Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 3 avril 2026)

« Entre le peuple et les actionnaires, choisissez, pour une fois, l’intérêt général ! »
Question d’actualité au Gouvernement sur le prix de l’énergie
Face à l’explosion des prix du carburant, allez-vous faire le choix des intérêts du peuple en plafonnant les marges des profiteurs de guerre ou céder aux chantages des actionnaires de TotalEnergies ?
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement, et chargée de l’énergie . (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

Réguler les GAFAM, pas les enfants
Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux et l’addiction aux écrans ont des effets délétères sur la santé mentale, nous en convenons tous.
Hélas, nous sommes en présence d’un texte d’affichage, qui donne le sentiment de répondre à une inquiétude légitime sans s’attaquer aux causes réelles des problèmes. Car (…)
—> Lire l’intervention d’Évelyne Corbière Naminzo

« Planifier, produire, souverainiser : la voie industrielle française »
Débat : « Face à la désindustrialisation, quelle nouvelle politique industrielle pour la France ? »
La théorie du PDG d’Alcatel, Serge Tchuruk, d’une France sans usine est un échec. Les néolibéraux y ont cru. Résultat, deux millions d’emplois industriels ont disparu en quarante ans et la part de l’industrie est passée sous la barre des 10 % du PIB.
Plutôt que de quémander des (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

« Construisons une politique industrielle qui préserve les savoir-faire, sécurise les emplois et prépare l’avenir »
Débat : « Face à la désindustrialisation, quelle nouvelle politique industrielle pour la France ? »
Dans le bassin minier et le Pas-de-Calais, la désindustrialisation n’est pas une abstraction : elle fait partie de l’histoire de milliers de familles, qui se sentent abandonnées et doutent de l’État comme des élus locaux.
Qu’une usine vacille, et des centaines d’emplois, des sous-traitants, (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Désindustrialisation, rattraper le temps perdu
Débat : « Face à la désindustrialisation, quelle nouvelle politique industrielle pour la France ? »
À l’issue de ce débat sur la désindustrialisation demandé par notre groupe, un premier élément de satisfaction : nous nous rejoignons pour constater qu’en raison de la désindustrialisation, l’orientation d’une France sans usine doit être abandonnée ; que de temps perdu…
Monsieur le (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

Contre la fin de la trêve des expulsions locatives, défendons le droit au logement de toutes et tous !
Le 31 mars, comme chaque année, la trêve hivernale des expulsions locatives prendra fin. A une différence près : l’arsenal administratif et judiciaire s’est renforcé au détriment des locataires, aujourd’hui toujours plus nombreux à être menacés d’une mise à la rue.
En un an, les expulsions (…)
—> Lire l’intervention

12 milliards pris à l’Unédic, et la facture pour les chômeurs
Protocole d’accord relatif à l’assurance chômage
L’avenant n°3 réduit la durée maximale d’indemnisation dans le cadre d’une rupture conventionnelle individuelle à 15 mois pour les moins de 55 ans et à 20,5 mois et 30 mois pour les plus de 55 ans et les résidents outre-mer. Selon l’étude d’impact, cela générera entre 600 et 800 millions d’euros (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Peut-on condamner la junte tout en commerçant avec elle ?
Accord France-Birmanie
Cinq ans après le coup d’État, la situation au Myanmar demeure dramatique. Six mille morts, vingt mille détenus, trois millions de déplacés, crimes de guerre, crimes contre l’humanité : tous ces faits ont conduit la CPI à demander un mandat d’arrêt contre le général auteur du putsch.
La junte (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Former plus, reconnaître mieux, soigner partout
faciliter l’exercice en France des médecins diplômés au Royaume-Uni avant le Brexit
Ce texte corrige une incohérence. Depuis le 1er janvier 2021, en raison du Brexit, les étudiants à diplôme britannique ne bénéficient plus de la reconnaissance automatique de leur diplôme, comme c’était le cas depuis 1975.
Les 117 médecins concernés pourront donc exercer en France et pallier (…)
—> Lire l’intervention de Céline Brulin

