Pourquoi les salariés de la clinique Saint-Pierre ont voté la fin de la grève (L’Indep)

Ce mercredi 13 mai, en fin d’après-midi, les salariés de la clinique Saint-Pierre de Perpignan ont voté à une large majorité la fin de la grève entamée il y a 20 jours. Les syndicats ont signé un accord de sortie de conflit qui prévoit notamment le versement d’une prime de partage de la valeur de 700 euros net par salarié.

Après 20 jours de lutte, la grève est finie du côté de la clinique Saint-Pierre. Lors de la nouvelle séance de négociation qui s’est tenue ce mercredi en milieu d’après-midi, après l’annonce du lancement d’une médiation par le préfet, la direction a formulé de nouvelles propositions que les déléguées syndicales CGT et CFTC ont jugées « décentes et acceptables ». Elles les ont donc soumises vers 17 heures aux salariés, qui ont voté à une large majorité la fin de la grève.

« Nous avons signé un accord de fin de conflit », confirme l’une des déléguées syndicales CGT de l’établissement, Charlotte Bailly. Dans le détail, l’accord en question prévoit le versement, dès ce mois de juin, d’une prime de partage de la valeur (ex-prime Macron, NDLR) de 700 euros net par salarié et d’une prime annuelle pérenne de 400 euros net par salarié à partir de 2027. Il acte aussi une révision de l’accord d’intéressement en cours. Avec un avenant qui favorise le seuil de déclenchement de cette autre prime, basée sur l’activité de la clinique, qui n’avait pas été atteint cette année. Enfin, la direction a également concédé l’étalement de la défalcation des jours de grève sur deux mois.

« La situation s’est décantée quand le préfet nous a invités à le rencontrer avec la médiation de la Direction départementale du travail, de l’emploi et des solidarités », souligne Charlotte Bailly. « La direction est revenue vers nous avant qu’on ne soit obligés d’en arriver là. Nous maintenons toute notre solidarité aux salariés de Médipôle Nous espérons qu’ils trouveront eux aussi une issue convenable. »

Reprise du travail ce jeudi matin

Les salariés grévistes de la clinique Saint-Pierre commenceront à reprendre le travail ce jeudi 14 mai au matin. La direction de l’établissement se félicite « d’avoir pu retrouver un cadre de respect et de dialogue ». Et précise que « les services de la clinique se remettront en fonctionnement avec une priorité donnée aux patients dont la prise en charge en chimiothérapie avait dû être reportée ces derniers jours. Les patients concernés seront contactés individuellement afin d’organiser leur reprogrammation dans les meilleurs délais ».

Du côté de la polyclinique Médipôle de Cabestany, également propriété du groupe Elsan et en grève depuis le 24 avril, la direction et les représentants du personnel ont aussi repris les négociations ce mercredi à 17 heures, après l’annonce du préfet.

Mais la réunion n’a pas débouché sur un protocole de fin de conflit. Les syndicats prévoient d’organiser une assemblée générale ce jeudi 14 mai à 10 heures afin de faire le point avec les salariés sur les nouvelles propositions de la direction.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 mai 2026)

Les leaders syndicaux répondent au maire RN de Carcassonne (L’Indep)

Dans une tribune, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’homme- demandent au maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, « de renoncer au projet visant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionement de la Ligue des droits de l’homme ».

Lors du dernier conseil municipal, le 30 mars 2026, le maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé mettre fin de la mise à disposition de locaux pour les organisations syndicales en représailles à la participation la veille à une manifestation contre l’extrême droite organisée par un collectif de jeunes, Nous Carcassonne.

Dans une tribune adressée à l’édile du chef-lieu audois, les représentants nationaux des syndicats -CGT, CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa ainsi que l’association la Ligue des droits de l’Homme- affirment que « cette décision, qui consiste à vouloir effacer le rôle du syndicalisme dans l’histoire du département et qui intervient après le retrait des subventions de la Ligue des droits de l’Homme et après avoir dénoncé un contrat dont bénéficiait la presse indépendante, est une attaque contre les organisations de la société civile et contre les travailleurs et les travailleuses ».

