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Budget 2026 de la SÉCU : une agression sociale sans précédent !
Communiqué de la Commission nationale santé et protection sociale
Dans un contexte d’instabilité politique et d’agressivité insupportable des tenants du grand capital, le premier ministre propose le pire projet de financement de la Sécurité sociale depuis 30 ans. L’imposture sémantique qui sert de stratégie politique à la macronie depuis 2017, continue de sévir pour présenter à la nation une cure d’austérité sans précédent sur les dépenses de la Sécurité sociale.
De 5,5 milliards d’« économies » prévues par le projet Bayrou, celles-ci passent à 7,1 milliards, essentiellement supportés par les malades, les retraité.es, les hôpitaux…
Doublement des forfaits et franchises, atteinte aux patients en ALD, remise en cause du droit à être malade par restrictions des arrêts de travail, des indemnités, tout est bon pour remettre en cause les droits sociaux de notre pays et nous savons que l’imagination des technocrates au service de l’ultralibéralisme est grande en la matière, comme le report de la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans : tout sauf chercher l’argent là où il est !
Le projet portant un objectif d’évolution des dépenses à 1,6 %, alors que les besoins évoluent naturellement de 4/5 %, fait sciemment le choix d’abandon de notre système de santé public et pousse les feux pour sa privatisation tous azimuts, faisant porter sur les malades le poids de la prise en charge financière.
L’imposition d’une année blanche, bloquant toute progression des prestations sociales et des pensions de retraites, pour 2026 est une grave atteinte au pouvoir d’achat et à l’accès aux soins.
Alors même que l’hypothétique suspension de la réforme Borne sur les retraites, jusqu’au 1er janvier 2028, fait l’objet d’un parcours législatif chaotique avec le passage par une lettre rectificative au projet de loi du PLFSS, les retraités subissent la triple peine : ainsi les 18 millions de retraités sont mis à contribution alors même que les entreprises, les 1 % les plus riches sont exemptés de tout effort financier !!
Comble de la provocation : alors que les exonérations sociales patronales en progression exponentielle n’ont pas fait la preuve de leur efficacité en termes d’emplois, le projet de Lecornu les reconduit, à hauteur de 77 milliards, et jusqu’à 3 smic.
Il y a urgence à se donner les moyens de trouver les recettes nécessaires pour sauver notre SÉCU et lui permettre de jouer son rôle de solidarité pour la santé, la retraite, la famille, un système de santé public, comme elle le fait depuis 80 ans !
Immédiatement, les communistes portent dans le débat ses propositions pour élargir le financement de la sécurité sociale :
- Une proposition de contribution additionnelle sur les revenus financiers des entreprises : soit un apport de 183 milliards sur la base des taux actuels. Un prélèvement de seulement de 10% rapporterait la première année 59 milliards d’euros !
- Suppression progressive des exonérations des cotisations patronales, actuellement compensées par le budget de l’État à travers la TVA
- Transformation de la CSG en cotisations sociales…
OUI ! Il est possible de faire autrement : l’argent existe pour la santé, la retraite !!
Les mobilisations convergentes font bouger les lignes ! Poussons l’avantage !!
Dans le cadre de l’instabilité politique que nous connaissons, des contraintes budgétaires qui sont difficiles et s’annoncent impactantes pour nombre de dossiers, il est bon et encourageant de souligner quelques avancées, à mettre au compte des mobilisations convergentes = salariés-syndicats- associations- élus-es-citoyens-es !
Il en est ainsi, en appui de la « Marche du Rail » organisée du 01 au 04 Octobre 2025 aux fins d’exiger la réouverture de la ligne ferroviaire AGEN- AUCH. Cette déambulation sur la voie ferrée a été pilotée par les structures CGT, cheminots et autres, par le CRVF N-A ((Comité Régional de Vigilance Ferroviaire de Nouvelle Aquitaine) avec ses diverses associations d’usagers (adhérentes pour certaines à la CNR) et appuyée par l’implication d’élus-es progressistes et de citoyens-es. Ce rapport de force a conduit le Vice-Président en charge des transports en Nouvelle Aquitaine, à demander au Président ROUSSET, d’écrire au prochain Président de la SNCF, Jean CASTEX, afin d’obtenir la réouverture aux trafics ferroviaires de la ligne susvisée … position qui a été adoptée en séance plénière du Conseil Régional.