« Nos concitoyens de Martinique n’ont pas besoin de symboles, mais de solutions concrètes et durables »
Règles applicables en Martinique en matière d’énergie, d’eau et d’assainissement
Ce projet de loi, attendu, touche au quotidien de nos concitoyens martiniquais. Le territoire fait l’objet de contraintes spécifiques, qui rendent l’application des normes conçues pour l’Hexagone inopérante.
Continuer à légiférer de manière indifférenciée conduit à l’inefficacité.
Sur le (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Baux précaires : quand l’État fragilise ses propres agents
Améliorer l’accès au logement des travailleurs des services publics ?
Qui pourrait s’opposer à l’accès au logement des travailleurs des services publics ? Comme les 12 millions de personnes fragilisées par la crise du logement, ils rencontrent des difficultés pour que leur droit au logement soit respecté.
Le logement privé répond de moins en moins à cette (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

Les autres interventions

Les questions écrites : Une réflexion globale sur une refonte du système actuel est nécessaire
Institutions, élus et collectivités – Licences IV et lieux de sociabilité – par Marianne Margaté – 1er avr. 2026

Les questions orales : Éducation prioritaire : le Pas-de-Calais oublié des arbitrages nationaux ?
Éducation et recherche – Moyens d’enseignement dans le Pas-de-Calais – par Jean-Pierre Corbisez – 31 mars 2026

Les questions écrites : Un véritable pillage sur les ressources de la formation professionnelle des agents des collectivités locales
Institutions, élus et collectivités – Plafonnement des recettes du centre national de la fonction publique territoriale à 397 millions d’euros – par Marianne Margaté – 30 mars 2026

L’actu de la CGT (n° du 27 mars 2026)

Carburant : bloquer les prix et augmenter les salaires
—> Télécharger le tract

Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler !
La pétition est à l’initiative de Manuela CABOT SALAR, aide à domicile qui n’arrive plus à s’en sortir avec la hausse des prix des carburants.
—> Signer et partager la pétition

Actualités

Alerte ! Ils osent tout, même s’attaquer au 1er mai !
Après nous avoir volé deux ans de vie avec la retraite à 64 ans et essayé de nous supprimer deux jours fériés, ils veulent aller encore plus loin et s’attaquer au 1er mai !
—> Télécharger le tract

Interpeller votre député·e avant le 10 avril pour empêcher l’attaque contre le 1er mai
Interpellez vos député·es dès aujourd’hui et participez aux mobilisations dans toute la France vendredi 10 Avril.
—> Interpeller vos député·es

Les projets CGT pour sauver l’industrie et l’emploi
La CGT a organisé, ce jeudi 26 mars , les Assises du Made in France – « Produire local, agir global ».
Cette journée a réuni des salarié·es, des fédérations industrielles de la CGT, des représentants de l’État et du patronat pour débattre de l’avenir de l’industrie en France, alors que les fermetures de sites et les plans de licenciements se multiplient.
—> Lire la suite

Mobilisé·es pour l’éducation
Moyens, salaires, conditions de travail… L’intersyndicale appelle à une semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril, avec une journée de grève nationale le 31 mars, pour dénoncer les choix budgétaires du gouvernement et porter ses revendications.
—> Lire la suite

Samedi 28 mars : manifestations pour la Palestine
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) est à l’initiative d’une manifestation unitaire samedi 28 mars.
—> Lire la suite

Communiqué de presse

L’urgence ce n’est pas le déblocage de l’épargne salariale c’est l’augmentation des salaires !
Alors que l’inflation repart, avec notamment une augmentation des prix du carburant, une nouvelle proposition de loi (PPL) sénatoriale viserait à créer une exception supplémentaire de déblocage anticipé de l’épargne salariale.
—> Lire le communiqué

Le handicap est un combat syndical
—> Télécharger le livret

Baromètre éco
—> Consulter les fiches du baromètre éco

Lettre d’information du groupe CRCE.K au Sénat (n° du 26 mars 2026)

Au nom du droit international
Débat sur la situation au Proche et Moyen-Orient
Trois semaines d’escalade continue, durant lesquelles la situation n’a cessé de se dégrader, déstabilisant la région et l’équilibre du monde.
Si l’exécutif a exprimé la position de la France, le Parlement doit jouer son rôle : débattre, éclairer, contribuer aux choix qui nous engagent.
Nous (…)
—> Lire l’intervention de Cécile Cukierman

Bloquons les prix du gaz et des carburants !
Proposition de loi visant à bloquer les prix du gaz et des carburants et à encadrer les marges en période de crise
Depuis 2022, les ménages français subissent une hausse continue du coût des carburants, du gaz et de l’électricité, qui pèse lourdement sur leur pouvoir d’achat et fragilise l’activité économique.
Depuis 2022, les ménages français subissent une hausse continue du coût des carburants, du gaz (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

