Enfance catalane : « Les éducateurs de rue sont à bout de souffle » (L’Indep)

La CGT pointe du doigt des problématiques d’organisation et de management qui compromettraient la mission des douze éducateurs qu’embauche l’association L’Enfance catalane pour intervenir auprès des jeunes des quartiers de Perpignan.

« Démissions, turn-over, management toxique, organisation de travail non adaptée aux missions… » Selon la déléguée syndicale CGT de L’Enfance catalane, Leila Dutailly, les douze éducateurs de rue du service prévention de l’association, qui interviennent auprès des 11-25 ans dans plusieurs quartiers perpignanais (Saint-Mathieu, Saint-Jacques, Champs-de-Mars, Vernet) sont tout simplement « a bout de souffle ».

Plusieurs salariés concernés confirment. « Depuis janvier 2024, une quinzaine d’éducateurs sont passés dans le service puis repartis », confie l’un deux. Par ailleurs, après une enquête interne qui a abouti à un licenciement, la direction a décidé en septembre dernier de revoir l’organisation du service en mettant en place un nouveau règlement.

« Pas adapté à ce qu’on fait sur le terrain »

« Ce nouveau règlement n’est pas adapté à ce qu’on fait sur le terrain », déplore la délégation d’éducateurs qui tire la sonnette d’alarme avec le soutien de la CGT. « Ils nous demandent par exemple de faire un emploi du temps sur 15 jours, alors que notre métier est par nature rempli d’imprévus. Le nouveau règlement précise aussi qu’une posture professionnelle exclut toute familiarité excessive. Si on checke avec un jeune, on peut nous le reprocher, alors qu’on est dans leur quartier et qu’on doit s’adapter à leurs codes. »

La délégation dénonce aussi une logique comptable incompatible avec le métier : « L’an dernier, on a accompagné 190 jeunes alors que notre appel à projet parle de 320 minimum. On nous dit que 190 jeunes, ce n’est pas assez, alors qu’en matière de prévention, on vise la qualité plutôt que la quantité. On nous demande aussi de faire beaucoup d’administratif. Au détriment du travail de terrain. On s’intéresse tellement aux chiffres qu’on en oublie les bases. »

Forte de ce constat, la CGT réclame « que l’employeur respecte ses obligations en matière de prévention des risques psychosociaux ». Et demande en parallèle au conseil départemental, qui finance l’association, de réagir.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)

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