Et de confier : « En s’attaquant ainsi aux organisations syndicales, aux associations de défense des droits et des libertés, la mairie RN affiche clairement son ambition: exiger l’allégeance à ses idées au détriment de l’intérêt général, s’en prendre aux droits de toutes et tous et annihiler toute opposition. Le message, à un an des élections présidentielles, est tout aussi limpide : la mairie de Carcassonne sera le laboratoire de la politique antisociale de l’extrême droite, avec une doctrine claire : fort avec les faibles et faible avec les puissants. »

Les signataires de cette tribune, en l’occurrence Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, Marylise Léon secrétaire générale de la CFDT, Caroline Chevé secrétaire nationale de la FSU, Murielle Guilbert et Julie Ferrua co-déléguées de Solidaires, Laurent Escure secrétaire général de l’Unsa et Nathalie Tehio présidente de la LDH, affirment « qu’affaiblir nos organisations, mettre en œuvre des stratégies pour les faire disparaitre ou tenter de museler leur expression, c’est une attaque directe contre les droits et les libertés, l’État de droit et les fondements de notre démocratie, que nous ne pouvons accepter ».

Avant de conclure : « Nos organisations, au niveau national, réaffirment leur total soutien aux organisations locales visées par la politique autoritaire du maire de Carcassonne. Nous demandons solennellement à Monsieur le maire, de renoncer au projet concernant les organisations syndicales de l’Aude, de revoir sa position concernant l’hébergement et le subventionnement de la Ligue des Droits de l Homme. »

Pour rappel, un premier rassemblement est organisé ce mercredi 13 mai 2026 devant la Bourse du travail à Carcassonne, a partir de 11 heures, en présence de l’ensemble des syndicats même ceux qui ne sont pas concernés par l’annonce du premier magistrat d’extrême droite.

À noter également qu’une pétition a été mise en ligne par la CGT rassemblant plus de 9 700 signataires.

Léo Couffin (L’Indépendant, le 13 mai 2026)

Médipôle et Saint-Pierre reconduisent la grève, Le Floride suspend ses débrayages (L’Indep)

Ce lundi, au 18e jour de grève des cliniques privées du groupe Elsan, la mobilisation se poursuivait dans les établissements Saint-Pierre, Médipôle Saint-Roch et le Floride au Barcarès. La journée a démarré par un barrage filtrant au rond-point des Arcades à Perpignan pour le personnel de la clinique Médipôle Saint-Roch à Cabestany, dès 7 h 30. Les soignants ont distribué des tracts aux automobilistes et échangé avec la population sur les raisons du mouvement de grève. Après leur assemblée générale, les déléguées syndicales, Anne-Laure Attani (CGT) et Hélène Masse (CFDT), étaient reçues à 11 par le directeur Valéry Folcher. Avec des revendications qui restent inchangées : maintien du 13e mois, meilleures conditions de travail et reconnaissance des salariés.

Mais face à la situation, les personnels déclaraient en amont « quelle que soit l’issue de cette réunion, la grève est reconduite pour demain ». Les soignants de la clinique Médipôle Saint-Roch communiquaient aussi sur les finances de l’établissement après un point avec un expert-comptable : « La clinique avait largement les moyens de payer le 13e mois, cette année encore, des bénéfices ont été réalisés puis reversés au siège. Il n’y a donc aucune excuse économique valable ».

Mais, à l’issue du rendez-vous, « aucune avancée concernant notre demande du 13e mois » n’a été faite. Les représentants ont transmis à la direction les revendications des salariés concernant les conditions de travail: changements de services abusifs, manque de remplacement, pression quotidienne, organisation des équipes… « Le dialogue social reste bloqué. La direction refuse toujours de communiquer le chiffrage réel de nos demandes malgré nos sollicitations », communiquaient les syndicats, « La grève est reconduite ».

Saint-Pierre poursuit, Le Floride suspend ses débrayages

Du côté de la clinique Saint-Pierre, le mouvement courait toujours aussi hier. Tout comme les négociations avec le directeur, Julien Coulomb. « Nous lui avons dit que si nous avions 500 € de prime pérenne et 200 € de prime de partage de la valeur (PPV), nous reprendrions le travail. Mais sa contre-proposition était de 400 € et 110 €. Les salariés sont très en colère. La grève va continuer », confiaient les déléguées syndicales.

