Migrants contrôlés aux frontières : des « pratiques illégales » ? (L’Indep)

Hier matin, une soixantaine de personnes se sont rassemblées a l’appel de plusieurs associations devant le poste-frontière du Perthus. Objectif: dénoncer les contrôles policiers qui y ont été rétablis depuis dix ans et certaines pratiques « illégales » dont les migrants seraient la cible.

Dix ans déjà que les contrôles aux frontières internes à l’Union européenne ont été rétablis en France. Hier, à l’occasion de cet anniversaire, plusieurs associations venant en aide aux migrants ont organisé des rassemblements dans des lieux de passage emblématiques. Et notamment au poste-frontière du Perthus, devant lequel une soixantaine de personnes se sont réunies en fin de matinée. « Nous voulons dénoncer ces contrôles effectués aux frontières internes de l’Union européenne alors que nous sommes dans l’espace Schengen, où la libre circulation des personnes est censée être la règle », résume Dominique Ségard, de la Cimade.

La militante concède que l’Union autorise le rétablissement temporaire (pour trois ans maximum) des contrôles aux frontières internes en cas de circonstances exceptionnelles. Mais selon elle, les renouvellements successifs intervenus depuis 2015 pour différents motifs (sécurité, Covid-19…) seraient en revanche contraires au droit européen.

« Avec les bénévoles, nous allons régulièrement observer comment les forces de l’ordre se comportent lors de ces contrôles », poursuit Dominique Ségard. « Nous avons notamment pu constater que des personnes qui souhaitent demander l’asile ne peuvent pas le faire, que des personnes sont refoulées au mépris de la législation, que des mineurs sont mis en danger. À Cerbère, on assiste par exemple a une sorte de ping-pong, avec des jeunes parfois très jeunes qui sont baladés entre la commune et Portbou (Espagne) sans même comprendre ce qu’il se passe puisqu’il n’y a pas d’interprète. »

Au Perthus également, selon les associations : « Les contrôles quotidiens conduisent à l’interpellation et au renvoi en Espagne de personnes exilées, sans que leurs droits ne soient respectés. » Des « pratiques illégales » qui pousseraient les migrants à prendre plus de risques pour franchir la frontière (traversée à pied du tunnel entre Portbou et Cerbère…). Selon les associations, depuis 2015, au moins treize personnes seraient mortes à la frontière franco-espagnole.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 décembre)

À la défense des paysans palestiniens (L’Indep)

À l’initiative de l’association Cultures de Paix, une quinzaine de manifestants se sont rassemblés hier en fin de matinée d’avant une grande surface commerciale des Pyrénées-Orientales, choisie au hasard.

« On aurait pu alerter la petite et grande distribution comme les consommateurs devant n’importe quel commerce », précise d’emblée le président Hervé Bégué.

Devant ainsi l’hypermarché Carrefour de Claira, les protestataires ont déployé une banderole de revendications.

Leur contestation concerne « la vente illégale de produits agricoles, des fruits exotiques et d’herbes fines estampillés en provenance des territoires occupés dont La Palestine. »

Parmi les participants, des syndicats, FSU, CGT, et des mouvements pacifiques qui en ont profité pour lancer un appel au cessez-le-feu à Israël et à la Palestine. Sous le regard surpris des nombreux chalands d’évidence plus attirés par les lendemains du Black Friday et les traditionnelles courses de la semaine.

C. S. (L’Indépendant, le 30 novembre)

N’écrivons pas l’avenir avec le sang de nos enfants (international)

Nos enfants, petits-enfants, les générations actuelles et futures ont le droit de vivre en paix. La guerre n’est jamais la solution !
L’avenir de nos enfants et petits-enfants n’est pas de devenir de la chair à canon.