À la suite de multiples mobilisations engagées depuis plusieurs mois dont il faut saluer l’apport important des collectifs d’usagers, visant à s’opposer à la fermeture programmée de certaines lignes ferroviaires et à mettre en avant des propositions de relance (voir courrier de la CNR du 07 Octobre 2025 au Ministre des Transports), la réunion du 16 Octobre 2025 du Conseil Régional de Bourgogne Franche Comté, a dû en tenir compte !!
C’est ainsi que le nouveau Président du Conseil Régional a annoncé l’engagement de sa Région à hauteur de 12,1 millions d’euros pour des travaux d’urgence sur la ligne historique et touristique du JURA, dite des « Hirondelles » (Andelot-La Cluse) afin d’éviter la fermeture envisagée à court terme. De plus, la ligne ferroviaire CLAMECY- CORBIGNY, située dans le département de la Nièvre (58), se verra doter d’une enveloppe de 3,6 millions d’euros afin, qu’à la suite de travaux, d’y rétablir des relations ferroviaires (ce sont des cars qui ont assuré les dessertes cet été). D’autre part, il a été annoncé la remise en place des « comités de lignes », instance qui permet aux usagers de définir avec les élus-es la consistance du Service public ferroviaire à partir des besoins exprimés.
Parallèlement aux annonces de la Région Bourgogne Franche Comté (BFC), l’Etat a engagé 300 000 euros pour des travaux permettant de maintenir les trafics FRET dans cette Région et d’autres financements pour la ligne ferroviaire LURE-EPINAL, pour laquelle une importante mobilisation a eu lieu le 12 Avril 2025. En attente du CPER (2027-2032), la Région BFC a affecté 98 millions d’euros à SNCF Voyageurs pour permettre la rénovation de 23 trains AGC.
Si on peut se féliciter que sous la pression d’actions convergentes, les choses bougent, on ne peut que dénoncer le fait que de plus en plus les collectivités territoriales se substituent aux obligations et responsabilités de l’Etat qui demeure quand même le propriétaire des infrastructures ferroviaires !! Ce n’est pas étonnant quand on voit que la France se situe dans le peloton de queue en Europe dans la part en euros consacrée par habitant aux infrastructures ferroviaires.
L’argent existe et il est mobilisable lorsqu’il y a une volonté politique !! L’actualité le démontre !! IL faut massivement investir dans le Rail public ! C’est un choix d’avenir, un choix de société !!
Conformément à ses statuts, visant à aider, coordonner, fédérer, à relayer les actions de celles et ceux qui œuvrent à la défense et au développement du Service public ferroviaire, la Convergence Nationale Rail a le plaisir d’annoncer la création d’une antenne CNR dans le Nord-Pas de Calais et celle d’une nouvelle association de défense des intérêts des usagers du rail, intitulée : « Convergence pour le développement du Rail en Bourgogne Franche Comté- CDR ». Ce nouvel outil, portant l’intérêt général, construit autour des Secteurs fédéraux CGT des cheminots de Strasbourg, de Dijon, de Auvergne-Nivernais, de Paris Sud Est et de la CNR, constitue un appui conséquent pour aider à la construction et à la coordination d’actions concernant les activités ferroviaires des Régions Grand Est et Bourgogne Franche Comté.
Pour terminer dans l’évocation de « bougés » à mettre au crédit d’actions, de projets, portés par des acteurs comme des collectifs d’usagers, des syndicats CGT de la Région PACA, d’élus-es, de citoyens-es engagés-es, signalons l’action développée depuis plusieurs années par le Collectif DSA (Digne-St Auban), revendiquant la réactivation et la réouverture de cette voie ferrée aux trafics ferroviaires. Après l’audience du 11/06 /2025 accordée par la Maire de Digne les Bains (04), le collectif a été reçu le 08/10/2025 par le cabinet de la Présidente du Conseil Départemental des Alpes de Haute Provence. Dans le cadre de l’inauguration de la gare de ANNOT, la Présidente du CD 04 a demandé publiquement la réouverture de la ligne ferroviaire Digne-St Auban.
