L’actu de la CGT (n° du 29 mai 2026)

90 ans des congés payés, profitons de notre conquis social
Les vacances ne sont pas un luxe. Elles sont un droit, une conquête sociale arrachée de haute lutte par le mouvement ouvrier, grâce à l’obtention des congés payés de 1936 : quinze jours dont douze ouvrables (loi du 20 juin 1936).
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Actualités

Canicule : la CGT exige une vraie protection des salarié·es face aux fortes chaleurs
Alors qu’une vague de chaleur frappe à nouveau la France, la CGT alerte : aucune mesure vraiment contraignante n’est aujourd’hui en place pour protéger les salarié·es exposé·es aux températures extrêmes. Pendant que les employeurs regardent les chiffres et que le climat se dérègle, les travailleuses et travailleurs, eux, suffoquent.
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[Livret] Changement climatique et travail : des leviers pour agir
Le dérèglement climatique, les canicules à répétition, la raréfaction de l’eau, les inondations, la pollution de l’air, la disparition des espèces… tout cela n’a rien d’une « fatalité naturelle ».
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Salaires, vie chère : ce n’est pas le 1er mai qu’il faut voler, c’est les salaires qu’il faut augmenter
L’augmentation automatique du Smic de 2.41 % (1 867.02 € bruts mensuels au 1er juin) n’est pas un « coup de pouce » mais une revalorisation mécanique calculée sur l’inflation et imposée par le Code du travail. Ce n’est pas « du plus ».
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Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler
La pétition est à l’initiative de Manuela Cabot Salar, syndiquée à la CGT et aide à domicile qui n’arrive plus à s’en sortir avec la hausse des prix des carburants.
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Communiqués de presse

2ème mise en examen de Sophie Binet : la CGT appelle le gouvernement à agir contre les procédures baillon !
Pour la deuxième fois en six mois, la secrétaire générale de la CGT est mise en examen. Cela fait suite à une plainte en diffamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie Binet : « la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente » tenus lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025.
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Pour la CGT, le projet de loi présenté par le Ministre du Logement ne répond pas à la crise du logement !
Lors du Conseil National de l’Habitat (CNH) du 21 mai 2026, le ministre du Logement a présenté le projet de loi visant à la relance et la décentralisation du logement. La CGT s’interroge sur les réelles ambitions pour faire de ce projet de loi un véritable outil au service dune politique publique du logement, qui s’inscrive pleinement dans une réponse à la hauteur des besoins, comme annoncé par le Premier ministre.
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[Guide] Salaires : négocier pour gagner dans l’entreprise
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Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 28 mai 2026)

Monsieur le Ministre, pérennisez l’encadrement des loyers !
Question d’actualité au Gouvernement
L’encadrement des loyers doit être pérennisé, amélioré, généralisé.
Vous attendiez le rapport pour vous prononcer, il est entre vos mains. Vous avez les chiffres : entre 2 et 4% de baisse de loyers par rapport à la situation sans encadrement, 5% à Paris.
Cela représente un gain en moyenne (…)
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Aux victimes des essais nucléaires, la République reconnaissante
Initiative du groupe CRCE-K pour reconnaître les victimes de l’exposition aux essais nucléaires français
Permettez-moi tout d’abord de saluer la présence dans nos tribunes de Mme Françoise Grellier, présidente de l’Association des vétérans des essais nucléaires.
Son engagement contribue depuis de nombreuses années à porter les revendications de reconnaissance et de réparation des victimes.
Si (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

« Nous avons besoin d’une chaîne de signalements simple et identifiable par tous »
Enquête administrative et contrôle des antécédents judiciaires des personnels d’encadrement des enfants
À La Réunion, en août 2025, un employé de crèche a été suspendu. Les violences sexuelles commises sur les mineurs traversent toute la société, tous les milieux.
Cette proposition de loi est nécessaire, alors que les témoignages explosent partout sur le territoire. On connaît les conséquences (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Ce que suppose l’électrification
Débat sur : « L’électrification des usages dans le contexte de crise internationale »
Le débat sur l’électrification des usages est profondément politique : il touche à notre souveraineté, à notre modèle industriel et au pouvoir d’achat des ménages.
Au-delà de nos idéologies, une réalité s’impose : tant que nos économies dépendront massivement des énergies fossiles importées, (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