À la clinique Le Floride au Barcarès, les personnels étaient reçus par la direction, Marc Flury, hier matin à 10h. « Il nous propose l’ouverture immédiate des négociations annuelles avec à l’ordre du jour nos revendications. Nous avons fait une assemblée et voté à l’unanimité la suspension des débrayages dans l’attente d’action concrète », expliquait Théo Bassi, délégué syndical Cfdt. Pour rappel, les personnels de ce centre de rééducation du groupe Elsan contestaient l’absence de 13e mois, de prime de participation, de prime d’intéressement ou encore de prime de présence.

Laura Morales (L’Indépendant, le 12 mai 2026)

Grève des cliniques : mobilisation en masse et appel au préfet (L’Indep)

Ce jeudi, plus de 200 soignants et personnels en grève des cliniques privées Elsan manifestaient dans les rues du centre-ville de Perpignan. Une délégation a été reçue en préfecture.

Au 14e jour du mouvement de grève qui touche les cliniques privées du groupe Elsan des Pyrénées-Orientales, plus de 200 soignants étaient dans les rues de Perpignan hier. Le rassemblement, sur la place Catalogne, s’est ensuite transformé en cortège jusqu’à la préfecture, où les délégués syndicaux ont été reçus par le préfet Pierre Regnault de la Mothe et le directeur territorial de l’ARS, Franck Nivaud.

86 salariés sur 120 en grève au Floride

Si la clinique Saint-Pierre et Médipôle Saint-Roch sont au centre de la mobilisation depuis le vendredi 24 avril, ils ont été ensuite soutenus par la polyclinique Méditerranée où les salariés ont débrayé à plusieurs reprises, mais aussi par la clinique Le Floride au Barcarès.

« Nous ne savons pas ce qu’est une prime. Nous n’avons ni 13e mois, ni prime de participation, ni d’intéressement, ni prime de présence », pointaient des soignants de l’établissement au départ du cortège, représenté par Théo de la Cfdt. Au Floride, 86 salariés sur 120, cadres compris, sont en « grève illimitée » depuis le weekend dernier. Quelques salariés de la clinique Saint-Michel de Prades, du même groupe, devaient aussi se joindre au mouvement.

Après avoir scandé leur slogan dans les rues de Perpignan, « Elsan t’es foutu, tes soignants sont dans la rue », le mouvement a siégé devant la préfecture. Des prises de parole de soignants et même de patients en soutien au personnel sont venues renforcer les revendications, tandis que les délégués syndicaux étaient reçus par le préfet.

« Ma priorité est de garantir la continuité des soins »

Une heure plus tard, la fin de l’attente, et des réponses ? « Nous avons formulé nos requêtes sur les réquisitions que nous trouvons abusives. Le préfet s’engage à regarder le quota des réquisitions par rapport au nombre de patients et nous demande en échange de bien aller à nos réquisitions », ont résumé les déléguées syndicales après le rendez-vous. Sur ses réseaux, le préfet relate : « J’invite les deux parties, directions des cliniques et représentants du personnel, à poursuivre et approfondir le dialogue afin qu’une issue soit trouvée rapidement. Il est important qu’une véritable négociation se tienne et aboutisse ».

Avant de justifier : « Ma priorité est de garantir la continuité des soins. C’est pour cette raison que j’ai décidé de procéder à la réquisition de certains agents, afin de garantir la bonne prise en charge des soins qui ne peuvent pas être reportés. Je suis préoccupé par la situation des chimiothérapies je demande que leur continuité soit assurée de manière systématique ».

Dans l’attente d’avancées majeures dans les négociations avec les directions respectives, pas prévues avant ce lundi 11 mai, le mouvement se poursuit.

Laura Morales (L’Indépendant, le 8 mai 2026)

La grève se poursuit à Médipôle et Saint-Pierre, plusieurs actions annoncées (L’Indep)

Toujours pas de sortie de crise en vue du côté des cliniques Médipôle de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan. Ce mardi, les grévistes des deux établissements du groupe Elsan ont, chacun de leur côté, décidé de reconduire à nouveau le mouvement entamé le 24 avril dernier.