Résumé. « N’écrivons pas l’avenir avec le sang de nos enfants ». Lors du congrès des maires de France, le général et chef d’État major Fabien Mandon, (donc aux ordres du Président de la République) a déclaré : « Nous avons tout pour dissuader Moscou. Ce qu’il nous manque, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour défendre la Nation. (…) Il faut accepter de perdre nos enfants, de souffrir économiquement. Si nous ne sommes pas prêts à cela, alors nous sommes en risque. Il faut en parler dans vos communes »

Leurs politiques irresponsables et guerrières ont conduit le monde au bord du précipice.

Ils ont tourné le dos à leur devoir de construire la paix et la sécurité internationale dans le respect des règles fondamentales du droit international et des principes de la Charte des Nations Unies qui prévoient que « le règlement de différends ou de situations de caractère international susceptibles de mener une rupture de la paix doit se réaliser par des moyens diplomatiques en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde ». Ils ne nous proposent comme seule perspective que la culture de la guerre, l’économie de guerre, la propagande de guerre et aujourd’hui franchissent un nouveau pas en appelant les parents, les grands parents, les enseignants à préparer leurs enfants, leurs petits-enfants, la jeunesse d’aujourd’hui à mourir pour la patrie. Dans le même temps ils réduisent drastiquement les dépenses en faveur du bienêtre social et des services publics. Ils réorientent des pans entiers de l’économie vers la production d’armes et le commerce des armes.

Dès maintenant et jusqu’au 10 décembre 2025, journée internationale des droits de l’homme, le Mouvement de la Paix appelle à une sorte d’insurrection des consciences pour exiger de notre gouvernement qu’il agisse pour le respect du droit des humains à la paix, de notre droit et du droit de nos enfants, petits-enfants et des générations futures à vivre en paix. Allons en délégations partout, le plus unitairement possible, devant les préfectures et sous-préfectures etc… imaginons et exigeons partout d’être reçus pour porter cette exigence du droit de vivre en paix et du devoir de ceux qui nous gouvernent de construire la paix en trouvant des solutions diplomatiques aux conflits dans le respect de la Charte des Nations unies et de la résolution de l’ONU portant plan d’action pour une culture de la paix. Enfin, l’élimination de la menace atomique, dans le respect de l’article 6 du TNP et par la mise en œuvre du Traite sur l’Interdiction des armes nucléaires, est de nature à apaiser le monde. Face aux faiseurs de guerres et aux prophètes de malheur, c’est la construction de politiques de confiance, de coopérations multilatérales, contrôlées, partagées qui sera de nature à isoler les oiseaux de mauvais augures. L’espoir réside dans notre capacité à nous les sociétés civiles de construire au plan national et international une sorte de front uni des peuples pour la paix à travers le développement de mouvements sociaux engagés pour la justice sociale, la protection de la planète, et la paix.

Déclaration entière écrivons pas l’avenir avec le sang de nos enfants !

Le rôle des États et des chefs d’État, en vertu du droit international et plus particulièrement de la Charte des Nations unies est « de préserver les générations futures du fléau de la guerre qui par deux fois dans l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances ….. d’unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationale … en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde. » Les États membres des Nations unies ont l’obligation suivant les termes de la Charte des Nations Unies « de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix et de réaliser par des moyens pacifiques conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations de caractère international susceptibles de mener une rupture de la paix ».

La France et ses dirigeants, les membres du conseil de sécurité et plus particulièrement les membres permanents ont depuis des années et en particulier depuis 2001 tourné le dos à ces obligations posées par le droit international en utilisant souvent indument leur droit de veto qui doit être supprimé en particulier pour des États qui ont parties à un conflit.

Ils ont conduit depuis la chute du mur de Berlin et surtout à partir de 2001, des politiques de militarisation du monde, caractérisées par des guerres souvent illégales, par l’augmentation des dépenses militaires qui sont passées de 1000 milliards d’euros en 2000 à 2700 milliards d’euros en 2024. Aujourd’hui les USA et l’Otan appellent à porter les budgets militaires des États de l’OTAN et de l’UE à 5 % du PIB c’est-à-dire à doubler les dépenses militaires. Les États dotés de l’arme nucléaire ont quasiment tous violés le doit international en matière d’armes nucléaires et plus particulièrement l’article 6 du traité de non-prolifération nucléaire.

