N’écrivons pas l’avenir avec le sang de nos enfants ! (national)

Ce qui devrait être un principe sacré est aujourd’hui remis en question par des discours qui préparent l’opinion à accepter l’inacceptable : l’idée que nos enfants pourraient devoir mourir pour la patrie. Lorsque le général Fabien Mandon affirme qu’il faut « accepter de perdre nos enfants », une limite morale essentielle est brisée. On demande aux familles, aux enseignants, aux grands-parents d’intégrer la mort de la jeunesse la jeunesse comme une perspective normale. Cette injonction glace et révolte : comment oser réclamer un tel sacrifice alors que ceux qui l’exigent n’ont pas su préserver la paix, alors que c’était leur responsabilité ?

La Charte des Nations Unies impose aux États de résoudre les différends par la diplomatie et de ne consacrer aux armements que le strict minimum (article 26 de la charte des Nations unies). Mais depuis des décennies, les grandes puissances — France incluse — ont trahi ces obligations. Elles ont laissé s’installer une culture de guerre, alimentée par une explosion des dépenses militaires et par la puissance du complexe militaro-industriel. Les budgets mondiaux atteignent aujourd’hui des niveaux record passant de 1000 milliards de dollars en 2000 à 2740 milliards en 2025, tandis que les peuples s’appauvrissent et que la misère fait des ravages : en 2023, plus de 61 millions de personnes sont mortes des conséquences du sous-développement, de la misère et des conséquences de la misère (voir J.Ziegler « Où est l’espoir » Le seuil). Dans le même temps, la richesse se concentre entre quelques mains, et les multinationales disposent d’un pouvoir économique financier, médiatique (et idéologique), et politique sans précédent.

Ces choix ont affaibli la sécurité internationale au lieu de la renforcer. Les grandes puissances n’ont pas su prévenir les conflits, protéger les populations ni répondre aux urgences climatiques et sociales. Elles ont violé leurs obligations en matière de désarmement nucléaire (violation de l’article 6 du TNP) et laissé s’effriter l’ordre international fondé sur le droit. Comme le souligne l’écrivain Amin Maalouf (secrétaire perpétuel de l’académie Française), le monde s’engage dans « une dérive suicidaire ».

En France, la même logique domine : réduction des dépenses sociales, fragilisation des services publics (éducation, santé, information, transports) préparation des hôpitaux à accueillir des blessés de guerre, augmentation massive des investissements militaires. On anticipe les guerres au lieu d’œuvrer à les prévenir. On accueille même à Paris des industriels de l’armement israéliens au salon de l’armement alors que le gouvernement Netanyahou a été condamné par la justice internationale pour sa politique génocidaire à Gaza. Quelle cohérence reste-t-il quand on traite la guerre comme un marché avant de la traiter comme un échec et que l’on oublie que la paix est l’objectif fondamental à gagner par des moyens diplomatiques ?

Face à cette dérive, les peuples opposent un autre message : nous aimons la paix, nous aimons la vie, et nous refusons que nos enfants deviennent de la chair à canon. Les crises écologiques, sociales et économiques montrent que l’humanité n’a qu’un seul chemin : la coopération et la paix. Aucun problème vital ne peut être résolu dans un monde livré aux rivalités armées et aux guerres.