« La direction campe sur ses positions », déplore Anne-Laure Affani, la déléguée syndicale CGT de Médipôle, où le mouvement est également soutenu par la CFDT. Pour mémoire, ici, les syndicats réclament notamment une amélioration des conditions de travail, ainsi que l’octroi d’un 13e mois afin de maintenir le pouvoir d’achat des salaries.

Même topo du côté de Saint-Pierre, où la direction propose, selon les grévistes, « une prime de partage de la valeur de 200 euros nets, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Alors que les syndicats (CGT et CFTC) demandent une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros, ainsi qu’une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans. En plus, la aussi, d’une amélioration des conditions de travail.

Le blocage d’un rond-point envisagé

Ce mercredi 6 mai, les grévistes de Saint-Pierre envisagent de bloquer le rond-point situé à côté de la clinique à partir de 10h30. Les salariés des deux structures comptent également manifester ce jeudi, à la mi-journée, à Perpignan, entre le tribunal des prud’hommes et la préfecture. L’horaire exact reste à définir.

De son côté, le groupe Elsan estime pour sa part que « des propositions comprenant des avancées significatives ont été faites » dans les deux établissements. La direction de Médipôle ajoute qu’un service minimum « couvrant l’ensemble des activités » est mis en place depuis le début du mouvement, notamment pour « assurer la continuité des soins des patients déjà hospitalisés » et « la prise en charge des urgences non différables ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 mai 2026)

Grève dans les cliniques de Médipôle et Saint-Pierre : pourquoi le bras de fer se poursuit (L’Indep)

Hier, les salariés de la clinique Médipôle de Cabestany, en grève depuis onze jours, ont décidé de reconduire le mouvement Tout comme leurs homologues de la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propriété du groupe Elsan. Dans les deux cas, le dialogue entre les grévistes et la direction n’est pas rompu, mais les protagonistes ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente.

Ils étaient une bonne centaine de salariés réunis devant l’entrée de la polyclinique Médipôle de Cabestany ce lundi matin, à l’issue le l’assemblée générale qui a une nouvelle fois reconduit e mouvement.

« On ne lâche rien », résume un gréviste vêtu d’un gilet orange fluo. « Nous reconduirons tant que nous n’aurons pas obtenu de réponses correspondant à nos attentes », confirme la déléguée syndicale CFDT Hélène Massé, selon qui trois rencontres infructueuses ont eu lieu avec la direction depuis le début de la mobilisation.

Ce que veulent les salariés? En plus d’une amélioration des conditions de travail (remplacements, etc.), ils réclament notamment un 13e mois qui équivaudrait à la pérennisation de la prime d’intéressement de 1 500 euros par an que chaque salarié touchait jusqu’ici pour un temps plein en vertu d’un accord à durée déterminée.

« Le mouvement a débuté car la direction voulait nous enlever cette prime », rappelle Hélène Massé. « Ces 1 500 euros, on les a depuis déjà longtemps. Ils contribuent a notre pouvoir d’achat. Les salariés comptent dessus. » La déléguée syndicale CGT de Médipôle, Anne-Laure Affani, con-firme. Et renchérit : « Avec un 13e mois, on cotise pour la retraite et les indemnités maladie, ce qui n’est pas le cas avec la prime d’intéressement. »

Négociations infructueuses

Les revendications sont du même ordre à la clinique Saint-Pierre de Perpignan, également propreté du groupe Elsan.

Ici, les salariés exigent « une prime pérenne de 1 500 euros et une prime de partage de la valeur de 800 euros pour compenser la perte des primes d’intéressement et de participation ». Ils demandent également une augmentation générale progressive de 10 % sur quatre ans, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail, jugées « dégradées » (« non-remplacements », « manque de matériel »).

Selon le syndicat CGT de Saint-Pierre, lors de la réunion avec la direction qui s’est tenue ce lundi après-midi, celle-ci a proposé « une prime de partage de la valeur de 200 euros net, 132 euros en moyenne en plus de la prime de fin d’année et l’ouverture de négociations sur l’accord d’intéressement ». Insuffisant aux yeux des salariés qui ont donc décidé de maintenir le mouvement.

Par ailleurs, ce lundi, les employés d’un troisième établissement du groupe Elsan, la clinique Le Floride du Barcarès, ont également débrayé de 15 heures à 16 heures.