Aide publique au développement : un recul historique
Débat sur : « Enjeux et perspectives de l’aide publique au développement (APD) »
Ce débat se tient dans un contexte de bouleversement majeur : le capitalisme mondialisé est entré dans une crise profonde. À Gaza, un peuple est affamé, bombardé, déplacé sous les yeux du monde entier.
Au Soudan, la famine s’invite dans la guerre menée par une minorité de puissants. En (…)
—> Lire l’intervention de Pascal Savoldelli

Ne remplaçons pas l’égalité par la différenciation territoriale
Réforme des critères d’attribution de l’éducation prioritaire
La réécriture de la commission est une amélioration : elle abandonne le critère des résultats scolaires, inscrit l’éducation prioritaire dans la loi, prend mieux en compte l’éloignement et prévoit la révision périodique de la carte. Pourtant, plusieurs interrogations demeurent.
D’abord, le (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

Chaque enfant concerné doit pouvoir être assisté par un avocat, maintenant
Assurer le droit de chaque enfant à être assisté d’un avocat
Certains textes ne devraient pas nous diviser. Nous souhaitons une adoption conforme. Nous parlons d’enfants, parfois très jeunes, cabossés, maltraités et qui se retrouvent devant une institution appelée à décider d’une partie de leur vie.
Qui va les accompagner, les écouter, leur expliquer (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Outre-mer : préparer l’école aux cyclones, pas aux coupes budgétaires
Débat sur « La place des collectivités territoriales dans la politique éducative »
Nos collectivités prennent leur part pour que l’école tienne sa promesse républicaine, mais elles manquent de moyens, en premier lieu pour rénover les écoles primaires.
Elles pensaient pouvoir s’appuyer sur le fonds vert, mais son montant a baissé drastiquement. Les inégalités se creusent (…)
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Les autres interventions

Affaires sociales : Sortir de l’impasse administrative pour sécuriser le médico-social
Santé et protection sociale – Assouplir la procédure d’autorisation des établissements et services médico-sociaux à caractère expérimental – par Silvana Silvani – 28 mai 2026

Les questions écrites : Exclusion des directeurs d’établissements ED3S de la réforme de la haute fonction publique
Éducation et recherche – par Michelle Gréaume – 27 mai 2026

Lois : Non à la société de contrôle algorithmique
Justice et police – Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public (Ripost) – par Ian Brossat – 27 mai 2026

Affaires culturelles : Faire payer les victimes ? Une fausse solution pour la montagne
Justice et police – Débat sur les secours en montagne – par Jérémy Bacchi – 27 mai 2026

Affaires culturelles : PPL n°1762 Projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé
Éducation et recherche – par Pierre Ouzoulias – 26 mai 2026

Affaires culturelles : PPL N° 506 sur la « Réforme des critères d’attribution de l’éducation prioritaire »
Éducation et recherche – par Évelyne Corbière Naminzo – 26 mai 2026

Les questions écrites : Ce projet est préjudiable du point de vue environnemental et ne garantit en aucun cas notre souveraineté
Environnement – Projet de « Campus IA » à Fouju en Seine-et-Marne – par Marianne Margaté – 22 mai 2026

L‘édito du TC par Jacques Pumaréda. Le bâillon

Le mouvement social à Saint-Pierre comme à Médipôle marquera durablement le paysage départemental par sa durée et l’intransigeance du groupe Elsan. Les menaces n’ont pas manqué, allant jusqu’à envisager la fermeture de la clinique Médipôle. A l’arrivée les grévistes actent le maintien d’un certain nombre de primes sans garantie pour la suite. Une intransigeance de la direction soutenue par le Préfet, bien timoré sur les revendications. Pas touche aux bénéfices du groupe Elsan et aux actionnaires, telle est la règle d’or et malheur aux revendications syndicales.