La situation que nous vivons est certes difficile, n’offrant pas de perspectives sérieuses car instables mais forts de l’engagement, de l’investissement de toutes celles et de ceux qui luttent pour un monde meilleur, plus vivable pour aujourd’hui et pour demain, nous pouvons changer la donne ! Les avancées compilées dans ce communiqué en constituent les premières expressions !! La véritable transition écologique et énergétique se fera avec le développement du rail ! Seule alternative crédible pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 !!
Liste de revues permettant d’alimenter l’action et la réflexion
Économie & Politique
500 milliards pour sortir de l’austérité : que financer en priorité (investissements matériels ou emploi et formation) ? Quels moyens pour résister au chantage à la dette ? La seule fiscalité (taxe Zucman) ou des avances apportées par un pôle financier public ? Le dossier d’Économie & Politique présente le détail chiffré des propositions communistes pour le développement des services publics dès le budget 2026.
—> Accéder au numéro d’Économie & Politique.
La Pensée
Face aux faux arguments de Macron dans la Convention citoyenne sur les rythmes scolaires et les temps de l’enfant, voici un contre-argumentaire : à partir de recherches parues dans la revue La Pensée et dans l’ancienne revue du PCF L’École et la nation, publié par la Fondation G. Péri. Un entretien dédié sur la plateforme scientifique Cairn : accès gratuit jusqu’au 7 novembre.
—> Accéder à l’entretien de La Pensée.
Recherches Internationales
Les grands réseaux mondiaux d’échange sont au cœur de la rivalité sino-américaine. Energie, finance, internet, 5G, aucune des infrastructures internationales n’échappe désormais aux affrontements de puissance. Le dernier numéro de Recherches Internationales analyse l’ensemble des aspects de cette dynamique qui transforme la mondialisation. Disponible ici.
—> Accéder au numéro de Recherches Internationales.
Cahiers de Santé publique et de protection sociale
Après les numéros précédents consacrés à l’alternative à l’austérité et à la guerre commerciale de Trump, voici un dossier « municipales » qui propose un ensemble d’analyses, de diagnostics et de propositions pour mettre en cohérence, dans les communes et leurs regroupements, objectifs sociaux et écologiques, moyens financiers et prise de pouvoir par les citoyen.ne.s, salarié.e.s, agent.e.s des services publics territoriaux.
—> Accéder au numéro des Cahiers de Santé publique et de protection sociale.
Humanité – Hors série
Miroir du cyclisme Après 31 ans de mise en sommeil, la mythique revue revient dans les kiosques ! Dans ce numéro : Thomas Voeckler, l’académie Remco Evenepoel, Juliette Labous et Lucien Aimar, Jeannie Longo et Marc Madiot, Guillaume Martin-Guyonnet et Arthur Hay, secrétaire CGT des coursiers à vélo, Bernard Hinault….
Communiqué de presse du Collectif Inter-Hôpitaux. Fin de l’égalité républicaine
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 prévoit, à nouveau, un budget insuffisant pour les établissements de santé. Alors que l’augmentation annuelle des charges des hôpitaux est de l’ordre de 4 %, un objectif national de dépenses de l’assurance maladie (ONDAM) à 1,6 %, et de 2.1 % pour les établissements de santé, va encore réduire les moyens de nos hôpitaux publics, et continuer à dégrader l’accès, la qualité et la sécurité des soins. Actuellement, plus de 2/3 des hôpitaux publics ont des recettes inférieures aux coûts nécessaires à leur fonctionnement et leur déficit est passé de 415 millions d’euros en 2019 à 2.8 milliards d’euros en 2024. Ce déficit, reflet d’un sous-financement chronique, résulte d’une inadéquation entre les tarifs et le coût réel des soins, du non-financement des revalorisations salariales du Ségur et de l’inflation. Avec une augmentation de l’ONDAM totalement décorrélée des besoins, l’écart va se creuser davantage. Selon la Fédération Hospitalière de France, c’est 1,1 milliard d’euros qui vont manquer aux hôpitaux publics correspondant à 20 000 postes d’infirmières. Les conséquences sont connues. Les soignants et les usagers les subissent depuis des années : dégradation des conditions de travail, fuite des personnels et fermetures de lits.
