L’édito du Travailleur Catalan par René Granmont Apolitique ?

À l’approche du scrutin municipal, fleurissent les listes dites « apolitiques », « sans étiquette ». S’il est vrai que, dans certaines des plus petites communes, les listes se sont construites à partir de bonnes volontés, sans regarder de trop près les penchants politiques de telle ou tel, le plus souvent, elles n’en demeurent pas moins très politiques.

Car les élections municipales ne sont pas des élections apolitiques.

Déjà, au soir des résultats, tous les partis politiques, et en priorité le ministre de l’Intérieur, vont faire les comptes pour savoir qui de la gauche ou de la droite, du macronisme à l’extrême droite, a gagné ou perdu…

D’autre part, les maires jouent un rôle éminemment politique, que ce soit en votant pour les élections sénatoriales (savez-vous pour qui vote votre maire ?) ou, pour certains, en votant pour le président de la communauté urbaine (votera-t-il pour ou contre l’extrême droite ?).

Enfin, gérer une commune, quelle qu’en soit son importance, nécessite de faire des choix … qui sont rarement neutres et sont alors très politiques. Face à l’austérité imposée aux collectivités locales, sacrifiera-t-on la politique sociale, l’aide aux associations ou la construction de telle réalisation de prestige ? Privilégiera-t-on la mixité sociale face aux promoteurs qui veulent implanter un habitat haut de gamme ? Se battra-t-on pour les services publics en refusant de privatiser à outrance ?

Alors pourquoi tant de listes sans étiquette ? En regardant de plus près, on s’aperçoit que, très souvent, c’est pour cacher qu’elles sont de droite, voire de droite extrême. Pour cacher qu’elles souscrivent aux choix politiques d’Emmanuel Macron. Pour cacher qu’elles soutiennent, peu ou prou, le système de la caste des tout-puissants dont les frasques, les atteintes aux droits élémentaires, la corruption, écœurent nombre de nos concitoyens.

Aussi, pour être clair, pas question de voter pour des listes qui parfois osent se réclamer de la gauche… en cachant en leur sein, comme à Perpignan, une conseillère départementale élue en 2021 en étant unie à un sénateur LR partisan d’une union de troisième tour avec le RN, et une candidate, en 2020, de la liste de Jean-Marc Pujol , lui qui n’a cessé de rendre hommage à l’OAS. Mais votons pour les listes qui affichent clairement, franchement qu’elles se situent dans la lutte contre l’extrême droite et dans le combat progressiste pour la solidarité, la fraternité , la liberté.

L’édito du webzine. Reconstruire un avenir pour la jeunesse

La jeunesse française étouffe. Elle.est prise en étau entre un discours militaire qui la sacrifie et un discours patronal qui la précarise. Pourtant, elle aspire à un avenir juste, écologique et émancipateur.

Dans une tribune publiée dans L’Humanité, Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, dénonce deux messages récents adressés à la jeunesse française, aussi brutaux que révélateurs. D’un côté, le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, affirme que la France doit « accepter de perdre ses enfants » dans un éventuel conflit. De l’autre, le MEDEF propose un « CDI révocable » payé au SMIC, un contrat taillé pour une main-d’œuvre docile et jetable. Entre mourir sur un champ de bataille et survivre dans la précarité, voici l’horizon dessiné pour les jeunes générations.

Les chiffres de l’INSEE et d’autres études dressent un tableau sombre : près de 20 % des jeunes sont au chômage, 110.000 quittent chaque année le système éducatif faute de moyens, et 1,4 million de 18-24 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Parler de sacrifice ou d’emplois au rabais relève d’une déconnexion coupable avec les réalités vécues par la jeunesse.

Le MEDEF, enfermé dans son objectif de gonfler toujours plus les dividendes, propose de baisser encore ce qu’il appelle « le coût du travail ». Les 221 milliards d’aides publiques entrainant la distribution de 107 milliards d’euros aux actionnaires ne lui suffissent pas. Pendant ce temps, l’appareil productif français s’affaiblit, et les familles peinent à offrir une éducation digne à leurs enfants.

Le mépris face au projet de société des jeunes

Quant à l’appel au « sacrifice » de Fabien Mandon, l’histoire montre que la jeunesse française a toujours répondu présente : à Valmy, pendant la 1ère guerre mondiale pour sauver la République, dans la Résistance pour repousser l’occupant nazi pendant la seconde guerre mondiale. Mais aujourd’hui, la jeunesse refuse l’absurde. Selon le Credoc et l’Institut national de la jeunesse, les jeunes restent attachés au travail mais exigent une rémunération juste avec un équilibre personnel et une utilité sociale et écologique.

Les jeunes se heurtent à un système fondé sur l’enrichissement individuel, la surconsommation et la compétition permanente. L’école ne remplit plus sa mission avec des diplômes tout puissants devenus des vecteurs de disqualification sociale entrainant la montée du lepenisme.