Leurs politiques ont conduit le monde au bord du précipice comme le dit Amine Malouf secrétaire perpétuel de l’Académie française « Le monde est face à une dérive suicidaire ». « Il faut d’urgence raccommoder cette planète. Il faut rêver d’un monde où ne résonnent que les mots des poètes, les notes de musique et les rires des enfants ».

Ils n’ont pas été capables d’assurer la sécurité humaine des peuples (sécurité économique, sociale et environnementale). Ils n’ont même pas été capables d’assurer la sécurité alimentaire.

Ainsi comme le dit Jean Ziegler dans son ouvrage où est l’espoir : « conformément aux chiffres publiés par les 21 organisations spécialisées des Nations unies, les décès induits par le sous-développement économique et social et la misère extrême dans les 122 pays du tiers-monde se sont élevés en 2023 à plus de 61 millions d’êtres humains, autrement dit, la faim, la soif, les épidémies et les conflits provoqués par la misère détruisent aujourd’hui chaque année presque autant d’êtres humains que la seconde guerre mondiale en six ans ».

Comme le dit celui qui a été pendant de nombreuses années responsable du programme des Nations unies pour le développement « ces politiques de non-respect du droit international ont conduit à ce que les 500 plus puissantes sociétés transcontinentales du monde tous secteurs confondus contrôlent aujourd’hui 52,8 % du produit mondial brut en une année. Ces mêmes oligarchies du capital financier globalisé détiennent un pouvoir économique, politique, militaire, financier, idéologique comme jamais avant eux un roi, un empereur, un Pape n’en a possédé. Elles échappent à tout contrôle étatique, parlementaire, judiciaire, syndical ». L’ONG Oxfam dans son rapport sur les inégalités dans le monde de décembre 2021 indique que « les 18 multimilliardaires les plus riches du monde possèdent autant de valeur patrimoniale que la moitié la plus pauvre de la planète c’est-à-dire plus précisément 3,5 milliards d’êtres humains »

La situation actuelle du monde est le résultat de ces politiques qui font que les peuples souffrent, les multimilliardaires s’enrichissent et que le lobby militaro-industriel encaisse des profits faramineux, du fait de la réorientation de pans entiers des économies vers la production d’armes.

Ils ne nous proposent comme seule perspective que la culture de la guerre, l’économie de guerre, la propagande de guerre et aujourd’hui franchissent un nouveau pas en appelant les parents, les grands parents, les enseignants à préparer leurs enfants, leurs petits-enfants, la jeunesse d’aujourd’hui à mourir pour la patrie. Dans le même temps ils réduisent drastiquement les dépenses en faveur du bien être social et des services publics.

En France le gouvernement appelle les hôpitaux dans une circulaire de juillet 2025 à s’organiser pour pouvoir accueillir des blessés graves comme le révèle Ouest-France dans sa newsletter du 28 aout 2025 « Dans une instruction révélée cette semaine par le Canard enchaîné, le ministère demande aux agences régionales de santé (ARS) de préparer l’installation, en cas de besoin, de centres médicaux de transit (CMT), sorte de gares de triage régionales de patients arrivant du front. Ces plateformes auront pour mission d’orienter au mieux les blessés dans les hôpitaux civils – et également de les rapatrier vers leur nation d’origine lorsque les soins sont terminés.

Au lieu de s’arc-bouter sur une solution politique et diplomatique à la guerre en Ukraine le gouvernement français envisage de produire des avions rafale par centaines pour la grande joie de Dassault et autres fleurons de l’industrie militaire. Au lieu de consacrer tous leurs efforts pour une paix juste et durable au Moyen-Orient ils acceptent la présence à Paris, en ce mois de novembre au salon des armements, d’industriels israéliens liés potentiellement aux industries d’armement alors que la politique génocidaire de cet État et de son principal dirigeant Netanyahou sont condamnés par le justice internationale.

