Mes cher.es camarades, le salut que je vous adresse, au nom de l’Amicale des vétérans, se veut empreint de lucidité, de conviction et de confiance.
Lucidité sur les dangers et les obstacles que l’humanité, notre peuple, notre parti ont à affronter, mais aussi sur les contradictions. Car voir les contradictions, c’est voir nos points d’appui pour agir et pour une perspective.
Bien des éléments de la situation attisent des peurs, qui poussent à baisser la tête et se résigner, ou rendent l’obscurantisme des extrême-droites attractif ; mais ils ouvrent aussi des portes à des prises de conscience des méfaits du capital et de son système, des intérêts communs d’une vaste classe et des peuples à s’unir pour le combattre, résister et agir pour le dépasser.
La lucidité, c’est de saisir le besoin des idées communistes, l’enjeu de la bataille des idées pour nourrir les luttes et construire une nouvelle conscience de classe. Avoir attaché à cette question, aux questions de classe une importance essentielle est une avancée importante. Notre parti a besoin de tels repères.
Ce n’est pas inné, la conscience de classe. Cela demande des expériences de lutte et un travail politique. C’est toute l’actualité et l’enjeu du besoin d’un parti communiste, positionné sur des bases de classe, concepteur et porteur des idées révolutionnaires d’aujourd’hui.
Lucidité aussi sur nous-mêmes, sur nos forces et nos faiblesses, sur le chemin accompli, depuis le tournant du 38eme congrès, et tout ce qui reste à faire, avec la conscience qu’il nous faut absolument construire –je ne dis pas reconstruire, je trouve que les mots en « re » ont le défaut de renvoyer vers le passé, alors qu’il s’agit de faire du neuf dans une situation très nouvelle- construire, donc, un parti beaucoup plus fort.
Je crois comprendre que c’est un point majeur de la feuille de route décidée par ce Congrès. Et de fait, si ce n’est pas un préalable dont il faudrait attendre la réalisation, c’est une clé décisive pour l’avenir.
J’ai dit aussi conviction. Pas croyance, conviction, fondée sur la raison, la connaissance, la volonté de comprendre derrière les apparences, avec les idées marxistes vivantes, pour agir et transformer le monde, la société.
Conviction que le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire et que la suite de l’histoire, celle du dépassement de ce système inhumain, en crise, celle du socialisme et du communisme, s’écrit au présent, sans frontières, en France, en Europe et dans le monde, dans nos luttes sociales et politiques.
Conviction, fondatrice de notre parti, qui en fait l’utilité et en définit l’originalité, que c’est un combat révolutionnaire. N’ayons pas peur du mot ! Faisons-le vivre avec un contenu attractif, de façon rassembleuse, pour avancer vers des jours heureux, vers une société et un monde heureux.
Cela a à voir avec la bataille dans laquelle nous allons nous engager pour la présidentielle et les idées qu’elle doit nous permettre de porter.
Une bataille difficile, car l’élection présidentielle est depuis l’origine, l’élection la plus difficile pour le parti communiste.
Mais la situation impose de ne pas nous absenter une fois encore, on en a assez cher payé les conséquences, et surtout, il y a besoin de nos idées pour travailler à faire bouger les choses. De les porter avec tout leur réalisme et toute leur radicalité. D’y faire vivre l’originalité de l’apport communiste, indispensable à une perspective de gauche nouvelle, unitaire et transformatrice. Car face à l’extrême-droite, à qui nous allons tout faire pour barrer la route, pour une mobilisation majoritaire et de gauche, il y a besoin bien sur d’une bataille culturelle, mais surtout d’une perspective solide, qui ne mène pas à nouveau à des déceptions qui ont couté cher et frayé la voie à la montée de l’extrême-droite.
J’insiste sur les idées, la bataille pour nos idées. L’action c’est nécessaire, mais pour qu’elle agisse sur les consciences, elle doit être porteuse d’idées. Nos affiches, nos tracts, nos messages sur les réseaux sociaux, nos paroles doivent avoir l’ambition d’imprimer nos idées.
Elle est toujours valable l’idée de Marx selon laquelle une idée dont les masses s’emparent peut devenir une force matérielle. Pensons-y, toujours.
C’est dire le défi de la formation. J’ai envie de vous dire, de dire aux jeunes camarades de ce congrès du parti, à celles et ceux dont l’adhésion est récente, mais ça vaut pour nous toutes et tous : oui il y a à apprendre, oui il y a besoin de se former, bien au-delà des formations scolaires et universitaires, oui il faut être exigeant là-dessus vis-à – vis de soi même et du parti. Apprenez, lisez, apprenons, lisons, et puisque dans le parti il y a aussi, notamment avec les vétérantes et les vétérans, de l’expérience et des connaissances accumulées, profitez-en, utilisez-les, exploitez-les, prenons, avec le parti, avec la JC, des initiatives qui fassent vivre la transmission et l’échange.
Et comme l’amicale des vétérans, qui est très active et utile dans un certain nombre de fédérations, n’est pas structurée partout, je propose, pour terminer, aux dirigeantes et dirigeants des fédérations concernées d’en faire un objectif sur la réalisation duquel avec les camarades de la direction de l’amicale nous sommes disponibles pour vous aider.
Merci de votre attention.
Bonne fin de Congrès.
Vive notre parti.