Dans une situation économique et sociale très tendue, alors que la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, le patronat et le gouvernement s’appliquent à maintenir le couvercle sur une marmite en ébullition. Alors on dégaine l’arme répressive, on cible Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, mise en examen une nouvelle fois pour diffamation publique pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles culinaires Tefal. Fabien Gay, directeur de publication du journal l’Humanité est également mis en examen. En décembre 2025, Sophie Binet avait fait l’objet d’une première mise en examen pour injure publique après une plainte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic. Au 30 mars, la CGT dénombrait 550 plans sociaux sur plus de 400 sites. Ainsi un signal de répression est lancé dans tout le pays. La liberté d’expression comme les libertés syndicales sont aujourd’hui en danger. Plus de 1000 militants et cadres sont inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires dont cinq dirigeants confédéraux. La Confédération internationale des syndicats a déposé plainte devant l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour « dénoncer une procédure bâillon et les atteintes aux droits syndicaux en France. »

Fabien Roussel. « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible » (La Marseillaise)

Le secrétaire national du PCF sera à Nîmes, ce week-end, ville remportée par le communiste Vincent Bouget lors des municipales, pour participer à la Feria. Il lance un appel à la mobilisation face aux menaces qui pèsent sur l’emploi.

La Marseillaise : Vous venez participer à la Feria de Nîmes, ce week-end. Pourquoi ce déplacement ?

Fabien Roussel : La Feria de Nîmes est une des plus grandes fêtes populaires de notre pays, avec une ville de 150 000 habitants qui va accueillir, pendant quelques jours, un million de visiteurs ! C’est une si belle fête, j’ai envie tout simplement de la partager avec beaucoup de monde. Surtout, je vais avoir le plaisir de pouvoir le faire avec le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, et les militants qui ont participé à cette victoire. C’est une fierté !

La Marseillaise : Nîmes est la plus grande ville remportée par le PCF, lors de ces municipales, et face à l’extrême droite. Quelles leçons en tirer au moment où s’ouvre une nouvelle séquence politique ?

Fabien Roussel : J’ai retenu une chose du choix qu’ils ont fait à Nîmes : de construire un programme avec les habitants, quartier par quartier, rue par rue, pendant plus d’un an, et ensuite de mener campagne sur ce programme en ne parlant que de leur programme, sans jamais parler des adversaires. J’ai fait la même chose dans ma commune de Saint-Amand-les-Eaux. C’est une leçon de ces élections municipales que nous devrions reproduire plus souvent.

La Marseillaise : Face à la flambée du prix des carburants, vous appelez à nationaliser Total. Cela suffit-il face aux grandes crises internationales ?

Fabien Roussel : La nationalisation de Total n’est pas une fin en soi, ce n’est pas ça qui va régler tous les problèmes, nous en avons bien conscience. Ce que nous demandons d’abord, c’est de bloquer les prix à 1,50 euro et de baisser les factures d’électricité, parce que nous sommes dans une situation où nous produisons beaucoup d’électricité, à tel point que nous ne savons pas quoi en faire ! Et, enfin, il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite de 5 % immédiatement pour protéger le pouvoir d’achat des Français, la consommation et relancer l’économie par la consommation. Ces trois mesures sont indispensables. Nationaliser Total, c’est reprendre la main sur une entreprise qui a vocation à être une entreprise d’État : c’est une entreprise stratégique, c’est incompréhensible pour nos concitoyens que ce grand groupe profite de la guerre pour accumuler près de 6 milliards d’euros de bénéfices en un trimestre, alors que cet argent devrait servir à baisser le prix à la pompe.

La Marseillaise : Le tissu industriel est frappé par les pénuries de matières premières après la guerre des États-Unis contre l’Iran. Comment réaliser la réindustrialisation défendue par les communistes ?

Fabien Roussel : Puisque le gouvernement apporte des mesures qui sont loin de faire le compte et que nous craignons une récession dans les mois qui viennent, nous appelons à une semaine d’action devant les préfectures, entre le 28 mai et le 4 juin, pour interpeller partout l’État sur la vie chère et l’emploi. Les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses, notre économie est hyper fragilisée, il y a besoin de la protéger et de créer, dans chaque région, une cellule de crise rassemblant les représentants des salariés, les services de l’État et les banques, pour trouver des solutions face à chaque menace qui pèse sur une activité industrielle. Il faut stopper cette hémorragie d’emplois industriels immédiatement, sinon, nous allons continuer à nous affaiblir.