Nous les peuples, nous aimons la paix, nous aimons la vie, nous voulons vivre ensemble en paix dans un monde de justice, de solidarité, de fraternité-sororité, d’amitié entre les peuples.

Nous refusons que nos enfants nos petits-enfants soient engagés et potentiellement utilisés comme chair à canon dans cette spirale infernale.

La réalité du monde actuel, avec en particulier les dérèglements climatiques et les inégalités de développement , nous montre que pour son avenir l’humanité n’a d’autre chemin que la Paix.

Aucun des problèmes auquel est confronté l’humanité ne peut être résolu sans la paix.

C’est la raison pour laquelle le Mouvement de la paix à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, appelle partout en France, dès maintenant et jusqu’au 10 décembre à organiser des rassemblements, des délégations auprès des préfectures, des sous-préfectures… pour exprimer notre exigence de respect intégral des grandes règles du droit international afin de désarmer les dynamiques diverses d’hostilité, de conflits dans lequel nous vivons, afin d’en finir avec le droit international à double vitesse.

Comme le dit Georges Corm, historien libanais et ancien ministre des finances du Liban, « le non-respect intégral des grandes règles du droit international nous mène sur le chemin de la guerre généralisée qui nous attend demain si on n’y prend garde ».

L’espoir réside dans notre capacité à nous les sociétés civiles de construire au plan national et international une sorte de front uni des peuples pour la paix à travers le développement de mouvements sociaux engagés pour la justice sociale, la protection de la planète, et la paix.

Pour agir rejoignez le Mouvement de la paix. Contact : national@mvtpaix.org

Signez la pétition maudite soit la guerre

Saint Ouen Le Mouvement de la Paix le 26 novembre 2025

Message du Collectif national Stop CETA – Mercosur

Le collectif a besoin d’aide pour faire pression sur E. Macron, le gouvernement et la Commission européenne afin de bloquer le très nocif accord de libre-échange UE-Mercosur dont la ratification pourrait avoir lieu autour du 18 décembre, le collectif :

Le collectif va continuer. Y compris à Bruxelles, avec ses partenaires européens. Mais il a besoin d’aide pour propager cette action en ligne visant à interpeller E. Macron, et pour être soutenu dans cet effort.

Passez à l’action : écrivez à E. Macron, ses ministres et aux eurodéputés !

Pour rester informés :

Soutenez l’action du collectif par un don, même minime !

Pour s’informer sur le fond :

  • Accord UE-Mercosur : Où en est-on ? L’accord peut-il encore être bloqué ? (2 pages, pdf)

Agriculture. « Une concurrence déloyale avec des importations illégales (L’Indep)

La Confédération paysanne a surpris hier matin la plateforme logistique Azura de Saint-Charles à Perpignan avec une opération coup de poing. Elle s’est introduite dans ses locaux pour récupérer des barquettes de tomates et prouver qu’elles sont « mal étiquetées ». Les paysans dénoncent une « concurrence déloyale et illégale de leurs importations ». Ils ont ensuite pris la route vers une grande surface pour vider les rayons de ces tomates.

C’est sur la jonction de deux histoires que la Confédération paysanne a décidé de mener des actions hier matin dans les Pyrénées-Orientales. « Nous sommes là pour la défense de l’autodétermination du peuple sahraoui et le combat des producteurs français qui vivent une concurrence déloyale face à des importations prétendument marocaines, comme là chez Azura, alors que clairement les tomates qui arrivent ici sont produites au Sahara occidental », introduisait Fanny Metrat, porte-parole de la Confédération paysanne nationale.