ARC France : l’État mis face à ses responsabilités industrielles
Question d’actualité au Gouvernement
La mise en redressement d’ARC en janvier a jeté dans la stupeur familles et élus dans le Pas-de-Calais.
En 25 ans, cette usine est passée de 12 000 salariés à 3 000. On ne peut afficher une politique de réindustrialisation en acceptant des milliers de suppressions d’emplois. Notre territoire (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Ce n’est pas aux data centers de faire la loi
Proposition de loi visant à encadrer l’implantation des centres de données sur le territoire français
Le Gouvernement rêve d’une France eldorado des data centers. De fait, ces mastodontes, gourmands en électricité, en eau et en foncier mais peu pourvoyeurs d’emplois, se multiplient à la faveur d’un cadre assoupli.
Alors que ces transformations rapides engagent notre modèle énergétique, (…)
—> Lire l’intervention de Fabien Gay

« La sécurité, droit fondamental, ne se décrète pas »
Débat : « Comment mettre fin à l’explosion de la violence au quotidien ? »
Les violences du quotidien, qui ne sont pas l’addition de faits divers ou de statistiques, traduisent un malaise profond. Dans nos quartiers, nos villages, beaucoup ont un sentiment d’abandon, d’insécurité et de relégation. En laissant le marché fracturer notre société, en abandonnant les plus (…)
—> Lire l’intervention de Michelle Gréaume

Levez les rideaux du petit commerce
Proposition de loi visant à soutenir et valoriser les commerces de proximité
Nous partageons tous le diagnostic, mais quand il s’agit de passer à l’action, tout se bloque. Vous reconnaissez la hausse des loyers commerciaux, mais refusez l’idée même d’une régulation. Vous déplorez la vacance, mais refusez aux maires les moyens d’agir.
Atteinte au droit de propriété, à (…)
—> Lire l’intervention de Marianne Margaté

« Derrière la dénonciation de la surtransposition se cache une logique de dérégulation ciblée »
Débat : « La fin des surtranspositions des règles européennes : où en est-on ? »
La colère agricole s’enracine dans une crise profonde : revenu agricole, pression des marchés, volatilité des prix, concurrence internationale, effets du changement climatique…
Paperasserie, bureaucratie : l’empilement des règles peut entraîner une charge administrative réelle et un (…)
—> Lire l’intervention de Cathy Apourceau-Poly

Les autres interventions

Les questions écrites :
Une image désastreuse de l’action de la France
International – Téléphérique d’Antananarivo à Madagascar – par Marianne Margaté – 25 mars 2026

Frédéric Specque. « C’est le rôle de l’État de défendre notre industrie » (La Marseillaise)

Entretien avec Frédéric Specque, le délégué CGT de la verrerie d’Arc, où 700 emplois seront supprimés selon le projet de reprise validé, vendredi, par le tribunal de Tourcoing. Ce jeudi s’ouvrent à Pont-de-Claix les assises CGT du Made in France. Une journée de travail durant laquelle le syndicat mettra en avant des solutions pour faire face à la vague de fermetures d’entreprises. À 14h sera organisé un débat avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, Gisèle Rossat-Mignod, directrice du Réseau de la Banque des Territoires, ainsi qu’un représentant du patronat. Il sera question de l’avenir industriel du pays, à l’heure où les suppressions d’emplois se succèdent. Le cas de la verrerie Arc en est l’un des exemples les plus récents.

La Marseillaise : Le repreneur de la verrerie Arc, Timothée Durand, a annoncé 250 licenciements secs sur les 700 suppressions de postes. De quoi s’agit-il ?

Frédéric Specque : Ce que dit M. Durand, c’est que 250 personnes seraient licenciées de force, le reste partirait volontairement. Je ne sais pas d’où il tient ce chiffre. On essaye de limiter au maximum les départs forcés afin de mener ce PSE avec seulement des volontaires, mais ce n’est pas ce qui se passe actuellement. Les personnes qui souhaiteraient partir ne le peuvent pas car elles ne sont pas dans les catégories professionnelles concernées. La difficulté vient du fait qu’on est en redressement, donc on traite avec l’administrateur judiciaire. Son rôle est évidemment de sécuriser au maximum la reprise. Ceci étant dit, on sait très bien qu’on peut trouver des personnes pour remplacer ces départs volontaires.