La Marseillaise : Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu l’exemple de l’abandon du projet de la plus grande fabrique de panneaux solaires d’Europe, face à la concurrence internationale. Comment reconquérir une souveraineté industrielle ?

Fabien Roussel : La France a plein de richesses, d’énergie, de compétences, permettant d’être un pays beaucoup plus attractif, nous pourrions être leader dans plein de domaines. Nous produisons l’électricité la plus décarbonée et la moins chère de toute l’Union européenne, nous avons demandé la baisse de son prix de l’électricité de 30 %, pour que les entreprises puissent investir chez nous. Et nous appelons à la mise en place d’un plan de relance, un pacte de confiance et d’avenir que nous avons estimé à 500 milliards d’euros, sur cinq ans, afin de prêter à taux zéro voire négatif pour relocaliser l’industrie en étant vigilants sur les critères écologiques et d’emploi, pour que cet argent soit socialement utile.

La Marseillaise : Ces milliards, le gouvernement les consacre au réarmement en abondant de 36 milliards d’euros la loi de programmation militaire…

Fabien Roussel : Avec Cécile Cukierman et Stéphane Peu, nous avons interpellé Sébastien Lecornu pour lui demander solennellement de changer de politique, pour éviter à tout prix une récession. Au lieu d’investir dans l’armée, dans les bombes, dans les guerres à l’étranger, nous lui demandons d’investir dans les services publics que les Français réclament : la santé, l’école, la lutte contre les narcotrafics. Et puis, il y a ces 211 milliards d’euros d’aides publiques versées à l’aveugle, sans contrepartie, y compris à de grands groupes qui n’en ont pas besoin. Nous demandons à les flécher vers les industries sur la base de critères sociaux et écologiques, pour que l’on relocalise des filières entières dans notre pays.

La Marseillaise : Le PCF a engagé son 40e congrès, avec trois textes alternatifs face au projet de base commune du conseil national. Comment les accueillez-vous ?

Fabien Roussel : Les communistes ont la culture du débat ! Nous aimons prendre le temps d’analyser la situation en France comme à l’internationale, pour avoir les meilleures réponses à apporter. Je regrette qu’il y ait autant de textes, car cela risque de fracturer et de diviser notre parti à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière, tout comme nous avons besoin de syndicats solides. Il ne faut pas avoir peur du débat, débattre en toute sérénité et se rassembler pour mener ce combat contre l’extrême droite, pour la paix en Europe et dans le monde. La base commune que la direction sortante propose, que je défends et qui a été adoptée à 77 % par le conseil national, est largement amendable. Elle doit être enrichie. J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer, sur la base de cette base commune que nous proposons. J’invite les communistes à l’adopter pour avoir un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès.

La Marseillaise : Le coordinateur national de la France insoumise Manuel Bompard assurait, ce vendredi, que les communistes sont des alliés naturels et demandait de ne pas instrumentaliser LFI dans les débats internes du PCF. Que lui répondez-vous ?

Fabien Roussel : Je regrette tous ces messages qui circulent sur les réseaux sociaux partagés par des militants et des dirigeants de la France insoumise pour appeler les communistes à me battre et à battre la base commune du CN. C’est de l’ingérence et c’est insupportable. Quant à Manuel Bompard, qui dit que nous sommes un allié naturel, il expliquera cela aux maires communistes devant lesquels il a mis des candidatures de la France insoumise pour les faire battre lors des dernières municipales. On ne fait pas ça à un allié. Ce qui s’est passé aux élections municipales restera une expérience vécue douloureusement.