C’est donc dans la zone Saint-Charles à Perpignan, à la plateforme logistique Azura, entreprise franco-marocaine, qu’a démarre le mouvement. Une soixantaine de paysans ont réussi à s’introduire dans les locaux afin de récupérer une barquette de tomates pour vérifier ses étiquettes. « On est allé chercher à l’intérieur pour avoir la preuve, on a trouvé une barquette étiquetée « Maroc », alors que depuis des années nous nous battons juridiquement, et nous avons gagné l’année dernière le procès, pour dire que l’étiquetage de ces produits-là n’était pas conforme. En fait, il devrait y avoir écrit « Sahara occidental ». Ces entreprises passent outre toutes les règles commerciales mondiales », poursuit la porte-parole.

Chassés en dehors des locaux après des échanges tendus avec les salariés, ils ont ensuite pris place devant les entrées pour bloquer l’accès aux camions et donc au déchargement de marchandises.

Aujourd’hui la Confédération porte plainte contre Azura, puisqu’en fait elle ne respecte pas l’accord de libre-échange qui a été signé entre l’Union européenne et le Maroc, puisque les produits importés par Azura sont des produits issus du Sahara occidental qui est un territoire non autonome. On attend depuis des années avec le peuple sahraoui qu’il y ait un référendum(*), mais du coup on bafoue le droit international, on bafoue les revendications portées par l’ONU, et on importe des produits qui ne sont clairement pas marocains », expriment les porte-parole.

Un combat mené pour la solidarité de tous les peuples mais aussi pour tenter d’éradiquer cette « concurrence déloyale ». Pour exemple, les représentants du syndicat rapportent que des tomates qui arrivent à moins de 4 € le kilo sont affichées sur le territoire français 8 à 10 € minimum le kilo, donc « une concurrence déloyale sur des importations illégales ».

Les actions se sont poursuivies en fin de matinée dans la grande surface Carrefour ou le syndicat a pu « constater d’énormes stocks de barquettes de tomates mal étiquetées ». « On les a récupérées et chargées dans des chariots. C’est bien la preuve que le consommateur est trompé », explique Jean Thevenot, délégué de la Confédération paysanne à la Via Campesina, mouvement paysan international. Cet agriculteur du Pays Basque dénonce notamment les questions des conditions de production socio-environnementales au Sahara occidental, « avec des salaires au minimum dix fois plus bas, typiquement sur la tomate cerise, qui est le produit principalement importé par Azura ».

Le combat est clair et ne semble pas s’arrêter là pour la Confédération paysanne. « On va continuer à s’attaquer aux accords, continuer les actions s’il le faut, même si on doit aller en justice », poursuit Jean Thevenot. « Ce qu’on dénonce aujourd’hui, c’est la concurrence à son paroxysme, vraiment la pièce la plus sombre peut-être du libre-échange qui met en compétition nos productions, avec celles issues de territoires occupés, qui sont produits par des salariés payés à très bas coût. C’est un cri d’alarme, parce qu’on n’arrive pas à vivre de notre métier ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 27 novembre 2025)

(*) Comme le relate la Confédération paysanne, « Le Maroc est censé organiser un référendum d’autodétermination pour que le peuple sahraoui décide s’ils veulent rejoindre le Maroc ou s’ils veulent devenir un État indépendant. Ce référendum n’a jamais eu lieu. Donc aujourd’hui, le Maroc considère que le Sahara occidental est marocain, mais le droit international ne le considère pas. Du coup, quand le Maroc signe un accord de libre-échange avec l’Europe, avec l’Union Européenne, c’est un accord consacré au Maroc ».

Palestine, pour une paix juste et durable,retrouvons-nous tous le 29 novembre 2025 à Paris !

La population de Gaza reste soumise aux bombardements et destructions. Son quotidien est celui d’une pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments. Le gouvernement israélien utilise toujours l’accès aux biens essentiels comme instrument de guerre. Il refuse ouvertement toute possibilité d’existence d’un État palestinien à ses côtés comme l’a confirmé le récent vote en première lecture d’un projet d’annexion de la Cisjordanie. Obtenir de la communauté internationale qu’elle intervienne est une urgence, une priorité immédiate et absolue.