Le 10 décembre aura lieu le débat, sur « la trajectoire d’augmentation des moyens de nos armées » à l’assemblée nationale annoncé par le ministre des armées Le cornu, l’objectif proposé est d’augmenter les moyens militaires pour répondre aux exigences des USA, de l’Otan et de l’UE d’atteindre l’objectif des 5 % du PIB pour les dépenses militaires. C’est pourquoi le Mouvement de la Paix appelle, jusqu’au 10 décembre 2025, à une mobilisation citoyenne devant les préfectures et sous-préfectures afin d’exiger le respect intégral du droit international et de la charte des Nations Unies, le respect du droit des humains à la paix, la recherche de solutions diplomatiques aux conflits et la mise en œuvre de la résolution de l’ONU portant plan d’action pour la mise en œuvre de la culture de paix. Les33 Etats du CELAC (coordination des Etats latino-américains et des caraïbes) ont choisi la mise en œuvre de cette résolution comme base pour leur sécurité commune. Comme le rappelait l’historien Georges Corm, dans son livre « pour une lecture profane des conflits » le non-respect du droit international nous conduit droit vers une guerre généralisée. Il est donc urgent de rompre avec cette spirale. L’espoir existe : il réside dans la capacité des sociétés civiles à s’unir pour défendre la paix, la justice sociale et la protection de la planète. C’est en construisant ce front commun pour la paix sur le plan national, européen et mondial que nous pourrons isoler les faiseurs de guerre et rappeler aux gouvernements leur devoir fondamental : préserver la vie et la paix. Nous refusons que l’avenir de nos enfants soit écrit dans la peur et le sang. Nous refusons que la jeunesse paie de sa vie les erreurs et les renoncements des grandes puissances. Exiger la paix, ce n’est pas un rêve naïf : c’est la condition même de l’avenir. Qui veut la paix, prépare la paix !

Le Mouvement de la Paix – 26 novembre 2025

Contact : national@mvtpaix.org ; Rejoignez le mouvement de la paix

Signez la pétition maudite soit la guerre

Message du Collectif national Stop CETA – Mercosur

Le collectif a besoin d’aide pour faire pression sur E. Macron, le gouvernement et la Commission européenne afin de bloquer le très nocif accord de libre-échange UE-Mercosur dont la ratification pourrait avoir lieu autour du 18 décembre, le collectif :

Le collectif va continuer. Y compris à Bruxelles, avec ses partenaires européens. Mais il a besoin d’aide pour propager cette action en ligne visant à interpeller E. Macron, et pour être soutenu dans cet effort.

Passez à l’action : écrivez à E. Macron, ses ministres et aux eurodéputés !

Pour rester informés :

Soutenez l’action du collectif par un don, même minime !

Pour s’informer sur le fond :

  • Accord UE-Mercosur : Où en est-on ? L’accord peut-il encore être bloqué ? (2 pages, pdf)

L’édito du TC par René Granmont. Quelle guerre ?

De l’assassinat à Marseille de Mehdi, assassinat destiné à faire taire son frère, le militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, au coup de menton du chef d’État-major des armées nous demandant à être « prêts à perdre nos enfants », tout concourt à rendre un peu plus inquiétante une situation qui, déjà sur le plan social, est fort peu réjouissante.

Face à ces discours de guerre qui envahissent le débat public, « nous ne voulons pas d’une troisième guerre mondiale, alimentée par des chefs d’États en manque d’autorité, alimentée par des impérialismes puissants. Nous sommes autant opposés au nationaliste Poutine qu’à ceux qui voudraient nous faire entrer en guerre contre le peuple russe. » a souligné le secrétaire national du PCF à Marseille. En fait, ces proclamations martiales visent surtout à faire accepter le doublement du budget des armées au détriment des services publics, de l’éducation, de la santé… Plutôt que d’envoyer « nos » enfants se faire tuer dans des guerres qui ne sont pas les leurs, ne serait-il pas plus judicieux et plus conforme à l’esprit de la France des Lumières que notre pays prenne la tête d’une coalition en faveur de véritables négociations sur la base du droit international, en refusant de se faire tordre le bras par Poutine ou par Trump, pour obtenir une paix juste en Europe ?

Par contre, s’il est une « guerre » que le gouvernement se doit de mener, c’est bien celle contre le narcotrafic. Ce combat contre tous les trafics nécessite autre chose que de simples déplacements de ministres à Marseille, autre chose que l’annonce d’un plan anti-portables dans les prisons… Derrière ces opérations de com, derrière les discours répressifs, les moyens continuent à faire défaut pour mener des enquêtes permettant de s’attaquer aux gros bonnets plutôt que de rafler les petites mains. Il manque 60.000 agents de police, enquêteurs, douaniers après les coupes effectuées dans ces emplois par la droite !