Face à ce constat, Fabien Roussel et d’autres appellent à faire de la jeunesse la grande cause nationale des deux prochaines décennies. La gauche a obligation de relever le défi de transformer ses aspirations en un projet de société concret, avant que le désespoir ne l’emporte. Pour cela sortir de « la loi du plus fort » et de viser « le meilleur du meilleur » : meilleures écoles, universités, formations, et voies éducatives innovantes, en phase avec les réalités sociales et culturelles.

Dominique Gerbault

L’actu de la CGT (n° du 6 février 2026)

Avec plus de 2.500 personnes rassemblées, la CGT lance sa campagne pour les libertés syndicales
Alors que la répression syndicale atteint un niveau inédit en France, la mise en examen, en décembre dernier, de la Secrétaire générale de la CGT a marqué un nouveau seuil.
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Actualités

Le patronat veut nous voler le 1er mai, toutes et tous mobilisé·es le 10 avril !
La CGT continue d’alerter car un vote risque de se tenir à l’assemblée le vendredi 10 avril sur le projet patronal d’ouvrir une brèche contre le 1er mai, seul jour férié, obligatoirement chômé et rémunéré d’après le code du travail !
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Intervention de Sophie Binet au meeting pour les libertés syndicales
Mercredi 4 février, la CGT a lancé sa campagne pour les libertés syndicales par un meeting revendicatif et festif à Montreuil !
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Le syndicalisme est d’utilité publique : avec la CGT je me défends
Le patronat a tout intérêt à ce que nous soyons divisé·es. Nous, salarié·es, nous rassemblons au sein de la CGT pour défendre nos intérêts.
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Fil rouge replay : encore une attaque sur l’assurance chômage !
Denis Gravouil et Emmanuelle Lavignac vous expliquent les enjeux des négociations qui s’ouvrent autour de l’assurance chômage.
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Communiqués de presse

Interpellation des candidat·es (hors RN) aux élections municipales et communautaires 2026
À l’approche des élections municipales et communautaires de mars 2026, la CGT interpelle l’ensemble des candiat·es, hors RN, autour de 10 propositions pour des politiques publiques de proximité, répondant aux besoins des salarié·es et de la population.
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Non au CPE XXL !
Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le MEDEF ose remettre le couvert.
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L’édito du TC par Evelyne Bordet. À bas bruit… sournoisement !

À l’approche des municipales, dans notre département, impossible d’ignorer Perpignan qui rafle toute l’attention médiatique. La ville est le trophée du Rassemblement national, bien décidé à y replanter son drapeau !

Mais, au-delà de Perpignan, les villages ne sont pas oubliés ! Là, le RN troque son costume officiel pour une pelisse d’invisibilité. Finie l’affiche « extrême droite », bienvenue aux « sans étiquettes » et autres « apolitiques » … Parfait pour rassurer les électeurs en leur faisant croire à des candidatures neutres, alors que dès que l’on regarde les listes de plus près, on y retrouve des proches du RN. La stratégie est claire : on avance masqué, on repeint son logo en gris pâle. Les listes « apolitiques » poussent comme des champignons. L’objectif ? Séduire les méfiants, contourner la défiance et s’ancrer tranquillement dans le paysage local. L’histoire nous l’a appris : les basculements politiques ne s’annoncent pas toujours par des fracas spectaculaires. Ils passent souvent par des glissements progressifs. L’extrême droite s’installe, construisant patiemment des réseaux d’élus et de cadres, à bas bruit, sournoisement. « Nous entendons peser comme jamais dans notre histoire sur le scrutin local », a annoncé Jordan Bardella le 12 janvier lors de ses vœux à la presse. Son parti compte remporter « des dizaines de villes ». Alors, dans les communes rurales, chaque mairie conquise, chaque implantation locale renforcera la capacité du RN à se projeter vers les échéances nationales. La lutte entre démocratie et fascisme ne se joue pas dans un futur hypothétique : elle se joue aujourd’hui, partout, jusque dans nos villages ! La porte est grande ouverte, quand l’État fait sauter une à une les digues préservant l’État de droit. Une odeur putride s’installe dans le débat public, portée par des discours politiques et médiatiques qui font du racisme une opinion comme une autre, banalisant ainsi des positions qui rejettent la diversité et usent du refus de la différence comme un véritable levier politique. Ce glissement insidieux façonne un climat où l’exclusion devient non seulement tolérée, mais aussi valorisée, participant à une dangereuse transformation du paysage politique.

Les dynamiques de progrès, d’égalité et de liberté peuvent disparaître, ici, maintenant, si elles ne sont pas défendues avec conviction. C’est l’enjeu de ces municipales, partout, dans chaque village !