La colonisation s’aggrave

Les actions violentes s’amplifient en Cisjordanie, là encore dans un contexte de passivité de la communauté internationale. La menace d’annexion du territoire palestinien se manifeste quotidiennement par les attaques des colons, avec le soutien de l’armée israélienne, et par le maintien des restrictions.

Le plan Trump apparaît désormais comme une nouvelle étape pour conforter l’impunité et pour maintenir la passivité face à la négation de tous les droits du peuple palestinien, droit à la sécurité, droits économiques et sociaux, droits nationaux. Ce plan n’est évidemment pas un plan de Paix mais met les Palestiniens, et l’OLP qui les représente, sous tutelle, et les prive de leur droit à l’autodétermination.

Le silence n’est pas de mise. Nous ne devons pas le laisser s’installer.

Nous ne pouvons dans ce contexte que condamner la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’ensemble des entreprises israéliennes qui le souhaitent à participer au salon de la sûreté et de la sécurité intérieure, le Milipol.

La mobilisation a permis de mettre un frein au génocide

Le 15 novembre, à Barcelone, un appel ACT X PALESTINE a été lancé à l’initiative de trente associations palestiniennes de défense des droits humains, de construction de la paix, préparé en lien avec des associations des deux rives de la Méditerranée et des autres pays d’Europe.

La paix ne se fera pas sans écouter les voix palestiniennes et les voix dissidentes en Israël

Nous appelons nos partenaires français et européens à rejoindre toutes les mobilisations qui, partout dans le monde, contribuent à rompre l’inertie, à construire un rapport de force pacifique et déterminé pour qu’advienne le tournant décisif qui imposera la paix, juste et durable entre l’État de Palestine et celui d’Israël, s’appuyant sur le droit international, dont les frontières de 1967.

Une paix juste sera basée sur l’application des résolutions de l’ONU, des réparations pour les destructions illégales et les violations du droit humanitaire commises non seulement depuis le 7 octobre 2023 mais aussi tout au long de l’occupation et de la colonisation des territoires palestiniens.

Une paix durable repose sur une résolution politique conclue entre Palestiniens et Israéliens. La communauté internationale doit peser, y compris par des sanctions, pour que cela ait lieu, et tout particulièrement aujourd’hui l’imposer aux gouvernants d’Israël. Nous savons qu’elle pourra s’appuyer, dans les deux sociétés, sur les acteurs et organisations favorables à une telle paix.

Retrouvons-nous à Paris !

Dans un moment où l’on cherche à imposer la seule loi des plus forts, la solidarité avec la Palestine, c’est imposer la résolution du conflit par le respect du droit international et s’opposer fermement à la répression de cette solidarité.

Le 29 novembre, nous appelons à une manifestation nationale qui se déroulera à Paris, à 14h place de la République.

Signataires : LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Association les ami.es de Standing Together en France,  Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante, Réseau Féministe «Ruptures», Une autre voix juive (UAVJ), Confédération générale du travail (CGT), Syndicat National des Enseignements de Second degré (SNES-FSU), Union Nationale des Étudiants de France (UNEF), Parti communiste français (PCF), L’Alliance pour une République écologique et sociale (L’APRÉS), Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)

Anti-franquiste dans les P.-O. Jean Vila.« Ici, contre Franco, c’était profond » (L’Indep)

Dès le milieu des années 1960, Jean Vila a été de toutes les manifestations anti-franquistes dans les Pyrénées-Orientales. Mais il a aussi effectué des dizaines de voyages de l’autre côté de la frontière, de Figuères à Saragosse ou Barcelone, pour convoyer clandestinement, et non sans risques, des dirigeants communistes espagnols attendus à des réunions secrètes en France.