La Marseillaise : Comment les salariés ont-ils vécu l’annonce de la reprise ?

Frédéric Specque : Il n’y avait qu’une seule offre de reprise, donc le fait que le tribunal la valide, ce n’était pas une surprise, le projet avait le soutien à tous les niveaux politiques. Mais ça reste une reprise sous couvert d’un PSE très lourd, avec 704 suppressions de postes, même si on parlait de 900 initialement. C’est l’équivalent d’un quart de l’ensemble de l’effectif aujourd’hui : on passe de 3 500 à 2 700 salariés. Il faut qu’on réfléchisse à comment réorganiser l’usine. C’est quand même une masse de travail qui sera répartie sur les salariés qui restent. Si on fait la même chose que ces trois dernières années avec plus de 1 000 personnes en moins, ça ne fonctionnera pas.

La Marseillaise : Sur les vingt dernières années, l’effectif a drastiquement diminué. Comment l’expliquer ?

Frédéric Specque : On était 12 000 au tournant des années 2000. On a eu une première vague de suppression d’emplois entre 2004 et 2006, avec des départs volontaires aidés et des pré-retraites. Ce plan a été prolongé de 2006 à 2008, puis jusqu’en 2010 où on a continué à supprimer des postes. Ensuite, il y a eu la reprise en 2015 et on a réembauché. Pendant quelques années, on a réaugmenté le volume produit sur l’usine et ça nous a permis aussi d’avoir un effectif en partie renouvelé. C’est le bon point de ces dix dernières années. Et puis, on est retombé à 130 000 tonnes de production alors que notre rythme de croisière, il y a 5-6 ans en arrière, c’était 250 000 tonnes. Dick Cashin, l’actionnaire qui était là jusqu’à la validation de la reprise, avait de la volonté et il y a eu une remontée du tonnage. Notre usine a un outil de production qui est construit pour faire des volumes. Malheureusement, la conjoncture actuelle ne s’y prête pas. La nouvelle flambée des prix de l’énergie, ce n’est pas très bon pour nous.

La Marseillaise : L’État a-t-il été au rendez-vous ?

Frédéric Specque : L’État a toujours accompagné parce qu’il y avait un actionnaire qui était présent, quoi qu’on en dise. Il est resté là de 2015 à aujourd’hui et n’a pas fait défaut. Néanmoins, je pense que l’État aurait pu aller plus loin, en entrant, par exemple, au capital avec la BPI et organiser des missions de contrôle quant à l’objet des dépenses.

La Marseillaise : Comment sauver la production ?

Frédéric Specque : Il reste le problème de la concurrence chinoise, on est envahi par les produits à bas coût, qui, en plus sont des copies de nos modèles, mais trois voire quatre fois moins chers. C’est une catastrophe. L’idée du fabriqué en France n’est pas valorisée. C’est le rôle de l’État et donc du ministère d’organiser la défense de l’industrie. Car, évidemment, le consommateur, quand il a payé son chauffage au prix où il se situe aujourd’hui, l’alimentation et la maison, il ne reste plus grand-chose. Donc forcément, la vaisselle, ça vient après et même si on en a besoin, on va se rabattre sur le moins cher. C’est désolant, mais c’est comme ça.

La Marseillaise : Le Pas-de-Calais subit-il de plein fouet une nouvelle vague de désindustrialisation ?

Frédéric Specque : Demain, on arrête Arc, c’est une véritable catastrophe. Notre usine fait vivre la ville, nos sous-traitants, les commerces, les artisans etc. Mais pour qu’il y ait une industrie, il faut un marché. Et pour qu’il y ait un marché, il faut le protéger. Ce n’est pas du tout ce que fait la politique européenne. Il y a un dumping économique et social partout ailleurs. On accepte tout. Et puis là, on vient nous dire en fanfaronnant qu’Arc est sauvé. Oui, Arc est sauvé, il y a un repreneur, certes. Mais à 130 000 tonnes de production quand on en faisait 237 000 il y a trois ans, avec 700 à 800 salariés en moins. S’il n’y a pas de mesures fortes qui sont prises dans les mois ou les années à venir, l’industrie va encore diminuer à un point tel qu’elle deviendra obsolète.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 25 mars 2026)