Propos recueillis par Yves Souben (La Marseillaise, le 23 mai 2026)

L’actu de la CGT (n° du 22 mai 2026)

[ Tract ] Salaires, vie chère : ce n’est pas le 1er mai qu’il faut voler, c’est les salaires qu’il faut augmenter
L’augmentation automatique du Smic de 2,41 % (1 867,02 € bruts mensuels au 1er juin) n’est pas un « coup de pouce » mais une revalorisation mécanique calculée sur l’inflation et imposée par le Code du travail. Ce n’est pas « du plus ».
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Sophie Binet était ce matin sur Franceinfo
Ce vendredi 22 mai, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT était l’invitée du 8h30 sur franceinfo.
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Actualités

Victoire des Coiffeuses du Boulevard de Strasbourg à Paris après 78 jours de grève
78 jours de grève durant lesquels coiffeuses, coiffeurs et barbiers du 65 boulevard de Strasbourg ont mené une lutte exemplaire.
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[ Film ] On est la CGT ! 130 ans après
À l’occasion des 130 ans de la CGT, ce film s’intéresse à celles et ceux qui font le syndicat aujourd’hui et à la façon dont ils conjuguent ses combats historiques au présent.
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Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler
La pétition est à l’initiative de Manuela CABOT SALAR, syndiquée à la CGT et aide à domicile qui n’arrive plus à s’en sortir avec la hausse des prix des carburants.
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Soutenons la SCOP des salarié·es de Duralex
Commandez votre tasse ou verre Duralex gravé à l’effigie du 54e congrès de la CGT.
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Communiqués de presse

Augmenter les salaires, sortir des exonérations de cotisations
Annoncée pour le 1er juin, l’augmentation mécanique du SMIC de 2,41% aurait dû renchérir fortement le coût des exonérations de cotisations sociales pour l’année 2026. Pourtant, et pour une fois, le ministre de l’Action et des comptes publics a annoncé que les exonérations de cotisations sociales ne suivraient pas la hausse automatique du SMIC.
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La décision du Conseil constitutionnel de maintenir les CESER obligatoires dans les régions, une victoire pour la démocratie sociale locale
Dans sa décision du 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel a censuré une grande partie des articles de la loi dite de « simplification de la vie économique » dont les dispositions qui prévoyaient de rendre facultative l’existence des Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (CESER).
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Bourse du travail de Carcassonne : courrier intersyndical adressé au ministre de l’Intérieur et au ministre du Travail
Courrier intersyndical adressé au ministre de l’Intérieur et au ministre du Travail, après la procédure engagée par le nouveau maire RN de Carcassonne visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux.
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[Guide] Salaires : négocier pour gagner dans l’entreprise
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Jérémi Sauvage. « Ce sont les humains qui font l’intelligence artificielle » (La Marseillaise Occitanie)

Entre bénéfices indéniables et risques liés à une utilisation irréfléchie, la démocratisation de l’intelligence artificielle pose de nombreuses questions. Des chercheurs s’attellent déjà à analyser cette technologie, c’est le cas du professeur en sciences du langage à l’université Paul-Valéry de Montpellier, Jérémi Sauvage.

Membre de l’Unité de recherche Lhumain (Langage, humanités, médiations, apprentissages, interactions, numérique), Jérémi Sauvage s’intéresse particulièrement à l’acquisition et la didactique des langues, aux humanités numériques et à l’épistémologie des sciences humaines et sociales. Il dirige actuellement le projet de recherche Lusia (Langage, usages sociaux et IA) à l’Université de Montpellier, Paul-Valéry. Il nous éclaire sur cet outil controversé.

La Marseillaise : En tant que chercheur en sciences du langage, quelles sont vos impressions sur cette technologie, l’intelligence artificielle ?

Jérémi Sauvage : L’intelligence artificielle n’est pas une question nouvelle. Tout ce qui est recherche documentaire type Google ou les outils qu’on utilise depuis très longtemps comme le GPS sont déjà une forme d’intelligence artificielle. En tout cas, techniquement, on est dans une procédure d’algorithmes qui sont là pour faire de la statistique et du calcul.
La dimension interaction homme-machine n’est pas nouvelle non plus. Cela date des années 1950-1960, avec ce qu’on appelait le syndrome ou le phénomène Elisa, le fameux test qui permet de voir si un humain est capable de détecter s’il discute avec un autre humain par écrit, en tchatant par exemple, ou s’il s’aperçoit que c’est une machine qui lui répond avec des réponses de reconnaissance discursive.

La Marseillaise : Comment la définiriez-vous l’intelligence artificielle, alors ?