Par ailleurs, le PLFSS comporte une nouvelle augmentation du reste à charge pour les patients : doublement des franchises sur les boîtes de médicaments, consultations et transports, création de nouvelles franchises (soins dentaires, lunettes…). Le reste à charge moyen d’un assuré en affection de longue durée (ALD) est de 840 euros annuels (rapport IGF juin 2024). « Grâce » à ce PLFSS, il faudra payer 100 euros supplémentaires chaque année, sans compter l’augmentation des tarifs des complémentaires santé. L’accroissement du reste à charge sape la solidarité et entrainera des renoncements aux soins.
En 2018, la première revendication de la population, appelée à se prononcer sur les dépenses publiques, était le rétablissement d’un accès aux soins hospitaliers de proximité. Pour célébrer le 80ème anniversaire de la Sécurité Sociale, le gouvernement abandonne la promesse républicaine d’un accès aux soins égal pour tous. Les conséquences sanitaires de ce choix politique sont connues : la crise de l’hôpital public va s’aggraver et l’accès aux soins se dégrader.
Le CIH demande une réforme du financement de l’hôpital public partant des besoins de la population et permettant d’avoir les effectifs de personnels nécessaires à assurer des soins de qualité.
Le CIH appelle les parlementaires à amender le PLFSS pour aller dans ce sens.
Lycées professionnels, il y a urgence !
Toutes et tous mobilisé·es, par la grève et les manifestations, le 14 octobre
Les conditions d’études et de travail continuent de se dégrader d’année en année dans les lycées professionnels. Le manque de moyens et les réformes qui s’accumulent empêchent les établissements de remplir correctement leur mission de formation et d’émancipation de la jeunesse. La nouvelle terminale bac pro en est une parfaite illustration.
Le fiasco du parcours différencié dit Y est incontestable : élèves moins bien préparé·es aux examens, établissements complètement désorganisés, absentéisme catastrophique… Malgré le rétablissement de deux semaines de cours, maintenir le principe du parcours différencié sur quatre semaines, ne fera qu’accentuer les mêmes dysfonctionnements au mépris des élèves comme des personnels des lycées professionnels.
Suppressions d’heures de cours, remplacements d’enseignements par des dispositifs peu opérants, affaiblissement des contenus professionnels, les réformes s’empilent, sans qu’aucun état des lieux exhaustif et partagé ne soit jamais réalisé. La transformation des Brevets des métiers d’art au pas de charge pour créer une voie d’orientation spécifique et supprimer une année de formation est une étape supplémentaire dans l’affaiblissement de la formation professionnelle initiale. Si aujourd’hui les lycées professionnels tiennent, c’est uniquement grâce à l’engagement des personnels, malgré les entraves à l’exercice de leur métier et la perte de sens dans leur travail.
Le refus d’ouvrir de nouvelles formations répondant à la demande d’orientation des élèves et de leur famille a pour conséquence des classes surchargées dans plus de la moitié des lycées professionnels. Faute de places, des élèves se voient refuser l’entrée en CAP ou 2de pro.
Nos organisations FSU, CGT Éduc’action, SE-UNSA, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, SNALC, SUD éducation, CNT-FTE demandent un changement de cap pour les lycées professionnels avec un véritable dialogue social.
Dès à présent, nos organisations exigent :
- l’abandon de tout parcours qui se fait au détriment des enseignements (abrogation du parcours personnalisé) ;
- le rétablissement des examens de bac-pro sur la seconde quinzaine de juin dès cette année ;
- un plan d’urgence pour les lycées professionnels publics répondant aux besoins des élèves : ouvertures de formations de CAP et bac pro, création des postes nécessaires (PLP, CPE, AESH, AED…), rénovation du bâti scolaire, notamment des ateliers.
Dès maintenant, elles appellent à organiser des réunions d’information syndicale pour faire un état des lieux de la voie professionnelle en cette rentrée, informer les collègues sur la poursuite des contre-réformes et débattre des exigences à revendiquer pour les lycées professionnels.
Pour que ces exigences aboutissent, nos organisations FSU, CGT Éduc’action, SE-UNSA, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, SNALC, SUD éducation, CNT-FTE appellent à se mobiliser par la grève et les manifestations le mardi 14 octobre.