Sans compter que la dimension sociale est toujours laissée en plan, car c’est sur le terreau de la pauvreté, de la précarité, de l’abandon de l’État que prospère l’emprise des narcotrafiquants sur les plus jeunes. L’exigence de justice est aussi celle de justice sociale. Et pourtant le gouvernement continue de creuser les inégalités, de casser les services publics, de laisser les jeunes des quartiers populaires sans espoir. « Si on laisse les jeunes en situation précaire, les seuls à leur tendre la main, c’est le trafic », ont alerté la mère de Mehdi et Amine samedi à Marseille. C’est aussi cette page qu’il faut tourner.

Palestine, pour une paix juste et durable,retrouvons-nous tous le 29 novembre 2025 à Paris !

La population de Gaza reste soumise aux bombardements et destructions. Son quotidien est celui d’une pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments. Le gouvernement israélien utilise toujours l’accès aux biens essentiels comme instrument de guerre. Il refuse ouvertement toute possibilité d’existence d’un État palestinien à ses côtés comme l’a confirmé le récent vote en première lecture d’un projet d’annexion de la Cisjordanie. Obtenir de la communauté internationale qu’elle intervienne est une urgence, une priorité immédiate et absolue.

La colonisation s’aggrave

Les actions violentes s’amplifient en Cisjordanie, là encore dans un contexte de passivité de la communauté internationale. La menace d’annexion du territoire palestinien se manifeste quotidiennement par les attaques des colons, avec le soutien de l’armée israélienne, et par le maintien des restrictions.

Le plan Trump apparaît désormais comme une nouvelle étape pour conforter l’impunité et pour maintenir la passivité face à la négation de tous les droits du peuple palestinien, droit à la sécurité, droits économiques et sociaux, droits nationaux. Ce plan n’est évidemment pas un plan de Paix mais met les Palestiniens, et l’OLP qui les représente, sous tutelle, et les prive de leur droit à l’autodétermination.

Le silence n’est pas de mise. Nous ne devons pas le laisser s’installer.

Nous ne pouvons dans ce contexte que condamner la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent à participer au salon de la sûreté et de la sécurité intérieure, le Milipol.

La mobilisation a permis de mettre un frein au génocide

Le 15 novembre, à Barcelone, un appel ACT X PALESTINE a été lancé à l’initiative de trente associations palestiniennes de défense des droits humains, de construction de la paix, préparé en lien avec des associations des deux rives de la Méditerranée et des autres pays d’Europe.

La paix ne se fera pas sans écouter les voix palestiniennes et les voix dissidentes en Israël

Nous appelons nos partenaires français et européens à rejoindre toutes les mobilisations qui, partout dans le monde, contribuent à rompre l’inertie, à construire un rapport de force pacifique et déterminé pour qu’advienne le tournant décisif qui imposera la paix, juste et durable entre l’État de Palestine et celui d’Israël, s’appuyant sur le droit international, dont les frontières de 1967.

Une paix juste sera basée sur l’application des résolutions de l’ONU, des réparations pour les destructions illégales et les violations du droit humanitaire commises non seulement depuis le 7 octobre 2023 mais aussi tout au long de l’occupation et de la colonisation des territoires palestiniens.

Une paix durable repose sur une résolution politique conclue entre Palestiniens et Israéliens. La communauté internationale doit peser, y compris par des sanctions, pour que cela ait lieu, et tout particulièrement aujourd’hui l’imposer aux gouvernants d’Israël. Nous savons qu’elle pourra s’appuyer, dans les deux sociétés, sur les acteurs et organisations favorables à une telle paix.

Retrouvons-nous à Paris !

Dans un moment où l’on cherche à imposer la seule loi des plus forts, la solidarité avec la Palestine, c’est imposer la résolution du conflit par le respect du droit international et s’opposer fermement à la répression de cette solidarité.

Le 29 novembre, nous appelons à une manifestation nationale qui se déroulera à Paris, à 14h place de la République.

Signataires : LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Association les ami.es de Standing Together en France,  Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Réseau Féministe «Ruptures», Une autre voix juive (UAVJ), Confédération générale du travail (CGT), Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES-FSU), Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS), Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)

L’édito du webzine. Les violences faites aux femmes : ça suffit !

La journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », mise en place par les Nations Unies chaque 25 novembre, donne lieu à des mobilisations. Ces violences ont tué 142 femmes en France depuis le début de l’année selon l’association « Nous toutes ».