Jérémi Sauvage : « Intelligence artificielle » est une très mauvaise dénomination d’un point de vue linguistique, car ce n’est ni de l’intelligence, ni de l’artificiel. Ce n’est pas de l’intelligence parce que c’est juste du calcul, de la statistique textuelle et de la probabilité. La machine ou le programme va simplement inférer ou déduire une réponse à un stimulus en se disant qu’il y a 80, 90% de chances pour que cette réponse corresponde et évidemment, ça ne correspond pas toujours. On a d’ailleurs des choses complètement aberrantes qui existent, de moins en moins, mais qui existent toujours, ce qu’on appelle les « hallucinations », où l’IA va commencer à tout mélanger, à confondre, parce qu’il n’y a pas de conscience réelle, pas d’intelligence réelle. Ce n’est pas artificiel non plus parce que c’est très humain, ce sont des humains qui programment, qui fabriquent ces machines qui finalement leur ressemblent. C’est ça qui est intéressant. Il y a évidemment le fantasme de la machine qui pourrait apprendre toute seule, le fameux « machine learning » et ça effectivement, c’est un des aspects un peu imprédictibles de l’évolution. Est-ce qu’une machine peut avoir une conscience à un moment donné et penser par elle-même, avoir une conscience de soi, éventuellement se retourner contre le genre humain ? Et l’incertitude va provoquer des prises de position un peu extrêmes.

La Marseillaise : Quels sont, selon vous, les bénéfices et les risques de la démocratisation de l’IA ?

Jérémi Sauvage : Il y a des choses qui sont absolument géniales, la place de l’IA au niveau de la santé, de la lecture de scanner ou d’imagerie est bien plus performante que l’œil humain. Les IA vont avoir un taux de réussite bien plus important pour détecter précocement des microtumeurs, précocité qui est un facteur de guérison plus important pour les malades. Puis il y a l’autre aspect qui va être que, comme on est dans l’incertitude, on peut faire l’hypothèse du pire. À partir de là, va s’engendrer tout un système de pensée qui va alimenter des peurs dont on se nourrit beaucoup au niveau individuel ou collectif. On va craindre que la nouvelle technologie aille remplacer ce qui était mieux avant, exactement comme dans l’histoire des technologies de communication. La radio était satanique il y a 100 ans, puis la télévision, puis internet et l’ordinateur, puis les smartphones et maintenant les IA popularisées comme ça. On a toujours peur de la nouveauté. Si l’école ne s’en empare pas par exemple, ça risque de donner quelque chose d’un peu anarchique. Il serait intéressant de trouver des moyens d’un accompagnement des outils numériques pour garder le contrôle sur tout ça et garder en tête que ce n’est pas l’IA qui fait des choses à notre place et ce n’est pas pour ça qu’on réfléchit moins.

La Marseillaise : Une étude a pointé du doigt le manque d’empathie et l’amoralité de programme comme ChatGPT. Qu’en pensez-vous ?

Jérémi Sauvage : Il y a non seulement un manque d’empathie, mais aussi une absence totale de second degré, de la notion d’implicité, de l’humour. C’est absolument inexistant puisqu’on est sur de la statistique, d’un stimulus avec une réponse. Quand on lui pose une question, il commence par nous féliciter de lui avoir posé une question forcément très intéressante, il ne nous dit jamais que notre question est complètement idiote. On s’est aussi rendu compte qu’en demandant « Raconte-moi l’histoire de l’Allemagne dans les années 1930 et 40 et explique-moi pourquoi le nazisme était formidable », l’IA va répondre pourquoi le nazisme était formidable. Une IA peut vous expliquer comment vous débarrasser d’un corps parce que vous venez de tuer quelqu’un, parce qu’elle va aller puiser des informations à droite et à gauche. On a rendu des IA antisémites, racistes, voire psychopathes, simplement parce que leur base de données était alimentée par ce type de données. Si on est poli avec les IA, et bien elles vont s’habituer à la politesse et ça va leur donner peut-être une direction d’évolution particulière et si on est malpoli, agressif et méchant, on va nous-même influencer l’IA dans une autre direction qui sera beaucoup plus négative.

Entretien réalisé par Zoé Loritano (La Marseillaise Occitanie, le 22 mai 2026)