De Jean Vila, on connait les nombreux mandats électifs (maire de Cabestany de 1977 à 2021, conseiller général et régional, député), moins l’engagement auprès des républicains espagnols. Fils de la Retirada, communiste, il est doublement « sensibilisé », comme il dit, à la cause des anti-franquistes puisque le parti est interdit en Espagne à l’arrivée de Franco. C’est donc en France que les dirigeants communistes espagnols se réunissaient grâce à des passeurs. Jean Vila était de ceux-là.

Passeur

« J’ai fait ça pendant dix ans », livre-t-il aujourd’hui. De 1965 à 1975, accompagné de son épouse « car un couple était moins soupçonné », il traversait la frontière au Perthus et ralliait des points de rendez-vous tantôt à Figueres, tantôt à Barcelone et jusqu’à Saragosse. Le militant communiste muni de faux papiers à bord (militant dont il ne connaissait presque rien), retour en France par le même chemin.

Avec des policiers et des douaniers aux aguets. « Le risque, c’est qu’ils étaient pistés par la police espagnole, la Guardia civil, on pouvait tous se faire arrêter en Espagne, raconte-t-il. On avait des consignes si on se faisait arrêter, c’était de dire qu’on avait pris un type en auto-stop et qu’on ne connaissait rien de lui. Je n’ai jamais été arrêté au Perthus, j’ai eu beaucoup de chance ».

L’expédition s’arrêtait généralement en gare de Perpignan ou les militants embarquaient pour Paris. Mais parfois, les réunions se déroulaient au domicile perpignanais des époux Vila. Une adresse près des Remparts déjà connue de la diaspora « La femme qui l’habitait avait déjà des relations avec les Espagnols et elle m’avait dit « moi je suis prête à louer à quelqu’un qui va continuer à s’occuper des Espagnols ». C’est comme ça que j’ai occupé cette maison un certain nombre d’années avant de m’installer à Cabestany ».

Parallèlement étaient organisées des manifestations à Perpignan, que l’historien catalan Alfons Aragoneses qualifie d’« actes de résistance ». « Ces manifestations, où on demandait le départ de Franco ont aide à organiser la résistance à l’intérieur du pays », estimait ce spécialiste du franquisme le 25 mai 2025 dans L’Indépendant. Jean Vila les appelle « des manifs de soutien avec des communistes, des socialistes, tous les gens attachés à la liberté et à la démocratie en Espagne. Ça mobilisait beaucoup ici, il y avait beaucoup de monde dans les rues parce qu’il y avait une population issue de la Retirada qui est devenue militante » Et d’insister : « Ici, contre Franco, c’était profond. Ils avaient fui leur pays et beaucoup étaient morts durant le passage de la frontière et ce qui les a beaucoup aidés, c’était la solidarité en pays catalan. Beaucoup de liens s’étaient créés C’était chouette et d’ailleurs il y a des commémorations chaque année aux points de passage du département. Et pendant tout le règne de Franco, il y a eu une solidarité importante avec également des points de passage à Cerbère ou Saint-Laurent-de-Cerdans pour la propagande aussi, les tracts, passaient par la montagne dans des sacs à dos ».

« Franco assassin »

« Le consulat d’Espagne à Perpignan était envahi régulièrement, se souvient encore l’élu. Et chaque fois qu’un militant se faisait choper, on allait manifester ». Parfois jusque dans les locaux mêmes de la rue Franklin, où simprovisaient des seatings. Une poignée d’élus ou responsables politiques de gauche défilaient en tête dans les rues de Perpignan ou du Perthus. « Je me souviens de Pierre Estève (élu PS des P.-O. disparu en février 2025-NDLR), Jean Catala qui était conseiller général du Vernet, Henri Costa qui était secrétaire fédéral du PC, Roger Samber, communiste aussi ». Avec eux, de nombreux jeunes « gauchistes » brandissent les banderoles « Franco assassin », La dictature tombée, Jean Vila retourne à Madrid en 1977, invité à la première « fiesta del PC espanol ». Son père, réfugié en France depuis 1939, attendra 1985 pour revenir dans son pays, « avec encore de la crainte et de l’appréhension ».

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 23 novembre 2025)