Selon l’ONU, « à l’échelle mondiale, près d’une femme sur trois a été victime de violence physique et/ou sexuelle de la part de son partenaire intime, de violence sexuelle d’un autre partenaire, ou des deux, au moins une fois dans sa vie ». Un constat glaçant qui a pour origine le patriarcat qui structure l’ensemble des sociétés à des degrés divers. N’oublions jamais qu’au pays de la Déclaration des droits de l’Homme, la France, les femmes ont été considérées comme des sous-citoyennes jusqu’en avril 1944, où la loi leur a enfin permis de voter et d’être éligibles. Qu’il a fallu imposer, par la loi, aux formations politiques la parité dans les scrutins de liste pour qu’ils présentent autant de femmes que d’hommes.

Ces droits, les femmes les ont arrachés par leurs combats, leurs mobilisations, sous la violence et les insultes. Aujourd’hui, en 2025, ce fléau de la violence à l’égard des femmes s’amplifie avec les réseaux sociaux. Créée en 2010, ONU Femmes a lancé cette année une campagne contre la violence numérique. Car ses conséquences ne sont pas virtuelles, indolores. Les réseaux sociaux peuvent tuer, harceler, mettre en danger.

Un 25 novembre pour toutes

Pour toutes ces femmes(*), à l’occasion de la journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives se mobiliseront ce 25 novembre. À Perpignan, une manifestation lumineuse démarrera à 18h place de la République et à 19h30, un concert se déroulera au théâtre de la Complicité, 39 rue des Rois de Majorque. Cette journée revêt une dimension internationale. Elle donne lieu à de vastes mobilisations à l’heure où le masculinisme prospère notamment sur la toile.

Dans l’Union européenne « 30,7 % des femmes ont subi des violences physiques ou des menaces et/ou des violences sexuelles » selon une enquête « menée de 2020 à 2024 sur les expériences subies par des femmes âgées de 18 à 74 ans vivant dans l’Union européenne en matière de violence physique, sexuelle et psychologique, y compris la violence au sein du couple mais aussi hors couple, ainsi que les violences subies sur le lieu de travail », expliquent les auteurs de l’enquête dont Eurostat (office statistique de l’Union européenne).

En France, En 2024, « les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, un niveau quasi stable par rapport à 2023 (+0,4 %) » selon les chiffres publiés le 10 octobre par le ministère de l’Intérieur. Sachant que seule 1 victime sur 6 porte plainte auprès des services de sécurité, la « stabilité » doit être interrogée.

Dominique Gerbaullt

(*) Victime de violences, appelez :
Le 119 pour enfance en danger ;
Le 3919 pour violences femmes info ;
Le 114 par SMS, si vous ne pouvez pas parler ;
Le 17 cas d’urgence.

Mobilisés contre les violences faites aux femmes (L’Indep)

Paris, Montpellier, Lille, Lyon, Bordeaux. Des manifestations, à l’appel d’associations féministes, se sont élancées, samedi, dans plusieurs dizaines de villes pour exhorter l’Etat à « révolutionner » la politique de lutte contre les violences faites aux femmes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les dernières données rendues publiques, jeudi, par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), en 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, un chiffre en hausse de 11 % sur un an.

Une femme est victime, par ailleurs, de viol, tentative de viol ou d’agression sexuelle toutes les deux minutes. Et de harcèlement sexuel, d’exhibition sexuelle ou d’envoi non sollicité de contenus à caractère sexuel toutes les vingt-trois secondes.

Une loi-cadre intégrale

« Les violences et l’impunité des agresseurs persistent, huit ans après l’élection d’Emmanuel Macron », déplore le collectif Grève féministe, qui regroupe des associations, syndicats et fédérations en première ligne sur ce combat.

Les défenseurs des droits des femmes demandent, notamment, l’adoption d’une loi-cadre intégrale contre les violences, un budget de 3 Mde, ou encore l’effectivité des cours d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Mais aussi l’arrêt de la baisse des financements des associations qui viennent en aide aux victimes.

L’Indépendant, le 23 novembre 2025