de la recherche publique.

Dans les 2 dernières décennies l’hôpital public a perdu 12 milliards.

Entre 2009 et 2019 les soins ont augmenté de 19 %, les effectifs de 4 %.

Non il n’y a pas 30 % de personnel administratifs. Il y en a 10,6 %, dont la moitié de secrétaires médicales (contre 13,6 % dans le privé)

Sur l’absentéisme (en baisse) : on compte les maternités dans les absences, or il y a 79 % de femmes.

Recrutement un peu plus facile sauf gériatrie, psy, urgences.

Les économies on devrait les faire par la prévention : gagner 1 année de vie en bonne santé c’est 1,5 Md d’économies.