Là aussi pour mettre en avant des revendications liées aux salaires (13e mois, revalorisation de l’ancienneté…) mais également aux conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

De son côté, le groupe Elsan indique par voie de communiqué que des rencontres ont eu lieu ce lundi entre représentants du personnel et direction à Médipôle et Saint-Pierre. II confirme que des propositions ont été formulées, mais sans les détailler, et affirme que le dialogue se poursuivra dans les prochains jours.

1er-Mai : « Je suis aide-soignante et je gagne à peine le SMIC… » (L’Indep)

Ce vendredi, entre 1 200 et 1 500 manifestants ont défilé à Perpignan à l’appel de l’intersyndicale. Dans un contexte marqué par l’inflation et la guerre au Proche-Orient, syndicats, soignants et citoyens ont fait entendre leurs revendications.

« Les emplois et les salaires avant les profits », « baisse des prix, relèvement du pays », « salaires en baisse, soignants HS »… Les slogans étaient nombreux ce vendredi 1er mai place de Catalogne, point de départ traditionnel de la mobilisation perpignanaise. Des 10h30, militants, citoyens et syndicats -CGT 66, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA- se sont rassemblés avant de battre le pavé jusqu’à la préfecture des Pyrénées-Orientales, quai Sadi-Carnot.

Des mesures d’urgence réclamées

Au micro, face à l’assemblée, Julien Berthélémy, secrétaire de la CGT 66, a dénoncé une situation sociale « inacceptable ». « Nos organisations sont solidaires des travailleurs en lutte. Il n’est pas acceptable que des entreprises versent des dividendes stratosphériques tout en fermant la porte aux négociations salariales », a-t-il lancé, évoquant également la « répression anti-syndicale » et les accidents du travail, « plus de trois morts par jour ». Les revendications sont claires. « Augmentation générale des salaires, indexation sur les prix, revalorisation des pensions et blocage des prix des carburants. Ce que nous voulons, ce sont des mesures d’urgence concrètes pour vivre dignement de notre travail », a-t-il insisté.

Dans la foule, de nombreux salariés du privé avaient fait le déplacement. Notamment des employés du chocolatier Cémoi ou encore des cliniques Saint-Pierre et Médipôle, en grève depuis plusieurs jours. Les soignants, venus nombreux, ont martelé leur colère. Hélène, officiant à Médipôle Saint-Roch, décrit une situation tendue. « On est en grève depuis huit jours. Les conditions se dégradent, il y a une surcharge de travail, des effectifs de plus en plus diminués, des emplois du temps aléatoires. Et en plus de ça, on perd des primes. Cette année, on n’a même pas eu de participation aux bénéfices. Aujourd’hui, on peut dire que c’est une double mobilisation pour nous. Pour nos droits et pour nos conditions de travail à la clinique. » Même constat du côté d’Aurélie, aide-soignante à la clinique Saint-Pierre : « On est en surcharge constante, avec des effectifs réduits et des salaires très bas. Moi, je gagne à peine le SMIC. Si on fait grève, c’est aussi pour mieux soigner nos patients ».

Au-delà des revendications locales, la défense du 1er mai chômé a aussi mobilisé, après une proposition de loi avortée sur le travail ce jour férié. Pour Agathe et Robert, deux retraités perpignanais, il est hors de question de revenir dessus : « C’est le jour ou jamais de défendre nos droits. Tout a été obtenu par la lutte. Rien n’est acquis. Il faut perpétuer cette journée. Les conquêtes sociales, comme en 1936, ont toujours été arrachées ».

Driss Chait (L’Indépendant, le 2 mai 2026)

La polyclinique Méditerranée débraye : « Les primes, c’est avec ça qu’on vit » (L’Indep)

Hier matin, la grève s’est poursuivie pour les cliniques Saint-Pierre et Médipôle. Les personnels soignants se sont réunis autour d’une manifestation commune et ont entamé une marche vers la polyclinique Méditerranée (Elsan) pour rejoindre leurs collègues. Avant d’être reçus par lARS.

L’union fait la force et les personnels soignants des cliniques de Perpignan l’ont bien démontrer hier. Si Saint-Pierre et Medipôle Saint-Roch sont mobilisés depuis vendredi, la polyclinique Méditerranée, avenue d’Argelés-sur-Mer à Perpignan, a rallié le mouvement ce mercredi. En effet, un débrayage a eu lieu pendant 2 h pour « soutenir les collègues ».

« Nous sommes une petite structure. Nous sommes impactés sur le volet ressources humaines, l’absence d’un 13e mois et de congés de fractionnements. On se retrouve aussi à compenser les absences, comme en salle de naissance, à faire les consultations et d’autres activités. Donc aujourd’hui, on voulait marquer le coup », confie Alban, sage-femme.

Ainsi, les trois établissements regroupes, près de 250 personnes, scandaient leurs revendications devant l’établissement de maternité et de chirurgie : « Elsan t’es foutu, tes soignants sont dans la rue ». Avant que les déléguées syndicales, Valérie (Cfdt) et Florence (CGT) de la polyclinique Méditerranée ne prennent la parole pour exprimer leurs revendications: « Comme chez nos deux grandes sœurs, Saint-Pierre et Médipôle, nous avons des conditions de travail compliquées. Nous avons un bon dialogue social, nous sommes entendus, mais ce qu’on aimerait c’est plus d’actions. Nous attendons que l’ARS ou EIsan nous donne une enveloppe pour être considérés, au même titre que tous les personnels de l’établissement, dans tous les services. Aujourd’hui, on ne s’y retrouve pas dans nos soins », confiaient l’aide-soignante et l’auxiliaire de vie. Dans cette structure « familiale de 127 salariés », le personnel réclame une reconnaissance du travail, une prime financière ou un 13e mois, mais aussi des remplacements pendant les congés payés. « On en est à un point où certains préfèrent se reposer que d’être payé » ont-elles ajouté.

Avant qu’une salariée retraitée récemment de la polyclinique Méditerranée ne s’exprime : « C’est la première fois qu’il y a autant de monde à une mobilisation. Je suis à la retraite depuis un an et il faut continuer à se mobiliser: Il faut prendre en compte que les dividendes c’est aussi pour les personnels, pas que pour les actionnaires. Les primes c’est avec ça qu’on vit à la fin du mois ». Du côté des infirmières au bloc, comme Céline, Amandine et Astrid, elles témoignent: « Plus ça va et plus on nous enlève des avantages. On avait le droit à des congés de fractionnement(*), ce n’est plus le cas. Ou alors on nous impose la période à laquelle on doit poser. Tout ça pour que ce soit en période d’activité plus calme et éviter d’embaucher des remplaçants ».

À Médipôle, les déléguées syndicales expliquent que « la direction a décidé d’arrêter les négociations ». À la clinique Saint-Pierre, elles ont été à nouveau reçues en début d’après-midi par le directeur Julien Coulomb mais « il ne veut pas ouvrir les négociations tant que le service de chimiothérapie n’aura pas rouvert. Donc le dialogue est coupé ». Le mouvement se poursuit donc aujourd’hui pour ces deux établissements de santé.

Laura Morales L’Indépendant, le 30 avril 2026)

(*) Les congés de fractionnement donnent des jours en plus si une partie des congés est prise hors période légale.

« Poursuivre un dialogue social constructif et apaisé » à Médipôle

Valéry Folcher, le directeur de la clinique Médipôle Saint-Roch, a réagi ce mercredi soir. « Comme chaque année, la direction et les élus ont ouvert les Négociations annuelles obligatoires (NAO). Plusieurs réunions se sont déroulées avec un engagement de clore les NAO au plus tard le 30 juin 2026. À la suite de la dernière réunion du 21 avril, il avait été convenu de la tenue d’une nouvelle rencontre à fixer avant le 6 mai. Les organisations syndicales nous ont informés, le 23 avril, d’un mouvement de grève à effet le 24 avril à 5 h ». Il ajoute : « Ce mouvement soudain, alors que les négociations étaient encore en cours, a amené la direction à prendre les dispositions nécessaires et indispensables pour garantir la sécurité des patients hospitalisés et ceux nécessitant une prise en charge médicale urgente et non reportable. La direction réaffirme sa volonté de poursuivre un dialogue social, constructif et apaisé dans le cadre de ces NAO ».

L’ARS « en ordre de marche »

Franck Nivaud, directeur délégué départemental de l’ARS, réagit à la grève des cliniques. Ce mercredi, il a reçu les déléguées syndicales pour connaitre les raisons de cette mobilisation. « On suit avec attention les mouvements de grève et nous sommes en lien avec les directions pour la continuité des réquisitions afin d’assurer le service minimum. Des que le mouvement s’arrêtera, elles seront caduques. Nous avons proposé d’en mettre en place jusqu’à lundi prochain inclus afin que tout le monde ait une visibilité », confie Franck Nivaud, soulignant l’importance de maintenir un dialogue « au fil de l’eau » et lors d’épisodes « comme celui-ci ». Quant a la situation qui en découle sur le territoire, notamment celle aux urgence du centre hospitalier de Perpignan, il explique : « Ce qu’il s’est passé lundi, pour les pompiers et ambulances, c’était une conjonction de facteurs. Mais le centre hospitalier prend toutes les mesures qu’il faut. Il ne faut pas oublier qu’a Médipôle et Saint-Pierre, les urgences accueillent toujours de patients ». Mais à l’approche du pont du 1er mai, la sécurité et la communication sont de mise : « Il faut que la coopération continue avec les autres établissements, pour alléger les charges. Mais tout le monde est en ordre de marche pour une bonne prise en charge des patients ». Il n’est pour l’heure pas exclu que le « plan blanc » soit déclenché à l’hôpital de Perpignan.

La grève reconduite à Médipôle et Saint-Pierre (L’Indep)

Le mouvement de grève des cliniques Médipôle Saint-Roch et Saint-Pierre se poursuit et fusionne. Hier, après plus de quatre jours d’actions, les syndicats de chaque établissement se sont retrouvés à la clinique Saint-Pierre pour unir leurs forces. « Après notre assemblée générale et un deuxième rendez-vous avec la direction, sans accord trouve, nous sommes allés soutenir nos collègues de Saint-Pierre. On essaye de créer une action commune puisque nous avons les mêmes dirigeants. Demain matin (ce mercredi), c’est eux qui viendront à Cabestany », confie Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de Médipôle, au cœur du mouvement avec le syndicat CFDT, représenté par Hélène Masse.

Les urgences restent ouvertes

Les personnels soignants, qui revendiquent de meilleures conditions de travail mais surtout une reconnaissance financière, se dirigeront en cortège vers l’ARS ce mercredi, puis jusqu’à la polyclinique Méditerranée de Perpignan, aussi groupe Elsan, en fin de matinée. « Il faut créer une dynamique pour marquer le coup », poursuit la déléguée syndicale. Elle précise par ailleurs que le PDG du groupe Elsan, Sébastien Proto, devait venir les rencontrer ce mercredi, « mais sa venue a été annulée ». Dans les services de la clinique, seul le premier étage reste ouvert. Les services de chirurgie et de médecine ont été regroupés et accueillent 36 patients au total. Les urgences restent ouvertes.

À la clinique Saint-Pierre, les revendications écrites ont été déposées au directeur Julien Coulomb ce mardi a 11 h. Les déléguées syndicales, Charlotte Bailly (CGT), Aurélie Stéfani (CGT) et Florie Bejat (CFTC), ont ensuite été reçues à 17 h 30.

« Aprés nos propositions, le directeur n’est pas contre une prime pérenne, mais pas de 1 500 € comme demandé, il n’est pas contre non plus une prime ‘one shot’ de 800 €. Il refuse cependant la prise en charge des jours de grève », confient-elles. L’augmentation salariale de 10 % progressive sur quatre ans a été refusée. Le directeur se serait engagé à étudier la qualité de vie au travail, tout comme un avenant sur l’accord d’intéressement avec un seuil déclencheur plus bas. « Mais pour lui, la seule condition est que le service de chimiothérapie arrête la grève et reprenne. Ce que refusent les salariés car ils considèrent cela comme du chantage », ajoutent les déléguées syndicales. La grève est donc reconduite. Et un nouveau rendez-vous calé aujourd’hui à 14 h.

L. Morales (L’Indépendant, le 29 avril 2026)